Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Christine Barbaste (Traducteur)

ISBN : 2264050837
Éditeur : 10-18 (2010)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 218 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Que fait-on lorsqu’on pense qu’on a gâché quinze ans de sa vie ? »

C’est la question gênante que se posent tous les personnages du nouveau roman de Nick Hornby. Il y a Annie et Duncan, la quarantaine sonnante, dont le couple de quinze ans d’âge montre d... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (50)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par fabienne2909, le 10 février 2013

    fabienne2909
    Est-il possible de rattraper les années de sa vie que l'on a gaspillées ? Et si l'on souhaite essayer, comment faire ?
    Telle est la question que se posent les personnages principaux de "Juliet, Naked" : Annie, lors de la fin de sa relation avec Duncan après 15 ans de bons et loyaux services, et surtout après avoir supporté pendant toutes ces années la passion dévorante que celui-ci éprouvait pour la musique et le mythe que représente Tucker Crowe, un musicien moyennement connu qui a décidé du jour au lendemain d'interrompre sa carrière ; Duncan suscité, qui, s'il ne réfléchit pas beaucoup sur sa vie et se laisse mener par les évènements, se prend pour un tel "crowologue" qu'il ne laisse personne le contredire sur les analyses de la vie et de l'oeuvre de son idole, se demande un jour s'il n'est pas passé à côté de la juste analyse de la musique qu'il aime tant ; Tucker, qui a "bousillé" toutes ses relations avec ses ex tant il était soûl et refusait d'être un tant soit peu acteur de sa vie à partir du moment où il a arrêté la musique (on apprendra pourquoi au cours de la deuxième moitié du roman).
    Ainsi, cette question, essentielle mais difficile à regarder en face, Annie décide d'y apporter une réponse en reprenant sa vie en main, aidée par une pichenette du destin : après avoir écrit une critique incendiaire du dernier album de Tucker Crowe (le brouillon de son chef d'oeuvre "Juliet"), elle est contactée par ce dernier et noue alors une relation épistolaire avec lui, qui va ensuite être transposée dans la réalité. Une relation qui va être bouleversante pour Tucker comme pour elle... et qui découvriront tous les deux que si l'on ne pet rattraper le temps perdu, au moins peut-on tenter de donner à sa vie un nouvel aspect, un nouveau ressort, en vivant plus intensément.
    "Juliet, Naked" met ainsi en scène des personnages un peu paumés, plein de doutes, profondément humains, qui tentent, de plein gré ou entraînés par les évènements, de rebondir dans leur vie, et qui deviennent ainsi, au fur et à mesure que le livre avance, plus matures.
    Ecrit avec beaucoup de finesse et d'humour, empreint de mélancolie et de douce-amertume, l'ouvrage répond ainsi à des questions que l'on peut se poser sur le sens de la vie et ce que l'on peut faire de la sienne si elle ne convient plus (notamment les thèmes du célibat, de la peur de l'avenir, de la question des enfants - en avoir ou pas ? -, ces questions qu'Annie redécouvre soudain, même si celle des enfants était présente auparavant, sont très justement analysées), ou encore sur les relations que l'on peut (souhaiter) avoir, ou non, avec ses enfants et avec les autres de manière générale.
    L'ouvrage pose également des questions sur l'art, à travers le motif de la passion de Duncan pour un artiste, mais aussi des propres interrogations de cet artiste : qu'est-ce que l'art ? Travestir la réalité est-il bafouer l'art ? Est-on de ce fait un imposteur ? En étant aussi fan de quelqu'un, en le possédant en analysant (le plus souvent à tort) les moindres aspects, aime-t-on vraiment un artiste, ou bien l'image que l'on s'en fait ?
    L'auteur répond d'ailleurs par l'humour et l'ironie à cette dernière question, puisqu'au final, c'est la personne la moins investie dans "Tucker Crowe", Annie, qui le connaîtra le mieux, faisant ainsi apparaître Duncan ridicule.
    "Juliet, Naked" est assurément un bel ouvrage, que je vous conseille vivement !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Philippe67, le 10 juin 2012

