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Louis Forestier (Préfacier, etc.)Francis Marcoin (Éditeur scientifique)
ISBN : 225304654X
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 407 notes)
Résumé :
Ces contes dosent en un mélange harmonieusement équilibré toutes les composantes de l'art de Guy de Maupassant. Ce sont d'abord les petites et grandes misères des humbles, à la ville ou à la campagne, contées sur le monde mineur, que nuance un sourire, parfois un rire moqueur, souvent un ricanement féroce. Ce sont aussi et surtout les récits qui tiennent en haleine le lecteur, ouvrant sous ses pas un gouffre insoupçonné. La Mort est présente, invisible parfois, mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
14 juillet 2013
  • 4/ 5
Il n'est jamais aussi bon, ce diable De Maupassant, que quand il jette son dévolu sur les déshérités, les petites gens mesquines ou les pauvres bougres pitoyables.
Comme son nom l'indique, ce recueil explore des directions contradictoires, pas toujours avec le même bonheur, mais il s'agit, à n'en pas douter d'un des bons recueils de l'auteur.
La nouvelle la plus connue du recueil est probablement La Parure, sorte de descente aux enfers d'une brave et belle jeune femme par péché d'orgueil et de paraître, mais ce n'est pas celle qui me plaît le plus dans ce livre.
J'ai mieux aimé les coins glauques que nous dépeint l'auteur, notamment dans L'Ivrogne ou le Gueux, ou bien encore l'absence de sens moral paysan dans le Vieux.
J'élève sans peur ces trois nouvelles en mon panthéon personnel des nouvelles De Maupassant.
Vous y trouverez encore mille ravages des comportements adultérins comme dans le Père, L'Aveu, le Petit, certains souvenirs coloniaux issus des voyages ou rencontres de voyages de l'auteur comme La main ou Tombouctou, les dénonciations de la cruauté infligée aux animaux comme dans Coco ou La Roche Aux Guillemots, mais aussi les jalousies et les souffrances des écorchés de la vie comme dans le Bonheur, Histoire Vraie, La Confession ou Un Lâche, les angoisses du temps qui passe comme dans Souvenir ou Adieu, les vengeances meurtrières comme dans Une Vendetta ou Un Parricide.
Bref, du Maupassant pur jus, qui ne s'intéresse guère qu'aux côtés obscurs qui siègent en chacun de nous.
Le recueil contient au total vingt et une nouvelles et donc en plus des nouvelles sus-mentionnée, vous trouverez également dans ce recueil : le Crime Au Père Boniface, gentille farce sur la naïveté d'un facteur et Rose, une femme de chambre au-dessus de tous soupçons... vraiment tous ?
S'il me faut me prononcer, je considère qu'il s'agit d'un bon recueil mais pas le meilleur de son auteur.
Mais une fois encore, tout ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est à dire, pas grand-chose.
N. B. : il n'est pas impossible que la nouvelle intitulée Histoire Vraie ait fortement inspiré la célèbre chanson "Mirza" de Nino Ferrer, car jugez plutôt :
"Toutes les fois que j'y pense, ça me rappelle Mirza, ma chienne, que j'avais vendue au comte d'Haussonnel et qui revenait tous les jours, dès qu'on la lâchait, tant elle ne pouvait me quitter. À la fin je m'suis fâché et j'ai prié l'comte de la tenir à la chaîne."
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peloignon
26 février 2013
  • 4/ 5
Les personnages des Maupassant sont des êtres creux, insipides et fragiles, comme des coquilles d'oeuf se tenant sur une pointe d'épingle. Un petit rien, l'équilibre est rompu et le tout est redevenu poussière.
Malgré cela, on finit toujours par se laisser gagner car il ne nous les impose que l'instant de quelques phrases, toutes pleines d'un style à couper le souffle. Car tout est là, chez Maupassant, dans ce style, et, si les personnages ne sont rien, ils ne comptent plus pour nous non plus, car leur être devient ce style même et plus rien d'autre.
In other words : cela ne se lit pas, mais se regarde, sauf si l'on y correspond dans son être même…
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Allantvers
01 juillet 2016
  • 5/ 5
Il y a quelque chose du paquet de bonbons colorés et délicieusement acidulés dans les recueils de nouvelles De Maupassant : quand on en a gouté une, on a du mal à s'arrêter de piocher dans la diversité des parfums et saveurs de ces textes. C'est d'autant plus vrai avec ces « Contes du jour et de la nuit » car chacune de la vingtaine de nouvelles que compte ce recueil ne faisant qu'une dizaine de pages, on se dit qu'une de plus ne peut faire de tort à sa ligne.
