> Christine Barbaste (Traducteur)

ISBN : 2264050837
Éditeur : 10-18 (2010)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 112 notes) Ajouter à mes livres
« Que fait-on lorsqu’on pense qu’on a gâché quinze ans de sa vie ? »

C’est la question gênante que se posent tous les personnages du nouveau roman de Nick Hornby. Il y a Annie et Duncan, la quarantaine sonnante, dont le couple de quinze ans d’âge montre d... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 29 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman (épreuve non corrigée) de Nick Hornby. À paraître le 6 mai 2010.
    Gooleness, au nord de Londres. Annie et Duncan partagent une passion pour Tucker Crowe, "obscur musicien des années 80" (p. 64) qui n'a rien produit depuis vingt ans. Si Annie présente un intérêt raisonnable pour l'oeuvre de l'artiste, Duncan est un "crowologue" "tuckercentrique" (p. 22 et 14) Après avoir reçu les maquettes d'un album paru en 1986, Juliet - maquettes rassemblées sous le titre de Juliet, Naked - Duncan s'empare de la nouveauté. Mais son avis et celui d'Annie divergent, tout comme leurs chemins. Après quinze ans d'une relation stérile, Annie végète et se morfond dans un inassouvi désir d'enfant. De l'autre côté de l'Atlantique, Tucker Crowe est bien loin des fantasmes que ses fans nourrissent. Père trop vieux d'un enfant inquiet, aux côtés d'une énième épouse qu'il sait ne pas rendre heureuse, il regarde avec ironie les théories qui fleurissent sur sa reclusion et son silence.
    Entrecoupé de faux articles prétendument tirés de Wikipédia et qui introduisent de nouveaux sujets ou de nouveaux personnages, le récit est bourré d'un humour féroce à l'encontre des dérives de l'Internet. S'il permet de trouver à peu près tout et n'importe quoi, il rassemble surtout des illusions, des mensonges et des théories farfelues nourries par des pseudo spécialistes. "Tout le monde a son site Web. [...] Plus personne ne tombe dans l'oubli." (p. 55) Et pourtant, Tucker Crowe aimerait bien qu'on l'oublie, qu'on "[arrête] de gloser à perte de vue sur un truc qui se serait passé dans des chiottes à Minneapolis." (p. 75)
    Le récit pose des questions finement traitées sur le rapport entre la vie d'un personnage public et ceux qui la décortiquent comme une patte de crabe. Entre ce qu'un fan croit savoir de son idole, ce qu'il érige en vérité, les supputations dont il ne démord pas et la réalité de l'existence d'un artiste et sa vie privée, il y a des différences notoires. Et quelle ironie quand le fan dénie à l'artiste le droit de détenir la vérité sur sa propre vie! Peut-être parce que "la vérité au sujet de qui que ce soit est décevante." (p. 89)
    Beaucoup de questions sur l'art se bousculent au fil des pages. Qui est qualifié pour parler d'une oeuvre? le néophyte, simple amateur d'une expression artistique, ou le spécialiste, traqueur du moindre détail, prêt à sacrifier sa vie au profit de la compréhension d'une création qui ne dépend pas de lui? Faut-il parler d'art en terme de ressenti ou en terme de science? Plus poussée même, une autre question: le public est-il à même de parler d'une oeuvre d'art, d'en comprendre l'origine et la portée? N'y a-t-il que son créateur pour savoir en parler et délivrer son sens? Sans que l'on sache en fin de roman qui a le plus de droit et de légitimité pour parler de l'oeuvre, tout le monde a pu y aller de son commentaire. "C'est ce qui est génial avec le grand art, non? [...] Ca peut vouloir dire des tas de choses" (p. 244) "à moins de reconnaître que toute opinion est valide." (p. 260)
    Ce qui est très touchant dans ce roman, c'est le délicat et pudique effeuillage auquel les personnages se livrent. Comme Juliet, Naked, que j'ose traduire par "Juliet, Nue" ou "Juliet, Mise à nue", Annie et Tucker Crowe se dévoilent, d'abord à eux-mêmes dans leurs échecs et leurs regrets, puis à l'autre. Annie tente de reprendre en main sa vie, de rattraper quinze ans qui lui ont échappé sans qu'elle fasse rien pour les retenir. La relation cyber-épistolaire qu'elle entretient secrètement avec Tucker est une vengeance molle à l'encontre de Duncan. En le privant d'une vraie relation avec son idole, elle se réapproprie un peu d'estime d'elle-même et elle réveille la conviction éteinte qu'on peut lui porter de l'intérêt. Tucker ne se fait pas d'illusion sur l'échec de son existence. Gaspillées en beuveries et vaines relations, ses belles années sont loin. Il ne lui reste que l'envie d'être là pour son dernier garçon, le jeune Jackson, et de ne plus s'embarquer dans des histoires qu'il sabotera quoi qu'il arrive. le mythe des années 80 n'est plus là depuis longtemps. La statue est tombée et il ne reste que l'homme, plein de failles et tellement plus accessible.