    Philippe67
    Inutile de vous re re re raconter le pitch d'autres l'ont fait avant moi.
    Ce livre est un agréable moment avec des personnages bien travaillés et crédibles, je les ai accompagné avec plaisir.
    Très anglais, beaucoup d'humour et de dérision.
    Je n'ai mis que 3* car il m'a manqué un je ne sais quoi qui m'aurait emporté, mais je suis resté comme un spectateur.
    Cela dit je vous le recommande pour vous faire votre propre opinion.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 29 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman (épreuve non corrigée) de Nick Hornby. À paraître le 6 mai 2010.
    Gooleness, au nord de Londres. Annie et Duncan partagent une passion pour Tucker Crowe, "obscur musicien des années 80" (p. 64) qui n'a rien produit depuis vingt ans. Si Annie présente un intérêt raisonnable pour l'oeuvre de l'artiste, Duncan est un "crowologue" "tuckercentrique" (p. 22 et 14) Après avoir reçu les maquettes d'un album paru en 1986, Juliet - maquettes rassemblées sous le titre de Juliet, Naked - Duncan s'empare de la nouveauté. Mais son avis et celui d'Annie divergent, tout comme leurs chemins. Après quinze ans d'une relation stérile, Annie végète et se morfond dans un inassouvi désir d'enfant. De l'autre côté de l'Atlantique, Tucker Crowe est bien loin des fantasmes que ses fans nourrissent. Père trop vieux d'un enfant inquiet, aux côtés d'une énième épouse qu'il sait ne pas rendre heureuse, il regarde avec ironie les théories qui fleurissent sur sa reclusion et son silence.
    Entrecoupé de faux articles prétendument tirés de Wikipédia et qui introduisent de nouveaux sujets ou de nouveaux personnages, le récit est bourré d'un humour féroce à l'encontre des dérives de l'Internet. S'il permet de trouver à peu près tout et n'importe quoi, il rassemble surtout des illusions, des mensonges et des théories farfelues nourries par des pseudo spécialistes. "Tout le monde a son site Web. [...] Plus personne ne tombe dans l'oubli." (p. 55) Et pourtant, Tucker Crowe aimerait bien qu'on l'oublie, qu'on "[arrête] de gloser à perte de vue sur un truc qui se serait passé dans des chiottes à Minneapolis." (p. 75)
    Le récit pose des questions finement traitées sur le rapport entre la vie d'un personnage public et ceux qui la décortiquent comme une patte de crabe. Entre ce qu'un fan croit savoir de son idole, ce qu'il érige en vérité, les supputations dont il ne démord pas et la réalité de l'existence d'un artiste et sa vie privée, il y a des différences notoires. Et quelle ironie quand le fan dénie à l'artiste le droit de détenir la vérité sur sa propre vie! Peut-être parce que "la vérité au sujet de qui que ce soit est décevante." (p. 89)
    Beaucoup de questions sur l'art se bousculent au fil des pages. Qui est qualifié pour parler d'une oeuvre? le néophyte, simple amateur d'une expression artistique, ou le spécialiste, traqueur du moindre détail, prêt à sacrifier sa vie au profit de la compréhension d'une création qui ne dépend pas de lui? Faut-il parler d'art en terme de ressenti ou en terme de science? Plus poussée même, une autre question: le public est-il à même de parler d'une oeuvre d'art, d'en comprendre l'origine et la portée? N'y a-t-il que son créateur pour savoir en parler et délivrer son sens? Sans que l'on sache en fin de roman qui a le plus de droit et de légitimité pour parler de l'oeuvre, tout le monde a pu y aller de son commentaire. "C'est ce qui est génial avec le grand art, non? [...] Ca peut vouloir dire des tas de choses" (p. 244) "à moins de reconnaître que toute opinion est valide." (p. 260)
    Ce qui est très touchant dans ce roman, c'est le délicat et pudique effeuillage auquel les personnages se livrent. Comme Juliet, Naked, que j'ose traduire par "Juliet, Nue" ou "Juliet, Mise à nue", Annie et Tucker Crowe se dévoilent, d'abord à eux-mêmes dans leurs échecs et leurs regrets, puis à l'autre. Annie tente de reprendre en main sa vie, de rattraper quinze ans qui lui ont échappé sans qu'elle fasse rien pour les retenir. La relation cyber-épistolaire qu'elle entretient secrètement avec Tucker est une vengeance molle à l'encontre de Duncan. En le privant d'une vraie relation avec son idole, elle se réapproprie un peu d'estime d'elle-même et elle réveille la conviction éteinte qu'on peut lui porter de l'intérêt. Tucker ne se fait pas d'illusion sur l'échec de son existence. Gaspillées en beuveries et vaines relations, ses belles années sont loin. Il ne lui reste que l'envie d'être là pour son dernier garçon, le jeune Jackson, et de ne plus s'embarquer dans des histoires qu'il sabotera quoi qu'il arrive. le mythe des années 80 n'est plus là depuis longtemps. La statue est tombée et il ne reste que l'homme, plein de failles et tellement plus accessible.
    Parsemé de références à des romans de Charles Dickens, Le magasin d'antiquités, Barnaby Rudge ou Nicholas Nickleby, le récit est un hommage aux époques révolues qui suscitent la nostalgie de ceux qui refusent de voir la page se tourner. L'exposition sur les évènements de l'été 1964 dans la petite station balnéaire qu'organise Annie pour le musée de Gooleness est un autre de ces hommages au temps qui passe. Quelques photos jaunies, une affiche de concert, les restes d'un requin échoué sur la plage, et le tout compose une nature morte aux effluves salines.
    Je n'ai jamais lu d'autres textes de Nick Hornby, mais après Juliet, Naked, aucun doute que je vais combler mes lacunes. L'auteur m'a prise par la main pour m'entraîner dans un monde d'embruns et de concerts enfumés, et j'en redemande, où qu'il puisse m'emmener.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/04/29/17719526.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par yaki, le 01 juillet 2014

