ISBN : 2070368165
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 329 notes) Ajouter à mes livres
"Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat." Tout langage stéréotypé devient aberrant. C'est ce que Ionesco démontre dans Rhinocéros, pièce qui a tout d'abord vu le jour sous la forme d'une nouvelle. Partisan d'un théâtre total, il porte ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par snybril, le 12 novembre 2009

    snybril
    L'humanité ne serait-elle qu'un vaste troupeau, que des bergers cupides orientent à leur guise ? Voilà le propos de Ionesco avec sa pièce Rhinocéros, le thème de l'individu qui disparaît pour se fondre dans le moule de la normalité.
    Voir passer un Rhinocéros, fut-il africain ou asiatique dans un petit village français n'est certes pas "normal". Mais alors, si tout le monde se transformait en Rhinocéros, la bienséance voudrait que l'on suive l'exemple, chacun justifiant son choix selon sa perception étriquée du monde. A la fin, l'original serait alors l'humain au milieu des bêtes sauvages.
    Avec ces trois lignes, je pense avoir résumé assez fidèlement l'histoire. Postulat absurde, raisonnement absurde, théâtre absurde, sainte trinité qui gouverne la pièce.
    Les interprétations habituelles y trouvent un chef d'œuvre, la dénonciation des régimes totalitaires où des comportements humain de collaboration brutalement illustrés par la seconde guerre mondiale. Quand à moi, je lâche prise et je baille.
    Sous sa forme écrite, le théâtre fait l'économie de la description pour se concentrer dans le dialogue, exercice de style difficile et peu valorisant. du coup le talent de l'écrivain disparaît derrière celui du metteur en scène ou celui des acteurs seuls capables d'habiller dignement des conversations. Et bien je peux affirmer que c'est encore pire pour le théâtre absurde. Les réflexions deviennent incohérentes, et les échanges pénibles.
    Je pense sincèrement que Rhinocéros est une bonne pièce mais je suis persuadé qu'il faut impérativement la voir avant de la lire. Ne serait-ce que pour vivre tout ces moments de silence et ces intonations donnant parfois au surréaliste un ton comique.
    Quand au fond de commerce de la pièce, que j'interprète comme une analyse de la normalité. Génie ou pas, je ne suis pas convaincu. Pas plus que la ritournelle éducative servie par des donneurs de leçon borné lorsque leur progéniture suit les autres enfants dans leurs bêtises collectives: Si tout le monde se jetait dans un puis, est-ce que tu ferais pareil ?
    Peut-être que oui, peut-être que non. A vrai dire si la question est simpliste, la réponse est potentiellement intéressante. Sauf le propos de Ionesco ne semble pas vraiment plonger sous la superficialité des raisonnements communs.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2009/11/un-oiseau-fondu-dans-la-m..
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    • Livres 3.00/5
    Par Sly, le 25 octobre 2011

    Sly
    Une pièce de théâtre bien originale. Il n'est pas courant de lire des histoires dans lesquels les êtres humains se transforment en Rhinocéros, ce qui est le cas dans ce livre. Une étrange épidémie semble toucher un à un les habitants de la ville.
    J'ai beaucoup apprécié l'acte 1, dans lequel chaque personnage défend remarquablement bien ça position. Surtout l'échange de point de vue entre Jean et Bérenger, qui est très drôle. Jean faisait mine de prendre pour une critique tout ce que lui dit Bérenger. A partir de l'acte 2, je dois dire que je me suis quelque peu ennuyé, et ce jusqu'à la fin. Heureusement que la pièce n'est pas très longue.
    Les échanges deviennent moins piquants, moins percutants, l'histoire semble s'embourber un peu. D'ailleurs, l'auteur ne donne aucune information sur l'origine de l'épidémie, la seule chose que l'on apprend à son sujet c'est que ce sont les personnes qui choisissent de devenir Rhinocéros.
    On remarque bien l'effet de groupe sur les personnages qui un à un vont se convertir en Rhinocéros après avoir au préalable vivement critiqué ceux qui en avait fait de même. La pièce confronte également les différents points de vue des personnages qui sont issues de différentes catégories sociales. Cela nous permet de comparer les réactions face à ce curieux phénomène.
    Pour conclure, je n'ai donc pas été réellement emballé par cette lecture, peut-être que voir cette pièce jouée est plus intéressant.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 13 février 2012

