Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Marguerite Gay (Traducteur)

ISBN : 2234055806
Éditeur : Stock (2003)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Je mesure vingt-six pouces mais je suis parfaitement bâti, avec les proportions requises, sauf que j'ai la tête trop forte... J'ai une force physique considérable, surtout quand je suis en colère. Lorsqu'on nous fit lutter, Josaphat et moi, je le mis sur le dos au bou... > Voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (10)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 26 mars 2013

    Nastasia-B
    Le Nain est l'oeuvre la plus célèbre de Pär Lagerkvist qui obtint le prix Nobel en 1951.
    Ce roman est bâtit sous forme d'un récit à la première personne, plus précisément, sous forme d'un journal tenu par le nain d'un prince d'une des grandes cité-états du nord de l'Italie au tournant du moyen âge et de la renaissance, c'est-à-dire entre le XVème et le XVIème siècle.
    L'auteur ne précise pas, mais l'on suppose qu'il s'agit de Milan, que le prince en question doit être Ludovic Sforza. Ainsi, nous sommes plongés dans les intrigues de la cour en ces temps mouvementés au travers des yeux malsains d'un obscur émissaire, misanthrope, haineux, ambitieux, impitoyable, volontiers assassin et conspirateur.
    Ce nain nous décrit aussi les relations entre son prince est un certain Maître Bernardo, grand savant, peintre, conseiller avisé, bref, Léonard de Vinci.
    On y lit le processus de création d'une des fameuses madones de Léonard, ainsi que la description de sa fameuse fresque représentant la Cène.
    Cependant, le rôle le plus éminent du nain a lieu pendant l'attaque sournoise orchestrée par son maître contre une cité-état voisine.
    Le personnage du condottière est incarné par Boccarossa, chef mercenaire, prêt à vendre ses services tantôt dans un camps tantôt dans l'autre selon le montant des rétributions.
    Enfin, ce journal intime nous accoquine avec une autre réalité de l'époque, les épidémies de peste qui ravageaient les villes assiégées à l'hygiène douteuse.
    En somme, cette histoire de nain machiavélique peut être lue comme une chronique historique, mais au regard du contexte où elle a été écrite (en pleine seconde guerre mondiale), on ne peut s'empêcher d'y lire entre les lignes des messages beaucoup plus contemporains, notamment sur le sens de la vie, sur le châtiment, sur la justice, sur la folie, la solitude, l'ambition, la perversion, le lien entre Science et Pouvoir et l'utilisation qui en est faite en temps de guerre, en un mot, une réflexion bien plus vaste et profonde que le seul contexte De La Renaissance italienne, mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 74         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 01 août 2015

    Gwen21
    "[...] ce que je fus forcé de voir me remplit à la fois de sombre exaltation et du sentiment de la vanité des choses, de l'écroulement de tout." Ainsi parle le Nain, personnage principal et narrateur du roman phare de Pär Lagerkvist, écrivain suédois récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1951.
    Quattrocento, quelque part en Italie, dans une puissante cité que l'on peut se risquer à assimiler à Milan ou à Florence. Un Prince y règne, protégeant les arts, stimulant les sciences, glorifiant la foi, portant la guerre chez son voisin, l'ennemi séculaire, et tenant brillamment sa Cour. Au coeur de celle-ci, un homme, ou plutôt un demi-homme, un nain ; quoiqu'à la réflexion on ne puisse pas le considérer comme tel. Parlons donc plutôt d'une créature, lui-même ne souhaitant pas être autre chose.
    Le récit du Nain est d'abord une description minutieuse du quotidien de la Cour et l'immersion dans la Renaissance italienne si magnifiée aujourd'hui fait appel à tous nos sens. Toucher, odorat, goût, ouïe, vue, aucun n'est épargné. De l'observation, la narration glisse subrepticement à l'analyse. Le Nain, figure de la servitude et de la fidélité, peu porté au jugement, va développer un esprit de plus en plus critique vis-à-vis de son environnement et de son maître. Son point de vue peut alors se résumer par la citation dont je me suis servie pour introduire cet avis. D'un naturel cruel et misanthrope, il va assister à la chute des grands et témoigner de la vacuité des ambitions humaines. La guerre, la famine, le déshonneur, la maladie, la folie et l'hypocrisie seront de plus de poids que la spiritualité, l'amour, le génie et la philosophie.
    Bien qu'il soit dur dans le ton ce récit se lit avec une facilité déconcertante. Le Nain, dans ses notes, est lapidaire et va à l'essentiel. Sa froideur et son indifférence face aux maux de son siècle peuvent déstabiliser le lecteur mais elles ne peuvent gâter le plaisir morbidement fascinant de cet incroyable voyage dans le temps. Si "Le Prince" n'avait pas été un titre déjà pris, nul doute que Lagerkvist l'aurait utilisé pour son machiavélique roman.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 28         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par claudialucia, le 22 mai 2015

