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Isabelle Maillet (Traducteur)
EAN : 9782266337892
432 pages
Pocket (07/03/2024)
3.94/5   159 notes
Résumé :
Meilleur suspense de l’année 2022 pour le New York Times.

Ansel Packer attend la mort, après avoir lui-même tué. Dans douze heures, il sera exécuté dans une prison américaine. Ansel ne veut pas mourir. Il veut être écouté, admiré, compris. À son monologue obsessionnel depuis sa cellule se superposent les récits de trois femmes : Lavender, sa mère, Hazel, la sœur jumelle de son épouse, et Saffy, l’enquêtrice, qu’il avait croisée plus jeune en foyer d’a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
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J'ai rencontré, il y a quelques jours, au festival Quai du polar, une jeune autrice américaine, qui publie, ici, son second thriller, et ce fut une belle découverte.
Son roman sera classé dans mes coups de coeur du genre, cette année, sans aucun doute.
Une totale réussite.
Danya Kukafka m'a accroché du début à la fin.
Scotché.
Pris au piège de son intrigue.
Une exécution, c'est les dernières heures d'un condamné à mort.
Je vous arrête tout de suite, Danya ne vous livre pas, là, un énième pamphlet contre la peine de mort, ce n'est pas son but.
Elle laisse le lecteur se faire son opinion.
Son personnage, Ansel, n'est ni sympathique, ni antipathique.
Ni un monstre, ni une victime.
Et pourtant on pourrait le classer dans les deux catégories.
Au vu de ses actes pour l'un et au su de là d'où il vient pour l'autre.
Né dans une grange, fils d'un très jeune couple, qui n'est peut-être pas fait pour être parents.
Un jour tout va basculer.
Et si c'était ce jour là que s'est joué la suite de sa partition ?
Si une décision, prise dans l'urgence, avait créé l'homme qui, aujourd'hui attend sa fin ?
Dyana Kukafka nous invite à égrener les dernières heures de cet homme et surtout, elle nous fait revivre son histoire, depuis son enfance. Les femmes qu'il a croisées, ce qu'elles ont fait ou été pour lui.
Son roman est captivant, parce qu'à sa lecture on sent le temps qui passe. On suit les aiguilles de l'horloge qui va mettre un terme à une vie chaotique.
Bien sûr, la tension est palpable.
Bien sûr, il y a de l'émotion.
C'est une exécution, tout de même.
Pas un acte banal.
Et quand se tourne la dernière page, nous reste en mémoire, tous ces personnages, Ansel, Lavender, Jenny, Hazel, Blue et des fantômes aussi...
La fin aurait pu être brutale, mais là, je la qualifierais d'intelligente.
Danya Kukafka, une romancière prometteuse.
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12 heures avant l'exécution d'Ansel Packer, condamné à mort pour les meurtres de 4 femmes aux Etats-Unis, le compte à rebours est enclenché.

Au fil des heures qui passent, rapprochant le condamné de sa mort, on retrace le déroulement des événements ayant amené à cette condamnation. On revient sur la vie du meurtrier, abandonné à l'âge de 4 ans par ses parents, sa mère fuyant un conjoint violent et pensant protéger ses deux enfants, Ansel et son petit frère de quelques mois.

En plus de la voix d'Ansel, on entendra celle de Lavender, sa mère, de Hazel, la soeur jumelle de son épouse Jenny et celle de Saffy, l'enquêtrice en charge de cette affaire.

Roman sur la trajectoire d'un tueur et de ses victimes. La personnalité d'Ansel est disséquée. Beaucoup de questions se posent mais très peu de réponses sont apportées.

La construction est originale, habile et introduit de la tension, du suspense, et oui, même si la fin est connue dès le début, et un intérêt croissant pour l'histoire.

L'autrice n'apporte aucun jugement de valeur, ni moralisateur. Elle ne prend aucune position quant à la peine de mort. Elle reste sur la crête, en équilibre, ne basculant ni d'un côté ni de l'autre. Tous les personnages rencontrés sont profondément humains.