    canel
    Un Rhinocéros, puis deux, dans une rue d'une "petite ville de province". Originaires d'Asie ou d'Afrique ? A une ou deux cornes ? Les avis sont partagés. Quoi qu'il en soit, le phénomène fait parler les citoyens dits honnêtes, "normaux", jusqu'à ce que, peu à peu...
    Rumeur, opinion publique versatile, norme vs marge, conformisme, phénomènes politiques de masse, effets de la propagande... Voilà les thèmes évoqués dans cette courte pièce d'Eugène Ionesco, écrite dans les années 1950, en écho aux sinistres expériences de totalitarisme, récentes ou en cours.
    Un texte plaisant à lire, traversé de réflexions qui font mouche - peut-être un brin trop loufoque pour moi, par moments, ce "théâtre de l'absurde" ? Cela m'a néanmoins donné envie de relire des pièces de styles divers (Anouilh, Tennessee Williams, Marivaux, Knock de Jules Romains...), à défaut d'aller en voir.
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  • Par Bartleby, le 15 janvier 2009

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Ionesco
    Extrait :
    L'idéologie. Ionesco, Rhinocéros
    La particularité d'une œuvre majeure est que, bien que s'inscrivant dans une époque, elle est toujours d'actualité et cela parce qu'elle pose des problèmes fondamentaux qui ressurgissent nécessairement. L'actualité dont il est question ne se limite pas seulement aux différentes élections qui ont eu lieu ces dernières semaines, il s'agit d'un processus général des cultures occidentales qui consiste à souscrire à de symptomatiques valeurs telles que le travail, l'hygiène (ne pas fumer, ne pas boire, ne pas manger gras pour vivre longtemps, etc.), le divertissement (Mickey-roi), etc. au détriment des valeurs culturelles sans que cela fasse problème. Pour ne prendre qu'un exemple, personne, mis à part Pierre Assouline, ne parle du fait que le gouvernement polonais fasse remplacer Kafka, Gombrowicz ou Conrad par Jean-Paul II et d'autres auteurs catholiques dans les programmes scolaires… Alors même si tout a été dit de cette pièce de Ionesco
    Au premier acte, Béranger et son ami Jean discutent à la terrasse d'un café sur la place animée d'une petite ville de province. Parler d'amitié est sans doute exagéré, car si Béranger ressent une véritable affection admirative pour Jean, celui-ci le maltraite avec un mépris plein de suffisance. Jean, jeune cadre dynamique, conservateur, fier de ce qu'il est ou plutôt de ce qu'il représente, réprimande Béranger à cause de sa négligence. Béranger est négligent : non seulement il est toujours en retard à ses rendez-vous, au travail, non seulement il ne prend guère soin de lui-même, toujours mal rasé, mal coiffé, vêtements froissés, mais Béranger est fondamentalement négligent, négligent envers l'existence concrète, celle qui exige – au nom de quoi ? – que nous agissions sérieusement, que nous soyons responsables, etc. Or, Jean est l'incarnation même du sérieux, de l'ordre moral. Il est de ce monde, il y est dynamiquement inséré, alors que Béranger est étranger à la comédie humaine : un atopon.
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 28 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture ... en suivant l'éphéméride... 1994 décès d'Eugène Ionesco, écrivain
    ***
    Il s'agit d'une fable dont l'interprétation reste ouverte. L'une de ces interprétations peut-être plus évidente serait la dénonciation de tous les régimes totalitaires (nazisme, stalinisme et autres) et du comportement de la foule qui suit sans rien dire, du stéréotype (d'où la métaphore avec un Rhinocéros), par peur de ce régime. Ionesco dénoncerait plus particulièrement l'attitude des Français aux premières heures de l'Occupation.
    Il dénoncerait aussi le fait que tous les totalitarismes se confondent pour attenter à l'humaine condition et transformer en monstre le meilleur des hommes, que ce soit les intellectuels (représentés par « le Logicien »), ou même les personnes comme Jean, épris d'ordre.
    Bérenger, dont le spectateur découvre la mutation tout le long de la pièce, lui, est le seul à résister face à l'épidémie de « rhinocérite ». C'est le seul à avoir des réactions normales face à cette épidémie : « Un homme qui devient Rhinocéros, c'est indiscutablement anormal ».
    Il représente la résistance qui, petit à petit, se forme lors de la Seconde Guerre mondiale. Ionesco utilise, dans son œuvre, l'absurde et le comique, pour accentuer ces faits.
    Quand Ionesco écrit cette pièce, Ceauşescu est au pouvoir dans son pays, la Roumanie. Dans Rhinocéros, il souhaite aussi dénoncer ce qui se passe dans son pays.