    claudialucia
    Les deux grandes questions de ce livre de Pär lagerkvist, sont les suivantes :
    "Est-ce grand et merveilleux d'être homme et faut-il s'en réjouir? Est-ce dénué de sens et désespérant et faut-il s'en affliger?"
    Le nain, personnage éponyme du livre, vit dans une cour De La Renaissance italienne, Florence(?), auprès d'un Prince qui pourrait être celui de Machiavel et qui est peut-être un mélange de Médicis, Lorenzo le Magnifique et de Sforza, Ludovico, duc de Milan, tous deux mécènes de Léonard de Vinci, ou de bien d'autres encore. Nous ne le saurons pas! Cela n'est pas dit mais nous reconnaissons pourtant un grand peintre, Maestro Bernardo, savant et philosophe, traité comme un égal par le Prince, qui peint la Cène, réalise le portrait d'une femme, la princesse, au sourire énigmatique, et imagine pour son maître des engins de guerre mystérieux : Vous savez qui? bien sûr! Et ajoutez à cette évocation un grand Condottieri et la guerre entre deux cité italiennes.
    Le roman de Pär Lagerkvist n'est pourtant pas un roman historique à proprement parler bien qu'il nous fasse voir cette période brillante mais trouble et mouvementée De La Renaissance et qu'il nous promène dans les rues de la ville, hérissée de campaniles encore en construction et en proie à la peste; bien qu'il nous fasse assister à de somptueux banquets, à des fêtes éblouissantes qui se terminent dans un bain de sang, bien qu'il nous dépeigne les préoccupations et les mentalités de ces hommes De La Renaissance qui émergent d'un long Moyen-âge… Et cet aspect du récit n'est pas un des moindres plaisirs du texte. Mais le nain est aussi un roman philosophique où l'écrivain explore toutes les facettes du Mal et questionne le sens de la vie.
    Le journal du nain, Piccolino, nous fait pénétrer, en effet, dans l'obscurité d'une âme sombre, pétrie de haine pour les hommes. le nain, c'est le Mal, il se compare lui-même à Satan mais c'est aussi la souffrance lié à la difformité, à la différence, tout ce qui fait de lui un être solitaire. C'est à travers lui que nous découvrons les hommes et les femmes de cette cour où règnent le savoir, l'amour des arts et de la philosophie et les instincts les plus bas, l'ivresse de la guerre, la trahison, le meurtre. Nous sommes à une époque où les hommes craignent Dieu mais se livrent à leurs instincts d'une manière effrénée.
    Derrière les somptueux pourpoints en velours des gentilshommes et les robes inscrutées de pierreries des femmes, se cachent des sentiments violents que le nain, dans sa misanthropie exacerbée nous révèle en termes apocalyptiques : « Tous ces êtres qui se donnent le nom d'hommes et vous remplissent de dégoût. Pourquoi existent-ils? Pourquoi se repaissent-ils de rire et d'amour et règnent-ils si orgueilleusement sur la terre. Oui, pourquoi existent-ils ces êtres lascifs, éhontés, dont les vertus sont pires que les vices. Puissent-ils brûler en enfer! Je me sentais comme Satan lui-même, entouré des esprits infernaux qu'ils invoquaient dans leurs réunions nocturnes et qui maintenant, affluant vers eux le visage ricanant, tiraient de leurs corps leurs âmes encore chaudes et puantes pour les emporter dans le royaume de la mort. »
    le nain qui se croit héritier d'une très ancienne race n'appartient pas à cette espèce humaine qu'il méprise. Il se complaît à mettre en évidence la part bestiale qui est en eux; ainsi la description du banquet et de la gloutonnerie des Grands qui les ravale au rang de bêtes rappelle ce passage où dans l'Odyssée, les compagnons d'Ulysse sont métamorphosés en porcs par Circé. Il éprouve de la répugnance envers l'amour et la luxure, envers les femmes qu'il juge laides et dont l'odeur l'incommode, envers la mort dans ses manifestations physiques, cadavres, maladies, puanteur, sang, viscères, pouvant même apparaître comme délicat et sensible. Mais il n'a aucune pitié et compassion, même envers la jeune princesse Angélica et Giovanni, le fils de Ludovico, qui, par leur jeunesse et leur sincérité échappent à la corruption ambiante : L'amour est toujours répugnant. Mais l'amour entre des deux-là me parut encore plus déplaisant que ce que j'avais connu auparavant. Je brûlais de colère et d'indignation d'en être le témoin. Ces deux jeunes gens, n'en déplaise au nain, sont pourtant ceux qui représentent l'amour et la spiritualité face à l'abjection humaine.
    Ravalés au rang de l'animal, en proie aux instincts les plus vils, quelle est notre espérance d'atteindre un jour la liberté s'interroge Maestro Bernardo : « Notre parcours est déterminé; après un petit essor qui nous remplit d'espérance et de joie, nous sommes tirés en arrière, comme le faucon ramené en arrière par la corde que tient le fauconnier.Quand obtiendrons-nous la liberté?Quand la corde sera-t-elle coupée, laissant le faucon s'élancer dans l'espace. »
    A travers la vision de Piccolino, Pär Lagerkvist souligne donc la part animale qui est en chacun d'entre nous et explore toutes les grands questions que l'être humain se pose sur la Mort, sur religion et sur Dieu, le mal et le Bien, sur la liberté humaine mais aussi sur le futur de la race humaine. Piccolino en écoutant les conversations des maîtres, du Prince et de Maestro Bernardo, révèle leurs contradictions. Une fois, les voilà certains de la grande destinée de l'humanité, prévoyant que l'homme percera les mystères qui l'entourent et dominera le monde; une autre fois, persuadés de la petitesse de l'homme et de l'étroitesse de son savoir, ils doutent : et nous sommes ainsi toujours ramenés aux deux Infinis de Pascal : qu'est-ce que l'Homme? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout..
    Pourquoi donc cet infini existe-t-il autour de nous, autour de la vie, si nous sommes comme des prisonniers impuissants et que la vie reste confinée en nous? Pourquoi cet incommensurable? s'écrie le maestro Bernardo/
    Une philosophie pessimiste donc (écrite par un protestant qui croit à la prédestination??)( Je sais que Pär Lagerkvist est très religieux) un roman pas obligatoirement facile mais passionnant! le style est très beau, très âpre et évocateur, suggestif. le genre de livre sur lequel il faut revenir en arrière pour en mesurer la portée! Il sort de ma lecture tout hérissé de marque-pages et il faudrait que je le cite en entier pour vous en montrer l'intérêt.