    Parsemé de références à des romans de Charles Dickens, Le magasin d'antiquités, Barnaby Rudge ou Nicholas Nickleby, le récit est un hommage aux époques révolues qui suscitent la nostalgie de ceux qui refusent de voir la page se tourner. L'exposition sur les évènements de l'été 1964 dans la petite station balnéaire qu'organise Annie pour le musée de Gooleness est un autre de ces hommages au temps qui passe. Quelques photos jaunies, une affiche de concert, les restes d'un requin échoué sur la plage, et le tout compose une nature morte aux effluves salines.
    Je n'ai jamais lu d'autres textes de Nick Hornby, mais après Juliet, Naked, aucun doute que je vais combler mes lacunes. L'auteur m'a prise par la main pour m'entraîner dans un monde d'embruns et de concerts enfumés, et j'en redemande, où qu'il puisse m'emmener.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/04/29/17719526.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Nick Hornby, né le 17 avril 1957 à Redhill (Comté de Surrey), est un écrivain anglais. Il a étudié à l'université de Cambridge puis y a exercé en tant que professeur. Il a également été journaliste pour The Literary Review et The Sunday Times. C'est à la fin des années quatre-vingts qu'il commence à se consacrer à la littérature et plusieurs de ses romans ont été portés à l'écran.
    Je dois vous prévenir que je suis un inconditionnel de Nick Hornby car il réussit dans ses livres à marier mes deux passions, musique rock dont il est un fin connaisseur et lecture. Son nouveau roman Juliet, Naked abonde dans ce sens.
    Bien qu'adulte dans la quarantaine Duncan est resté adolescent dans l'âme « coincés dans un perpétuel monde post-étudiant où les concerts, les livres et les films comptaient plus pour eux que pour les autres gens de leur âge », en témoigne son adoration pour Tucker Crowe un musicien américain de rock qui eut son heure de gloire il y a bien longtemps, grâce à son album Juliet. Duncan a créé un site Internet où tous les fans de son genre, commentent ce disque et leurs quelques albums pirates, seules traces tangibles de l'artiste oublié de tous, puisqu'il s'est retiré de la musique il y a plus de vingt ans ! En couple avec Annie, ils vivent une petite vie tranquille et sans passion, dans une station balnéaire endormie de l'Angleterre d'aujourd'hui. Jusqu'au jour où paraît un nouvel album de Tucker Crowe, les bandes de travail de Juliet, sans les orchestrations finales et dans des versions non définitives, il s'agit de Juliet, Naked.
    Ce disque va chambouler la vie d'Annie et Duncan, d'abord parce que l'un et l'autre vont en faire une analyse différente ce qui va mettre en lumière à leurs yeux, leur incompréhension mutuelle et la pauvreté de leurs relations de couple, ensuite et surtout parce que Tucker Crowe – l'homme devenu invisible – va s'adresser par email à Anne qui avait écrit un texte sur ce disque, sur le forum du site Internet. Annie et Duncan vont se séparer et nous allons tout savoir de la vie de ce fameux Tucker Crowe, bien différente de tout ce qu'en imagine ses fans.
    Tout ce qui a trait à la musique et surtout à l'aspect, fans et maniaques du rock, est parfaitement restitué, Nick Hornby en connaît un rayon et je confirme la véracité de ses propos ! Rien que cet angle du livre serait un pur régal pour les amateurs, mais bien évidemment le propos de l'auteur est plus large et s'adresse à tous. Crise de la quarantaine, époque des remises en question « La capacité à se satisfaire de sa vie comptait-elle plus que la vie elle-même ? ». Questionnement sur l'art et les artistes « Tu as été un père nul avec quatre de tes cinq enfants, un mari nul avec toutes tes épouses sans exception, et un partenaire nul pour toutes tes petites amies sans exception. « Juliet » n'en demeure pas moins génial. » Duncan, Annie et Tucker vont faire le bilan de leurs vies, ce pourrait être facilement pathétique mais toujours l'auteur sait tourner ses phrases avec humour ou tendresse, ce qui le rend plaisant à lire et en fait un nouveau très bon roman de Nick Hornby
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  • Par Archessia, le 20 août 2010

