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ISBN : 2820522858
Éditeur : Bragelonne (2015)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Imaginez un monde antique et fabuleux, un monde de sortilèges et de joyaux, de crânes et d’épées affûtées. Au cœur de cet univers de légende: la cité de Lankhmar, dont les tours et les ruelles grouillent de brigands et de magiciens.
C’est là que se sont rencontrés pour la première fois Fafhrd, barbare des déserts Froids, et le Souricier gris, dont les yeux malicieux luisaient de magie. Ils ne savaient pas encore que leur amitié serait plus longue que mille qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
RosenDero
RosenDero28 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Un nordique et sa compagne, exilés dans la cité de Lankhmar pour faire rendre gorge aux membres de la guilde des voleurs, croisent la route d'un sorcier et de sa belle, également en fuite et aux prises avec les monte-en-l'air. de supercheries en coup de théâtres, leurs aventures commenceront gaiement. Mais l'horizon n'est pas aussi clair lorsqu'on se frotte à la puissante guilde des voleurs, et les deux jeunes hommes vont rapidement perdre le semblant d'innocence qui pouvait leur rester.
———
C'est un bilan assez mitigé que je tire de la lecture de ce premier tome du Cycle des épées de Fritz Leiber.
Mitigé car, d'un côté, j'ai bien failli arrêter ma lecture au bout de quelques pages, tant je n'ai pas su apprécier le ton et le style employé par l'auteur en début de récit (sans parler de la préface). le choix des termes et les répétitions accentuent les traits, caricaturent les personnages et leurs choix ; je n'arrivais pas à comprendre s'il s'agissant de niaiserie ou d'une volonté de donner un ton décalé qui, finalement, rendait le récit grotesque, les acteurs peu crédibles, et les situations risibles. Si la fantasy m'est un peu familière, j'étais là perdu et décontenancé, ne sachant pas si j'avais affaire à une mauvaise parodie, ou une mauvaise copie.
Dans le premier quart du roman, on s'ennuie ferme. Des matriarches molestent de jeunes hommes à coup de boule de neige, des guerriers-pirates craignent le courroux de leurs mamans, on découvre les penchants de l'auteur pour la sexualité (chose qu'il rabâche d'ailleurs dans la préface), sans plus, sans rien d'intéressant.
Mais dès qu'une réelle intrigue pointe le bout de son nez, dès que la belle Vlana dévoile ses plans au grand Fafhrd, le ton change et l'intérêt pour le roman également. À partir de là, dès lors qu'ils quitteront l'ambiance matriarcale des terres gelées, l'histoire débutera réellement. On verra notamment la genèse de notre duo de héros, dont notamment le Souricier Gris, jeune sorcier privé de son mentor, qui basculera dans la magie noire.
L'opposition entre nos jeunes gens et la guilde des voleurs (appuyée sur une puissance magique des plus malveillante) sera le point d'orgue de ce premier tome. de léger et désinvolte, le quotidien des deux compères deviendra sombre et lugubre, tenant le lecteur en haleine et le poussant vers la suite de cette épopée qui, bien que rattrapée in extremis, commençait pourtant assez mal.
En conclusion, si l'on arrive à tenir, ou si l'on souhaite simplement passer directement au second chapitre (la perte sera minime) le premier tome de ce cycle des épées pourra susciter l'intérêt du lecteur. La lenteur et la niaiserie du début de roman, n'ont d'égal que l'avidité et la rapidité avec laquelle on dévore son dénouement.
Je trouve donc là un récit de fantasy avec un grand potentiel, et moi qui n'en avais jamais entendu parler, je lirai volontiers la suite.
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Philemont
Philemont18 janvier 2013
  • Livres 4.00/5
Nehwon, anagramme de nowhen (hors du temps), et référence à Samuel Butler et à son Erewhon (1872), est un monde unique. Il est composé de différents royaumes disséminés autour de la Mer Intérieure. Au Nord, il s'agit du verdoyant Pays des Huit Cités, à l'Est on trouvera les cavaliers Mingols qui sillonnent les steppes et le désert. A l'Ouest on voguera sur la Mer Extérieure prometteuse d'inconnu et de mystères.
