C'est une histoire de femmes. La narratrice est deux femmes à la fois : elle est écrivain et mère, comme deux parties d'elle-même. Elle évoque tout le processus d'écriture, l'intrusion, presque malgré elle, des mots et des personnages dans sa vie, dans sa tête. Elle est d'ailleurs presque possédée par Blanche, son personnage, mystérieux, qui va et vient au fil du récit.
Elle est également la maman d'un petit garçon autiste. Elle décrit la relation fusionnelle et conflictuelle qui existe entre eux. Elle organise une défense contre le monde extérieur pour protéger son fils. Elle est à la fois dans la tourmente et dans la joie des petites victoires.
Sa vie personnelle et sa vie d'auteur sont vampirisées, dévorées par ce "Petit Prince cannibale". C'est un récit poignant, fort, sur cette relation très spéciale (qui m'a particulièrement parlé car il y a un enfant autiste au collège).
Il y a de magnifiques passages d'amour maternel et des passages d'une grande tristesse face à l'impuissance ressentie par cette mère.
J'ai aussi beaucoup aimé la partie sur sa facette créatrice, de vecteur de personnages qui cherchent à s'exprimer à travers elle, mais qui n'arrivent pas toujours à s'imposer.
J'ai beaucoup moins aimé les parties sur le personnage de Blanche, le personnage du roman de la narratrice car sa présence ne m'apportait pas grand chose par rapport au reste du roman, d'autant que cela correspondait aussi aux passages moins réalistes, plus étranges qui me faisaient un peu décrocher.
Ce roman mêle un style poétique à un style plus concret. Ce qui m'a gênée ce sont les envolée irréelles qui ne cadraient pas avec le reste mais j'ai quand même beaucoup aimé le contenu.
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