ISBN : 2020787466
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Véra est l'un de ces êtres que Dostoïevski appelait " héros de l'extrême frontière ". Engagés à corps perdu dans leur quête spirituelle ou amoureuse, ils se débattent à la limite de la folie mais aussi de la vérité souveraine. Celle, charnelle et cosmique, qui exprime l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 04 avril 2012

    AmandineMM
    4,5 étoiles.
    Lorsque j'ai choisi ce titre d'Andreï Makine avec Métaphore pour notre lecture commune mensuelle, je ne m'attendais pas à être aussi agréablement surprise : j'avais gardé un souvenir flou de La Musique d'une vie et peu d'envie de découvrir le reste de l'œuvre de cet auteur. Je ne me suis heureusement pas obstinée dans cette attitude et ai été charmée par cette Femme qui attendait.
    Le style tout particulièrement m'a semblé plus travaillé et mieux déployé dans de magnifiques descriptions, notamment de paysages dans lesquels apparaît cette femme si patiente. Ces passages participent à la construction de l'ambiance, au fil des saisons, et créent une lenteur – qui pourra déranger certains lecteurs, tandis qu'elle m'a ravie –, qui constitue une des composantes essentielles de ce texte. En effet, comme l'indique le titre, il s'agit d'un récit de l'attente : attente du soldat parti à la guerre, attente de la mort (celle des vieilles du village, peut-être la sienne aussi), attente de l'amour et de l'homme qui saura briser cette prison dans laquelle elle s'est enfermée. Dans ce village au regard tout entier tourné vers le passé et le sentier d'où doit revenir l'amant, le temps est comme arrêté, d'où cette lenteur ambiante qui s'étend jusqu'à la narration même et pose le narrateur citadin en étranger, à l'instar du lecteur.
    Un autre effet de cette ambiance si particulière est de sembler onirique, presque irréelle. Tout passe par le regard du narrateur, c'est-à-dire selon son point de vue subjectif et partiel, ce qui se marque par l'expression de ses doutes et par ses opinions parfois contradictoires sur Véra, la femme qui attend. À la fin du récit, on ne connaît toujours pas la vérité de ce personnage si mystérieux, malgré quelques confidences volées lors d'une soirée alcoolisée : le « Destin » est intervenu avant que ne soit révélé le secret de cette vie. Comme un miroir brisé à recomposer, nous n'avons que les différents regards – fantasmés, jaloux, méprisants ou déçus – du narrateur pour tenter d'imaginer cette figure féminine dont on peut se demander si elle n'est pas le fruit de son imagination. Par cette frontière floue entre rêve et réalité, se pose la question de la littérature, d'autant plus que le narrateur est un poète en mal d'inspiration : l'intrigue se relit alors comme une quête amenant l'écriture de ce roman qu'on vient de terminer, comme je l'avais pressenti au premier chapitre.
    Bref, je vous conseille vivement ce roman où Andreï Makine a su concentrer une vie dans un élément, l'attente cette fois, de façon brillante et virtuose.

    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2012/04/la-femme-qui-attendait-andrei-m..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 26 mai 2011

    emmyne
    Andreï Makine est l'un des rares auteurs en compagnie duquel j'apprécie de lire une histoire d'amour. Parce qu'il raconte le coeur humain au delà de l'amour. Parce qu'il dit avec justesse le temps des désirs, celui des doutes ou l'absolu de l'amour. Ses livres ont en commun de me toucher par la puissance évocatrice des phrases, la beauté des images que génèrent les mots, ce talent à saisir la densité d'un moment, à dévoiler la profondeur des émotions avec une infinie pudeur, avec, pourtant, un langage parfois brut, cru, une certaine violence verbale triviale magnifiquement accompagné de purs instants suspendus - " ces instants de lumière délivrés du temps " -, la poésie à fleur de peau.
    Début des années 70, l'Union Soviétique de Brejnev. le narrateur de ce roman, dont nous ne connaîtrons pas le nom, jeune et orgueilleux écrivain qui joue à l'intellectuel dissident désabusé, part pour une région du Nord, officiellement en reportage sur le folklore, officieusement dans le but d'écrire une satire antisoviétique. Dans ces villages désolés dans lesquels ne vivent plus que de vieilles femmes veuves de guerre qui meurent abandonnées, il ne découvre pas la population de caricature et de propagande qu'il attendait - espérait presque - mais un peuple humble et tragique. Il croise Véra, cette femme, la quarantaine passée, devenue presque une légende. Et un mystère.
    Le jeune homme est fasciné, troublé, perdu dans l'atmosphère intemporelle et douloureusement mélancolique de cette région, par cette personnalité qui se voue à lutter contre l'oubli - fidèle à un soldat, à cette génération de mères qui a perdu ses hommes à cause de la guerre -, par cette abstinence de coeur et de corps. Fasciné à en être obsédé, au point de la guetter, de fouiller sa vie, sa maison, son intimité. Mettre à nu cette femme. Et donner du sens à cette existence. L'écrivain théorise, l'homme fantasme, cherche des interprétations, des formules, un sentiment spirituel, une re-connaissance prosaïque.
    C'est une confrontation plus qu'une rencontre, deux mondes, deux pulsations qui ne battent pas sur le même temps. Pourtant, cette femme n'est pas secrète mais simple et discrète. Mais que peut-il saisir d'elle, cet homme trop jeune ? Il imagine des causes historiques, des conséquences populaires. Est-elle une icône, une victime ? Il tente d'en peindre, maladroit, les contours et le coeur, d'en appréhender une image sèche et nette, échouant à l'isoler, à l'enfermer dans une figure, à l'étreindre.
    Et toujours la Russie, ses paysages et ses hivers, une Russie autobiographique que raconte Andreï Makine, interrogeant l'écrivain sur la tentation de l'écriture, ses motivations, ses limites et ses ombres.