Un livre percutant, brillant, intelligent.

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Ansel Packer est dans le couloir de la mort.
Le compte à rebours est lancé, l'exécution a lieu dans 12 heures. L'aumônier lui rend visite, Ansel a peur, espère une autre issue.
Le lecteur apprend ce qu'il a fait. Mérite-t-il de le payer de sa vie ? Selon les proches des victimes, oui. Mais cela suffira-t-il à leur apporter une forme de paix ?
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J'ai pensé à 'La dernière marche' (Tim Robbins, 1995) avec deux acteurs bouleversants : Sean Penn dans le rôle de l'accusé et Susan Sarandon dans celui de la religieuse qui "l'accompagne". Ce film brillant bouscule mes certitudes bien-pensantes, et j'oscille lorsque je le (re)vois et y pense entre l'indignation & le besoin de revanche, et le plus grand respect pour le combat de Badinter (et d'autres) qui mena à l'abolition de la peine de mort en France en 1981. J'ai ressenti les mêmes incertitudes en lisant La Bête de Anders Roslund et Börge Hellström, où non, décidément, il n'est pas question de laisser un prédateur calculateur et froid, tueur d'enfants, s'en tirer à bon compte (cf. également F*urniret, entre autres...).
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L'intelligence de ce roman tout en nuances m'a séduite ; il faut dire que j'ai lu récemment 'Le tueur intime' de Claire Favan, qui prétend nous faire entrer dans la tête d'un serial killer, alors qu'on assiste pendant plus de 700 pages à des massacres de psychopathe, de plus en plus violents & monstrueux, et parfaitement calculés. Quel intérêt d'entrer dans ce genre de caboche vide ?
Danya Kukafka, en revanche, dépeint ici un personnage intéressant, en souffrance, souvent sympathique et touchant, précocement détruit par 'la faute à vraiment pas de chance'. Son histoire nous invite à réfléchir sur la possibilité (?) de 'choisir' entre le bien et le mal - c'est d'ailleurs l'idée qui obsède Ansel Packer. Mais est-ce si facile lorsque tout a si mal démarré ?
Le fait de suivre quelques proches des victimes rend nos sentiments pour Ansel encore plus ambivalents.
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Alors ce roman est subtil, intelligent et émouvant, mais il souffre de longueurs ; j'ai trouvé que ça piétinait cent pages avant la fin... . Je me demande parfois si les éditeurs imposent des seuils aux auteurs de thrillers : en-deça de 400 pages, ça ne serait pas sérieux ?
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Sur un thème proche, j'avais admiré le talent de Marc Dugain qui exprime bien la dualité de son personnage dans 'Avenue des Géants'.
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La maturité littéraire de Danya Kukafka est époustouflante, bien loin de l'image d'extrême jeunesse reflétée par ses photos, la montrant avec une frange et un col claudine de petite fille sage ; qu'elle soit considérée ici ou là comme un prodige est amplement justifié. J'ai lu Une exécution très lentement, désirant savourer chaque ligne, chaque idée développée par l'auteure et dire que j'ai été soufflée par l'intensité, la qualité, l'intelligence, la profondeur, l'universalité de ce roman ne reflète pas le choc ressenti ; depuis la lecture de Crime de Meyer Levin rien d'un tel niveau ne m'était arrivé.


Il a assassiné des jeunes filles, l'Etat va le tuer à son tour, au nom de la justice qui l'a rendu « éligible à la peine capitale » quelle belle expression, comme s'il avait décroché la cagnotte au loto. C'est sa dernière journée, il sait à la minute près à quelle heure sa vie terrestre s'arrêtera, au bout du couloir de la mort. Il a rédigé – comme un testament - une Théorie fumeuse, philosophie de bazar, vague exploration de la vérité humaine la plus fondamentale, selon laquelle personne n'est mauvais ou bon à cent pour cent. Chacun vit dans la grisaille entre les deux. Et bien sûr, compte-tenu de sa situation précaire, par opportunisme il considère que tout humain mérite d'avoir une seconde chance.


