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ISBN : 2070786544
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 2.9/5 (sur 709 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

L'art de Marie NDi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 12 octobre 2012

    carre
    Trois longues nouvelles, pour dire non. Pas n'importe quelle négation, celles de trois femmes droites et fières qui luttent de toutes leurs forces pour gagner leur dignité.
    Si la lumière est peut-être au bout du chemin, la noirceur du propos est la couleur dominante. Et l'espoir de ces femmes ne viendra que par leur seule initiative.
    Mais le roman de Marie N'Diaye évoque au-delà de ces femmes, des sujets plus universels : la difficulté de l'exil, le poids patriarcal (des hommes bien présents malgré le titre), la lutte au quotidien de la condition féminine. Forcément, ces trois histoires que l'on peut dissocier, n'ont pas la même force, le premier texte est (en tout cas pour moi) le plus réussit avec cette image du père devenu pathétique et misérable alors que Norah porte fièrement sa réussite, pour donner encore plus de force à la haine viscérale du père. Les histoires de Fanta dans le deuxième récit et celui de Khady dans le troisième forment un trio au combien touchant, l'écriture de N'Diaye est d'une force évocatrice assez impressionnante, même si certains moments m'ont paru plus ardus et forcément moins puissant. Un Goncourt au bout de ces trois histoires, on ne peut plus estimable.
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    • Livres 1.00/5
    Par Ode, le 07 avril 2013

    Ode
    Abandon.
    Très rare en ce qui me concerne, car je mets un point d'honneur à aller au bout des livres que je commence. Et j'aurais aimé finir "Trois femmes puissantes", ne serait-ce que par respect pour la personne qui me l'a offert. Mais péniblement arrivée au bout de la première des trois parties, j'ai décidé d'écourter mon supplice.
    "L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère", annonce la quatrième de couverture... Une belle manière de qualifier l'ambiance glauque et imprécise de ce premier récit. On sent que Norah, la narratrice, est en conflit avec son père, qu'il y a eu un drame avec son frère, mais tout cela reste flou. Marie NDiaye parle par ellipses, fait des effets de style abscons ou des phrases d'un vide déprimant. J'ai lu de nombreux livres sur des sujets difficiles, car on apprend toujours de l'expérience des autres. J'apprécie aussi les audaces de style (celles de Joyce Carol Oates, par exemple) et les écrits teintés d'étrange ou de fantastique. Mais ici, je n'ai pas vu où l'auteur voulait en venir, ni éprouvé la moindre émotion, à part de l'ennui. Et le coup du père qui passe ses nuits perché sur un flamboyant... Est-ce du second, troisième ou quatrième degré ? Je n'ai pas compris.
    Quand on sait que ce livre a obtenu le prix Goncourt 2009, là, je comprends encore moins. Cela me fait penser au conte d'Andersen : "Les habits neufs de l'empereur". le monarque n'ose pas dire aux prétendus tailleurs qu'il ne voit pas leur tissu merveilleux, de peur de paraître stupide, et tous ses sujets font de même, s'extasiant sur cette étoffe somptueuse. Jusqu'à ce qu'un enfant dans la foule ose dire la vérité : le roi est nu !
    Dans cette lecture, je n'ai pas vu de "prose impeccable et raffinée" et encore moins de puissance. Non, juste une prose alambiquée et un récit sans queue ni tête. Assumant ma stupidité de lectrice vieux jeu aimant les personnages construits et les histoires ayant un début, un milieu et une fin, je ne prétendrai pas avoir apprécié pour me fondre dans la masse, mais crierai comme l'enfant : ce livre est nul !
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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 05 juin 2014

    colimasson
    Un prix Goncourt suffit-il à sanctifier le Verbe qui impressionne ? La question du fond et de la forme mérite légitimement d'être posée pour ces Trois femmes puissantes. Les pensées exprimées sont-elles forcément profondes parce que ses périodes s'étalent sur un paragraphe et parce que le subjonctif de l'imparfait est utilisé plus souvent que n'importe quel autre mode de conjugaison ? On peut en douter. Il semblerait plus exact de dire que la noblesse d'expression, à la limite de l'ampoulé, place d'emblée l'attente à un niveau élevé. On imagine que Marie N'Diaye, dans une corrélation d'expression et de réflexion, va nous promener de révélation en illumination. Ses récits gravitent autour de trois femmes placées dans des contextes différents et leur destin –le titre du livre ne nous permet pas d'en douter- suit un parcours d'apprentissage archétypique. On imagine alors que les trois récits s'imbriquent et se répondent mutuellement, on cherche des liens permettant de leur conférer une dimension autre que celle, immédiate, qui se dégage de l'expérience de ces femmes, mais Marie N'Diaye ne nous fournit rien d'autre que ce nous voudrons bien trouver à force de persuasion et d'imagination.