    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/02/20/20424162.html..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Metaphore, le 08 mai 2012

    Metaphore
    Sous décor rustre des pays de l'est où le livre se déroule, un petit village Mirnoïé, où une femme attend depuis trente ans un soldat parti au combat.
    Une promesse que le jeune narrateur, du haut de ses vingt-six ans, a du mal à comprendre. Il va la rencontrer et être séduit par ce qu'elle représente.
    Makine nous décrit la fascination de son héros pour l'attente de cette femme. Qu'est ce qui fait qu'elle n'a pas tourné la page, refait sa vie, quitté ce village emplie de vieilles attendant la mort ?
    C'est un livre lent, où la blancheur et la dureté du climat est décrit avec beaucoup de beauté. Il nous relate aussi le constat des changements politiques après guerre.
    La perdition est le point commun de tous les personnages. du parti, au sentiment amoureux, en passant par une recherche de liberté à l'occidentale, Makine explique les tenants et les aboutissants de ce qu'un choix peut provoquer dans une vie.

    Lien : http://thebookaddictes.canalblog.com/archives/2012/05/06/24196133.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par feanora, le 27 mars 2012

    feanora
    Véra, le personnage principal de ce roman vit dans un petit village dans le nord de la Russie en compagnie de vieilles femmes veuves de guerre pour lesquelles elle se dévoue. Véra est restée fidèle à son fiancé parti à la guerre et jamais revenu. L'auteur nous fait découvrir la relation qui s'établit lentement, je dirais hors du temps, entre cette femme et le narrateur qui est venu dans sa village en vue d'écrire un article sur les traditions de la région.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Aela, le 23 janvier 2011

    Aela
    C'est un récit tout en lenteur et en suggestion, le récit de Vera qui s'entête à attendre l'homme qu'elle aime..
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Citations et extraits

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  • Par Metaphore, le 08 mai 2012

    Ce Saussure prêté prouve que même dans une situation aussi insolite que la nôtre la logique d’une liaison reste toujours pareille : au début, un objet-talisman, une bouteille à la mer, l’espoir fébrile d’une suite, à la fin, ce volume inutile dont on ne sait plus comment se défaire…
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  • Par Metaphore, le 08 mai 2012

    En fait toutes les femmes attendent, comme elle, durant toute leur vie, formulai-je avec maladresse. Toutes les femmes, dans tous les pays, de tout temps. Elles attendent un homme qui doit apparaitre là, au bout de cette route, dans cette transparence du couchant. Un homme au regard ferme et grave, venant de plus loin que la mort vers une femme qui espérait malgré tout.
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  • Par patricefontaine, le 21 décembre 2011


    Dans un village perdu de Russie, une femme attend un soldat disparu depuis déjà trente ans. Elle avait seize ans lorsqu'il est parti .... Le village apparaît hors du temps. Il n'est plus habité que par des gens hagards qui subissent sans même chercher à le maudire leur quotidien. Un personnage en quête de réponses à une pseudo enquête s'est égaré dans cet endroit obscur. Pourquoi ne sait-il plus s'en échapper alors qu'il partage comme nous l'évidence de la situation : La femme attend sur des révâsseries déteintes parce que renouvelées quotidiennement depuis plus de trente ans ... mais si derrière cette première approche, si derrière une fulgurance évidence, il y avait une autre vérité ... Quel est le mystère de l'attente ? Le lecteur n'échappe jamais au déroulement de l'intrigue. Page par page, il participe à l'inexorable tension d'une attirance que ces deux êtres voudraient renier par le poids de leurs certitudes raisonnables. Une sobriété de mots acérés décrivent les personnages et les paysages.
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  • Par Aela, le 23 janvier 2011

    Je l'écoutais, ne parvenant pas à me défaire d'un brouillage visuel: une recluse, une fiancée-veuve inconsolable, une ermite vouée au culte des morts et cette jeune thésarde dans le Leningrad des années soixante avec leur effervescence post-stalinienne.
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  • Par redblue, le 31 mars 2012

    Ce Saussure prêté prouve que même dans une situation aussi insolite que la nôtre la logique d'une liaison reste toujours pareille : au début, un objet-talisman, une bouteille à la mer, l'espoir fébrile d'une suite, à la fin, ce volume inutile dont on ne sait plus comment se défaire.
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