Le dernier jour d'un condamné, a été décrit par de nombreux auteurs depuis Victor Hugo et les amateurs de noir foncé sont coutumiers de leur présence sur les tables des libraires. Alors, qu'est-ce qui rend le roman de Danya Kukafka unique ? Pourquoi sidère-t-il ? Pourquoi provoque-t-il des réflexions qui longtemps, longtemps hantent le lecteur ?


L'angle d'attaque choisi par l'auteure est à mon sens, novateur, féministe, subversif. Trois femmes évoquent le dingo dont sa mère et la soeur jumelle d'une victime, celui qui dans certaines séries addictives et trompeuses ou romans complaisants attire des avocats tirés à quatre épingles qui tournent comme des mouches autour de ce tueur séduisant. Des génies du mal qui préméditent leurs actes horribles pour le plaisir, montrés comme des esprits brillants capables de manipuler la police et de monnayer des faveurs contre leur aide. Dans Une exécution (le « Une » indique qu'il pourrait s'agir de n'importe quelle autre exécution) le sériol quilleur n'a rien d'un génie du mal. Il n'est même pas intelligent, il a l'air d'un quidam ordinaire, quelconque, apathique, vieux et bouffi : un petit homme fade qui tue juste par envie de le faire.


En revanche, les victimes occupent la place prépondérante, bien que le malheur qui les a frappées arbitrairement, les réduise à une histoire, à un fait divers, à un sujet de conversation dont toute leur vie, elles sont contraintes de parler à mi-voix.


Le futur euthanasié sait que si quelqu'un avait pu faire quelque chose pour lui, il y a longtemps qu'il aurait reçu de l'aide ; les proches des victimes ou la mère du tueur s'interrogent sur leurs choix, sur le ressentiment ou les regrets qu'ils leur inspirent alors que sous leurs yeux se développent leurs conséquences. Et la policière qui a croisé le tueur dans sa jeunesse sait que pour chaque criminel qui correspond à un stéréotype, des dizaines d'autres y échappent car chaque cerveau est différent dans sa déviance et la souffrance prend des formes aussi variées que mystérieuses. Elle sait que la plongée dans la psychologie d'un suspect pour le comprendre est à la fois nécessaire mais qu'il s'agit aussi d'une démarche établissant avec lui une intimité équivoque. Tous ces aspects d'une même affaire sont racontés dans un style élaboré, riche ; les idées développées s'appuient sur des recherches documentées, et dans chaque page affleure l'humanité et l'intelligence de l'auteure.


J'en viens pour conclure à la partie la plus émouvante, poignante d'une exécution : lorsque Danya Kukafka évoque, mettant les larmes aux yeux des lecteurs, les possibilités, le nombre infini de vies que les victimes si jeunes n'ont pas vécues, le nombre illimité d'avenirs dont elles ont été privées par la volonté d'un prédateur.


