ISBN : 2070388816
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
"Cette inconnue, qui donc est-elle ?

Une vision, elle-même porteuse, semeuse de visions. Une vision avare de ses apparitions. Elle ne s'est montrée que peu de fois, et toujours très brièvement. Mais chaque fois sa présence fut extrême.

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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par zorazur, le 26 février 2012

    zorazur
    C'est beau, c'est triste, c'est subtil. Cette femme qui hante les rues de Prague et qui porte en elle toutes les souffrances du monde, cette femme c'est moi, c'est vous, c'est l'enfant assassiné, c'est l'amant abandonné, ce sont tous les hommes exterminés depuis la nuit des temps pour leur différence.
    Mais la véritable magie de ce livre pourrait-elle fonctionner si l'on n'était pas à Prague ? "Prague ne vous lâchera jamais, cette petite mère a des griffes", écrivait Kafka. Je suis persuadée qu'il aurait été impossible à l'auteur d'écrire "La pleurante des rues de Paris", ou "La pleurante des rues de Rome", ou pire encore "La pleurante des rues de New York". Imaginez un peu, New York !!! Ici çà marche parce que c'est Prague, et que Prague entre toutes les villes est la plus mystérieuse, la plus secrète, la plus opaque. La plus belle aussi, mais çà c'est mon opinion personnelle.
    Et çà marche encore mieux quand le lecteur connait Prague : quand il situe dans chaque rue, chaque quartier, à chaque moment de la journée, le passage de l'ombre mystérieuse. Quand un léger brouillard monte du fleuve, quand l'obscurité envahit les ruelles, quand la nuit profonde règne, quand une lueur d'espoir apparait. Je dirais même que la magie de ce livre ne peut fonctionner à fond que pour un lecteur véritablement amoureux de Prague, et ce n'est pas un hasard si la Pleurante ne peut apparaitre que dans cette ville.
    Mais pour qui connait Prague, comment ne pas en tomber amoureux ?
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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 23 novembre 2010

    nadejda
    Ce livre ne me quitte pas. Je l'ai lu et relu et c'est à chaque fois une redécouverte et un bouleversement. Il est magique comme la ville qui lui sert d'écrin.
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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 15 mai 2012

    ATOS
    Un des plus beaux écrits sur la Ville.
    Une ville : Prague, que Sylvie Germain parcourt, arpente, découvre.
    Une ville dont elle est tombée amoureuse.
    Ce n'est pas Prague tel qu'on nous la vend. Ce sont les entrailles de Prague, sa peau, son souffle, ses ombres.
    Une ville où mystérieusement ses habitants se seraient assoupis.
    Et les mots de Sylvie Germain.., cette façon particulière de rechercher dans l'inerte une trace, une empreinte de nous.
    Un soulier oublié reposant dans la boue devient vivant, palpable, audible.
    Alors ne rien oublier de ce qui a été, ne rien oublier pour accepter l'instant et rejoindre demain.
    Prague la ville seuil. La ville du passage. Ainsi nous traversons les espaces dès que la pleurante apparaît. 12 fois, comme les 12 coups de minuit. Hasard?
    Une femme qui ouvre les portes du temps. Une femme qui porte toute la douleur du monde et qui traverse le présent. Pas une ombre, une présence.
    La pleurante.
    Celle qui pleure en dedans. Un livre espoir .
    Il est des mots- passage ,des mots seuils, merci Sylvie Germain pour nous avoir transmis un très joli mot dont on oublie parfois le sens, l'élan. le mot-premier pas, le mot second souffle: DÉSORMAIS.

    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 05 août 2010

    claracambry
    Elle est entrée dans le livre. Elle est entrée dans les pages du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide, dans un jardin à l'abandon. Elle est entrée, soudain. Mais cela faisait des années déjà qu'elle rôdait autour du livre. Elle frôlait le livre qui cependant n'existait pas encore, elle en feuilletait les pages non écrites et certains jours, même, elle a fait bruire imperceptiblement ces pages blanches en attente de mots.
    Le goût de l'encre se levait sur ses pas.
    A la lecture de ces premières lignes, j'ai su que j'allais aimer ce livre. La narratrice nous dépeint les apparitions de cette femme.
    La Pleurante est l'image évanescente d'une femme sans nom, ni âge, ni visage. Corps immense dissimulés sous des vêtements sans forme et dont la claudication se voit mais ne s'entend pas. Elle marche sans bruit ne laissant aucune trace de son passage :
    Cette femme ne fait aucun bruit en marchant. Ses pas sont silencieux , mais son corps, lui, est chuchotant. Un chuchotement de vent tremble dans les plis de sa robe, un discret chuchotis de l‘encre y frémit ou bien est ce larmes .
    Car son corps tout entier charrie des pleurs :
    Son corps était un lieu de confluence d'innombrables souffles, larmes et chuchotements échappés d'autres corps. Qui donc pleurait ainsi en elle ?.
    On ne la voit qu'à Prague dont elle est la mémoire depuis des siècles :
    Elle est ainsi la géante au pied boiteux, la Pleurant des rues de Prague, elle porte dans les plis de ses hardes couleur de terre et de muraille des noms, des visages et des voix par milliers et par milliers.(…)Elle est la peau du temps.
    Elle porte la douleur des vivants et des morts, les plaintes et les souffrances de vies. Vision fugitive emplie des cris d'horreur des victimes de la seconde guerre mondiale, elle porte la misère, les injustices. Mémoire des hommes, la narratrice revoit son père à travers elle, mémoires des gens humbles et pauvres :
    Elle est la mémoire mendiante, la mémoire souffrante, mais qui jamais ne renonce, ne trahit son passé, n'abandonne son peuple. Elle est la mémoire qui marche, qui marche, glanant et ramassant tous les déchets jetés par la mémoire belle, sélective et hautaine. Elle recueille les vies infimes, les destins minuscules des gens de rien.
    Je ne sais pas comment parler de ce livre tellement il m'a touchée … Un très bel hommage à Prague, à son histoire, à la mémoire des Hommes et à l'écriture. Une fois de plus, j'ai été envoutée par la plume de Sylvie Germain et j'ai terminé ma lecture la gorge serrée d'émotions…
    On ressent ce livre. Beauté des mots dont la puissance est portée tout en grâce en un texte sublime.

