> Jean Dutourd (Autre)

ISBN : 2070360075
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 527 notes) Ajouter à mes livres
Le vieil homme part tout seul, sur la mer, dans sa petite barque, à la recherche d'un grand poisson. Le grand poisson mord à son hameçon. Pendant trois jours et deux nuits le vieux luttera contre lui. A la fin, au prix des efforts incroyables, il en viendra à bout. Le vieux installe sa voile et met le cap sur la terre. Au bout d'une heure, les requins arrivent et dévorent le grand poisson. Le vieux en tue autant qu'il peut, mais quand il rentre au port il ne reste du poisson que la tête et l'arête. C'est la condition même de l'homme qui est dépeinte ici; c'est l'histoire du courage humain, de l'énergie humaine, de l'amour des êtres; c'est le poème de la pêche au gros poisson, c'est la victoire du coeur sur le désespoir.
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 17 mars 2012

    kathy
    L'anecdote même dont est issu ce livre – l'aventure héroïque d'un vieux pêcheur cubain- a été donnée à Ernest Hemingway via une chronique locale. Il s'agissait de la lutte d'un vieil homme avec un gros poisson.
    Pêche au gros, au cours de laquelle le pêcheur doit traquer le poisson et attaquer au bon moment. Se bagarrer avec l'animal (pouvant peser près de 500 kg) et qui n'est pas de tout repos car sa puissance est étonnante sous l'eau. Un véritable combat se déroule alors : le pêcheur mouline, tire, se cambre, se redresse et remouline encore et encore. Si le poisson est robuste, cela peut durer plusieurs heures.
    Mais, dans Le vieil homme et la mer (1936) et au-delà de ce simple fait divers et d'un savoir technique, Ernest Hemingway nous livre bien plus qu'une lutte « ordinaire » contre un gros poisson.
    Il nous raconte l'histoire d'un vieux pêcheur, Santiago, qui, seul sur son bateau, partit capturer un espadon fabuleux au milieu du Gulf-Stream.
    En 130 pages, il nous donne à lire un récit à la fois mythique, épique et lyrique, écologique, philosophique et mystique.
    Dans la dimension MYTHIQUE, il est question de lutte, d'affrontement entre l'homme et les forces de la nature, peuplée de monstres marins.
    Pendant longtemps les profondeurs sous-marines sont restées une énigme pour l'homme. Ce monde vaste et inconnu, donc terrifiant, a fait naître d'innombrables récits peuplés de créatures étranges et menaçantes, sorties tout droit de l'imaginaire collectif.
    La dimension EPIQUE ET LYRIQUE transforme ce récit en un véritable poème de la mer et de l'aventure humaine : une Odyssée de trois jours dans un espace infini, beau, puissant, riche en espèces animales et végétales mais potentiellement dangereux, où l'homme et la nature sont sublimés.
    La dimension ECOLOGIQUE dans laquelle Ernest Hemingway nous propose une image idéale du pêcheur alliant les nécessités alimentaires, la connaissance profonde du milieu naturel et le respect de ses équilibres, la reconnaissance de l'interdépendance des êtres vivants et des éléments. D'où la nécessité pour l'homme d'avoir une attitude responsable dans son quotidien, à l'égard de son univers de vie.
    La dimension PHILOSOPHIQUE où il est question de la lutte d'un homme contre la nature, contre son corps vieillissant, contre sa condition, contre lui-même.
    Seul dans sa barque, au milieu de la mer immense, Santiago nous confie ce qu'il perçoit, ressent, pense ; mais aussi ce qu'il devine grâce à son sens de l'observation et son expérience ; et enfin, ce qu'il voit en imagination quête, défaite et victoire. Il affirme ainsi, à la fois, son humanité profonde, pétrie de faiblesse, et son héroïsme.
    La dimension MYSTIQUE fait jour lors de l'attaque des requins. le pêcheur affirme son sentiment de fraternité avec l'espadon car il a le sentiment de partager un sort commun : « Je regrette bien d'être allé si loin poisson. Ca nous a perdu tous les deux ». Faut-il en conclure à la défaite. Non car il déclare courageusement : « Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu ». Leçon ultime empreinte d'acceptation de soi, de sérénité et de sagesse.
    Au final, un récit bref mais dense, d'une résonnance universelle et intemporelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 26 février 2012

