> Myriam Chirousse (Traducteur)

ISBN : 2864247143
Éditeur : Editions Métailié (2010)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se consoler de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 28 avril 2012

    LUKE59
    Cela commence comme un roman noir avec un chassé-croisé savamment orchestré entre quatre personnages singuliers et attachants dans la grande métropole madrilène dans laquelle sévit un mystérieux tueur en série.Ceux- ci n' ont a priori rien en commun si ce n' est d' être abîmés par la vie, solitaires et noctambules.Hasards et coïncidences vont les faire se rencontrer, échanger et finalement s' épauler.Car en fin de compte, de cette noirceur originelle, l' auteur arrive à extraire avec talent et sensibilité: humour, dérision et optimisme.En bref, un joli conte philosophique, un roman intelligent et magnifiquement écrit qui m' a captivé dès les premières lignes.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par IzaBzh, le 20 janvier 2012

    IzaBzh
    J'avais lu plusieurs bonnes critiques de ce roman, j'ai donc commencé à le lire malgré le peu d'attirance que j'ai pour les histoires sombres, de gens ratés, au passé tragique, qui se haïssent et/ou haïssent les autres, qui sont tellement mal qu'ils n'imaginent pas qu'il puisse y avoir une lumière au bout du tunnel. Et j'ai bien fait !
    Evidemment, ça commence de manière très sombre. L'auteur nous prévient même que "Cette histoire est celle d'une longue nuit. Si longue qu'elle dura plusieurs mois."
    Mais... Il y a le talent de Rosa Montero, il y a les personnages auxquels on s'attache tant qu'on veut absolument savoir comment ils vont s'en tirer - ou pas. Et, après tout, "Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie?". J'ai particulièrement aimé le personnage de Cerveau, cette vieille alcoolique qui raffole des théories bizarres, mais tellement intéressantes. Et s'il y avait une once de vérité dans tout ça ?...
    C'est un roman qui m'a happé et ne m'a pas lâchée, je l'ai terminé le sourire aux lèvres et l'envie de découvrir d'autres romans de cette auteure exquise qui sait si bien nous prendre dans ses filets.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 11 février 2012

    kathel
    J'aime toujours beaucoup la formule du roman où plusieurs personnes qui n'avaient rien en commun se croisent à des moments cruciaux de leurs vies. Tout d'abord, Matias, chauffeur de taxi qui vient de perdre sa femme et s'enferme dans son chagrin. Ensuite, un médecin qui remplace sa vie de couple et son travail par une vie virtuelle sur Second Life. D'autres rencontres, avec une vieille dame, ou une jeune et belle prostituée, vont avoir lieu, placées parfois sous le signe de la coïncidence, à propos de laquelle l'un des personnages fournit d'ailleurs une théorie : les coïncidences seraient une conséquence d'une dynamique de l'univers, qui tend vers l'ordre et l'harmonie. Dans une banlieue madrilène hivernale, hantée par un habile tueur de vieilles personnes, soumise à la loi de petits malfrats, le taxi de Matias entre dans une ronde qui lui permettra peut-être d'oublier ne serait-ce qu'un instant sa douleur. Ce roman m'a fait penser à ces films mexicains ou argentins, comme Amours chiennes ou Carancho, très urbains et sombres, où les vies s'entrechoquent avec violence mais recèlent des étincelles d'humanité. Il y a dans ce roman des fulgurances, des scènes noires et lumineuses à la fois, portées par une écriture inspirée, qui laissent KO.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-rosa-montero-instruction..
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 29 juillet 2010

    LiliGalipette
    Roman de Rosa Montero.
    Ils sont quatre esseulés dans la grande et tumultueuse Madrid. Ils vivent la nuit. En elle, au coeur de sa pénombre menteuse, ils pensent pouvoir survivre mieux qu'en pleine lumière. Il y a Matias, inconsolable depuis la mort de sa bien-aimée Rita, chauffeur de taxi désespéré qui cherche le coupable, celui qui n'a pas su sauver sa femme. Il y a Daniel, médecin médiocre dont le couple dérive depuis longtemps, qui se perd dans les univers factices de Second Life. Il y a Cerveau, ancien professeur de renom, vieille femme égarée dans la boisson et dans des théories physiques. Il y a Fatma, superbe prostituée, fleur éclose du fumier, qui remonte le courant du malheur avec l'aide de son totem, un minuscule lézard. Ces quatre solitaires vont se croiser au coeur des nuits madrilennes et nouer des destinées tumultueuses tout à fait humaines. Et il y a, quelque part dans la capitale, l'assassin du bonheur, un tueur en série qui, après avoir offert un dernier moment de bonheur à des personnes âgées, met fin à leurs jours en figeant leur visage dans un sourire forcé.
    J'ai été happée par ce roman. Les personnages se situent en marge de leur vie et ils assistent à ce qu'ils croient être la chute du monde. Sur fond vaguement policier, l'intrigue se pose en une lente découverte des existences tourmentées de quatre êtres sans aucun point commun. Aucun point commun? Et pourtant!! Ils sont tous les quatre dans une solitude si profonde que la solitude du voisin semble être un réconfort. Chacun a perdu quelque chose: une épouse, l'envie de vivre, l'optimisme, etc.
    Matias, Daniel, Cerveau et Fatma sont connectés pour le meilleur et pour le pire. Il n'y a pas de pure individualité, de vraie solitude. Chaque existence influe sur le marche du monde. Chaque être a sa part de responsabilités dans les dégâts et les beautés de l'univers. Coïncidences ou destinée selon le nom que l'on lui donne, le monde a sa façon bien à lui de tendre vers un équilibre dont personne ne peut entrevoir la vérité. "Peut-être est-ce l'univers tout entier qui tend inexorablement vers la symétrie, comme le soutenait Paul Kammerer avec sa loi des séries." (p. 265)
    Mais il n'y a pas que cela. L'auteure sait aussi nous rappeler qu'elle tire des ficelles qui, si elles sont grosses comme le doigt, peuvent devenir invisibles quand elles sont maniées avec talent! "Vous savez bien que, nous autres narrateurs, nous sommes des types rusés, amoureux des structures circulaires et des symétries." (p. 265)
    Ce roman drôle et terriblement émouvant propose un titre qui laisse attendre une liste de consignes. Où sont-elles ces fameuses instructions? Elles sont partout au fil des pages. Pour sauver le monde, il faut lui sourire, tendre la main au voisin, sortir de sa neurasthénie et de sa solitude jalousement entretenue. Il faut cesser de croire au pire pour envisager le meilleur. "Pour quelles raisons n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie?" (p. 269) Ce livre est une leçon d'optimisme, un réquisitoire pour le bonheur, un aller-simple vers la sérénité.
    Un grand merci àDialogues pour m'avoir offert ce livre.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/07/29/18693763.html
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  • Par keisha, le 12 décembre 2009

