ISBN : 2742701826
Éditeur : Actes Sud (1993)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
" Si tu invitais trente personnes chez toi, des êtres que tu as aimés et que tu aimes, pour t'écouter jouer au clavecin, pendant une heure et demie, " les Variations Goldberg " de Bach, et si ce concert se déroulait comme un songe d'une nuit d'été, c'est-à-dire si toi, ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 07 mars 2011

    Cath36
    "Tous, ils écoutent à leur façon et moi aussi et toi aussi. le malaise ne provient pas des Variations mais des vies. En rassemblant ces vies, ce sont elles que tu as choisi de mettre en scène autant que la musique Seulement, chacune d'elles est aussi une facette de ta vie à toi, ou de la mienne, et la charge en est obligatoirement lourde." Par cette phrase qui résume le roman Nancy Huston annonce la couleur de son texte : analyser le coeur humain à travers un coup d'oeil très sûr et un style" rabot", qui émonde tout ce qui n'est pas essentiel et donne au caractère des personnages sa forme définitive. Quelques répétitions voulues enfoncent l'idée comme un clou ou bien esquissent des retours en arrière, mouvements d'une pensée (celle du personnage) qui se cherche et se modifie au fur et à mesure du concert. Mais la plupart du temps les phrases sont courtes, brèves comme des volées de flèches avec des mots qui font mouche. J'ai beaucoup aimé ce premier roman d'une grande dame de la littérature, d'autant plus que je m'y suis retrouvée à plusieurs reprises, bien jouer du piano étant sans aucun doute aussi difficile que de bien vivre !
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    • Livres 5.00/5
    Par TheBee, le 18 mai 2010

    TheBee
    Une jeune femme invite ses proches à l'écouter jouer Les Variations Goldberg, de Bach, au clavecin. 30 variations, 30 chapitres, 30 invités tour à tour narrateurs. On perce les pensées et les émotions de chacun. Au fil des pages se tisse un ensemble cohérent, une histoire collective émerge au travers des histoires individuelles.
    Un style dense, poétique, sensible, au service d'une construction littéraire originale.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 12 février 2011

    Lali
    Je sais pourquoi ce concert. Pour obliger les gens à se taire. (Nancy Huston)
    Et avant que la lumière n'entre et ne s'approprie la pièce, laisser couler sur ma peau la musique de Bach, plus précisément Les Variations Goldberg, interprétées par Glenn Gould, version 1981. Et me laisser porter par ces variations, qui sont autant d'histoires. Et laisser chacune d'elles me raconter ce qu'elle a à raconter.
    Et aller chercher dans la bibliothèque le magnifique roman de Nancy Huston. Celui où une claveciniste réunit le premier soir d'été trente personnes, afin d'interpréter pour eux les trente variations. Et chacune des pièces dédiée à l'un des invités sans qu'il ne s'en doute. Pour que se fasse enfin le silence. Pour qu'enfin ils écoutent, plus loin que les notes, leur propre musique, celle qui bat en eux. Et pour que ces intellectuels, ces spécialistes de musique ou de littérature, mettent de côté durant 96 minutes leurs connaissances et leur savoir.
    Et tandis que la musique prend possession de la salle, Nancy Huston, durant chacune des variations, regarde vivre l'un des trente invités, un à un, entre dans leur tête, les raconte. Là où la musicienne interprète les variations, l'écrivaine les transpose. Magnifique jeu d'adresse.
    Et ce matin, tandis que littérature et musique font corps, la vie est ce qu'elle doit être: plaisir.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=643
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 06 mars 2011

    La vraie musique dépend de moi pour exister ici. Je peux l'esquinter, je peux l'ébrécher, je peux la fracasser...et je ne le veux pas. Ainsi nous luttons ensemble dans la bataille la plus délicate du monde. Cette combinaison particulière de sons, c'est un immense lustre fragile qui tinte sous mes doigts : si je déroge ne serait-ce qu'une fraction de seconde, j'en casse un morceau ; si je ralentis intempestivement, l'éclat ternit. Je porte le lustre et ce n'est pas son poids qui rend le fardeau si terrible, c'est son absence de poids, son caractère absolument ténu. Car je le porte non pas à travers l'espace, mais à travers le temps.
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  • Par Cath36, le 07 mars 2011

    Mais si je ne consacre pas un certain nombre d'heures par jour à l'écriture je ne m'autorise pas à aller par exemple au cinéma...Parce que si un jour se passe sans que j'écrive, il n'y a pas de raison que tous les jours ne se passent pas de la même façon : si je relâche mon attention, le temps pourrait s'accélérer derrière mon dos, il pourrait se mettre à passer par sauts et par bonds, et des années entières disparaîtraient dans la trappe de ma distraction momentanée. Deux choses échappent à cette logique infernale, deux choses seulement : l'amour et la musique. Pour eux, et pour eux exclusivement, j'accepte de perdre du temps. Parce que ce sont des domaines hors langage. l'un et l'autre tentent de "dire quelque chose" mais l'un et l'autre s'épanouissent entièrement dans cette tentative, cette intention de dire ; ils sont tributaires du langage mais simultanément en deçà et au-delà de lui.
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  • Par Cath36, le 07 mars 2011

    Pendant des mois et des mois on apprend, on inscrit tous les doigtés sur la partition, on la barbouille de chiffres et de points d'exclamation au crayon noir, on répète mille fois la gamme qui descend en accelerando jusqu'à ce qu'elle ressemble vraiment à une cascade ; bref, on maîtrise petit à petit, on domine chaque partie du morceau et les transitions entre elles, l'articulation-et puis : pas moyen de le jouer. Il y aura toujours un doigt qui décidera de me narguer, de s'amuser à passer par-dessus le pouce un peu maladroitement, et blaf.
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  • Par Cath36, le 07 mars 2011

    Mais le silence est toujours redouté. Les gens ne connaissent pas...Ils ne supportent pas. Doivent continuer à prouver qu'ils sont quelqu'un. Avec des mots.Pendant nos leçons, on ne parlait presque pas. Elle, comprend. Que la musique est bâtie sur le silence. Un pont jeté à travers. même pas un pont, un filet. Troué. Ouvert sur le silence.
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  • Par Cath36, le 07 mars 2011

    Ce que je suis au fond, c'est ce que j'aimerais bien savoir. Il me semble que je ne suis absolument rien et que je pourrais être absolument n'importe quoi. Tout ce que les gens projettent sur moi je l'assume, j'essaie de deviner quelle image de moi leur ferait le plus plaisir, et de la renvoyer. Le pire, c'est que ça marche.
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les matins - Nancy Huston .
EcrivainVient de publier chez Actes Sud "Reflets dans un ?il d'homme"








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