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L'encre serait de l'ombre : Notes, proses et poèmes choisis par l'auteur (1946-2008)1Ajouter à mes livres
Après René Char (Commune présence), Henri Michaux (Lespace du dedans), Paul Éluard (Jai un visage pour être aimé), voici en Poésie/Gallimard, Lencre serait de lombre, lanthologie personnelle de ... > voir plus
C'est toujours difficile d'expliquer pourquoi est-on attiré par les écrits d'un poète. Parfois, même, on reste subjuguer par des mots, une phrase, un vers sans pour autant tout comprendre.
II (...) Ame soumise aux mystères du mouvement,
passe emportée par ton dernier regard ouvert,
passe, âme passagère dont aucune nuit n'arrêta
ni la passion, ni l'ascension, ni le sourire.
Passe : il y a la place entre les terres et les bois,
certains feux sont de ceux que nulle ombre ne peut réduire.
Où le regard s'enfonce et vibre comme un fer de lance,
l'âme pénètre et trouve obscurément sa récompense.
Prends le chemin que t'indiqua le suspens de ton coeur,
tourne avec la lumière, persévère avec les eaux,
passe avec le passage irrésistible des oiseaux,
éloigne-toi : il n'est de fin qu'en l'immobile peur.
Très tenace est le sentiment que ce sont des troupeaux d'âmes qui éclairent, habitent, peuplent ces nuit-là, leurs doux replis brumeux près de la terre, leur fraîche transparence au-dessus des montagnes. Les anges, ces grandes figures blanches qui, dans l'Ancien Testament, s'avancent absolument intouchables vers des villes condamnées, je pouvais presque les imaginer alors comme d'invisibles mouvements de l'air...