Et au Sud de Nehwon, Lankhmar est une ville gigantesque dirigée officiellement par un Roi, officieusement par les Guildes, la plus puissante de ces dernières étant la Guilde des Voleurs. L'atmosphère de Lankhmar est pour le moins sordide : entre son architecture et sa structure labyrinthique, les marchands véreux, les voleurs sans foi ni loi, les nobles décadents, les magiciens pervers et les prêtres opportunistes, tout est réuni pour faire de cette capitale un personnage à part entière du Cycle des Épées.
Quant à Fafhrd (prononcez Faf-erd) et le Souricier Gris, les personnages de chair et d'os du cycle, autant laisser à leur créateur le soin de les présenter lui-même : "Fafhrd et le Souricier Gris sont des durs. Des durs de durs. Et pourtant chacun d'eux porte en lui une parcelle d'humanité et ce petit éclat de diamant que l'on nomme l'esprit d'aventure. Ils boivent. Ils festoient. Ils braillent. Ils volent. Ils jouent. Ils courent les filles. Et sûrement, lorsqu'ils tirent l'épée, ce n'est pas toujours pour la meilleure cause. Entre eux et les traîtres, il n'y a parfois que l'épaisseur d'une ombre."
Le Cycle des Épées lui-même se compose d'un roman et de 36 nouvelles de longueur variable, écrits et compilés en sept volumes par Fritz Leiber. le tout a été écrit entre 1939 et 1987, soit en près d'un demi siècle, ce qui l'a conduit bien vite au statut de classique de la Fantasy.
Le cycle est consacré aux aventures de Fafhrd et du Souricier Gris à travers Nehwon, et au-delà… Comme nous l'a dit Fritz Leiber il ne s'agit pas de héros classiques. Ils ne sont pas exempts de défauts, et sont surtout profondément humains, souvent à la limite de la maladresse. Cela permet aussi à l'auteur d'insuffler à ses différents textes un humour décapant, et au lecteur d'être charmé par l'originalité de ce cycle.
Quant au style de Fritz Leiber, sans être grandiose, il n'en est pas moins agréable. On regrettera simplement que certains textes sont des nouvelles de commande conçues pour faire du liant entre les différents épisodes des aventures de Fafhrd et Souricier. Elles sont, sans surprise, d'une qualité moindre par rapport aux textes plus anciens, certaines d'entre elles étant carrément obscures et très largement dispensables.
Il n'en reste pas moins que le Cycle des Épées est cohérent de bout en bout et demeure un excellent moment de lecture que tout amateur de Fantasy se doit d'avoir lu au moins une fois pour son originalité et son apport au genre.
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Gusseuh
Gusseuh17 avril 2010
  • Livres 5.00/5
Parmi la production pléthorique de la fantasy moderne, il convient parfois d'en revenir aux classiques, aux indémodables, aux sources du genre. Il y a "Conan le Cimmérien", le monument lyrique et ténébreux de Robert Howard. Il y a "Le seigneur des anneaux", épopée féérique et mythologique gigantesque du fameux J.R.R. Tolkien. Et puis, moins connu chez nous, il y a "Le cycle des Épées", du grand Fritz Leiber.
Mettant de côté la grandiloquence épique de Howard et le naturalisme poétique de Tolkien, Leiber s'attache à créer un univers cohérent, crédible, médiéval, tournant le dos à tout manichéisme. Bref, un monde crédible, proche du moyen-âge tel qu'on le connaît, à ceci près que nos héros sont voleurs ou magiciens...
Des personnages un tantinet cyniques et immoraux, mais qui n'ont pour seul principe que celui de la survie : leurs quêtes ne sont jamais éloignées de leurs propres besoins, et leur vengeance est souvent un plat qui se déguste bouillant.
Sous l'écriture d'un Leiber en pleine forme, Fafhrd et le Souricier gris survolent les toits de la cité de Lankhmar, et survivent même à l'impensable.
Il est à noter que Leiber, primé à de multiples reprises (7 prix Hugo, 4 Nebula, 2 Locus, 3 World Fantasy...) fut un correspondant assidu de Lovecraft, qui le conseilla pour la rédaction des premières nouvelles du monde des Épées.
Un classique indémodable, à découvrir si possible dans la nouvelle traduction de Bragelonne, moins ampoulée que celle-ci.
