> Anna Gibson (Traducteur)

ISBN : 2020944650
Éditeur : Editions du Seuil (2009)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 366 notes) Ajouter à mes livres
À 66 ans, Fredrick Welin vit reclus depuis 12 ans sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes.... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 06 mars 2012

    lehane-fan
    Mankell excelle en polars ! Mankell excelle en romans ! Mankell , un auteur XXL ! Une fois de plus , je me suis régalé...
    Fredrik Welin , 66 printemps au compteur , vit en véritable ermite sur une ile de la Baltique . Véritable naufragé volontaire , il n'aspire désormais qu'à une seule chose , subsister en total retrait de tout et de tous et ressasser à l'envie cette tragique erreur qu'il commis , il y a de cela 12 ans , alors qu'il exerçait son métier de chirurgien . Son désormais seul et unique patient : Jansson , facteur hypocondriaque qui le gratifie de ses visites aussi régulieres que ses lassants maux illusoires . Flanqué d'un chien , d'un chat et d'une fourmilliere envahissante qu'il a laissé proliferer en plein milieu de son salon , Fredrik nourrit deux passions journalieres , véritables reperes dans ses interminables journées hivernales . Une totale immersion dans l'eau glacée et la rédaction de son journal sont désormais les rituels incontournables de son répétitif et morne quotidien . Il n'attend plus rien ni personne...Jusqu'à la surprise du chef ! C'est d'un oeil plus que circonspect qu'il revoit débouler ( en déambulateur donc piano piano le déboulé...) dans sa vie son premier amour qu'il abandonna il y a pres de 40 ans : Harriet . Rongée par un cancer qu'elle sait incurable , cette derniere n'aspire qu'à une seule chose avant de s'éteindre , découvrir ce lac forestier qu'il lui promit à l'époque ou leur avenir se conjuguait au pluriel . Deux avenirs diametralement opposés vont désormais devoir coexister , se redécouvrir , se supporter pour nous offrir un récit crépusculaire , ciment pourtant fondateur d'une renaissance inattendue...Etonnant non ?
    Une envie de poilade ? Un irrésistible besoin de muscler vos zygomatiques ? Alors circulez , y a rien à lire ! Ce récit est le long cheminement de deux etres rongés par le remord et voués à se perdre le coeur lourd de regrets , l'ame meurtrie à jamais . Ce dont je suis sur , c'est que Mankell possede une plume incroyablement évocatrice vous prenant méchamment à la gorge...Solitude , hiver , cancer...Y a de quoi se tirer une balle et pourtant l'histoire est aussi prenante que surprenante ! Un road movie ténébreux de haut vol sous tendu par le plus beau des présents offert de la part d'une sursitaire à un déserteur : la vie ! Les cadavres ( humains ou animaliers ) pullulent . le paysage froid et glacé est à l'unisson . La nature , le corps et les ames sont soumis à rude épreuve ! Cependant , Mankell ne fait jamais dans la surrenchere et c'est fort de servir un récit à la noirceur d'ébene qu'il se fend d'autant de funestes et funebres tranches de vie . Rien à regretter , rien à jeter car chaque macabre découverte y trouve sa légitimité !
    L'on suit donc , le coeur serré , une Harriet déclinante portée par la seule et unique volonté d'insuffler le peu de vie qui lui reste en cet amoureux fugitif qu'elle n'a jamais oubliée...De rebondissements en révélations , Mankell construit un récit touchant empreint d'une humanité bouleversante ! L'auteur vous prend dans sa toile et vous laisse étendu pour le compte , ivre de sentiments aussi contradictoires que complémentaires , tristesse et joie étant bien souvent de mise en ce bas monde...
    Les chaussures italiennes , du sur mesure !!!
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    Critique de qualité ? (37 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 10 avril 2011