    Lien : http://claudialucia-malibrairie.blogspot.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 18 septembre 2009

    monito
    Prix Nobel de littérature en 1951 pour Barabbas, Pär Lagerkvist livre ici un roman noir, journal d'un Nain de cour, au service d'un prince italien De La Renaissance.
    De l'image de « bouffon » du roi que donnent des nains la littérature et le cinéma, le romancier suédois nous dépeint un homme méchant, qui dit ne pas être un homme, qui éprouve une aversion pour l'Homme, son physique, ses odeurs, ses penchants, ses amours, ses réflexions, ses goûts…
    Assoiffé de violence, rêvant de tuer plus encore que le nain qu'il a étranglé ou l'autre qu'il a fendu de son épée, il adule la guerre. Il rejette tout, même ceux de sa race. Il est unique, il est à part et doit supporter ce monde dans lequel il vit. Il supporte, c'est sa force et au terme du livre son ressort.
    Il a un profond mépris pour les « grands » qui l'entourent mais dans le même temps le lien de dépendance qui l'unit au prince, tout en le révulsant le fait vivre, exister.
    Outre une description des moeurs et des conditions de vie de l'Italie morcelée De La Renaissance, c'est surtout le caractère de ce nain de 26 pouces qui fait la force de ce roman. Cette solitude, ce regard froid, souvent ironique et cynique fait vivre comme ne procuration. Cette différence physique lui permet tout, même l'indicible…c'est parfois savoureux.
    Ce roman est servi par une écriture froide, sans fioriture, répétitive, précise, qu'on aime ou pas…
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par chapochapi, le 24 juin 2013

