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ISBN : 2070327442
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Récits de rêves, opinions, souvenirs, réflexions morales, notes sur la littérature : ce Journal en miettes n'est pas un journal habituel, où seraient consignés, au jour le jour, les événements d'une vie. C'est, en quelque sorte, à une entreprise contraire que se livre i... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Sofi, le 19 novembre 2010

    Sofi
    On connaît surtout Ionesco pour sa Cantatrice chauve et ses Rhinocéros. Si ce Journal en miettes vaut d'être lu, c'est tout simplement parce qu'il offre une vision tout à fait différente de celle que l'on possède du dramaturge de l'absurde.
    Le Journal en miettes est un journal sans dates : première entorse au genre, dont on comprend assez vite le sens. Ionesco se présente, et de façon cruellement sincère, comme un homme en proie aux pires angoisses. Une peur de la mort constante agite ses pages, et prend vite le pas sur ces quelques miettes de souvenirs qui ouvrent son texte.
    Rapidement, c'est un journal de rêves qui se met en place, tout de suite analysé par "Z." le psychanalyste omniprésent, mais qui, in fine, ne résout rien, ou simplement n'apaise pas le doute.
    Parfois, comme des bouffées d'air dans cette introspection innervée par le désespoir, un petit texte, en italique, intervient : une scénette où l'absurde reprend ses droits, et où la littérature figure comme une ponctuation saine (un point et virgule ?) dans ce journal obsédé par le point final.
    Il y a bien quelques réflexions sur l'écriture du Théâtre, un beau réquisitoire contre Sartre, et quelques notes sur l'obsession du "collectif" dans l'Histoire du XXème siècle, mais tout cela est avant tout un journal de mort : les souvenirs d'enfance sont précisément ceux où Ionesco n'avait pas encore conscience de sa finitude, et tous les rêves décrits sont des rêves de réparation (où les morts revivent et s'agitent dans ces situations absurdes dans lesquelles le sommeil sait si bien nous déposer).
    Toutes les autres notes, enfin, sont tournées du côté du "sens" à donner à la vie, du côté de la recherche des "clés" de l'énigme universelle, dans une lutte constante de l'écrivain contre la défaite intellectuelle, présentée comme telle, du "à quoi bon ?"
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Récits de rêves, angoisses, pensée de la mort, obsédante, tentative de la dépasser, Ionesco cherche à y comprendre quelque chose. Tentations bouddhiques, psychanalytiques, judaïques, apaisement esquissé, mais rien n'y fait. Il ne rêve pas le rêve absolu, qui éclairerait la réalité et il continue à vivre, à aimer vivre dans l'angoisse, la pire des peurs parce qu'elle ne sait pas de quoi elle a peur. Comprend-on mieux l'œuvre d'Ionesco en lisant son journal ? Oui, on retrouve, expliquées, ses obsessions, le langage qui ne dit rien dans La Cantatrice chauve, la mort dans Le roi se meurt, etc, mais, il le dit lui-même, tout ça, c'est du contexte qui entoure l'œuvre, qui dit tout ce qui permet l'œuvre, mais ne dit rien, fondamentalement rien sur l'œuvre, qui est œuvre justement parce qu'elle résiste.
    Bien souvent, les pensées exprimées par Ionesco sont banales, la mort inéluctable, le mystère du « je », l'inutilité de la littérature, etc. Ce qui est intéressant, c'est que cette banalité est assumée. Les questions que se pose Eugène Ionesco, tout le monde se les pose et invente des réponses. Lui ne ment pas. Il n'a pas de réponse, cherche, échoue, son œuvre demeure absurde. Ses rêves n'ont pas d'explications. L'angoisse reste.
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Citations et extraits

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  • Par cathcor, le 22 février 2012

    Si on parle tellement du langage, c'est que l'on est obsédé par ce qui vous manque. Du temps de la tour de Babel on devait aussi beaucoup parler du langage. Presque autant qu'aujourd'hui. Le verbe est devenu du verbiage. Tout le monde a son mot à dire.
    Le mot ne montre plus. Le mot bavarde. Le mot est littéraire. Le mot est une fuite. Le mot empêche le silence de parler. Le mot assourdit. Au lieu d'être action, il vous console comme il peut de ne pas agir .Le mot use la pensée. Il la détériore Le silence est d'or. La garantie du mot doit être le silence Hélas! c'est l'inflation! Ceci est encore un mot. Quelle civilisation!
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  • Par cathcor, le 22 février 2012

    Chaque visage nouveau me met en panique: quel est l'enfer, quelle sorte d'enfer s'abrite sous cette façade?
    Ce que l'on connaît de chacun, c'est tout d'abord sa politesse, sa retenue. Il ne faut pas aller plus loin, nous tomberions dans l'abîme. Qui as-tu tué, au moins en esprit, toi qui es vêtu en habit du dimanche? Et toi, ma jolie, combien d'êtres as-tu voulu tuer, qui voudrais-tu tuer encore, voudrais-tu que je me mette à ta disposition pour détruire les vies qui te gênent?...
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  • Par Sofi, le 19 novembre 2010

    Si je fais toutes ces confidences, c'est parce que je sais qu'elles ne m'appartiennent pas, et que tout le monde à peu près a ces confidences sur les lèvres, prêtes à s'exprimer et que le littérateur n'est que celui qui dit à voix haute ce que les autres se disent ou murmurent.

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  • Par totzi11, le 20 juillet 2014

    Les douleurs, chagrins, échecs m'ont semblé toujours plus vrais que les réussites ou le plaisir. J'ai toujours essayé de vivre, mais je suis passé à côté de la vie. Je crois que c'est ce que ressentent la plupart des hommes. Je n'ai pas su m'oublier.

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  • Par totzi11, le 20 juillet 2014

    Ce "je" devrait renoncer, il devrait abdiquer. On devrait se laisser aller. "Je" est empêché de se laisser aller; les désirs surgissent malgré moi, un "moi" anxieux se dresse contre le "moi" serein, dans quel "moi" suis-je?

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Vidéo de Eugène Ionesco

Entretien avec Ionesco. Il parle de son enfance, de ses études, de son besoin de solitude











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