    Kittiwake
    Santagio, le vieux loup de mer misérable rêve de croiser le Poisson, celui qui hante l'imaginaire de tous les pêcheurs. Ni celui-là ni de plus ordinaires godailles ne sont au rendez-vous : il pourrait mourir de faim si Manolin, un jeune garçon admiratif du vieil homme et de sa science, ne prenait soin de lui.
    A l'instar d'un joueur, convaincu que la chance lui sourira à la crête d'une vague , au hasard d'un courant, il part , seul sur son embarcation sommaire. le montage des lignes et leur installation sont des tâches maîtrisées, précises, nécessaires. Puis l'attente se fait longue, la vigilance est acérée, à la quête du moindre indice, vol d'un oiseau, trajet d'un banc de dauphin, essor furtif des exocets...Quelques espoirs déçus, un petit thon se fait prendre, bel appât pour de futures prises. Et brusquement Il est là, piégé, le Poisson! ... Piégé ou piégeur? le bateau est désormais entraîné au large par sa proie. Et c'est le début d'une longue dérive, au cours de laquelle Santiago souffre, de faim, de froid, de soif et des blessures dues à la traction de la ligne. C'est confronté à cette solitude douloureuse que surgissent les pensées intimes, la méditation aux frontières du délire, la conscience aigüe du danger vital imminent, et la lutte pour la survie, tout entière vouée au combat ultime et incontournable.

    Je ne peux aller plus loin dans le développement du récit, sous peine d'ôter une part du plaisir au lecteur qui ne connaitrait pas la suite (malgré le million d'exemplaires vendu rien qu'en France). Cette partie finale est particulièrement dense et émouvante.
    Lu en VO, et améliorant de ce fait considérablement mon lexique de la faune maritime et des termes techniques marins (c'est la principale difficulté de traduction), ce roman est un incontournable joyau : la sobriété de la trame contraste avec la profondeur de la réflexion.
    Sur le blog, suit un court métrage remarquable, réalisé par le peintre russe Alexandre Petrov et qui illustre à mon avis parfaitement l'ambiance du roman



    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/old-man-and-sea.html
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    • Livres 5.00/5
    Par ianf, le 08 septembre 2011

    ianf
    "Le vieil homme et la mer", c'est l'histoire on ne peut plus simple d'un pêcheur et de l'amour de sa vie, la mer. L'océan rythme sa vie, semble être le seul élément avec lequel il est en symbiose. Il le comprend, lui parle, le vit. Cet amour, cependant, n'est pas parfait : la mer ne le lui rend pas toujours. Et, depuis quatre-vingt-quatre jours, elle a témoigné de sa colère, car le pêcheur n'a toujours pas attrapé le moindre poisson. Persuadé que le quatre-vingt-cinquième jour sera celui de "la veine", il part en mer, loin, très loin, toujours plus loin. Et puis, soudain, un espadon attrape l'hameçon. La lutte commence...
    Immense métaphore du voyage et de l'effort, ce récit se nourrit d'un langage brut, débarrassé des fioritures. Les mots d'Hemingway sont autant de balles perforantes qui pénètrent notre esprit et impriment une image, jamais décrite, mais toujours suggérée. En faisant au plus simple et au plus direct, Hemingway donne toute sa puissance, sa force et son émotion au texte. Il s'en dégage une intensité rare.
    Cette puissance sert à merveille cette histoire qui se révèle bien plus complexe qu'elle n'y paraît. En partant en mer, en luttant contre l'espadon, le pêcheur ne cesse de s'interroger : doit-il le tuer ? est-ce un péché ? qui est le plus noble des deux ? L'affrontement, le voyage, l'effort, le combat, la victoire et la défaite sont autant de thèmes que cette parabole aborde avec sincérité et maestria. Comme nombre d'oeuvres se déroulant en mer et synonymes d'initiation par le voyage ("L'Odyssée", bien sûr..), "Le vieil homme et la mer" est une véritable épopée, qui connaît la douleur, la désillusion, le désespoir, mais aussi et surtout la persévérance, la reconnaissance, et enfin, l'apaisement.
    Que le vieux continue de rêver de lions. Il a montré son courage,, il a lutté, et malgré tout, il a gagné. Qu'il se repose désormais. Et nous devrions en faire de même, après cette claque que nous venons de recevoir, en lisant cette superbe épopée.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 juin 2011

    brigittelascombe
    Epuisé par les guerres,les mariages,l'alcool et les succés littéraires, Hémingway, le battant, cesse de s'apesantir sur son vécu pour nous faire partager, ici, sa philosophie, celle du vieil homme parti en mer pour livrer un combat sans merci au gros poisson, pour prouver à l'enfant qu'il n'est pas le guignard que ses parents dénoncent, celle du sage qui rentrera bredouille, sa prise ayant été dévorée par des plus féroces mais qui gardera l'espoir, car n'est pas vaincu celui qui a l'amour, et lui il a l'amitié, une amitié pure comme le coeur d'un enfant.
    Deux voix, dans ce récit, les monologues du vieil homme, une voix apre,dénuée de fioritures comme la mer qui l'entoure, naïve dans ses prières, poétique lorsqu'il s'adresse à l'oiseau ou au poisson, émouvante avec l'enfant et celle du narrateur entrecoupée de dialogues, une voix qui nous transporte du côté de la Havane au coeur de l'océan pour le vivre,le sentir et ressentir les émotions du vieil homme, solitaire au sein de la solitude.
    Symphonie de la lumière, ode à la nature et aux couleurs. du simple et de l'intense car si vrai.
    On imagine la ligne verte de la terre sur la toile des collines bleutées,l'eau presque violette,les taches rouges du plancton,les bouquets d'herbes jaunes des sargasses, le sac irisé de la méduse aux filaments pourpre. Et l'on comprend pourquoi ce livre-poème est le conte d'un sage.
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    • Livres 5.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Alors ? Que valent ce roman et cet auteur donc beaucoup de personnes disent du bien ? Il est petit, fin, mais cela ne juge de rien. Il nous parle d'un homme de Cuba, mais qui ne fait pas n'importe : il est pêcheur. Cela fait qutre-vingt quatre jours qu'il n'a rien pêché, mais il n'a même pas songé à ne pas retenter le coup le lendemain : il y retourne.
    C'est alors que va mordre un poisson qui tirera la braque du vieux pendant 3 jours, période durant laquelle le vieux va se battre, non pas violemment, mais avec toute sa volonté, son coeur et ses tripes, passant par tous les sentiments et toutes les émotions. Il ne va croire qu'en lui, en sa pêche, seul au milieu de la mer, avec pour seule compagnie sa barque et ce poisson qu'il va vaincre, mais à quel prix et pour quel résultat...
    C'est pour moi là que l'ouvrage vaut sa réputation, dans ce huis-clos avec soi-même que mène le vieux.
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Citations et extraits

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  • Par pragmatisme, le 16 octobre 2010

    Il appelait l'océan la mar, qui est le nom que les gens lui donnent en espagnol quand ils l' aiment. On le couvre aussi d'injures parfois, mais cela est toujours mis au féminin, comme s'il s'agissait d'une femme. Quelques pêcheurs parmi les plus jeunes, ceux qui emploient des bouées en guise de flotteurs pour leurs lignes et qui ont des bateaux à moteur, achetés à l'époque où les foies de requin se vendaient très cher, parlent de l'océan en disant el mar, qui est masculin. lls en font un adversaire, un lieu, même un ennemi. Mais pour le vieux. l'océan c' était toujours la mar, quelque chose qui dispense ou refuse de grandes faveurs ; et si la mar se conduit comme une folle, c' est parce qu' elle ne peut faire autrement : la lune la tourneboule comme une femme."
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  • Par kathy, le 16 mars 2012

    - Eh bien, alors, bonsoir. Je te réveillerai demain matin.
    - C'est toi qu'es mon réveille-matin, dit le gamin.
    - Moi, c'est mon âge qu'est mon réveille-matin, dit le vieux. Pourquoi que les vieux se réveillent tôt? C'est-y pour avoir des jours plus longs?
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  • Par pitivier, le 26 janvier 2011

    Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Les taches brunes de cet inoffensif cancer de la peau que cause la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues ; elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage ; ses mains portaient les entailles profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons. Mais aucune de ces entailles n'était récente : elles étaient vieilles comme les érosions d'un désert sans poissons.
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  • Par brigetoun, le 13 février 2012

    Il mit ses mains l’une contre l’autre et en sentit les paumes. Elles n’étaient pas mortes, et il pouvait ressentir toutes les peines de la vie rien qu’à les ouvrir et les fermer. Il se pencha de nouveau contre la poupe et sut que non, il n’était pas mort. Ses épaules le lui disaient.
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  • Par Kittiwake, le 26 février 2012

    Il embrassa la mer d'un regard et se rendit compte de l'infinie solitude où il se trouvait
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Clive Owen interprète Ernest Hemingway aux côtés de Nicole Kidman (Martha Gelhorn) dans le film "Hemingway et Gelhorne".








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