A lire, de toute urgence ! Laissez tomber tout le reste.
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Je viens de le terminer et je suis abasourdie de cette lecture envoûtante, flamboyante, magnifique.
Ce n'est pas un thriller, pas un policier car on sait dès le début qui tue.
Il m'a fait penser à Avenue des géants de Marc Dugain, dans lequel il raconte le périple monstrueux et sanglant du tueur en série Ted Bundy.
Mauvais départ pour Ansel ; sa mère très jeune qui reçoit coups et violences du père ne peut faire face et donner beaucoup d'amour à ses fils. Sous emprise, elle a un nouvel enfant, Ellis. Elle abandonne ses deux enfants à la maison dont un nourrisson, et ne revient pas les chercher.
Ansel petit garçon reste avec le bébé qui pleure et crie sans arrêt.
Plus tard, il entendra tout le temps ces hurlements, ces pleurs, qui n'existent que dans sa tête. Son abandon le rejoint et lui donne l'accolade. Petit, il tuera des animaux en les dépeçant comme tout bon petit psychopathe...
Il est vrai que certains tueurs en série débutent leur vie de manière dramatique, comme un meurtre de l'âme, des actes ignobles de la part des parents, et l'on retrouve souvent un épisode incestueux du fils avec sa mère, réel ou fantasmé, des secrets de famille monstrueux, de la violence.
Livre à plusieurs voix, et à plusieurs époques, ce qui, de temps en temps, m'a troublé.
Le fond est extraordinaire, une "belle" histoire, des personnages avec une sacrée profondeur, une histoire passionnante.
Mais là où j'ai été bluffée c'est la forme.
Ce fut une lecture merveilleuse ne serait-ce que pour cette écriture, cette profondeur des phrases, des mots, des descriptions minutieuses.
Un épisode qui m'a marqué c'est lorsque la mère d'Ansel et Ellis fait la démarche de retrouver ses fils, elle manque de tomber dans le chaos quand elle apprend la vérité.
Ce qui revient tout le temps, de manière délicate et forte, c'est l'amour maternel. C'est un livre de femmes qui ont un instinct maternel de folie (c'est le cas de le dire...).
Cet amour est tellement présent dans ce livre, presqu'à chaque page, chaque rencontre, chaque retrouvaille.
Et puis n'oublions pas le titre du livre ; il s'agit bien des derniers moments d'Ansel avant d'être tué par des piqûres létales. C'est si bien écrit, que l'on ressent cette peur ancestrale de la mort en nous, cette iminence d'être dans le néant, le chaos, la souffrance ou bien le noir total. On/off.
C'est très grand livre vous l'aurez compris, riche, nous apportant du bien (si, si), et de belles rencontres.
Mais le plus extraordinaire c'est qu'il parle à chacun de nous, en nous, et nous touche au plus profond de notre être.
En tous cas, un très beau moment de lecture.
Ne faites pas l'économie de cette oeuvre, ce serait dommage.
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critiques presse (2)
Telerama
11 avril 2023
Jeune prodige des lettres, Danya Kukafka tord habilement les ressorts du thriller. Dans cette histoire de criminel dans le couloir de la mort, elle donne la parole aux victimes et à leurs familles, enfin.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde
27 mars 2023
Une exécution est également un grand roman féministe. De manière subtile, grâce à une écriture sobre et parfois poétique, il souligne la place des victimes de féminicide dans la société et interroge les mécanismes de la domination masculine.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
Elle savait depuis son enfance que tout le monde a une part d'ombre et que certains la contrôlent mieux que d'autres. Mais rares étaient ceux qui se considéraient comme mauvais, et c'était ça le plus effrayant. La nature humaine était parfois d'autant plus hideuse qu'elle voulait à toute force se faire passer pour bonne.
(p. 332)
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"Accordez-vous un moment chaque jour, avait dit Harmony lors d'une séance de thérapie de groupe. Rien qu'un moment, durant lequel vous êtes déchargées de toute responsabilité."
(p. 383)
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(...) elle s'interrogea sur sa boussole interne, cette aiguille censée la maintenir sur la bonne voie, l'empêcher de s'égarer, de retourner sur ses pas ou de renoncer. Et elle se rendit compte d'une réalité effrayante : il n'existait rien de tel. Il n'y avait que les choix qu'on faisait quotidiennement.
(p. 205)
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Elle venait de découvrir que le malheur avait une texture. C'était un noeud, implorant qu'on le dénoue.
(p. 129)
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Avant toi, un autre détenu a gravé laborieusement dans le ciment : On est tous enragés. Tu souris chaque fois que tu vois ces mots. C'est tellement bizarre, tellement absurde, tellement différent des autres graffitis de la prison (surtout des versets de la Bible et des dessins de parties génitales).
(p. 19)
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Videos de Danya Kukafka (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Danya Kukafka
VLEEL 240 Rencontre littéraire avec Danya Kukafka, Une exécution, Editions Buchet Chastel
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