« Vivre, au fait, ce n'est jamais qu'avancer dans son petit bateau au milieu d'un flot de promesses variées à l'infini. »
« Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. »
Après
Profondeurs, c'est le second roman non policier de
Henning Mankell que je lis, et je suis toujours sous le charme de cette écriture à la fois simple, imagée, efficace, et touchante.
Toujours sous le charme d'un style épuré, linéaire, mais qui ne rend pas ennuyeuse du tout cette histoire.
Toujours sous le charme d'une ambiance, d'une atmosphère si particulière, sans trop pouvoir vous dire en quoi et pourquoi. Nous passerons une année entière sur les bords de la Baltique, à vivre au grès des saisons, de la lumière si particulière sous ces latitudes. Nous appréhendons un mode de vie auquel les nordiques sont habitués, mais qui peut, à nous plus méridionaux paraître bien rude et spartiate. La nature est omniprésente ; on sentirait presque le froid venir nous titiller la peau. La solitude de cet homme convient parfaitement à la solitude des lieux ; elle est bien retranscrite.
Toujours sous le charme de ses personnages travaillés, énigmatiques, qui aux premiers abords n'apparaissent pas forcément sous leur meilleurs jours ; et pourtant… Au fil des pages, nous apprendront à connaitre Frederik, nous en saurons un peu un plus sur les casseroles qu'il traine depuis quelques années, et qui font qu'il est ce qu'il est : un homme tout simplement, avec sa part un peu moins belle, mais aussi sa part, encore intacte de bonté, d'humanisme, et d'ouverture à l'autre. Un homme qui enfin, se regarde tel qu'il est, et s'autorise à laisser parler et agir cet autre enfoui en lui ; un autre qui dans une autre vie fut un médecin, probablement un très bon médecin, s'il n'y avait pas eu ce jour maudit…
Trois abandons jalonnent cette vie. Frederik va mettre un point d'honneur à les "réparer ", pour solder ses dettes. Une renaissance, en quelque sorte, pour gagner 3 êtres chers à son cœur.
Un retour sur soi, sur ses erreurs, pour les transcender, et cesser de se faire du mal sans s'en rendre compte.
« A l'âge de soixante-six ans, tout ce que je croyais réglé et figé une bonne fois pour toutes commençait soudain à bouger et à se transformer. »
Une preuve d'amour tardive… mais comme on le dit, il n'est jamais trop tard pour bien faire.
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