De ce bouquet de saveurs, je retiens le souvenir rémanent de celles qui chatouillent la gorge (dont la joyeuse bouffonnerie « Crime au père Boniface » et la grinçante « le lâche »), celles qui la piquent (« Parricide » ou la vengeance d'un enfant abandonné, ou encore « le vieux » qui n'en finit pas de mourir), celles qui font pleurer les yeux (le renoncement à la richesse pour « le bonheur », la détresse misérable du « Gueux »), celles qui restent coincées dans les dents (comme cette « Rose » qui s'avère l'être bien moins qu'elle n'en a l'air), et plus encore celle qui fait tout cela à la fois (« Adieu ») en traversant le gosier comme l'inexorable passage du temps.
Tant de vie en si peu de lignes, tant de drames en si peu de prose, tant de caractères en si peu de pages, pourquoi se priver ?
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Nadael
19 avril 2012
  • 4/ 5
Maupassant est décidemment le maître de la nouvelle, il manie ce genre avec art. En peu de pages, il réussit un tour de force. Aux premiers mots, le lecteur se sent happé par l'histoire qu'il nous raconte : il plante le paysage, fixe l'ambiance, nous dévoile ses personnages avec lenteur en gardant leur part de mystère pour la toute fin. On sent que quelque chose se trame, mais rares sont ceux qui en connaissent la teneur. La lecture est souvent oppressante, la tension monte crescendo. Et c'est la chute. Surprenante, toujours.
Des histoires en clair-obscur qui débutent, pour la plupart, par une belle description de la nature environnante souvent lumineuse, et s'assombrissent au fur et à mesure de la lecture. Maupassant y parle des hommes et des femmes de toutes origines ; des paysans de Normandies aux bourgeois de la Riviera, la misère des uns, la fortune des autres, les gens des villes et ceux de la terre.
Il évoque tour à tour l'amour souvent contrarié, la mort indicible mais inévitable, les enfants illégitimes, l'adultère, la jeunesse qu'il confronte fréquemment à la vieillesse – la fuite du temps, incontrôlable – , les apparences trompeuses , l'envie, l'étrangeté, la cupidité... Chez Maupassant, il y a du Baudelaire, du Edgar Alan Poe, du Flaubert, bien sûr. Il rend compte de la bêtise des hommes et de l'horreur qu'elle peut engendrer parfois, si on n'y prend pas garde.
Lire des contes De Maupassant procure une sorte de vertige car si certaines histoires font sourire, d'autres mettent mal à l'aise. Et ces dernières sont enveloppées d'un style incroyable ; des descriptions sublimes et oniriques des paysages à la beauté des femmes, de la tristesse des hommes à leur brutalité... Les Fleurs du Mal résonne sans cesse autour de ces contes. L'écriture romanesque est alerte et belle, tantôt légère, tantôt lourde, entrelaçant le parler pâtois du monde paysan et le phasé pompeux des bourgeois. A travers ses mots, l'auteur nous livre finalement le reflet d'une époque désenchantée.
le recueil compte vingt nouvelles, voici quelques mots sur quatre d'entre elles :
Dans La parure, on sent qu'Emma Bovary n'est pas loin. Une jeune femme envie tant les dames de la bonne société qu'elle se fait prêter par l'une d'elles une ravissante parure pour un soir. Malencontreusement, ce bijou disparaît. Elle et son mari passeront une bonne partie de leur vie à rembourser l'objet. Son rêve qui lui était si cher finit par la ruiner... jusqu'au dernier coup de théâtre qui la détruit totalement.
le vieux se meurt auprès de sa famille. Ses jours sont comptés désormais. Ses proches par soucis d'organisation anticipent les choses en invitant les amis et voisins à venir veiller le vieux. Mais, ce dernier tarde à mourir.
Rose est la nouvelle femme de chambre d'une bourgeoise qui ne tarit pas d'éloges pour elle. Mais, les apparences sont parfois trompeuses !
Dans un parricide, le lecteur suit le supplice d'un enfant illégitime, lâchement abandonné par ses parents dont il deviendra l'assassin.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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juliette2a
21 septembre 2012
  • 5/ 5
Guy de Maupassant est un auteur que j'affectionne beaucoup. Je suis toujours passionnée par ses histoires, souvent tragiques, je l'avoue comme dans Une Vie mais aussi heureuses comme dans Bel-Ami. Toutefois, Contes du Jour et de la Nuit est le recueil qui est à l'origine de mon engouement pour cet auteur. En effet, j'ai tellement apprécié ces nouvelles vraiment élégantes, intelligentes et sublimes que je ne voulais plus abandonner Maupassant ! Ayant lu ces contes il y a un certain temps, je ne peux malheureusement pas retranscrir exactement ce que j'ai ressenti lors de cette lecture, ce que je trouve vraiment dommage. Ce que je sais, à coup sûr, c'est que cette lecture m'a laissée un excellent souvenir, puisque longtemps après je me souviens encore de l'émotion dans laquelle je me trouvais en achevant la dernière phrase de la dernière nouvelle puis en refermant ce magnifique livre qui, et c'est certain, ne m'abandonnera pas de sitôt ! Je le conseille à tous, et surtout aux amateurs de la littérature française à la recherche d'émotions fortes.