    keisha
    "Cette histoire est celle d'une longue nuit. Si longue qu'elle dura plusieurs mois."
    Non, ne partez pas !
    Parce que:
    "Le lendemain matin, la vie explose de nouveau."
    Matias, chauffeur de taxi, enterre Rita, l'amour de sa vie. Il va se réfugier avec Toutou et La Chienne dans la maison qu'il était en train de construire pour tous les deux.
    Daniel est un médecin qui a raté son mariage et sa vie professionnelle, il passe son temps libre à l'ordinateur avec Second Life.
    Fatma est une prostituée africaine qui a connu l'horreur en Sierra Leone et ne quitte pas un petit lézard bleu vert.
    Et pour terminer, Cerveau, une ancienne professeur d'université, s'enivre au vin rouge durant ses nuits.
    Notre planète va mal à cause du réchauffement climatique, un tueur en série rode, le terrorisme est une réalité même en Espagne.
    Rosa Montero raconte avec talent comment ses personnages vont se rencontrer, non pas que certains ne l'aient déjà fait, mais se rencontrer réellement, se connaître -un peu - mieux. Pour chaque personnage une ouverture vers son futur sera proposée. Certains vivront des moments "transcendants" où ils seront placés devant un choix qui engagera le reste de leur existence.
    Pas de fin en rose bonbon, mais tendant vers une "symétrie"... Lire ce roman pour comprendre cette remarque...
    Comme le dit Rosa Montero, "Vous savez bien que, nous autres narrateurs, nous sommes des types rusés, amoureux des structures circulaires et des symétries." Mais peut être y -a-il une autre raison?
    "Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie?"
    Je suis tellement heureuse de cette lecture sombre et lumineuse que j'en fais un livre voyageur!
    Lire la suite: http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-instructions-pour-sauver-le-monde-40601942.html#ixzz0ZUqPz3Ne


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-instructions-pou..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 11 février 2012

    Avez-vous déjà senti la terreur des nuits, l’étouffement des cauchemars, l’obscurité qui murmure sur votre nuque de son haleine froide que, même si vous ne savez pas combien de temps il vous reste, vous n’êtes qu’un condamné à mort ? Et pourtant, le lendemain matin, la vie explose de nouveau dans son joyeux mensonge d’éternité.
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  • Par LUKE59, le 25 avril 2012

    Tout ce que nous apprenons au cours de nos brèves existences n' est qu' une pincée insignifiante arrachée à l' énormité de ce que nous ne saurons jamais.(p158)
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  • Par dreulma, le 24 juillet 2011

    On voyait au fond la ligne de la ville, les tout nouveaux gratte-ciels à moitié éclairés et la clarté orangée des lumières urbaines, qui, collée sur le profil de l'horizon, semblait la vapeur de la respiration des immeubles. Mais avant d'arriver à ce royaume de pouvoir et de richesse, à cet étalage d'acier et de kilowatts, il y avait la tache sombre des terrains vagues suburbains à travers lesquels ils étaient maintenant en train de passer, des champs arides qui des siècles plus tôt avaient dû être cultivés, mais qui n'étaient plus à présent que des friches sales envahies par une horde de drogués et de misérables. Des terres humiliées par les poubelles, les délits et les douleurs accumulés en ces lieux année après année.
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  • Par dreulma, le 24 juillet 2011

    L'enfer, on appelle ça un temps splendide dans ce pays. En été, avec une sécheresse épouvantable, les collines qui brûlent et les champs qui meurent de soif, voilà le météorologue qui vient et qui dit, heureux et souriant : '' Pas un seul nuage sur la péninsule, un ciel entièrement bleu et une température de 40 degrés, de sorte que nous avons encore un temps splendide ! '' Quel pays d'analphabètes. Eh bien ils vont voir. Avec le changement climatique, l'Espagne sera enfin un parfait désert. Ils vont en avoir assez, du temps splendide.
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  • Par LUKE59, le 28 avril 2012

    Il se trouvait dans l' un de ces moments lumineux que l' existence vous offre parfois; des instants de plénitude où tout semble acquérir un sens et où l' on dirait que cette sagesse ne va plus vous abandonner pour le restant de votre vie.(p258)
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)






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