    yaki
    Juliet, Naked est un roman surprenant qui aborde de nombreux thèmes à travers l'histoire croisée de Annie, Duncan et Tuker.
    Annie et Duncan vivent ensemble depuis 15 ans une histoire complètement monotone puisqu'ils se sont mis ensemble on ne sait pas trop pourquoi et qu'ils sont restés ensemble seulement par habitude. La situation qui ne semble pas gêner Duncan ennuie par contre Annie, d'autant plus qu'elle a sacrifié à cette histoire son désir d'enfant. A l'aube de la quarantaine ce sacrifice pèse terriblement à Annie. La seule chose qu'ils semblent partager (et encore !) c'est la passion de Duncan pour Tucker Crowe. Quand Annie et Duncan partent aux Etats-Unis découvrir les lieux qui ont fait la légende de Tucker c'est le début de la fin pour le couple... La fin de leur histoire est ensuite précipitée par l'arrivée du « nouvel » album de Tucker et les divergences d'opinion entre Annie et Duncan, ce dernier étant trop fan pour s'apercevoir que l'album est vraiment pitoyable comparé aux précédents ! Leur divergence d'idées, dans un premier temps, puis la séparation physique entre Duncan et Annie est extrêmement bien décrite avec beaucoup de finesse et d'analyse des sentiments humains. Nick Hornby réussit également à décrire comment les liens entre le couple mettent du temps à se défaire... En effet, malgré le fait que cet homme et cette femme n'aient jamais réellement éprouvé d'amour l'un pour l'autre, on ressent (surtout vers la fin du roman) toute la tendresse qui les lie après ces années passées ensemble.
    Le roman aborde également, avec justesse, un thème très intéressant à savoir les liens entre les stars ou ex-stars et leurs fans. On voit la différence qu'il peut y avoir entre ce que ressent un fan à travers une œuvre musicale et ce que ressent celui qui l'a créée, et dans le roman la différence est grande ! Duncan éprouve une réelle admiration pour l'album Juliet, Annie ressent une grande émotion à l'écoute des chansons, chacun d'eux s'imaginent des choses sur les sentiments de Tucker lorsqu'il a fait cet album et finalement c'est à cent lieux de ce que pensait le chanteur puisqu'on découvre que son soi-disant amour pour la muse de l'album, Julie, n'était pas réel. On touche du doigt une vraie réflexion sur l'art ! D'ailleurs la discussion entre Duncan et Tucker à la fin du roman est un moment clé de l'histoire et une vraie réflexion sur l'art en général.
    J'ai été aussi très touchée par le personnage de Jackson, le fils de Tucker, et par leur amour inconditionnel, un bel hommage aux relations père/fils.
    Par contre, l'histoire d'amour ou de début d'amour entre Annie et Tucker me semble trop classique, voire surfaite, et je trouve que finalement ça n'apporte pas grand chose au roman.
    De plus, j'ai trouvé certaines longueurs dans le livre, mais le style fluide m'a quand même permis de le terminer. C'est donc un roman que j'ai lu avec plaisir et je ne regrette pas ma découverte d'un auteur que je ne connaissais jusqu'à présent que de nom...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Nick Hornby, né le 17 avril 1957 à Redhill (Comté de Surrey), est un écrivain anglais. Il a étudié à l'université de Cambridge puis y a exercé en tant que professeur. Il a également été journaliste pour The Literary Review et The Sunday Times. C'est à la fin des années quatre-vingts qu'il commence à se consacrer à la littérature et plusieurs de ses romans ont été portés à l'écran.
    Je dois vous prévenir que je suis un inconditionnel de Nick Hornby car il réussit dans ses livres à marier mes deux passions, musique rock dont il est un fin connaisseur et lecture. Son nouveau roman Juliet, Naked abonde dans ce sens.
    Bien qu'adulte dans la quarantaine Duncan est resté adolescent dans l'âme « coincés dans un perpétuel monde post-étudiant où les concerts, les livres et les films comptaient plus pour eux que pour les autres gens de leur âge », en témoigne son adoration pour Tucker Crowe un musicien américain de rock qui eut son heure de gloire il y a bien longtemps, grâce à son album Juliet. Duncan a créé un site Internet où tous les fans de son genre, commentent ce disque et leurs quelques albums pirates, seules traces tangibles de l'artiste oublié de tous, puisqu'il s'est retiré de la musique il y a plus de vingt ans ! En couple avec Annie, ils vivent une petite vie tranquille et sans passion, dans une station balnéaire endormie de l'Angleterre d'aujourd'hui. Jusqu'au jour où paraît un nouvel album de Tucker Crowe, les bandes de travail de Juliet, sans les orchestrations finales et dans des versions non définitives, il s'agit de Juliet, Naked.
    Ce disque va chambouler la vie d'Annie et Duncan, d'abord parce que l'un et l'autre vont en faire une analyse différente ce qui va mettre en lumière à leurs yeux, leur incompréhension mutuelle et la pauvreté de leurs relations de couple, ensuite et surtout parce que Tucker Crowe – l'homme devenu invisible – va s'adresser par email à Anne qui avait écrit un texte sur ce disque, sur le forum du site Internet. Annie et Duncan vont se séparer et nous allons tout savoir de la vie de ce fameux Tucker Crowe, bien différente de tout ce qu'en imagine ses fans.
    Tout ce qui a trait à la musique et surtout à l'aspect, fans et maniaques du rock, est parfaitement restitué, Nick Hornby en connaît un rayon et je confirme la véracité de ses propos ! Rien que cet angle du livre serait un pur régal pour les amateurs, mais bien évidemment le propos de l'auteur est plus large et s'adresse à tous. Crise de la quarantaine, époque des remises en question « La capacité à se satisfaire de sa vie comptait-elle plus que la vie elle-même ? ». Questionnement sur l'art et les artistes « Tu as été un père nul avec quatre de tes cinq enfants, un mari nul avec toutes tes épouses sans exception, et un partenaire nul pour toutes tes petites amies sans exception. « Juliet » n'en demeure pas moins génial. » Duncan, Annie et Tucker vont faire le bilan de leurs vies, ce pourrait être facilement pathétique mais toujours l'auteur sait tourner ses phrases avec humour ou tendresse, ce qui le rend plaisant à lire et en fait un nouveau très bon roman de Nick Hornby
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 18 juin 2011
    Style nerveux et humour intact, l'auteur britannique traque les désillusions du couple, le spectre du temps qui passe et les écueils de la célébrité.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