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licorne85
licorne8527 avril 2016
  • Livres 3.00/5
Alors si j'ai bien compris les propos de ce maître de la fantasy, Mr Fritz Leiber, le cycle des épées est le travail de toute une vie, de toute sa vie, et si aujourd'hui, il y a quelques renouvellements dans le genre, il semble qu'à l'époque et jusque dans les années 80, il imposa sa patte, son nom est recommandé et sonne fort pour les amateurs "d'héroïc fantasy". Je me devais donc de jeter un oeil sur ses écrits, et au détour de plusieurs envies, j'ai finalement décider de me plonger dans ces "longues nouvelles" qui forment un cycle très complet .... et je vais commencer ici à vous parler de la première histoire... "Epées et Démons", une belle entrée en matière qui a retenu toute mon attention, vite lu, j'ai trouvé beaucoup de modernité dans ce récit ....
Les premières pages sont à peine accrocheuses et on se demande un peu au début dans quel type d'histoire on s'aventure, on est perdu dans une histoire plutôt de coeur, et on attend... et puis passées quelques pages, on commence à rentrer dans l'aventure avec la véritable rencontre de Vlana et Fafhrd et celle du souricier et de sa compagne, l'équipe se forment et j'avoue que ce quatuor de voleurs m'étant au point un plan de "vol" (on ne parle pas d'avion là hein, bien sûr!) m'a tenu en haleine et m'a conservé l'oeil éveillé jusqu' à la fin de ce premier épisode...
L'écriture est un peu particulière au début, mais j'ai beaucoup aimé les descriptions nombreuses, mais pas pesantes, qui nous plongent à la fois dans un monde magique et féroce. Les dialogues sont parfois assez drôles et modernes, l'univers lui-même est intéressant et promet de belles suites...
Lankhmar, la cité où vont se rencontrer nos héros, a la densité et la force d'un personnage à part entière, on y décrit ses atouts et ses dédales, et j'ai pensé tout de suite à la cité de Wastburg de Ferrand, pas aussi joliment décrite ici, mais avec les mêmes ambiances, tantôt glauque et sombre, tantôt joyeuse et chaleureuse. Dans cet univers dirigé par des guildes puissantes, celle des voleurs est la plus respectée et la plus imposante, elle sera au coeur de cette aventure grâce à laquelle nous allons vivre la naissance de l'amitié entre nos deux jeunes héros, deux charmantes canailles, le souricier gris, versé dans la magie et et Fafhrd, un garçon plein de maladresse, ces anti-héros sont très" humains", leur humour et leur faiblesse les rendent très attachants.
Le ton semble assez léger et enjoué et cela masquera plus sourdement la montée en puissance de la magie et la fin surprenante de cette première nouvelle. Cette fin qui va permettre aux deux jeunes hommes, jusqu'ici pleins de vie et de fougue, de continuer l'aventure mais liés à présent par une souffrance qui déclenchera chez eux un besoin de révolte et de liberté envers une guilde des voleurs aussi corrompue que puissante. Je ne peux pas trop en parler ... mais plus on avance, et plus, on a l'impression de vivre une farce qui prend une tournure tragique, voire sinistre et improbable, une farce ignoble qui en l'espace d'une nuit va les transformer en détruisant leur innocence et leur insouciance de vivre. Franchement, mon coeur s'est serré à la fin du récit... Mais m'a donné aussi une grande envie de les suivre dans la suite ... Comme je ne veux pas dévoiler l'histoire, mes propos ont sûrement peu de sens, alors je vous invite a découvrir à votre tour, cette première aventure qui pose les bases de nos lectures actuelles en fantasy ...
Lien : http://fanfanlatulipe85.blogspot.fr/2016/04/epee..
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kedrik
kedrik08 septembre 2011
  • Livres 5.00/5
Oui, j'ai un peu honte de n'avoir découvert le cycle des épées qu'à 30 ans. C'est un peu comme aller à l'église sans avoir lu la bible, j'en conviens. Mais je me méfie toujours un peu des classiques (même en fantasy. Surtout en fantasy). Et puis de mon temps, une belle édition de ce cycle, ça n'existait pas. Parce que l'édition Press Pocket de ce style avec un fond argent, une illustration grande comme un timbre, la première phrase du livre sur la couverture écrite en rose... c'était tout sauf une invitation au rêve.
