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ISBN : 2742739319
Éditeur : Actes Sud (22/08/2002)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 278 notes)
Résumé :
Douze convives réunis pour conjurer leur solitude, et accessoirement fêter Thanksgiving autour d'une dinde, se perdent dans les méandres de leurs souffrances singulières, sans savoir qu'en haut lieu leur destin est irrémédiablement figé. Qu'auront-ils fait de leur vie, eux qui auront tant souffert, écorchés par mille blessures et maints tourments ? Des drames de la vie aux affres de la douleur physique, qu'auront-ils... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Malivriotheque
26 août 2016
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Dieu se remémore, y a des fois où il aime bien se rappeler des évènements. Et s'il y en a bien un qui l'a marqué, aussi banal soit-il, c'est la soirée chez Sean à l'occasion de Thanksgiving. Plusieurs personnes lors de ce dîner se côtoient et se souviennent. Si eux nous parlent de leur passé, Dieu, lui, aime bien nous mettre au jus sur leur avenir, histoire de rendre la sauce encore plus amère...
Voilà une lecture peu réjouissante, assez triste, qui touche à l'idée que nous avons tous à un moment ou à un autre : et moi, quand vais-je quitter ce monde et comment ? Nancy Huston, grâce à ses personnages, dépeint des vies banales ou moins touchées par la maladie, la perte d'un être cher ou qui ont tout quitté pour une vie meilleure. En somme, l'histoire de vous, de moi, de n'importe qui. Derrière les volutes de fumée émanant de la dinde rôtie appétissante se cache le malheur, le mal-être de chacun. Derrière toutes ces bougies et ces tartes aux cranberries se terrent les réflexions, les idées, les souvenirs, ce qui fait quelqu'un. On parle, mais on pense beaucoup. Ça gamberge, les souvenirs pullulent et envahissent la moindre parcelle de cerveau dès la moindre madeleine de Proust. C'est un roman pur stream of consciousness, qui relate admirablement les mécanismes du cerveau humain en matière de déclics sensoriels ou de réaction à un mot, une phrase, un évènement.
Nancy Huston nous embarque dans du réalisme assez poussé, toutefois bien trop long pour ce que c'est. Au final, la forme dialogue => souvenir est extrêmement répétitive et lasse avant même la moitié du livre. Car en définitive, que se passe-t-il vraiment ? Quelle est la finalité de ce récit ? Cela reste un mystère. Nos personnages sont ancrés dans leur vie, et finalement c'est aussi plat que nos propres vies. L'instant présent opposé au passé et à l'avenir, c'est tout bonnement ça le coeur de ce livre. Peut-être de nous rappeler (encore et toujours mais visiblement l'Homme n'a toujours pas bien compris) que la vie ne tient qu'à un fil et qu'un rien peut tout changer, que nous ne sommes qu'amas de chair et d'os qui n'existent que temporairement mais qu'il faut bien occuper en attendant. Rien de bien plaisant, et encore moins divertissant.
Certes, l'auteur a un style appréciable, le propos est bien pensé, bien tourné. L'idée de l'intervention de Dieu est vraiment bonne, lui-même étant le personnage central sans lequel rien ne serait. Il y a une réelle mise en abyme quelque part, quelque chose qui nous rend tout petits à la lecture, notamment grâce au fait que nous savons quand et comment va mourir tout un chacun. C'est à la fois dérangeant, perturbant, mais qui ne s'est jamais posé la question s'il aimerait connaître sa fin et le moment où elle interviendra ?
Au bout du compte, ce livre est bien trop long pour le format choisi, ne doit pas figurer dans la liste des bouquins qu'on embarque en vacances, touchant beaucoup trop à un réel douloureux et ô combien commun à tous, mais il fait preuve d'un grand symbolisme dans son ensemble. de là par contre à le recommander, je ne suis quand même pas sûre, il faut savoir dans quoi on s'embarque. Public averti !
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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LePamplemousse
11 août 2013
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Douze convives sont réunis pour fêter Thanksgiving chez Sean Farrell. Il a invité des collègues romanciers et poêtes, d'anciennes maîtresses, son avocat, mais aussi le peintre de sa maison et son boulanger, ainsi que leurs conjoints respectifs.
Pourquoi avoir choisi de convier des personnes aussi différentes ? Il a ainsi voulu rassembler ceux de ses amis pour qui la solitude aurait ravivé de trop grandes blessures.
Parce que chacun d'eux porte en lui une souffrance qu'il comprend, Sean les aime tous et leur offre cette parenthèse de sérénité, puisqu'il ne croit plus à la joie.
Au cours de cette longue soirée, des préparatifs du repas jusqu'à la nuit qu'ils passeront ensemble à cause d'une tempête de neige, des propos seront échangés, révélant leurs désirs et leurs failles.
