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François Ricard (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2070411761
Éditeur : Gallimard (2000)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 243 notes)
Résumé :
Car tel est bien l'amour de Jean-Marc et Chantal : un espace aménagé en marge du monde, à l'écart de la vie, contre la vie, en fait, et donc " une hérésie, une transgression des lois non écrites de la communauté humaine ".
François Ricard

Autre présentation:
Confondre l'apparence physique de l'aimée avec celle d'une autre. Combien de fois il a déjà vécu cela ! Toujours avec le même étonnement : la différence entre elle et les autres est-... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
najnaje
najnaje22 octobre 2013
  • Livres 4.00/5
Une fois encore j'ai été dérouté par l'écriture de Kundera. Un babéliote m'a dit et c'est tout à fait vrai, que Kundera est un auteur à tiroirs et qu'il y avait toujours quelque chose à découvrir dans ses livres, qu'il ne raconte pas à proprement parler une histoire et que pour lui c'était une découverte à chaque page. Il ajoutait que ce n'était pas un auteur qu'il recommandais. Je le rejoins sur tous ces points c'est vrai que Kundera à une écriture atypique qui déroute mais qu'il vaut la peine d'être lu.
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SebastienFritsch
SebastienFritsch23 avril 2012
  • Livres 3.00/5
Kundera utilise une banale histoire d'amour et ses banals doutes pour nous interroger sur l'identité.
L'identité de celui que l'on aime.
L'aimerait-on de la même façon s'il était différent ? Aimerait-on autant quelqu'un qui lui ressemblerait en partie ? L'aimera-t-on encore quand le temps l'aura changé ? C'est ce type de questions qui harcèlent Jean-Marc, le personnage masculin principal, à propos de Chantal. Mais Chantal fait naître aussi des interrogations : aime-t-on l'autre pour ce qu'il est ou pour ce qu'on imagine à son sujet ?
Alors, quelle est notre identité réelle ? Sommes-nous ce que nous voulons être ? Sommes-nous ce que nous prétendons être ? Jean-Marc se dit marginal et anticonformiste. Il vit au crochet de sa femme, dans le confort. Chantal, pour sa part, a l'impression d'avoir deux visages : dans le privé, elle est sympathique, ouverte, anticonformiste également ; au bureau, elle se plie au protocole de sa boîte de pub, où l'efficacité froide prime sur l'humain, où l'on sourit à tous, même si on souhaiterait en tuer la moitié.
Ce roman est attachant surtout pour ces questionnements dans lesquels il nous entraîne sans lourdeur. Ce ne sont pas de grandes envolées philosophiques, mais des dialogues, des situations qui posent les sujets et apportent des réponses, propres à chaque personnage. Aucune de ces réponses n'est définitive, assenée comme LA grande vérité. Elles ressemblent plus à des invitations à chercher nos propres réponses.
Le style, quant à lui, n'est pas désagréable à lire, mais on sent qu'il n'est qu'un outil pour véhiculer des idées, faire avancer l'intrigue (car il y en a une, et on veut savoir jusqu'où iront les deux personnages dans leur quête de leur véritable identité et dans leur rejet des autres identités qu'on leur prête ou qu'ils se sont inventés). Il n'y a donc pas de chaleur ni de poésie dans l'écriture, mais une efficacité à conduire son sujet et à nous entraîner derrière lui qui, finalement, nous fait passer un bon moment. Mais un moment troublant. Comme sont troublants les doutes que l'on peut concevoir sur soi-même.
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TataSka
TataSka25 février 2013
  • Livres 4.00/5
Quelle belle surprise, que ce livre!
Pioché un peu au hasard dans ma bibliothèque, un jour où je n'avais plus réellement de lecture en vue et où je me sentais l'âme à me cultiver.
J'ai donc choisi Kundera. L'identité. Un thème que j'aime, que je pratique, que j'enseigne.
Tout d'abord: ce que le français est beau, manié par un auteur d'origine étrangère. On oublie, parfois, sa beauté simple.
Jean-Marc et Chantal, mari et femme, doivent se retrouver en bord de mer. Mais ils se ratent. Il devait la rejoindre mais ne la retrouve pas, parmi les passants. Pire, il croit la reconnaître, court vers elle, s'imagine un instant la perdre et, au comble d'une angoisse fugitive, se rend compte, à quelques mètres d'elle, que ce n'est pas elle. Hésitation. Que se passerait-il si il ne La reconnaissait plus? Si Elle devenait une autre, au propre comme au figuré?
Plus tard, en voulant la rassurer sur le fait qu'elle plaît encore aux hommes, il va finir malgré lui par la tester. Tel sera pris qui croyait prendre.
A force de s'aimer et de penser se connaître, ils vont aller de malentendus en quiproquos. Et le surréalisme va se mêler au réel.