    Archessia
    Etant une vraie droguée de musique, ce livre m'avait tentée grâce à ce résumé parlant de Duncan et de sa passion pour un chanteur des années 80.
    J'avais également une crainte, c'est que l'histoire se focalise sur l'introspection d'une femme entre deux âges qui se regarde le nombril en se demandant où elle va, et que le récit vire au pompeux et à la pseudo philosophie.

    Quelle joie de me rendre compte que je me suis trompée!

    Au début, nous rencontrons donc Duncan et Annie, couple vivant dans un village un peu morne, où il ne se passe jamais grand chose d'excitant.
    Duncan a un véritable grand amour dans sa vie. Malheureusement pour Annie, cet amour est un chanteur dont on n'entend plus parler depuis 20 ans : Tucker Crowe.
    Annie, au fil du temps, s'est faite à l'obsession de son compagnon. Elle-même aime beaucoup l'album "Juliet" de Tucker.
    Mais, en prenant en photographie Duncan mimant d'uriner dans les toilettes que son idole a utilisées par le passé dans un sordide bar américain, elle se demande combien de pélerinages et autres concessions pourrait-elle encore faire pour lui.
    Une pensée en entrainant une autre, elle en vient à se poser des questions sur la véracité et l'origine de ses sentiments.

    De son côté, Duncan voit son quotidien complètement transporté le jour où il reçoit par courrier, en exclusivité, un exemplaire du prochain album de sa star!
    Intitulé "Juliet, Naked", il contient. la même tracklist que "Juliet", mais sans tout les arrangements dont étaient composés les morceaux.
    Etant administrateur du forum sur Tucker, il poste sa critique musicale, totalement transporté par les écoutes minutieuses qu'il a accordé au CD.
    Ce qui le forcera à remettre en question beaucoup d'aspects de sa vie, c'est le fait qu' Annie décide d'écrire elle aussi une critique sur cet album, son contenu étant opposé à celui de Duncan.
    Est ce vraiment elle, cette femme qu'il croyait connaitre depuis des années?
    Qu'est ce qui a vraiment changé entre eux?

    La troisième personne que nous suivons dans ce livre, est Tucker Crowe lui-même!
    Passant totalement inaperçu dans la petite ville américaine dans laquelle il vit avec sa compagne et leur fils.
    Il s'amuse des rumeurs qui courent sur lui sur internet, s'inquiète sur le fait que son couple bat de l'aile (comme toutes les relations houleuses qu'il a eues par le passé) et sur la venue d'une de ses filles (une parmis d'autres enfants qu'il a eu avec d'autres femmes), voulant en savoir plus sur ce père qu'elle n'a que si peu connu.
    Pour lui, le changement se fera avec la lecture d'un billet sur un forum, écrit par une certaine Annie de Gooleness ...

    Ce livre est frais et léger, bien que teinté du gris de la station balnéaire de Gooleness.
    L'écriture est fluide et très agréable, les mots glissent jusqu'à nous et ce triangle amoureux / musical nous emporte et nous fait rire, nous émeut, nous questionne.
    Je ne connaissais pas Nick Hornby avant Juliet, Naked , mais je sens que je vais réparer cette erreur!
    Cette histoire m'a énormément plu de par son humour omniprésent, sa mélancolie savamment dosée et ses personnages si crédibles dans leur actes et leurs pensées.
    Je ne peut que le conseiller aux personnes qui ont envie d'évasion, qu'elles soient mélomanes ou pas, je suis sûre qu'elles passeront un excellent moment en compagnie d'Annie, Duncan et Tucker.