    Une satire sur les comportements humains et leur influence face à la montée d'une idéologie :
    Il ressort bien qu'un phénomène minoritaire mais violent entraîne l'incrédulité des habitants qui le rejettent dans un premier temps ;
    cependant ce rejet est suivi d'une indifférence quand le phénomène s'amplifie, les gens commençant à s'habituer à ce qui les repoussait. Un point crucial mis en avant par Ionesco est la passivité du peuple qui assiste à cette montée en puissance.

    Par la suite un basculement important s'opère à savoir l'extension du mouvement qui rallie de plus en plus de personnes ; Ionesco souligne bien la capacité d'un tel phénomène à rallier des gens différents autour d'un thème central (ici la sauvagerie) et le fait qu'il profite des frustrations et autres déceptions de chacun.

    Enfin, une fois le phénomène étendu, l'auteur suggère l'uniformité, la masse ayant adhéré en totalité, ne restant qu'une seule personne, celle dont justement on raillait la rêverie et l'inaction, pour résister et s'opposer lucidement face à cette folie collective.

    Métaphore des systèmes totalitaires et des idéologies émergentes, le Rhinocéros est en quelque sorte un témoignage du comportement humain face à un mouvement extrémiste : la peur, le rejet puis l'habitude, la passivité et enfin la conversion de tout un chacun qui s'y retrouve et peut y exprimer ses frustrations profondes.

    Cette pièce est aussi une démonstration du conditionnement inhérent à la condition humaine et de la solitude de l'homme lucide.
    source : wikipédia

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par MlleOceane, le 22 mai 2012

    -Comme je voudrais te rendre heureuse ! Peux-tu l'être avec moi ?
    -Pourquoi pas ? Si tu l'es, je le suis. Tu dis que tu ne crains rien, et tu as peur de tout ! Que peut-il nous arriver ?
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  • Par canel, le 04 février 2012

    - Je n'aime pas tellement l'alcool. Et pourtant si je ne bois pas, ça ne va pas. C'est comme si j'avais peur, alors je bois pour ne plus avoir peur.
    - Peur de quoi ?
    - Je ne sais pas trop. Des angoisses difficiles à définir. Je me sens mal à l'aise dans l'existence, parmi les gens, alors je prends un verre. Cela me calme, cela me détend, j'oublie.
    - Vous vous oubliez !
    - Je suis fatigué, depuis des années fatigué. J'ai du mal à porter le poids de mon propre corps...
    (...) Je sens à chaque instant mon corps, comme s'il était de plomb, ou comme si je portais un autre homme sur le dos. Je ne me suis pas habitué à moi-même. Je ne sais pas si je suis moi. Dès que je bois un peu, le fardeau disparaît, et je me reconnais, je deviens moi. (p. 42-43)
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  • Par MarieAlice, le 30 octobre 2010

    Le logicien - Autre syllogisme: tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat.
    Le vieux monsieur - Et il a quatre pattes. C'est vrai, j'ai un chat qui s'appelle Socrate.
    Le logicien - Vous voyez...
    Le vieux monsieur - Socrate était donc un chat!
    Le logicien - La logique vient de nous le révéler....
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  • Par Sly, le 25 octobre 2011

    Peut-on savoir où s'arrête le normal, où commence l'anormal ? Vous pouvez définir ces notions, vous, normalité, anormalité ? Philosophiquement et médicalement, personne n'a pu résoudre le problème.
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  • Par annie, le 28 mars 2009

    -Bérenger: C'est une chose anormale de vivre.
    - Jean: Au contraire. Rien de plus naturel. La preuve: tout le monde vit.
    - Bérenger: Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.
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Entretien avec Ionesco. Il parle de son enfance, de ses études, de son besoin de solitude











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