Qu'ils soient ambitieux ou blasés, jeunes mères de famille ou vieil homme au seuil de la mort, tous ces personnages nous touchent, tant leur fragilité affleure sous leur carapace de cynisme, de dureté, de froideur parfois.
Le narrateur de ce texte magnifique n'est autre que Dieu lui-même. C'est lui qui nous présentera chacun des protagonistes et surtout nous révèlera, chapitre après chapitre, les circonstances de leur mort future.
Ce roman est extrêmement fort, nous y sommes confrontés aux espoirs déçus, à la solitude, à des souffrances inimaginables chez des êtres ordinaires qui, par leurs introspections, leurs rêves, leur force face aux drames, nous donnent à voir en chacun un être d'exception. La « fatalité » de leur existence nous renvoie à la nôtre, chaque destin ne semblant finalement éclairé que par l'amour.
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Gwordia
24 juin 2012
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Quel délicieux huis clos ! Oscillant entre dialogues, moments d'introspection et prophéties divines, le dîner auquel on assiste nous propose un formidable moment d'amitiés et de rancoeurs entre les différents convives. L'on apprend à les connaître très subtilement au passé, au présent et au futur par l'entremise de leurs relations, de leurs pensées et de Dieu lui-même, treizième des douze invités, invisible mais bien présent. Toute une mise en cène...
Cette soirée bouleversante à plus d'un titre nous entraîne à notre insu à revenir sur le chemin parcouru, sur celui, non quantifiable, qui nous reste et à nous interroger sur ce que nous aimerions en faire, si tant est qu'on ait le choix. Car là aussi est l'originalité de l'oeuvre : la conception très spécifique du Dieu qui nous gouverne, petites marionnettes...
Une atmosphère exquise, des présages et une conception de la vie quelque peu glaçante, là est toute l'ambivalence du récit, parfaitement résumée dans le titre qui n'aurait pu être plus adéquat. Une oeuvre incontestablement maîtrisée de bout en bout.
Dans une certaine mesure, cette histoire m'a rappelé le magnifique film Les amis de Peter de Kenneth Branagh.
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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aaahhh
04 avril 2012
★★★★★
★★★★★
Genial ! Brillant ! Dolce Agonia est un roman très original, au style poignant, dans lequel on plonge avec plaisir et qui laisse, même longtemps après la lecture, la porte ouverte à de nombreuses réflexions sur la vie, la mort et les relations humaines.
C'est Thanksgiving et douze personnes sont réunies pour l'occasion. Comme tout un chacun, ces douze convives ont une histoire, des pensées, des convictions, des souvenirs et des sentiments à la pelle, et le lecteur va pouvoir les découvrir tour à tour car face à cette étrange tablée, il est omniscient ! En effet, le narrateur de ce récit très particulier n'est autre que Dieu lui-même et il nous guide à travers les méandres de ces douze âmes en ne nous cachant rien de leurs vies, publiques et intimes, ni même de leurs morts...
C'est avec beaucoup de finesse et de sensibilité que Nancy Huston aborde le thème de la fragilité humaine. C'est un roman un peu triste, un peu noir, mais délicieusement doux et saisissant !
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lilicrapota
29 octobre 2011
Comme « les juges », c'est un roman sur quelques heures : un repas de Thanksgiving. La structure en est assez simple : les chapitres suivent le rythme du repas (« préparatifs », « salutations et accolades », « les retardataires », « on se sert », etc) et sont séparés par une intervention –divine !- du narrateur, parlant à « je », narrateur qui n'est autre que Dieu (ou en tout cas la métaphore de l'auteur contrôlant la vie de ses personnages) et qui raconte, personnage après personnage, comment ils vont mourir.

Les personnages sont 12. il n'y en a pas un seul qui soit heureux. Ils ont tous des problèmes, de santé, de famille, de divorce, de drogue, d'alcoolisme, d'homosexualité refoulée, de décès…j'en passe et des meilleures. Pas d'introspection ici mais juste le relatement ( ?) des faits, écoulés et présents, des souvenirs qui peu à peu nous dévoilent la vie de ces personnages et de leurs proches, leurs drames, leurs amours… le roman est plaisant mais manque –à mon sens- de profondeur : le fait de s'en tenir –délibérément- à la surface des choses, au souvenir plutôt qu'à ce qui en a découlé, à l'acte plutôt qu'à la prise de conscience, tout cela me semble inabouti, trop superficiel. Eh oui, j'aime bien les commentaires métaphysiques et les réflexions existentielles, et là, je n'ai pas été servie. D'autant que tous ces faits qui sont relatés, à l'inverse de ce qui est dit dans le chapitre 1 (« Mais de mon point de vue, rien ne se produit jamais, il n'y a ni début ni fin, seulement une sorte de tourbillonnement, une vibration, un entrelacement infini de cause et d'effets… »), Il n'est mis en évidence (ni d'ailleurs caché, à priori) aucune conséquence, aucun principe de cause à effet. Les personnages sont réunis autour d'un personnage principal, Sean, pour lequel je n'ai jamais réussi à éprouver le moindre attachement, mais c'est tout, c'est le seul point qu'ils ont en commun (ah oui, et puis le fait qu'ils ont tous quelque chose à cacher aussi), et leurs actes passés n'ont conditionné aucun de leurs actes présents (à peu de choses près en tout cas). Donc voilà, à moins que je sois complètement passée à côté ce qui est toujours possible, mais sinon, gentillet mais bof. Voilà.