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-juliet-naked-52014366.html
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    • Livres 4.00/5
    Par dflasse, le 03 avril 2011

    dflasse
    J'ai failli refermer définitivement le bouquin au bout de quelques pages. Comme beaucoup, j'avais adoré Haute fidélité qui reste un trophée à poser sur toutes les bibliothèques des lecteurs occasionnels aux plus compulsifs.
    J'ai failli le reposer car, comme beaucoup, j'ai été énormément déçu par Nick Hornby. Chacun de ses livres semblait un peu moins bien que le précédent. Comme s'il avait puisé tout son talent du puit et qu'il se voyait réduit à gratter le fond de la nappe phréatique pour assurer sa subsistance. C'est par pure nostalgie que je tente de temps à autres de me confronter à la déception pour relire un de ses textes.
    Ce n'est pas par pur nombrilisme que j'évoque ceci mais parce que c'est précisément la raison qui m'a poussé à en poursuivre la lecture. Un des thèmes développés dans Juliet Naked repose précisément sur l'espoir d'un fan que son idôle lui fasse l'aumône d'une nouvelle création.
    Tucker Crowe est un musicien des années 80 complètement retiré du circuit qui fait l'objet d'un culte que lui vouent une poignée d'admirateurs dans le monde en se livrant à l'exégèse des textes les plus obscurs de l'artiste retraité.
    C'est un aspect du roman fort bien pensé. Chaque artiste ou groupe semble semer un sillage plus ou moins profond de spécialistes qui vivent plus de l'image qu'ils se font de l'artiste par le biais de leur ressenti de leur oeuvre que l'artiste lui-même. Ce dernier ne maîtrise plus son oeuvre une fois celle-ci rendue publique.
    Un autre versant du roman repose sur le phénomène des couples qui se nouent sur internet. Je peux me tromper mais, étrangement, aucun auteur ne s'est penché sur les rencontres virtuelles. Il est déconcertant de voir le nombre de gens de tous âges qui vivent une vie de couple épanouie qui se sont rencontré par le biais d'un moyen de communication qui était encore confidentiel voici quinze ans.
    Juliet naked n'est pas Haute fidélité mais c'est une lecture fort agréable. C'est assez rare pour ne pas passer à côté.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 06 janvier 2012

    carre
    Annie et Duncan sont en couple depuis quinze ans, la routine s'est installée et l'harmonie de leur union est fragilisée. Surtout que Duncan, passe sont temps à vénérer sur un site de fans un artiste Tucker Crowe auteur d'un seul album mitique. Lasse d'être ignorée par son mari Annie va laisser une critique virulente sur le site et à sa grande surprise Tucker qui s'est muré dans le silence va correspondre avec elle. Et se sont deux solitudes qui vont se
    A travers cette comédie sur l'amour et ses désillusions, Hornby dresse un canevas doux amer, brillamment écrit, il reprend des thèmes qui lui sont chers (la musique et sa place dans nos vies), les sentiments et le délitement du couple sont très bien cernés, la correspondance entre deux êtres finalement solitaire est touchante.. Les fans d'Hornby ne seront pas déçu car l'auteur anglais n'hésite pas à alléger son récit d'humour et de légèreté.
    Bon comme un concert rock ou comme une comédie sentimentale réussie.
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 18 juin 2011
    Style nerveux et humour intact, l'auteur britannique traque les désillusions du couple, le spectre du temps qui passe et les écueils de la célébrité.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 26 juin 2010

    Annie ne regrettait pas le voyage. Elle était déjà venue deux fois aux États-Unis, à San Francisco et à New York, mais elle aimait bien la façon dont Tucker les amenait dans des lieux qu'elle n'aurait jamais visités sans ça.
    Bozeman, par exemple, se révéla être une jolie petite ville, entourée de chaînes de montagnes aux noms exotiques dont elle n'avait jamais entendu parler : la Big Belt, la Tobacco Root, les Spanish Peaks. Après avoir contemplé la petite maison qui n'avait rien de spécial, ils gagnèrent le centre-ville à pied et sirotèrent un thé glacé au soleil, à la terrasse d'un café bio, tandis qu'au loin un Spanish Peak, ou peut-être le sommet d'une Tobacco Root, menaçait de temps en temps de piquer le ciel bleu et froid. Annie avait connu des matinées pires que celle-là, lors de vacances bien plus prometteuses. À ses yeux, c'était une sorte de tour d'Amérique aléatoire, des épingles plantées dans une carte géographique. Elle en avait marre d'entendre parler de Tucker, certes, et de parler de lui, de l'écouter et d'essayer de démêler les motivations de chacune de ses décisions, tant d'ordre créatif que personnel. Mais elle en avait marre d'entendre parler de lui à la maison aussi, et elle préférait en avoir marre de lui dans le Montana ou dans le Tennessee qu'à Gooleness, la petite station balnéaire anglaise où elle vivait avec Duncan.
    Le seul endroit qui ne figurait pas sur leur itinéraire, c'était Tyrone, en Pennsylvanie, où Tucker vivait prétendument, encore que, comme toute orthodoxie, celle-ci avait son lot d'hérétiques : deux ou trois membres de la communauté dédiée à Crowe souscrivaient à la théorie - intéressante mais grotesque, selon Duncan - qu'il vivait en Nouvelle-Zélande depuis le début des années 90. Tyrone n'avait même pas été évoqué comme une destination possible lorsqu'ils avaient planifié leur voyage, et Annie pensait savoir pourquoi. Deux ou trois ans plus tôt, un fan était allé jusqu'à Tyrone, il avait traîné dans le coin et fini par localiser ce qu'il avait cru être la ferme de Tucker Crowe ; il en était revenu avec une photo d'un type épouvantablement grisonnant et qui le menaçait d'une arme. Annie avait vu cette photo, à plusieurs reprises et la trouvait pitoyable.
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  • Par mandarine43, le 25 octobre 2011