    quiliravivra
    Voilà pourquoi ce roman m'a plu et pourquoi je l'ai dégusté :
    - au départ comme une boisson intéressante, rafraichissante même
    (il faut dire que l'on commence par un bain de glace )
    - puis peu à peu comme un poison insidieux et terriblement amer : j'avais envie de lâcher le livre tellement il me renvoyait en partie à moi-même , à ma lâcheté, à mes angoisses existentielles !
    Combien sommes nous en effet à avoir peur de nos sentiments , de leur intensité et de la douleur que causerait la trahison !
    La peur de prendre nos responsabilités dans la vie, que ce soit dans l'amour, dans l'amitié, dans les erreurs que nous commettons inévitablement , cette peur là nous empêche d'avancer dans la vie !
    Alors on se retrouve un jour comme Fredrik Welin (le personnage central) devenu vieux avec la vérité du passé qui fait boomerang et nous invite à reprendre les rennes de notre destin même s'il ne nous reste plus beaucoup d'avenir !
    Fredrik a abandonné jadis celle qu'il aimait par peur de l'attachement !
    Il a abandonné son métier à cause d'une erreur qu'il a tenté de nier en prenant la poudre d'escampette sur son ile de solitude !
    Alors il fallait bien qu'un jour le passé ressurgisse à sa façon !
    Et de quelle façon !
    C'est là tout l'art de cet écrivain que je ne connaissais pas du tout , qui a éveillé ma curiosité lors de son entretien avec François Busnel dans l'émission "la grande librairie" consacré à l'écriture scandinave !
    La façon dont resurgit le passé est traitée comme une intrigue pôlicière et je comprends là la prédilection de notre écrivain pour le roman policier !
    Je vais donc suivre à la trace cet écrivain exceptionnel !
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 12 mars 2012

    mimipinson
    « Vivre, au fait, ce n'est jamais qu'avancer dans son petit bateau au milieu d'un flot de promesses variées à l'infini. »
    « Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. »
    Après Profondeurs, c'est le second roman non policier de Henning Mankell que je lis, et je suis toujours sous le charme de cette écriture à la fois simple, imagée, efficace, et touchante.
    Toujours sous le charme d'un style épuré, linéaire, mais qui ne rend pas ennuyeuse du tout cette histoire.
    Toujours sous le charme d'une ambiance, d'une atmosphère si particulière, sans trop pouvoir vous dire en quoi et pourquoi. Nous passerons une année entière sur les bords de la Baltique, à vivre au grès des saisons, de la lumière si particulière sous ces latitudes. Nous appréhendons un mode de vie auquel les nordiques sont habitués, mais qui peut, à nous plus méridionaux paraître bien rude et spartiate. La nature est omniprésente ; on sentirait presque le froid venir nous titiller la peau. La solitude de cet homme convient parfaitement à la solitude des lieux ; elle est bien retranscrite.
    Toujours sous le charme de ses personnages travaillés, énigmatiques, qui aux premiers abords n'apparaissent pas forcément sous leur meilleurs jours ; et pourtant… Au fil des pages, nous apprendront à connaitre Frederik, nous en saurons un peu un plus sur les casseroles qu'il traine depuis quelques années, et qui font qu'il est ce qu'il est : un homme tout simplement, avec sa part un peu moins belle, mais aussi sa part, encore intacte de bonté, d'humanisme, et d'ouverture à l'autre. Un homme qui enfin, se regarde tel qu'il est, et s'autorise à laisser parler et agir cet autre enfoui en lui ; un autre qui dans une autre vie fut un médecin, probablement un très bon médecin, s'il n'y avait pas eu ce jour maudit…
    Trois abandons jalonnent cette vie. Frederik va mettre un point d'honneur à les "réparer ", pour solder ses dettes. Une renaissance, en quelque sorte, pour gagner 3 êtres chers à son cœur.
    Un retour sur soi, sur ses erreurs, pour les transcender, et cesser de se faire du mal sans s'en rendre compte.
    « A l'âge de soixante-six ans, tout ce que je croyais réglé et figé une bonne fois pour toutes commençait soudain à bouger et à se transformer. »
    Une preuve d'amour tardive… mais comme on le dit, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2012/03/les-chaussures-italie..
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 03 janvier 2012

    carre
    Fredrik Welin vit reclus sur un ilot sur la Baltique avec pour seules visites celles du facteur. Il vit replié sur lui -même après avoir commis une erreur médicale lors d'une opération.Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et y plonge chaque matin.
    Mais alors qu'il n'attend plus rien de la vie, Harriett une femme qu'il a profondement aimé il y a 40 ans débarque dans sa vie. Ces retrouvailles vont bouleverser la vie quasi moniacal de Fredik.
    Mankell, écrivain de polar, prouve avec ce roman qu'il est tout simplement un grand auteur. En abordant des thèmes essentiels de la vie : la paternité, l'amour, la solitude, la mort, le deuil, la culpabilité etc... Chaque page est chargée d'émotion sans aucun maniérisme. Il se sert aussi des magnifiques paysages de son pays et en fait un personnage à part entière. Un livre remarquable, bouleversant, qui nous questionne sur les actes manqués de nos vies. Peut-être le meilleur de Mankell.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mila0707, le 25 janvier 2012