> voir toutes (30)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par kathel, le 26 juin 2010

    Annie ne regrettait pas le voyage. Elle était déjà venue deux fois aux États-Unis, à San Francisco et à New York, mais elle aimait bien la façon dont Tucker les amenait dans des lieux qu'elle n'aurait jamais visités sans ça.
    Bozeman, par exemple, se révéla être une jolie petite ville, entourée de chaînes de montagnes aux noms exotiques dont elle n'avait jamais entendu parler : la Big Belt, la Tobacco Root, les Spanish Peaks. Après avoir contemplé la petite maison qui n'avait rien de spécial, ils gagnèrent le centre-ville à pied et sirotèrent un thé glacé au soleil, à la terrasse d'un café bio, tandis qu'au loin un Spanish Peak, ou peut-être le sommet d'une Tobacco Root, menaçait de temps en temps de piquer le ciel bleu et froid. Annie avait connu des matinées pires que celle-là, lors de vacances bien plus prometteuses. À ses yeux, c'était une sorte de tour d'Amérique aléatoire, des épingles plantées dans une carte géographique. Elle en avait marre d'entendre parler de Tucker, certes, et de parler de lui, de l'écouter et d'essayer de démêler les motivations de chacune de ses décisions, tant d'ordre créatif que personnel. Mais elle en avait marre d'entendre parler de lui à la maison aussi, et elle préférait en avoir marre de lui dans le Montana ou dans le Tennessee qu'à Gooleness, la petite station balnéaire anglaise où elle vivait avec Duncan.
    Le seul endroit qui ne figurait pas sur leur itinéraire, c'était Tyrone, en Pennsylvanie, où Tucker vivait prétendument, encore que, comme toute orthodoxie, celle-ci avait son lot d'hérétiques : deux ou trois membres de la communauté dédiée à Crowe souscrivaient à la théorie - intéressante mais grotesque, selon Duncan - qu'il vivait en Nouvelle-Zélande depuis le début des années 90. Tyrone n'avait même pas été évoqué comme une destination possible lorsqu'ils avaient planifié leur voyage, et Annie pensait savoir pourquoi. Deux ou trois ans plus tôt, un fan était allé jusqu'à Tyrone, il avait traîné dans le coin et fini par localiser ce qu'il avait cru être la ferme de Tucker Crowe ; il en était revenu avec une photo d'un type épouvantablement grisonnant et qui le menaçait d'une arme. Annie avait vu cette photo, à plusieurs reprises et la trouvait pitoyable.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par PCousson, le 13 juillet 2012