    Un coup de cœur dont je parle maladroitement…

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/08/sylvie-germain-la-peurante-de..
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    • Livres 3.00/5
    Par oops, le 15 novembre 2010

    oops
    C'est une géante, au pied clochant, porteuse de visions, écho des douleurs. Elle apparaît mystérieusement dans les rues de Prague. Elle est la peau du temps des hommes. Elle recèle la mémoire des victimes inconnues, des enfants pauvres, de nos proches et lointains disparus. Elle porte la révolte, les larmes des vivants et des morts. Quand elle apparaît, dans chaque quartier de Prague, elle fait resurgir le passé, l'invisible dans le visible. Elle relie les vivants et les morts. Elle apaise la douleur des humains. Elle est faite de larmes, elle n'a pas de visage, elle se fait hasard, chance, poésie, pitié, beauté. Elle ne s'arrête jamais. Elle est déjà ailleurs, peut-être dans une autre ville... Un petit roman tout en prose très baroque, qui évoque l'âme de la ville de Prague.
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Citations et extraits

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  • Par zorazur, le 26 février 2012

    Elle est née des pierres de Prague, de toutes les pierres, -aussi bien celles du chateau de Hradcany que de celui de Visehrad, de leurs remparts et de leurs tours, et de celles des ponts, des basiliques et des églises, des palais ou des maisons des pauvres, des pavés des rues, des marches des escaliers, des ruelles du ghetto. Elle est née de la pierre et du bois dans lequels s'édifia la ville, par lesquels prit corps la cité. Elle a brûlé dans la pierre et le bois chaque fois que le feu s'est levé dans tel ou tel quartier, elle a roulé dans les eaux du fleuve à chaque crue qui arrachait les berges et renversait les ponts.
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  • Par nadejda, le 23 novembre 2010

    Car il y a des larmes qui, aussi anciennes soient-elles, n'en finissent jamais de diffuser une sensation de brûlure, de reperler à fleur de peau. La peau du coeur.
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  • Par nadejda, le 21 décembre 2010

    Un instant la vie est là, et nous sommes au monde. Nous nous tenons au vif, au mitan du monde, dont il nous semble frôler enfin le sens et la pleine beauté. Un instant la vie est là, lumineuse, et le monde nous est offert. Cela ne dure pas, mais cela laisse des traces, --- runes d'amour fou gravées au profond de la chair, de la mémoire, et du désir de la pensée. Runes qui longtemps, longtemps, scandent leurs chants en sourdine dans notre sang.
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  • Par Nanne, le 04 novembre 2008

    Elle est entrée dans le livre. Elle est entrée dans les pages du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide, dans un jardin à l'abandon. Elle est entrée, soudain. Mais cela faisait des années déjà qu'elle rodait autour du livre. Elle frôlait le livre qui cependant n'existait pas encore, elle en feuilletait les pages non écrites et certains jours, même, elle a fait bruire imperceptiblement ces pages blanches en attente de mots.
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  • Par claracambry, le 05 août 2010

    Tout reste à dire, tout reste à faire. A récrire. Ou peut-être, plutôt, tout reste à lire, car ce sont les autres, les vivants et les morts, qui constituent déjà le livre, tout livre.
    Tout reste à lire, à travers les larmes, de ses yeux. A travers ce prisme de pitié. Pitié qui est aussi, surtout, fierté pour les autres, et exigence de dignité.
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Vidéo de Sylvie Germain

Rendez-vous nomades de Sylvie Germain .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/rendez-vous-nomades-de-sylvie-germain-368.htmlComment et pourquoi devient-on ce que l'on est ? Croyant ou non, quelle est la place de Dieu dans nos vies ? Et quel rôle peut jouer le livre, l'écrit dans nos existences. Autant de réflexions que nous livre Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades ».Après « Le livre des nuits », « Magnus » ou « L'inaperçu », retrouvez la poésie d'écriture de Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades », un essai publié chez Albin Michel.Sylvie Germain est sur WTC.








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