Heureusement, Bragelonne a sorti une nouvelle traduction avec de superbes couvertures de Sarry Long (dont le site regorge de magnifiques illustrations) et Philippe a fait pression sur moi pour que je lise l'oeuvre de Fritz Leiber. Les astres étaient alignés, j'allais pouvoir plonger mon regard sur Lankhmar.
Or donc, Fafhrd (le barbare roux) et le Souricier gris (le brunet) forme un insépar... euh un duo de choc basé sur une amitié souvent mise à rude épreuve. Ils écument Lankhmar, une cité où suinte une magie bien sombre, et louent leurs épées ou courent la gueuse selon que leur bourse est vide ou pleine. Ils ont grand coeur, mais ils n'hésitent pas à faire main basse sur un butin. Ils tombent amoureux aussi vite qu'ils dégainent, se retrouvent fréquemment à ne pas travailler dans le même camp mais finissent invariablement par tout résoudre dans une bonne vieille baston où ils combattent dos à dos comme des frères (sans oublier toutefois de s'envoyer quelques répliques cinglantes pour titiller leur amitié).
C'est un peu Les 3 mousquetaires sans Milady, sans Richelieu, sans les valets, sans les gascons... mouais, ça n'a finalement rien à voir avec le bouquin de Dumas.
Pourquoi est-ce si intéressant ? Toute simplement parce que Fritz Leiber pose içi les bases de la sword & sorcery à papa. Ça a l'air de rien, mais cet écrivain met en scène des voleurs, des guildes, des magiciens retors, des monstres effroyables, une ville séduisante de pêchers... et le tout écrit dès les années 40. Il puise directement dans l'imagerie de Lovecraft, reprend un peu ce que faisait Howard dans ses nouvelles, mais avec un style bien à lui et un univers très sombre.
Bon, forcément, 60 ans plus tard, toutes les nouvelles (car à l'exception du volume 5, tous les livres sont des recueils de nouvelles) ne sont pas géniales, mais ce sont des textes fondateurs qui imposent le respect.
J'avoue que certains passages m'ont prodigieusement gonflé (des voyages interminables, tout ça pour finir immanquablement par revenir à Lankhmar), que je trouve certains artifices de narration aussi horripilants que chez Conan (comme le niveau de language qui est constant chez tous les personnages), que certaines idées ont l'air d'avoir été accouchées sous LSD, mais punaise, c'est fort. On retrouve une certaine malice chez les héros (le Souricier gris me fait penser à Cugel), Lankhmar est comme une sorte de trou noir qui attire à elle tout ce qui gravite autour de ses murs, les sorciers sont plus vicelards que Donald Rumsfled... Y'a bon.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/08/les-cycles-des..
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
RosenDeroRosenDero28 mars 2016
Les deux voleurs éprouvaient un soulagement, parce que, en dehors de la satisfaction qui s’attache toujours à un travail bien fait, ils avaient celle de savoir qu’ils allaient pouvoir à présent rentrer droit chez eux ; non pas pour retrouver une épouse, qu’Aarth les en préserve ! Ou des parents et des enfants, que tous les dieux s’y opposent ! Mais la Maison des Voleurs, quartier général et caserne de la Guilde toute-puissante, qui leur tenait lieu à la fois de père et de mère, bien qu’aucune femme ne soit admise à franchir le portail toujours ouvert donnant sur la Rue aux Truands.
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RosenDeroRosenDero28 mars 2016
—Tu ne peux pas gravir le chemin qui conduit au succès comme tu escalades une montagne, si glacée, si traîtresse qu’elle puisse être. La montagne exige de toi ce que tu as de meilleur. L’ascension au succès ce que tu as de pire.
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RosenDeroRosenDero28 mars 2016
Les adultes marchent en aveugles, perdus dans leurs rêves et les soucis de leur tâche, à moins d’exercer une profession telle que celle de voleur qui les oblige à garder présent à l’esprit la réalité des choses.
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AlfaricAlfaric30 septembre 2013
Donne plutôt un baiser à un cobra qu'un secret à une femme. Proverbe lankmarien.
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RosenDeroRosenDero28 mars 2016
—Ah ! Il faudra réellement que tu apprennes à mettre ta mère au pas, Fafhrd. Mais ne t’inquiète pas pour cela, mon chéri. Il est clair que tu ignores tout des armes dont une jeune épouse infatigable peut disposer contre une vieille belle-mère. Je la remettrai à sa place, même si je dois l’empoisonner.
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