    Pendant le plus clair des vingt dernières années, Tucker avait fait de Grace la clé d' un tas de choses. Elle était la raison pour laquelle il avait arreté de tarvailler ; chaque fois que Tucker avait été tenté de jeter un oeil à ce sac de noeuds, il avait dû le refermer au plus vite. Grace était la chambre d' amis qu' on n' époussetait jamais, l' e-mail auquel on ne répondait jamais, le prêt qu' on ne remboursait jamais,le symptôme qu' on ne décrivait jamais au toubib. Sauf qu' évidemment c' était bien pire que tout ça, puisqu' elle était sa fille, et non un e-mail ou une démangeaison.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation

  • Par mandarine43, le 25 octobre 2011

    Ils étaient venus d'Angleterre jusqu'à Minneapolis pour visiter des toilettes. La vérité pure de ce fait ne frappa Annie qu'une fois sur place : excepté les graffitis sur les murs, dont certains faisaient allusion à l'importance de ces toilettes dans l'histoire de la musique, l'endroit était froid et humide, chichement éclairé, malodorant et parfaitement banal. Les Américains avaient le don pour tirer le meilleur parti de leur héritage, mais là, il n'y avait pas grand-chose à en tirer.
    «Annie, tu as l'appareil photo ? demanda Duncan.
    - Oui. Mais tu veux faire une photo de quoi ?
    - Eh bien, tu sais...
    - Non.
    - Eh bien... les toilettes.
    - Quoi, les... Comment on appelle ça ?
    - Les urinoirs. Ouais.
    - Tu veux être sur la photo ?
    - Je devrai faire semblant de pisser ?
    - Si tu veux.»
    Duncan se posta donc devant l'un des trois urinoirs, celui du milieu, plaça les mains de façon convaincante devant lui, et sourit à Annie par-dessus son épaule.
    «C'est bon ?
    - Je ne sais pas si le flash a marché.
    - Prends-en une autre. Ce serait idiot d'avoir fait tout ce chemin et de ne pas en avoir une bonne.»
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par lothac, le 19 décembre 2012

    Le problème, avec un concert, si on n'était pas emporté par une vague d'enthousiasme viscéral ou intellectuel, c'est qu'il n'y avait pas grand chose à faire, sinon penser ; et Tucker sentait bien que The Chris Jones Band, en dépit de leurs efforts transpirants, ne seraient jamais capables de faire oublier aux gens qui ils étaient, et comment ils l'étaient devenus. La musique médiocre et assourdissante vous parquait en vous-même, elle vous incitait à arpenter votre esprit, jusqu'à vous donner une vision assez précise de la façon dont tout ça pourrait finalement se terminer pour vous. Dans les soixante-quinze minutes qu'il passa en sa propre compagnie, Tucker se débrouilla pour revisiter à peu près tous les lieux qu'il aurait été heureux de ne jamais revoir.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par PCousson, le 07 juillet 2012

    Il s' approcha d' un pas aussi calme, aussi assuré qu' il le put de l' acceuil.
    " Puis-je vous aider ? " S' enquit la femme . Il surprit son propre reflet dans ses lunettees . Il essaya de regarder au-delà des verres, dans les yeux de la femme.
    " Je l' espère de tout mon coeur . Je suis en train faire une cris cardiaque ."

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

> voir toutes (7)

Videos de Nick Hornby

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Nick Hornby

Bande annonce VF de "Une éducation", réalisé par Lone Scherfig en 2009, dont Nick Hornby a écrit le scénario (qui existe aussi en livre).








Sur Amazon
à partir de :
18,04 € (neuf)
2,47 € (occasion)

   

Faire découvrir Juliet naked par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez les éditions 10-18

> voir plus

Lecteurs (358)

> voir plus

Quiz