A lire absolument !!
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B27 septembre 2012
Le boulevard, ce fleuve de vie, grouillait dans la poudre d’or du soleil couchant. Tout le ciel était rouge, aveuglant ; et une immense nuée flamboyante jetait dans toute la longue avenue une oblique averse de feu, vibrante comme une vapeur de brasier. La foule gaie, palpitante, allait sous cette brume enflammée et semblait dans une apothéose. Les visages étaient dorés ; les chapeaux noirs et les habits avaient des reflets de pourpre ; le vernis des chaussures jetait des flammes sur l’asphalte des trottoirs. Devant les cafés, un peuple d’hommes buvait des boissons brillantes et colorées qu’on aurait prises pour des pierres précieuses fondues dans le cristal.
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Nastasia-BNastasia-B27 septembre 2012
Le vent du nord soufflait, d’énormes nuages, lourds et noirs, jetaient en passant des averses furieuses. La mer démontée mugissait et secouait la côte, précipitant sur le rivage des vagues énormes, qui s’en venaient l’une après l’autre, hautes comme des montagnes, éparpillant dans l’air, sous les rafales, l’écume blanche de leurs têtes. L’ouragan s’engouffrait dans le petit vallon, arrachant les ardoises des toits, brisant les auvents, abattant les cheminées. On ne pouvait marcher qu’en se tenant aux murs, et les enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés par-dessus les maisons. On avait hâlé les barques de pêche par crainte de la mer qui allait balayer la plage et quelques matelots regardaient le fracas des éléments en furie.
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patrick75patrick7508 mai 2012
L'Italie, ou chaque palais, plein de chefs-d'oeuvre, est un chef-d'oeuvre lui même, ou le marbre, le bois, le bronze, le fer, les métaux et les pierres attestent le génie de l'homme, ou les plus petits objets anciens qui traînent dans les vieilles maisons révèlent ce divins souci de la grâce, est pour nous tous la patrie sacrée que l'on aime parce qu' elle nous montre et nous prouve l'effort, la grandeur, la puissance et le triomphe de l'intelligence créatrice.
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CielvariableCielvariable11 mai 2013
Un tiède soleil d’automne tombait dans la cour de ferme, par−dessus les grands hêtres des fossés. Sous le gazon tondu par les vaches, la terre, imprégnée de pluie récente, était moite, enfonçait sous les pieds avec un bruit d’eau ; et les pommiers chargés de pommes semaient leurs fruits d’un vert pâle, dans le vert foncé de l’herbage. Quatre jeunes génisses paissaient, attachées en ligne, meuglaient par moments vers la maison ; les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant l’étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules qu’ils appelaient d’un gloussement vif. La barrière de bois s’ouvrit ; un homme entra, âgé de quarante ans peut−être, mais qui semblait vieux de soixante, ridé, tordu, marchant à grands pas lents, alourdis par le poids de lourds sabots plein de paille. Ses bras longs pendaient des deux côtés du corps. Quand il approcha de la ferme, un roquet jaune, attaché au pied d’un énorme poirier, à côté d’un baril qui lui servait de niche, remua la queue, puis se mit à japper en signe de joie. L’homme cria : − A bas, Finot ! Le chien se tut. Une paysanne sortit de la maison. Son corps osseux, large et plat, se dessinait sous un caraco de laine qui serrait la taille. Une jupe grise, trop courte, tombait jusqu’à la moitié des jambes, cachées en des bas bleus, et elle portait aussi des sabots pleins de paille. Un bonnet blanc, devenu jaune, couvrait quelques cheveux collés au crâne, et sa figure brune, maigre, laide, édentée, montrait cette physionomie sauvage et brute qu’ont souvent les faces des paysans.
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NadaelNadael19 avril 2012
« C'était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d'employés. Elle n'avait pas de dot, pas d'espérances, aucun moyen d'être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l'Instruction publique.
Elle fut simple, ne pouvant être parée ; mais malheureuse comme une déclassée ; car les femmes n'ont point de caste ni de race, leur beauté, leur grâce et leur charme leur servant de naissance et de famille. Leur finesse native, leur instinct d'élégance, leur souplesse d'esprit sont leur seule hiérarchie, et font des filles du peuple les égales des plus grandes dames. » (La parure)


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Guy de MAUPASSANT–Une famille
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