> François Truchaud (Traducteur)

ISBN : 2266036009
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Le petit garçon s'approcha de l'armoire, une main tendue devant lui comme s'il avait l'intention de toucher le bois pour découvrir d'où venait la voix.
Vaguement, à peine visible comme une faible luminosité sur le vernis, il distinguait un visage gris, un visage ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 28 janvier 2011

    Woland
    Autant j'avais aimé le premier tome de la série "Manitou", qui apporta d'ailleurs le succès à son auteur, autant j'ai beaucoup moins apprécié ce second opus. On y sent trop l'écrivain pressé par son éditeur et qui, pour boucler à temps, mélange quelques bonnes idées à des clichés indignes de lui.
    Le Manitou (de son vrai nom Misquamacus) qui avait déjà tenté de s'incarner pour se venger - et venger toute la nation indienne, qui ne lui demandait pourtant rien - de l'oppression des Blancs, revient ici dans une armoire achetée pour trois fois rien par Neil Fenner. L'armoire meuble la chambre du petit garçon de Neil, Toby, une dizaine d'années à peu près. Et, au bout de quelque temps, il commence à se passer des choses, dans cette armoire : une voix désincarnée supplie un certain "Allen" d'aller chercher du renfort ... Pour parachever le tout, bientôt, le jeune Neil semble possédé par l'esprit de Misquamacus, qui s'exprime par sa bouche.
    Mais le pire, c'est que, dans la classe de Toby, placée sous la férule de Mme Novato (la malheureuse connaîtra une fin atroce), tous les enfants font des cauchemars similaires mettant en scène des Indiens et des Blancs dans une embuscade particulièrement sanglante. Neil, qui n'en peut plus de voir son fils dans cet état et que tout le monde, y compris sa propre épouse, prend pour un père qui a des hallucinations, décide de mener sa propre enquête.
    De fil en aiguille, il apprend qu'il serait le descendant direct du fameux Allen que suppliait la voix spectrale, dans l'armoire. Masterton suggère - très légèrement - que Allen aurait eu une part de sang indien. Par contre, ce qui est sûr, c'est que cet homme a toujours joué double jeu, changeant de camp en fonction de son profit personnel. le responsable de l'embuscade vue en rêve par les enfants, c'est lui : il avait trahi une trentaine de colons, leurs femmes et leurs enfants, pour les mener droit dans un traquenard où ils furent massacrés par les Indiens ...
    L'ensemble est non pas incohérent mais très brouillon. Cà et là, des passages étranges et même choquants dans lesquels Masterton, Celte bon teint - cet Ecossais vit depuis de longues années en Irlande - par la voix de Neil et du vieil ennemi de Misquamacus, Harry Erskine, trompette à tous vents la supériorité des Blancs sur les Indiens : si ceux-ci ont été vaincus par l'envahisseur blanc, c'est parce qu'ils étaient moins volontaires, moins braves (!!!), moins intelligents, etc ... Dans une petite phrase, toute perdue au milieu de ce pathos pseudo-américanouillard, il s'arrange tout de même pour préciser que l'avidité des Blancs dépassait, et de très loin, celle des Indiens. Mais enfin, cela, je le répète, ne concerne qu'une seule phrase et risque de passer inaperçu pour le lecteur moyen, surtout désireux de parvenir à la fin de l'intrigue fantastique.
    Masterton reprend le thème lovecraftien des Anciens dieux, que Misquamacus souhaite appeler des étoiles afin qu'ils massacrent tout ce qui n'est pas indien. Mais il le fait plus gauchement qu'à l'habitude : ce n'est pas un hommage, tout juste une tentative d'adaptation. Je le répète, "Revenge of the Manitou" laisse une impression décevante : l'auteur n'est visiblement pas inspiré et l'on peut voir ici un ouvrage de commande - une oeuvre mineure qu'on gagnera à oublier. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par greg320i, le 16 janvier 2012