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sabine59
sabine5909 mars 2016
  • Livres 4.00/5

" L'insoutenable légèreté de l'être" reste pour moi l'oeuvre majeure de Milan Kundera mais ce livre m'a beaucoup plu aussi.
On retrouve la richesse des réflexions philosophiques et métaphysiques , mais sous un angle différent.Ici, fiction et réalité s'entrelacent et tout baigne dans un climat onirique.On sait l'importance des rêves pour l'auteur.A tel point que la fin, faisant hésiter le lecteur ( tout ce qui a été raconté n'est-il qu'invention, que songe, dans l'esprit des personnages ?) le laisse en pleine interrogation.
Chantal, après la mort de son enfant, a quitté son mari .Elle a alors rencontré Jean-Marc, avec qui elle semble vivre un renouveau amoureux.Je dis " semble" car rien n'est aussi simple.Le thème essentiel du livre est en effet:qui est réellement la personne qu'on aime ?Ne peut-elle pas être une autre, qui nous échappe et que nous ne comprenons pas ?
Jean-Marc, ayant constaté que Chantal s'attristait de ne plus être remarquée par les hommes, décide de lui envoyer des lettres d'amour anonymes( cela fait penser au " Zèbre" d'Alexandre Jardin).Ce qui n'était qu'un jeu se complique et c'est là que les questions sur le couple, sur la personne aimée s'accumulent.Sur sa véritable identité.
J'ai apprécié ce chassé-croisé des pensées de chacun, de leurs doutes amoureux, ainsi que les réflexions très intéressantes de l'auteur sur l'amitié.Il écrit notamment, ce que je trouve fort juste :"Afin que le moi ne rétrécisse pas, afin qu'il garde son volume, il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé, c'est-à-dire avec nos amis.Ils sont notre miroir, notre mémoire."
" Qui a rêvé cette histoire ? Elle ? Lui ?"...Le lecteur a-t-il vraiment lu une histoire ? Ou de multiples histoires ?
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araucaria
araucaria27 juillet 2013
  • Livres 3.00/5
Livre lu il y a un petit moment déjà, mon premier Kundera. J'en attendais beaucoup plus. J'ai été un peu déçue, mais je lirai quand même "L'insoutenable légèreté de l'être" dont j'ai parcouru d'excellentes critiques.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless24 novembre 2015
Dans ce monde où chacun de nos pas est contrôlé et enregistré, où dans les grands magasins des caméras nous surveillent, où les gens se frôlent sans cesse les uns les autres, où l'homme ne peut même pas faire l'amour sans être interrogé le lendemain par des chercheurs et des sondeurs ("où faites-vous l'amour ?", "combien de fois par semaine ?", "avec ou sans préservatif ?"), comment se peut-il que quelqu'un échappe à la surveillance et disparaisse sans laisser de traces ?

Page 11 - Gallimard
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HardivillerHardiviller15 juin 2015
Je dirais que la quantité d'ennui , si l'ennui est mesurable , est aujourd'hui beaucoup plus élevé qu'autrefois . Parce que les métiers de jadis ,au moins pour une grande part , n'étaient pas pensables sans un attachement passionnel :les paysans amoureux de leurs terres ; les cordonniers qui connaissaient par cœur les pieds de tous les villageois ; les forestiers ; les jardiniers ; je suppose que même les soldats tuaient alors avec passion . le sens de la vie n'était pas une question , il était avec eux , tout naturellement ,dans leurs ateliers , dans leurs champs . Chaque métier avait créé sa propre mentalité sa propre façon d'être . Un médecin pensait autrement qu'un paysan , un militaire avait un autre comportement qu'un instituteur . Aujourd'hui , nous sommes tous pareils , tous unis par la commune indifférence envers notre travail . Cette indifférence est devenue passion , la seule grande passion collective de notre temps .
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mandarine43mandarine4301 août 2011
[ Incipit ]

Un hôtel dans une petite ville au bord de la mer normande qu'ils avaient trouvé par hasard dans un guide. Chantal arriva le vendredi soir pour y passer une nuit solitaire, sans Jean-Marc qui devait la rejoindre le lendemain vers midi. Elle laissa une petite valise dans la chambre, sortit et, après une courte promenade dans des rues inconnues, revint au restaurant de l'hôtel. À sept heures et demie, la salle était encore vide. Elle s'assit à une table en attendant que quelqu'un l'aperçût. De l'autre côté, près de la porte de la cuisine, deux serveuses étaient en pleine discussion. Détestant hausser la voix, Chantal se leva, traversa la salle et s' arrêta près d'elles ; mais elles étaient trop passionnées par leur sujet : « Je te dis, cela fait déjà dix ans. Je les connais. C'est terrible. Et il n'y a aucune trace. Aucune. On en a parlé à la télé.» L'autre : « Qu'est-ce qui a pu lui arriver ? - On ne peut même pas l'imaginer. Et c'est ce qui est horrible. - Un meurtre ? - On a fouillé tous les environs. - Un enlèvement ? - Mais qui ? Et pourquoi ? C'était quelqu'un qui n 'était ni riche ni important. On les a montrés à la télé. Ses enfants, sa femme. Quel désespoir. Tu te rends compte ? »
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zwynszwyns17 avril 2015
Et moi?Comment peux-tu penser à ceux qui ne se retournent plus sur toi alors que moi je cours sans cesse après toi et partout où tu es?
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steph89steph8922 mars 2015
Il aurait beau lui dire qu'il l'aime et la trouve belle, son regard amoureux ne pourrait la consoler. Parce que le regard de l'amour est le regard de l'esseulement. Jean-Marc pensait à la solitude de deux vieux êtres devenus invisibles aux autres: triste solitude qui préfigure la mort. Non, ce dont elle a besoin, ce n'est pas d'un regard d'amour, mais de l'inondation des regards inconnus, grossiers, concupiscents et qui se posent sur elle sans sympathie, sans choix, sans tendresse ni politesse, fatalement, inévitablement. Ces regards la maintiennent dans la société des humains. Le regard de l'amour l'en arrache.
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