    mila0707
    Mon avis : Il y a déjà un bon moment que j'ai lu ce roman. C'était d'ailleurs la première fois que je me plongeais dans une histoire d'Henning Mankell. Je devrais peut-être dire dans son univers, mais je sais que ce livre était un peu différent puisque cet auteur nous a surtout habitués aux romans policiers grâce à la série policière des enquêtes de Kurt Wallander. J'ai aimé parcourir ces grandes étendues froides et blanches avec le personnage principal qui s'astreint à y vivre pour expier ses erreurs (l'abandon d'une femme aimée par peur et lâcheté, un échec chirurgical ayant très chèrement coûté à sa patiente). J'ai adoré le voir face à ce passé qui le rattrape quand son ancienne maîtresse, en fin de vie, le rejoint et qu'elle l'oblige à se confronter aux promesses non tenues, qu'elle lui impose la connaissance de tout ce qu'il a raté à cause de sa fuite déloyale.
    Si aujourd'hui l'impression reste si forte dans mon souvenir, c'est que non seulement ma lecture a été agréable sur le moment mais qu'elle a aussi gravé des ressentis en moi. Cela valait bien une critique, sans doute; pour moi, sans hésitation, cela vaut l'envie d'une relecture, peut-être pour voir ce que les années ajoutées à ma vie peuvent avoir éventuellement changé en moi face à cette histoire.
    Public : roman pour les adultes.
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Citations et extraits

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  • Par Lolokili, le 28 mai 2012

    – A dix-neuf heures, si le temps le permet.
    – Je sens dans mes pouces que la chaleur arrive.
    Jansson se prétend à la fois radiesthésiste et sourcier à ses heures. En plus, il sait prédire la météo grâce à ses pouces.
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  • Par Lolokili, le 25 mai 2012

    – Ce qu’elle veut aurait lieu ici même. Une fête d’été.
    – Qu’est-ce que c’est que ça ?
    Louise a haussé le ton.
    – Est-ce que ça peut vouloir dire trente-six choses ? Une fête d’été, c’est une fête. Qu’on donne pendant l’été.
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  • Par Lolokili, le 22 mai 2012

    Le lac n’était pas grand. L’eau était complètement noire. Sur la rive opposée à celle où nous nous tenions, il y avait quelques grands rochers, pour le reste, ce n’était que la forêt compacte. Il n’y avait pas à proprement parler de rivage, aucune transition entre l’eau et les arbres. C’était comme si l’eau et la forêt s’empoignaient mutuellement sans que l’une eût le pouvoir de renverser l’autre.
    Citation de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 23 mai 2012

    Maman m’engueulait au lieu de m’aider. Elle essayait de faire naître l’amour entre nous avec des cris. Je me suis tirée de la maison dès que j’ai pu.
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  • Par Aproposdelivres, le 03 avril 2010

    Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.

    Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace chaque matin. Si quelqu'un, posté sur les eaux gelées avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train de creuser un trou ?!

    Au fond je l'espère peut-être, ce quelqu'un, ombre noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas, c'est inutile. Je n'ai pas de projets de suicide.

    Dans un autre temps, juste après la catastrophe, il m'est arrivé, oui, de vouloir en finir. Pourtant, je ne suis jamais passé à l'acte. La lâcheté a toujours été une fidèle compagne de ma vie. Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant, est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne tant que j'en ai la force. Puis je tombe, comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend. Y a-t-il quelqu'un en bas pour me recevoir ? Ou n'est-ce qu'une froide et dure nuit qui se précipite à ma rencontre ?

    La glace se maintient.

    L'hiver est rude, en cette année des débuts du nouveau millénaire. Quand je me suis réveillé ce matin, dans l'obscurité de décembre, j'ai cru entendre la glace chanter. Je ne sais pas d'où me vient cette idée que la glace chante. Peut-être de mon grand-père, qui est né sur cette île ; peut-être est-ce quelque chose qu'il me racontait quand j'étais petit.

    Le bruit qui m'a réveillé ne venait pas de la chatte, ni de la chienne. J'ai deux animaux qui dorment plus profondément que moi. Ma chatte est vieille et pleine de courbatures ; ma chienne est sourde de l'oreille droite et elle entend mal de l'oreille gauche. Je peux passer à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive.

    Mais ce bruit ?

    J'ai écouté dans le noir. Vu la provenance du son, ce devait être la glace qui bougeait, malgré tout – bien qu'ici, au fond de la baie, elle ait une épaisseur d'au moins dix centimètres. Un jour de la semaine dernière où j'étais plus inquiet que d'habitude, je suis parti à pied vers l'endroit où la glace rencontre la mer. J'ai vu alors que la glace s'étendait sur plus d'un kilomètre au-delà des derniers îlots. Ici, au fond de la baie, elle ne devrait donc pas être en mesure de bouger. Pourtant, ce matin, elle bougeait. Elle se soulevait, s'abaissait, craquait et chantait.

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