ISBN : 2264044268
Éditeur : 10 (2006)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 184 notes) Ajouter à mes livres
Rob vend des CD dans une ruelle de Londres, mais connaît la nostalgie des bons vieux vinyles. Haute fidélité était ainsi l'appellation donnée autrefois aux platines disques ou la vertu érigée en principe fondamental de l'amour. Hypocri... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 octobre 2011

    LiliGalipette
    Rob a 35 ans, il est disquaire à Londres. Et Laura vient de le quitter. Déboussolé, persuadé que son destin est de se faire plaquer, il passe en revue sa vie amoureuse et revient sur ses cinq relations sentimentales les plus marquantes. « Ce serait bien de penser qu'avec l'âge, les choses ont changé, que les relations sont devenues plus subtiles, les femmes moins cruelles, les carapaces plus épaisses, les réactions plus fines, l'instinct plus développé. » (p. 13) Sa conclusion est assez simple : en amour, il est resté un adolescent. « On dirait que toutes mes histoires d'amour sont une version bâclée de la première. » (p. 13) Avec désillusion et amertume, Ron échoue à comprendre les grands mystères amoureux. Il plie devant les joutes des « oui » et des « non ». À 35 ans, il est plus que temps pour lui d'arrêter de rêver au grand amour. Mais il ne cesse de s'interroger sur les raisons qui poussent les femmes à le quitter : est-ce le destin ? A-t-il une emprise sur sa vie amoureuse ? Sur sa vie en général ?
    Rob aime la musique, plus exactement la pop music et si possible sous sa forme vinyle. Il baigne dedans et toute sa vie peut s'illustrer en mélodies pop. Loin d'être anodine, la pop semble être plus qu'une bande originale, elle sous-tend l'existence de Rob, en est la cause et les conséquences. « Personne ne s'inquiète d'entendre les gosses écouter des milliers – vraiment des milliers – de chansons qui parlent de cœurs brisés, de trahison, de douleur, de malheur et de perte. Les gens les plus malheureux que je connaisse, sentimentalement, sont ceux qui aiment la pop music par-dessus tout. Je ne sais pas si la pop musique est la cause de leur malheur, mais je sais qu'ils ont passé plus de temps à écouter des chansons tristes qu'à vivre une vie triste. À vous de conclure. » (p. 25) Les Beatles, Neil Young, Elvis Costello, Otis Redding, Bob Dylan et bien d'autres composent un orchestre aux sons doux-amers. D'une face A à une face B, Rob vit sa vie en musique, pop bien entendu.
    Rob a du mal à se considérer adulte. Il compare sans cesse son existence à celle des autres et le constat est le même que précédemment, il est resté un adolescent. « le sexe est à peu près le seul truc d'adulte que je sache faire ; bizarre, donc que ce soit aussi le seul truc qui me donne l'impression d'être un gosse de dix ans. » (p. 105) L'imminence de son anniversaire aggrave son humeur morose et ses doutes existentiels. Se dirige-t-il pour autant vers un rock and roll suicide ? Même pas, il se laisse porter et l'issue, bien qu'attendue, n'est pas vraiment de son fait.
    L'humour est caustique et désabusé, mais également pétri de nostalgie. À presque 36 ans, Rob jette un regard attendri sur une jeunesse disparue bien silencieusement. « Moi je suis là, dans ce petit appartement minable, tout seul, et j'ai 35 ans, j'ai un commerce minuscule qui périclite, et mes amis ne semblent pas des amis du tout, seulement des gens dont je n'ai pas perdu le numéro de téléphone. » (p. 64) le seul contrôle qu'il semble avoir sur la vie, ce sont les palmarès qu'il établit à propos de tout et n'importe quoi : dans une liste à cinq entrées, il pense pouvoir organiser sa vie avec plus de facilité. Mais finalement cinq entrées, c'est bien peu pour saisir toute l'ambiguïté et la fragilité d'une existence. Et personne ne peut vivre de listes.
    Ce roman de Nick Hornby est très sympathique, même s'il tend parfois vers une guimauve de mauvais aloi. Encore un roman sur les trentenaires ? Oui, encore. Mais pour aimer celui-là, il faut aimer la pop music. Quelle chance, c'est bien mon cas ! Pour les autres, mieux vaut peut-être s'abstenir.
    Le film de Stephen Frears avec le talentueux John Cusack dans le rôle principal est fidèle au livre en dépit de quelques raccourcis et inventions. le monologue de John Cusack rend à merveille les réflexions solitaires du héros. Et par-dessus tout, la bande originale est une réussite. le livre listait des titres, le film leur donne la parole. Rien que pour cela, j'ai préféré le film. À vous de voir !
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 04 août 2010

    Zazette97
    "Haute fidélité" est le second roman, publié en 1995, de l'écrivain britannique Nick Hornby, également auteur de titres tels que "Slam" ou "About a Boy" et plus récemment de "Juliet, Naked" dont j'avais parlé ici.
    Propriétaire d'un magasin de disques situé dans le nord de Londres, Rob passe le plus clair de ton temps entouré de ses amis Barry et Dick, deux geeks passionnés de musique qui se plaisent à snober les gens qui ne partagent pas leurs goûts et à établir des classements de toutes sortes : les 5 meilleures faces A, les 5 meilleurs morceaux pour un enterrement, les 5 meilleures chansons pour faire l'amour,...
    Rob vit avec Laura mais leur couple bat de l'aile et Laura finit par le quitter pour emménager chez leur ancien voisin.
    Rob décide alors de faire le point sur ses premières amours et ruptures et dresse le top 5 des femmes qui lui ont fait le plus de mal.
    Bien décidé à comprendre le fondement de cette tyrannie de répétitions amoureuses, Rob entreprend de revoir chacune de ses ex.
    Vers quel genre de révélation ce plongeon dans le passé le mènera-t-il ?
    Je l'avais déjà signalé dans mon billet consacré à "Juliet, Naked", Nick Hornby parvient à nous plonger au coeur de son sujet dès les premières lignes.
    Nous découvrons ainsi sous la forme d'une liste les portraits des 5 femmes ayant le plus marqué le coeur de Rob. D'Alison, sa copine de bac à sable, à Sarah la femme Kleenex, en passant par la sulfureuse Charlie, chacune d'entre elles a laissé son empreinte et donné à Rob une raison de verser dans l'amertume.
    Et bien sûr il y a aussi Laura que Rob tente de reconquérir... à sa manière. Si il apparaît au départ tel un mal-aimé, un malchanceux sur lequel on s'apitoie volontiers, force est de constater au fur et à mesure qu'il est en grande partie responsable du tournant qu'a pris sa vie et qu'il n'a pas volé ce qui lui arrive.
    Tout en s'interrogeant sur son rapport aux femmes et à la musique (deux sujets bien souvent mis en parallèle), Rob préfère toutefois contourner le fond du problème et éviter l'introspection en se persuadant que ce sont les autres qui lui ont causé du tort et que lui de son côté, bénéficie toujours de circonstances atténuantes, selon une logique qui n'appartient qu'à lui (ainsi qu'à d'autres specimens de la gente masculine mais je vous laisse avec vos souvenirs émus en la matière :)).
    Ainsi lorsque Laura évoque son nouvel amant, la seule chose qui intéresse Rob est de savoir si le sexe est meilleur avec l'autre qu'avec lui. Quand Laura lui répond qu'ils n'en sont pas encore là, Rob est rassuré et s'empresse d'aller coucher avec une autre femme...
    Certes, il a quelques principes, mais ils ont presque toujours pour but de servir son intérêt avant tout. Si il se rend à l'enterrement du père de Laura, ça n'est pas pour lui témoigner son soutien mais uniquement pour tenter de la récupérer.
    Mais il y a quelque chose de touchant chez Rob qui fait qu'on lui pardonne son égocentrisme puéril.
    Peut-être parce qu'on sent bien que dans le fond, il n'est pas un homme foncièrement mauvais, plutôt un mec paumé qui n'a pas trouvé de réel but dans l'existence ni toujours su prendre les bonnes décisions, notamment en ce qui concernait les femmes. Peu sûr de lui, il s'est entiché de femmes qui ne lui correspondaient pas et a préféré laisser passer les autres ou tout gâcher, incapable de s'engager dans une vraie relation lorsqu'elle était à sa portée.
    A trop fantasmer la réalité, il se retrouve au pied du mur, arrivé à un âge où il faut cesser de jouer les enfants et faire des choix.
    Tout comme c'était le cas dans "Juliet, Naked", nous retrouvons ici des héros faisant figure de grands gamins, autocentrés mais pas mauvais bougres, pour qui la musique représente davantage qu'un simple hobby, c'est une vraie façon de vivre (le roman est d'ailleurs parsemé de références musicales, principalement soul et pop rock).
    Clowns tristes ou farceurs, tantôt attachants tantôt agaçants, rêveurs ou désabusés.
    Sans fausse note et au détour d'un irrésistible mélange de réalisme et d'humour, Nick Hornby s'attache à mettre en musique la difficulté à trouver sa place dans l'existence.
    Comme me le disait une amie il y a de cela quelques jours, être libre, ce n'est pas tant se garder toutes les options ouvertes que de pouvoir poser des choix et les assumer.
    Je crois que c'est en quelque sorte la morale de ce roman...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/08/haute-fidelite-nick-hornby..
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 08 janvier 2012

    carre
    Rob, la trentaine disquaire à Londres, est un loser de l'amour, sa dernière compagne vient de le quitter. Qu'est qui cloche chez Rob ? Eternel adolescent , il va se remémorer ces précédentes conquètes pour trouver l'origine de ces échecs. L'on trouve dans ce roman de Hornby ce qui fait que l'on apprécie ces récits. : humour, photographie d'une génération plutôt chanceuse mais paradoxalement paumée et immature et puis bien sur le tout bercé par la deuxième passion d'Hornby la musique. Les états d'âme de Rob son bien sur hilarants mais ici ou là pointe aussi une certaine solitude qui nous touche. Pénétrez dans sa boutique, vous ne serez pas déçu.
    A noter l'excellente adaptation ciné avec John Cusack et Jack Black.

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    • Livres 5.00/5
    Par Heureuse, le 08 décembre 2010

    Heureuse
    Un de ces livres que j'ai achetés par impulsion et qui traine depuis dans ma bibliothèque parce que je ne trouve jamais le moment où j'aurais envie de lire.
    Comme ces temps-ci tout m'agace, et que je n'ai goût à rien, je l'ai ouvert, histoire de continuer la série. Et... surprise! J'ai été totalement conquise par ce monsieur un tantinnet obsessionnel mais à l'humour incroyable.
    J'ai été amusée, touchée par cet anti-héros. Certes, il se regarde le nombril mais avec une verve toute britannique et des remarques tellement justes. Son introspection est loin d'être pesante, est même légère (e roman a un petit côté "bridget Jones au masculin" qui était bien surprenant). Et pourtant l'analyse est pleine de finesse et de subtilité...
    Un très grande surprise et un vrai bonheur à lire!
    J'aime définitivement les anglais!
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    • Livres 5.00/5
    Par liratouva2, le 17 mai 2010

    liratouva2
    Il y a des livres coups de cœur et il y a des livres cultes comme celui-ci, le premier que je lis de Nick Hornby et je sens déjà que je vais peut-être l'aimer à l'égal de John Irving dont les romans m'ont tellement enchantée ces dernières années!
    C'est un immense bonheur de découvrir ainsi, tout à coup, au détour d'un simple livre de poche le monde d'un nouveau romancier, plein d'idées surprenantes, drôles et réjouissantes. Je m'y plonge avec délices!
    Rob, le narrateur, a trente cinq ans et se comporte encore comme un grand adolescent célibataire. Propriétaire à Londres d'une boutique de vieux disques pop, il partage son temps et ses préférences musicales avec ses potes vendeurs Dick et Barry, très spéciaux eux aussi!
    Laura, la petite amie de Rob vient de le plaquer pour s'installer chez un autre et Rob en est malade, mais il se montre si maladroit avec les femmes! Alors il revient sur celles qui ont compté pour lui jusqu'ici: les cinq ruptures inoubliables de sa vie et il va essayer de les retrouver pour comprendre ce qui s'est vraiment passé pour décider ainsi de le laisser tomber!
    C'est drôle et cruel, bien vu, plein de détails pris sur le vif! J'ai eu beaucoup de mal à me détacher de ces personnages et de leurs rituels quotidiens!
    (...)
    Je sens que je vais lire et relire ce roman à n'en plus finir tant il a un charme fou et me met de bonne humeur... peut-être voir aussi la comédie romantique de Stephen Frears qui en a été tirée en 2000, avec John Cusack, Catherine Zeta-Jones et Tim Robbins. On dit ce film " ironique, aiguisé, nerveux, sensible et complice".

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/05/haute-fidelite-par-nick-hornb..
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 17 mai 2010

    "Je voudrais bien les voir, maintenant: Alison Ashworth qui m'a laissé tomber au bout de trois soirées minables dans le parc. Penny qui ne voulait pas que je la touche et qui est allée se jeter dans les bras de cette crapule de Chris Thompson pour coucher avec lui. Jackie, séduisante seulement tant qu'elle sortait avec un de mes meilleurs amis. Sarah, avec qui j'ai scellé un pacte contre tous les plaqueurs du monde et qui m'a plaqué tout de même. EtCarlie. Surtout Charlie, parce que c'est à elle que je dois dire merci pour tout: mon super boulot, ma sexualité sereine, mes sueurs froides. Je voudrais être un homme équilibré, débarrassé de tous ces caillots de haine, de culpabilité et de dégoût de soi. Qu'est-ce que je ferais si je les revoyais? J'en sais rien. On parlerait, c'est tout. Je leur demanderais comment elles vont, si elles m'ont pardonné de les avoir bousillées, alors que c'est elles qui m'ont bousillé. Ça serait pas génial? Si je les voyais toutes à tour de rôle et qu'il n'y avait plus de rancune, plus rien de dur, juste des sentiments doux, étouffés, du brie plutôt que du vieux parmesan, je me sentirais propre, calme, prêt à redémarrer."
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  • Par AireLibre, le 22 janvier 2008

    On avait douze ou treize ans et on venait de découvrir l'ironie - ou plutôt ce que j'ai reconnu plus tard comme tel : on se permettait de faire de la balançoire et du tourniquet, de jouer dans le bac à sable pourri, à condition de le faire avec une sorte de détachement ostensible, au second degré. Il fallait pour ça feindre la nonchalance (le truc consistait à siffloter, à bavarder, à tripoter un mégot de cigarette ou une boîte d'allumettes), ou bien prendre des risques inutiles, par exemple sauter de la balançoire quand elle était au plus haut, s'accrocher au tourniquet quand il allait le plus vite, se tenir sur le bord de la bascule jusqu'à ce qu'elle soit à la verticale. Si l'on prouvait que ces enfantillages pouvaient mener au traumatisme crânien, ils étaient moins déshonorants.
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  • Par BoulieBouffeTout, le 23 août 2010

    "Comment ne pas devenir ainsi le genre de type qui tombe en miettes quand son premier amour tourne mal ? Quelle fut la cause, et que effet ? La musique, ou le malheur ? Est-ce que je me suis mis à écouter de la musique parce que j'étais malheureux ? Ou étais-je malheureux parce que j'écoutais de la musique ? Tous ces disques, ça ne peut pas rendre neurasthénique ?"
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  • Par mandarine43, le 16 octobre 2011

    Qu'est-ce qui m'a pris ? Qu'est-ce qui lui a pris ? Quand j'ai envie d'embrasser quelqu'un comme ça, maintenant, avec la bouche, la langue et tout le tremblement, c'est que je veux aussi autre chose : du sexe, des vendredis soir au cinéma, de la compagnie et de la conversation, la fusion des réseaux d'amis et de parents, du sirop qu'on m'apporte au lit quand je suis malade, une nouvelle paire d'oreilles pour ma collection de compacts et de vinyles, peut-être un petit gars nommé Jack et une fillette nommée Holly ou Maisie, j'hésite encore. Mais je n'attendais aucune de ces choses-là d'Alison Ashworth, aucune. Pas d'enfants puisqu'on était des enfants, pas de vendredi soir au cinéma puisqu'on y allait le samedi matin, pas de sirop puisque ma mère s'en occupait, pas même du sexe, surtout pas, par pitié pas de sexe, la plus dégoûtante, la plus terrifiante invention des années soixante-dix.
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  • Par Zazette97, le 04 août 2010

    Peut-être que nous vivons tous de façon trop aïgue, nous qui absorbons des choses affectives tous les jours, et qu'en conséquence nous ne pouvons jamais nous sentir simplement satisfaits : il nous faut être soit malheureux, soit violemment, extatiquement heureux, et de tels états sont difficiles à obtenir au sein d'une relation stable, solide. p.136
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Vidéo de Nick Hornby

Bande annonce VF de "Une éducation", réalisé par Lone Scherfig en 2009, dont Nick Hornby a écrit le scénario (qui existe aussi en livre).








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