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison17 mars 2017
Les hommes au salon avec la bouteille de whisky, les femmes à la cuisine avec les casseroles, tant pis si c’est un cliché, se dit Sean, au fond tout le monde est très heureux comme ça.
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le_Bisonle_Bison16 février 2017
Je voulais te poser une question, dit Leonid.
- Hm ? dit Sean
- Où est-ce que tu achètes tes chaussettes ?
- Mes chaussettes ?
- Oui... Elles ont l'air de bonne qualité. Elles le sont ?
- Celles-ci ? Euh... c'est à dire...
- Tu vois, parce que je ne sais plus comment faire. Je n'arrive pas à m'habituer à l'idée que les chaussettes de bonne qualité n'existent plus. Ça me donne le cafard. Tu achètes une paire de chaussettes, tu les mets deux, trois fois et voilà que ton gros orteil sort au bout. Je suis prêt à payer plus cher, à condition qu'elles tiennent plus d'une semaine.
- C'est sûrement un complot capitaliste, dit Sean un peu distraitement.
- Ça me met hors de moi ! insiste Leonid. Je vais au supermarché, j'étudie les étiquettes sur les chaussettes et tu sais ce que je vois ? "Acrylique majoritaire." C'est une tragédie, Sean, tu te rends compte ? Ils n'essaient même plus à nous rassurer avec du coton ou de la laine : non, "acrylique majoritaire" ! Si c'est ça le seul ingrédient qu'ils osent avouer, on se demande ce qu'il y a d'autre là-dedans !
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GwordiaGwordia24 juin 2012
Elle ne sait pas ce que c'est de vivre entouré de fantômes, de voir ses parents et amis glisser dans l'abîme les uns après les autres et de rester là, ébahi, impuissant... Non, pas toi ! Pas toi aussi ! Chaque fois, on est persuadé que la douleur sera trop grande, que la Terre cessera de tourner ou qu'à tout le moins on deviendra fou... Mais non, tout continue comme avant. On encaisse les pertes comme autant de coups de pied au ventre ; elles vous coupent le souffle mais vous n'osez pas broncher, alors vous vaquez à vos occupations, honteux de la force d'inertie qui vous fait vivre encore, malgré la disparition de tous ceux dont, croyiez-vous, l'amour vous faisait vivre...
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GwordiaGwordia24 juin 2012
Quand je rencontre les créateurs des autres univers, je m'efforce toujours d'être modeste. Plutôt que de me vanter de l'excellence de mon oeuvre, je les félicite pour la beauté et la complexité de la leur... Mais, à part moi, je ne puis m'empêcher de trouver que la mienne est supérieure, car je suis le seul à avoir inventé une chose aussi imprévisible que l'homme.

Quelle espèce ! Souvent, à regarder les êtres humains accomplir leur destinée sur Terre, je me laisse emporter presque au point de croire en eux. Ils me donnent l'impression singulière d'être dotés de libre arbitre, d'autonomie, d'une volonté propre... Je sais bien que c'est une illusion, une notion saugrenue. Moi seul suis libre ! Chaque tour et détour de leur destin a été planifié d'avance par mes soins ; je connais le but vers lequel ils se dirigent et le chemin qu'ils emprunteront pour y parvenir ; je connais leurs effrois et leurs espoirs les plus secrets, leur constitution génétique, les rouages les plus intimes de leur conscience... Et pourtant, et pourtant... ils ne cessent de m'étonner.

Ah, mes chers humains... Comme cela m'enchante de les voir patiner et patauger ! Aveugles, aveugles... toujours là à espérer, à tâtonner... Voulant à tout prix croire en ma bonté, comprendre leur destin, deviner quels sont mes projets pour eux... Oui, les pauvres, ils ne peuvent s'empêcher de chercher le sens de tout cela ! Il suffit que je leur ménage une petite rencontre avec la naissance ou la mort et, aussitôt, ils sont convaincus d'avoir saisi quelque chose. Bouleversés chaque fois. Secoués jusqu'à la moelle.
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NeigelineNeigeline24 février 2011
Un écrivain français - Quenaud ? Quignard ? - a fait remarque que les oreilles n'ont pas de paupières. On peut choisir de fermer les yeux , non les oreilles. Les oreilles nous rendent vulnérables aux autres, nous mettent à la merci de leur insolence et de leur mauvais goût.
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