    Ils étaient venus d'Angleterre jusqu'à Minneapolis pour visiter des toilettes. La vérité pure de ce fait ne frappa Annie qu'une fois sur place : excepté les graffitis sur les murs, dont certains faisaient allusion à l'importance de ces toilettes dans l'histoire de la musique, l'endroit était froid et humide, chichement éclairé, malodorant et parfaitement banal. Les Américains avaient le don pour tirer le meilleur parti de leur héritage, mais là, il n'y avait pas grand-chose à en tirer.
    «Annie, tu as l'appareil photo ? demanda Duncan.
    - Oui. Mais tu veux faire une photo de quoi ?
    - Eh bien, tu sais...
    - Non.
    - Eh bien... les toilettes.
    - Quoi, les... Comment on appelle ça ?
    - Les urinoirs. Ouais.
    - Tu veux être sur la photo ?
    - Je devrai faire semblant de pisser ?
    - Si tu veux.»
    Duncan se posta donc devant l'un des trois urinoirs, celui du milieu, plaça les mains de façon convaincante devant lui, et sourit à Annie par-dessus son épaule.
    «C'est bon ?
    - Je ne sais pas si le flash a marché.
    - Prends-en une autre. Ce serait idiot d'avoir fait tout ce chemin et de ne pas en avoir une bonne.»
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  • Par anyuka, le 15 juin 2010

    La cohérence et la répétition commençaient à parer le mensonge d'une impression de vérité, de la même façon qu'un chemin finit par en devenir un si assez de gens le foulent.
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  • Par Zazette97, le 24 juillet 2010

    - Qu'est-ce que tu vas faire? demanda Jerry.
    - Je suis pas sûr de pouvoir faire grand chose, tu crois pas? La plupart des Etats interdisent l'avortement après la naissance de l'enfant.
    - Sympa, dit Jerry. Et classe. Tu vas aller la voir?
    - C'était cool de te croiser, Jerry. p.207
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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    La plupart des gens ne connaissent pas la musique de Tucker Crowe, et encore moins certains des épisodes les plus sombres de sa carrière, aussi n’est-il sans doute pas inutile de répéter ici l’histoire de ce qui a pu se passer, ou pas, dans les toilettes du Pits Club. Crowe se trouvait à Minneapolis pour un concert et il était venu au Pits pour y voir un groupe du coin, les Napoleons Solos, dont il avait entendu dire du bien. (Certains collectionneurs acharnés de Crowe, dont Duncan, possèdent un exemplaire du seul et unique album de ce groupe, « The Napoleon Solos Sing Ther Songs And Play Their Guitars ») Au milieu du concert, Tucker se rendit aux toilettes. Personne ne sait ce qui s’est passé là-dedans, mais quand il e ressortit, il regagna directement son hôtel et appela son manager pour annuler le reste de sa tournée. Le lendemain matin, il entamait ce qu’on doit désormais envisager comme sa retraite. Cela se passait en juin 1986. On n’a plus rien entendu de lui depuis – ni nouvel enregistrement, ni concert, ni interview.
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Vidéo de Nick Hornby

Bande annonce VF de "Une éducation", réalisé par Lone Scherfig en 2009, dont Nick Hornby a écrit le scénario (qui existe aussi en livre).








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