    greg320i
    Petit regret par rapport à un premier Manitou très populaire et unanimement reconnu comme un sacré phénomène pour ses valeurs morales et basé sur des reflexions humanistes ( les droits des indiens) . Car là il s'agit d' un deuxième volet plus court,moins porté humour, avec un sérieux compte à rebours pour la mise en place du héros principal , le célebre Harry Erskine qui ne prend hélas qu'une petite place dans un livre écrit à la troisième personne. L'immersion dans la peau du personnage est donc raté pour le coup ,dommage ! N'en reste du moins une trame ,un contexte et une histoire de revenche qui prend quand même ,sauvé par le côté dépaysant de cette vengeance à laquelle on se demande ce qu'en sera la finalité et d'où sortira le mécanisme pour se débarasser du terrible Manitou. Au final, à lire pour être dans le coup avant d'entamer le troisième tome nettement réhaussé et revenu aux bases qui ont fait le succès de Manitou.
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    • Livres 5.00/5
    Par michaels, le 10 janvier 2012

    michaels
    Encore une fois, il y a tout ce que j'aime dans ce roman, de l'occulte, de l'horreur et de l'action. Plus abouti que le premier tome, au niveau de l'écriture notamment, "La Vengeance de Manitou" est un régal.
    Masterton n'y va pas quatre chemins et tranche toujours dans le vif du sujet. Résultat : on ne s'ennuie pas une seule seconde.
    Et lorsqu'on sait que le tome 3 est considéré en général comme le meilleur de cette trilogie, on en salive d'avance !
    Pour les fans d'horreur, un classique à ne pas manquer !
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 28 janvier 2011

    [...] ... Il se réveilla au cours de la nuit et il était sûr que quelqu'un se trouvait dans sa chambre.

    Il resta immobile, n'osant pas respirer ; ses doigts de petit garçon de huit ans serraient le drap pékiné, remonté sur son nez. Il scrutait les ténèbres et tendait l'oreille, cherchant à déceler le moindre mouvement, à entendre le plus léger crissement des lames du parquet. Son coeur battait la chamade, son sang - en un steeple-chase de terreur enfantine - remontait chaque artère et redescendait chaque veine, à une vitesse éperdue.

    - "Papa," dit-il, mais le mot sortit de sa bouche si doucement que personne n'aurait pu l'entendre. Ses parents dormaient dans leur chambre, à l'autre bout du couloir, et cela voulait dire que la sécurité se trouvait deux portes et dix mètres plus loin, de l'autre côté d'un palier sombre où une vieille horloge de parquet égrenait son tic-tac et où régnait, même dans la journée, une curieuse sensation de solitude et de silence oppressant.

    Il était sûr d'entendre quelqu'un soupirer ... ou souffler. Des soupirs bas, contenus, comme s'ils exprimaient la tristesse, ou la souffrance. Il s'agissait peut-être seulement du bruissement des rideaux, qui se gonflaient et retombaient, au rythme de l'air qui entrait par la fenêtre entrouverte. Ou bien c'était la mer, s'échouant doucement et chuchotant sur la grève sombre, à huit-cents mètres à peine de distance.

    Il attendit et attendit mais rien ne se produisit. ... [...]
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  • Par Woland, le 28 janvier 2011

    [...] ... Une par une, M. Saperstein [le photographe] fit passer les épreuves grand format, en noir et blanc. Il y en avait cinq en tout ; chaque photographie montrait la cour de récréation, vue depuis la fenêtre de la salle de classe de Mme Novato [l'institutrice], et les enfants, dansant en cercle et traînant les pieds. Sur la première photographie, Neil repéra Toby [son fils], Andy, Daniel Soscol et Debbie Spurr. Mais il y avait quelque chose en plus. Au centre du cercle formé par les enfants, en grande partie cachée par leurs corps, une sorte de brume blanchâtre était apparemment en train de se former. Cela ressemblait à une colonne de fumée.

    Sur la photographie suivante, la brume avait pris de l'ampleur et s'élevait au-dessus de la tête des enfants. Elle commençait à prendre la forme de replis tentaculaires. Sur le troisième cliché, ces replis se tordaient et arrivaient presque à la hauteur de l'érable situé en bordure de la cour de l'école.

    La quatrième et la cinquième photographies étaient les plus alarmantes. Elles montraient une bête, entourée de dizaine de bras qui se lovaient et ondoyaient. Cela ressemblait à une espèce de calmar gazeux ; il flottait dans l'air, au-dessus des enfants. Cela n'avait pas de visage, ni de forme. Pourtant, son apparence était terrifiante et maléfique, comme si elle avait été engendrée par un mal très ancien. Cela semblait corrompu et malsain, chargé de tous les maux de l'esprit et de l'âme. ... [...]
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