    chapochapi
    Quel curieux personnage que ce Piccolino ! En pleine Renaissance italienne, cet homme est le nain du Prince, le seul de la cour après qu'il a convaincu son seigneur de renvoyer les autres et après qu'il a tué son seul « concurrent ». Personnage aigri, haineux, sans pitié, sans amour qui ne semble prendre plaisir que dans le malheur d'autrui et dans la gloire du Prince, doit-elle être due à une guerre dévastatrice.
    Ce personnage observe la cour, ses codes, les amours princiers, il fréquente le beau monde, dont le double de Léonardo di Vinci et sa Joconde, bien qu'il ne reconnaisse ni talent à l'un, ni beauté à l'autre. Rien ne trouve grâce à ses yeux, tout est bas, vulgaire et seul son prince et lui-même semblent au-dessus du commun des mortels. Traditionnellement, le nain est un personnage diabolique et Picollino fait honneur à ce topos littéraire.
    Le personnage n'est pas sympathique (ou alors, bon, ok, chacun sa morale mais…), néanmoins ce livre se lit sans problème. Non seulement parce que c'est bien écrit, fluide, parfaitement maîtrisé, mais aussi parce que ce personnage exerce une sorte de catharsis sur le lecteur qui découvre la perversion d'un esprit mauvais (oui, rien que ça). Et, parfois, ça fait du bien à lire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

> voir toutes (19)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Gwen21, le 20 juillet 2015

    Les hommes s'imaginent que la nature est faite pour eux, pour leur bien-être et leur bonheur, pour que leurs vies soient grandes et belles. Qu'en savent-ils ? Comment savent-ils qu'elle se préoccupe d'eux et de leurs désirs aussi puérils que bizarres ?
    Ils croient que le livre de la nature est grand ouvert sous leurs yeux et qu'ils peuvent le feuilleter à leur guise, là même où il n'y a encore rien d'écrit et où il n'y a que des pages blanches. Fous présomptueux ! Leur suffisance est sans limites.
    Qui peut deviner ce que la nature porte dans ses entrailles, quel fruit en sortira ? Comment une mère serait-elle capable de prédire ce qu'elle va engendrer ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la citation

  • Par Gwen21, le 31 juillet 2015

    Les convives se vautrèrent dans la nourriture. Je commençai à éprouver le malaise, le vague écoeurement dont je souffre toujours quand je vois des hommes manger. Surtout lorsqu'ils sont gloutons. Ils ouvraient de larges bouches pour y introduire les trop gros morceaux, les muscles de leurs mâchoires travaillaient à l'unisson sans arrêt et l'on pouvait voir leur langue triturer la nourriture à l'intérieur de leurs bouches.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 23         Page de la citation

  • Par Gwen21, le 26 juillet 2015

    Quand don Ricardo prit les seins de la courtisane, j'éprouvai un tel dégoût et une telle haine contre cet homme que je l'aurais volontiers étranglé de mes mains nues, ou tué de mon poignard pour faire couler son sang libidineux et l'empêcher de pouvoir jamais enlacer une femme.

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Gwen21, le 19 juillet 2015

    Les rides me font paraître vieux. Je ne le suis pas. Mais j'ai entendu dire que les nains descendent d'une race plus ancienne que celle qui peuple aujourd'hui le monde et que, par conséquent, nous sommes déjà vieux quand nous naissons.

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation

  • Par Gwen21, le 18 juillet 2015

    L'amour est une chose qui meurt. Une fois mort, il pourrit, mais peut servir d'humus à un nouvel amour. L'amour défunt continue à vivre d'une vie secrète dans le nouveau, de sorte qu'en réalité l'amour est immortel.

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
7,11 € (neuf)
3,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Nain par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz