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> Louis Forestier (Préfacier, etc.)
> Francis Marcoin (Éditeur scientifique)

ISBN : 225304654X
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 247 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ces contes dosent en un mélange harmonieusement équilibré toutes les composantes de l'art de Guy de Maupassant. Ce sont d'abord les petites et grandes misères des humbles, à la ville ou à la campagne, contées sur le monde mineur, que nuance un sourire, parfois un rire m... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 14 juillet 2013

    Nastasia-B
    Il n'est jamais aussi bon, ce diable De Maupassant, que quand il jette son dévolu sur les déshérités, les petites gens mesquines ou les pauvres bougres pitoyables.
    Comme son nom l'indique, ce recueil explore des directions contradictoires, pas toujours avec le même bonheur, mais il s'agit, à n'en pas douter d'un des bons recueils de l'auteur.
    La nouvelle la plus connue du recueil est probablement la parure, sorte de descente aux enfers d'une brave et belle jeune femme par péché d'orgueil et de paraître, mais ce n'est pas celle qui me plaît le plus dans ce livre.
    J'ai mieux aimé les coins glauques que nous dépeint l'auteur, notamment dans L'Ivrogne ou le Gueux, ou bien encore l'absence de sens moral paysan dans le Vieux.
    J'élève sans peur ces trois nouvelles en mon panthéon personnel des nouvelles De Maupassant.
    Vous y trouverez encore mille ravages des comportements adultérins comme dans le Père, L'Aveu, le Petit, certains souvenirs coloniaux issus des voyages ou rencontres de voyages de l'auteur comme La main ou Tombouctou, les dénonciations de la cruauté infligée aux animaux comme dans Coco ou La Roche Aux Guillemots, mais aussi les jalousies et les souffrances des écorchés de la vie comme dans le Bonheur, Histoire Vraie, La Confession ou Un Lâche, les angoisses du temps qui passe comme dans Souvenir ou Adieu, les vengeances meurtrières comme dans Une Vendetta ou Un Parricide.
    Bref, du Maupassant pur jus, qui ne s'intéresse guère qu'aux côtés obscurs qui siègent en chacun de nous.
    Le recueil contient au total vingt et une nouvelles et donc en plus des nouvelles sus-mentionnée, vous trouverez également dans ce recueil : le Crime Au Père Boniface, gentille farce sur la naïveté d'un facteur et Rose, une femme de chambre au-dessus de tous soupçons... vraiment tous ?
    S'il me faut me prononcer, je considère qu'il s'agit d'un bon recueil mais pas le meilleur de son auteur.
    Mais une fois encore, tout ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est à dire, pas grand-chose.
    N. B. : il n'est pas impossible que la nouvelle intitulée Histoire Vraie ait fortement inspiré la célèbre chanson "Mirza" de Nino Ferrer, car jugez plutôt :
    "Toutes les fois que j'y pense, ça me rappelle Mirza, ma chienne, que j'avais vendue au comte d'Haussonnel et qui revenait tous les jours, dès qu'on la lâchait, tant elle ne pouvait me quitter. À la fin je m'suis fâché et j'ai prié l'comte de la tenir à la chaîne."
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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 26 février 2013

    peloignon
    Les personnages des Maupassant sont des êtres creux, insipides et fragiles, comme des coquilles d'œuf se tenant sur une pointe d'épingle. Un petit rien, l'équilibre est rompu et le tout est redevenu poussière.
    Malgré cela, on finit toujours par se laisser gagner car il ne nous les impose que l'instant de quelques phrases, toutes pleines d'un style à couper le souffle. Car tout est là, chez Maupassant, dans ce style, et, si les personnages ne sont rien, ils ne comptent plus pour nous non plus, car leur être devient ce style même et plus rien d'autre.
    In other words : cela ne se lit pas, mais se regarde, sauf si l'on y correspond dans son être même…
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    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 19 avril 2012

    Nadael
    Maupassant est décidemment le maître de la nouvelle, il manie ce genre avec art. En peu de pages, il réussit un tour de force. Aux premiers mots, le lecteur se sent happé par l'histoire qu'il nous raconte : il plante le paysage, fixe l'ambiance, nous dévoile ses personnages avec lenteur en gardant leur part de mystère pour la toute fin. On sent que quelque chose se trame, mais rares sont ceux qui en connaissent la teneur. La lecture est souvent oppressante, la tension monte crescendo. Et c'est la chute. Surprenante, toujours.
    Des histoires en clair-obscur qui débutent, pour la plupart, par une belle description de la nature environnante souvent lumineuse, et s'assombrissent au fur et à mesure de la lecture. Maupassant y parle des hommes et des femmes de toutes origines ; des paysans de Normandies aux bourgeois de la Riviera, la misère des uns, la fortune des autres, les gens des villes et ceux de la terre.
    Il évoque tour à tour l'amour souvent contrarié, la mort indicible mais inévitable, les enfants illégitimes, l'adultère, la jeunesse qu'il confronte fréquemment à la vieillesse – la fuite du temps, incontrôlable – , les apparences trompeuses , l'envie, l'étrangeté, la cupidité... Chez Maupassant, il y a du Baudelaire, du Edgar Alan Poe, du Flaubert, bien sûr. Il rend compte de la bêtise des hommes et de l'horreur qu'elle peut engendrer parfois, si on n'y prend pas garde.
    Lire des contes de Maupassant procure une sorte de vertige car si certaines histoires font sourire, d'autres mettent mal à l'aise. Et ces dernières sont enveloppées d'un style incroyable ; des descriptions sublimes et oniriques des paysages à la beauté des femmes, de la tristesse des hommes à leur brutalité... Les Fleurs du Mal résonne sans cesse autour de ces contes. L'écriture romanesque est alerte et belle, tantôt légère, tantôt lourde, entrelaçant le parler pâtois du monde paysan et le phasé pompeux des bourgeois. A travers ses mots, l'auteur nous livre finalement le reflet d'une époque désenchantée.
    Le recueil compte vingt nouvelles, voici quelques mots sur quatre d'entre elles :
    Dans La parure, on sent qu'Emma Bovary n'est pas loin. Une jeune femme envie tant les dames de la bonne société qu'elle se fait prêter par l'une d'elles une ravissante parure pour un soir. Malencontreusement, ce bijou disparaît. Elle et son mari passeront une bonne partie de leur vie à rembourser l'objet. Son rêve qui lui était si cher finit par la ruiner... jusqu'au dernier coup de théâtre qui la détruit totalement.
    Le vieux se meurt auprès de sa famille. Ses jours sont comptés désormais. Ses proches par soucis d'organisation anticipent les choses en invitant les amis et voisins à venir veiller le vieux. Mais, ce dernier tarde à mourir.
    Rose est la nouvelle femme de chambre d'une bourgeoise qui ne tarit pas d'éloges pour elle. Mais, les apparences sont parfois trompeuses !
    Dans un parricide, le lecteur suit le supplice d'un enfant illégitime, lâchement abandonné par ses parents dont il deviendra l'assassin.


    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2012/04/19/contes-du-jour-et-de-..
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 21 septembre 2012

    juliette2a
    Guy de Maupassant est un auteur que j'affectionne beaucoup. Je suis toujours passionnée par ses histoires, souvent tragiques, je l'avoue comme dans Une vie mais aussi heureuses comme dans Bel-Ami. Toutefois, Contes du jour et de la nuit est le recueil qui est à l'origine de mon engouement pour cet auteur. En effet, j'ai tellement apprécié ces nouvelles vraiment élégantes, intelligentes et sublimes que je ne voulais plus abandonner Maupassant ! Ayant lu ces Contes il y a un certain temps, je ne peux malheureusement pas retranscrir exactement ce que j'ai ressenti lors de cette lecture, ce que je trouve vraiment dommage. Ce que je sais, à coup sûr, c'est que cette lecture m'a laissée un excellent souvenir, puisque longtemps après je me souviens encore de l'émotion dans laquelle je me trouvais en achevant la dernière phrase de la dernière nouvelle puis en refermant ce magnifique livre qui, et c'est certain, ne m'abandonnera pas de sitôt ! Je le conseille à tous, et surtout aux amateurs de la littérature française à la recherche d'émotions fortes.
    A lire absolument !!
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    • Livres 4.00/5
    Par patrick75, le 21 janvier 2013

    patrick75
    Ce recueil de nouvelles De Maupassant est un bon moment de lecture, comme souvent avec cet auteur.
    Ce qui m'a dérangé c'est de retrouver certaines nouvelles déjà lues dans " Boule de suif ". Par exemple: le crime du père Boniface; Rose; L'aveu; la parure; le bonheur; Une vendetta; Coco, et dans "Clair de lune": le père.
    Ces nouvelles sont communes à au moins deux recueils.
    Sinon, j'ai toujours autant de plaisir à ouvrir un livre De Maupassant. Cela tombe bien c'était un auteur "prolifique". Encore de bons moments en perspectives !
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 27 septembre 2012

    Le boulevard, ce fleuve de vie, grouillait dans la poudre d’or du soleil couchant. Tout le ciel était rouge, aveuglant ; et une immense nuée flamboyante jetait dans toute la longue avenue une oblique averse de feu, vibrante comme une vapeur de brasier. La foule gaie, palpitante, allait sous cette brume enflammée et semblait dans une apothéose. Les visages étaient dorés ; les chapeaux noirs et les habits avaient des reflets de pourpre ; le vernis des chaussures jetait des flammes sur l’asphalte des trottoirs. Devant les cafés, un peuple d’hommes buvait des boissons brillantes et colorées qu’on aurait prises pour des pierres précieuses fondues dans le cristal.
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  • Par patrick75, le 08 mai 2012

    L'Italie, ou chaque palais, plein de chefs-d'oeuvre, est un chef-d'oeuvre lui même, ou le marbre, le bois, le bronze, le fer, les métaux et les pierres attestent le génie de l'homme, ou les plus petits objets anciens qui traînent dans les vieilles maisons révèlent ce divins souci de la grâce, est pour nous tous la patrie sacrée que l'on aime parce qu' elle nous montre et nous prouve l'effort, la grandeur, la puissance et le triomphe de l'intelligence créatrice.
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  • Par Nastasia-B, le 27 septembre 2012

    Le vent du nord soufflait, d’énormes nuages, lourds et noirs, jetaient en passant des averses furieuses. La mer démontée mugissait et secouait la côte, précipitant sur le rivage des vagues énormes, qui s’en venaient l’une après l’autre, hautes comme des montagnes, éparpillant dans l’air, sous les rafales, l’écume blanche de leurs têtes. L’ouragan s’engouffrait dans le petit vallon, arrachant les ardoises des toits, brisant les auvents, abattant les cheminées. On ne pouvait marcher qu’en se tenant aux murs, et les enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés par-dessus les maisons. On avait hâlé les barques de pêche par crainte de la mer qui allait balayer la plage et quelques matelots regardaient le fracas des éléments en furie.
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  • Par Nadael, le 19 avril 2012

    « C'était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d'employés. Elle n'avait pas de dot, pas d'espérances, aucun moyen d'être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l'Instruction publique.
    Elle fut simple, ne pouvant être parée ; mais malheureuse comme une déclassée ; car les femmes n'ont point de caste ni de race, leur beauté, leur grâce et leur charme leur servant de naissance et de famille. Leur finesse native, leur instinct d'élégance, leur souplesse d'esprit sont leur seule hiérarchie, et font des filles du peuple les égales des plus grandes dames. » (La parure)


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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    Un tiède soleil d’automne tombait dans la cour de ferme, par−dessus les grands hêtres des fossés. Sous le gazon tondu par les vaches, la terre, imprégnée de pluie récente, était moite, enfonçait sous les pieds avec un bruit d’eau ; et les pommiers chargés de pommes semaient leurs fruits d’un vert pâle, dans le vert foncé de l’herbage. Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, meuglaient par moments vers la maison ; les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant l’étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules qu’ils appelaient d’un gloussement vif. La barrière de bois s’ouvrit ; un homme entra, âgé de quarante ans peut−être, mais qui semblait vieux de soixante, ridé, tordu, marchant à grands pas lents, alourdis par le poids de lourds sabots plein de paille. Ses bras longs pendaient des deux côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied d’un énorme poirier, à côté d’un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puis se mit à japper en signe de joie. L’homme cria : − A bas, Finot ! Le chien se tut. Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait jusqu’à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, et elle portait aussi des sabots pleins de paille. Un bonnet blanc, devenu jaune, couvrait quelques cheveux collés au crâne, et sa figure brune, maigre, laide, édentée, montrait cette physionomie sauvage et brute qu’ont souvent les faces des paysans.
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