« Le 2 février 1943. Je n'arrive tout simplement pas à croire qu'un jour je pourrai sortir de chez moi sans porter l'étoile jaune, qu'un jour la guerre sera finie... Mon Dieu, oh mon Dieu, que va-t-il nous arriver ? Rutka, tu as dû devenir complètement folle : tu en app... > voir plus
Journal totalement différent de celui d'Anne Franck. Mon avis est plutôt partagée, pour moi le journal est plutôt court pour ce faire une idée. Cependant, le troisiéme texte ("Les juifs et la Pologne") est relativement bien car il descrit la relation juifs/polonais durant toute l'histoire de La Pologne.
Lecture jeune, n°126 - Ce journal, découvert en 2006, est celui de Rutka, 14 ans. Elle vit dans le ghetto de Bedzin, une petite ville industrielle proche d’Auschwitz. En janvier1943, Rutka écrit pour raconter sa vie dans ce cauchemar ; elle prévoit la cachette où son amie polonaise devra récupérer son journal quand elle sera expédiée à Auschwitz. Ce sera chose faite : son amie le garde soigneusement, comme un précieux souvenir, et ce n’est qu’à l’âge de 80 ans qu’elle en parle à sa famille, et qu’il parvient ainsi à la demi-soeur de Rutka, née en Israël après l’holocauste.
Ce récit, court et dense, est celui d’une jeune fille surtout préoccupée par ses amis, ses coups de coeur et ses brouilles, et désireuse d’échapper à la pesante atmosphère du ghetto, mais en réalité, rien ne lui échappe de l’existence des chambres à gaz, des exécutions, etc. Ce cri déchirant, mêle lucidité et hargne de vivre, en communauté, avec ceux de son âge. La deuxième partie écrite par sa soeur, expose l’histoire de la famille et celle du journal. Le père de Rutka seul survivant émigra en Israël et y fonda en effet une nouvelle famille. Enfin, dans la dernière partie, Marek Halter fait revivre la communauté juive polonaise durant le nazisme. De là, il remonte les siècles et brosse une grande fresque historique sur l’histoire de la Pologne et les liens étroits entretenus au fil des temps avec la communauté juive. Et se pose l’inévitable question de l’antisémitisme du XXe siècle perdurant dans l’après-guerre et au-delà.
Et si on lisait le journal de Rutka Laskier dans toutes les écoles polonaises? Ainsi, les Polonais commenceraient à se réapproprier la part juive de leur propre mémoire.