    Il serait injuste de dire que Marie N'Diaye n'a pas mérité d'être récompensée pour ce livre : les efforts qu'elle a dû déployer pour arranger ses monstruosités de phrases méritent le respect. Toutefois, on peut également se demander si le contenu de ses Trois femmes puissantes est réellement aussi frappant et déstabilisant qu'on aimerait bien nous le faire croire. Aucune fulguration psychologique ne devrait venir foudroyer quiconque a déjà lu d'autres romans avant celui-ci ; en revanche, la perversité appliquée à hisser le langage à un niveau de complexité aussi inutile qu'incompréhensible semble étroitement liée aux efforts tristes et fatigants que déploie Marie N'Diaye lorsqu'elle imagine les relations psychologiques tortueuses de ses personnages. Beaucoup de fatigue pour une puissance qui aurait pu être moins dérisoire si elle n'avait pas voulu être aussi ostentatoire.
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    • Livres 3.00/5
    Par folivier, le 26 février 2013

    folivier
    Encore un prix Goncourt qui ne m'emballe pas ! Je n'ai pas été convaincu par le destin et l'histoire de ces trois femmes. Ce roman aurait pu faire l'objet de trois nouvelles et j'ai été perturbé par la structure du roman en trois parties qui n'ont pas réellement de liens entre elles ou bien je ne l'ai pas remarqué.
    Dans la première partie, Norah, avocate, femme mariée, retourne en Afrique à la demande de son père. Installée en France, celui-ci avait quitté sa famille avec son plus jeune fils alors âgé de cinq ans, laissant seules sa femme et ses deux filles. le frère de Norah, Sony, est en prison et s'accuse d'avoir tué sa belle-mère, la nouvelle et jeune épouse de son père.
    Dans la seconde partie c'est l'homme, Rudy, qui parle et nous conte son histoire avec Fanta, sa jeune femme africaine qui l'a suivi en France. Agrégé d'histoire, ancien enseignant en Afrique, il est contraint à la démission après une agression sur des élèves. Il obtient, grâce à sa mère, un poste de commercial dans une société de mobilier de cuisine où il végète. Son couple se délite, Fanta s'éloigne, il ne ressent aucune affection pour son fils de sept ans.
    Enfin, dans la troisième partie, Kadhy, jeune épouse sans enfant, est chassée de chez elle par sa belle-famille à la mort de son vieux mari. Elle rencontre un jeune garçon, Lamine, qui cherche à immigrer clandestinement en Europe. Kadhy pour réunir la somme pour payer les passeurs se prostitue. Lamine la quitte en lui volant ses économies.
    Marie NDiaye nous raconte comment trois femmes africaines tentent de s'extraire du poids des traditions, du carcan de la société construit autour de l'homme, du mari ou du père. Elle décrit comment le mélange des cultures occidentales, européennes et africaines enferme la femme dans son rôle de fille, d'épouse, de mère, de soeur. J'ai apprécié le style très personnel et très agréable qui mélange de manière subtile une écriture "à l'européenne" avec des images, des tournures de phrases, des situations "à l'africaine".
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 septembre 2011

    brigittelascombe
    Trois femmes impuissantes.
    Trois désespoirs africains,à bercer entre France et Sénégal, Sénégal et France,trois errances entre indignité et dignité pour retrouver la puissance de l'identité qui leur est propre.
    Alors là le titre, ligne mélodique superposée aux autres prend toute sa valeur et monte fort comme un cri de révolte.
    Trois femmes puissantes!
    Norah.Avocate en France vient revoir son père à présent vieux,égoïste et vulnérable,à sa demande.
    Une maison vide,une "odeur de fleurs pourrissantes".
    Où est passé le père de jadis élégant et intraîtable? Celui qui leur parlait comme à des femmes,à sa soeur et elle, comme si elles avaient un pouvoir de séduction, alors qu'elles étaient des gamines et qu'elles étaient ses filles?
    La rancune sourd,la haine est tenace.
    Et lorsqu'elle rencontre son frêre Sony jadis "doux et satiné" accusé à tort d'un meurtre commis par l'infame elle se jure de les "délivrer Sony et elle des démons qui s'étaient assis sur leur ventre quand elle avait huit ans et Sony cinq".
    Inceste?
    Fanta,elle, beaucoup plus discrète est l'épouse d'un sous-homme jadis figure angélique aux cheveux blonds de sa maman,jadis aussi roué de coups et sans doute agressé plus profondément par une bande de lycéens qui avaient traité son père d'assassin et qu'il s'était défendu,un ancien prof de lettres,craint par les femmes mais "que ne respectent nullement les autres hommes",Fanta qui aime tendrement son fils mais n'aime plus son mari va oser un geste de la main vers sa voisine sur un sol français qu'elle doit s'approprier.
    Khady est sans doute la plus touchante.Veuve, sans enfants alors qu'elle "avait une volonté farouche de se trouver engrossée", sans appui dans sa belle famille,en état de "stupeur mentale", "lasse des vexations,"fatiguée d'exister",elle est envoyée chez la cousine Fanta en France sous la bonne garde de Lamine.
    Une mauvaise garde plutôt puisqu'elle est vendue dans un bordel et que lorsqu'elle s'en échappe, blessée au pied et qu'elle retombe sur des militaires violeurs,elle ne cesse de répéter je suis Khady Demba,Khady Demba,Khady Demba... des mots qui ricochent vers l'infini,carapace mentale que même le pire ne parviendra jamais à détruire.
    Juste un petit bémol, le lien trop ténu entre les trois récits:Khady Demba,employée du père de Norah doit se rendre chez Fanta(pont entre deux rives), mais aucune ne se croise vraiment.
    Une écriture sublime.Un roman fort qui n'a rien de romanesque et tient plus du témoignage sur le statut de la femme,de l'émigrée qui malgré et contre tout veut préserver sa dignité, dur le pouvoir abusif de l'homme.Trois femmes puissantes a été récompensé par le prix Goncourt 2009.Marie Ndiaye auteur d'une douzaine de romans,nouvelles,théatre a obtenu le prix Fémina en 2001pour Rosie Carpe.
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Citations et extraits

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  • Par Bruno_Cm, le 27 mars 2015

    ... leur père était ainsi, un homme que la laideur choquait et dégoûtait profondément

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  • Par Bruno_Cm, le 22 mars 2015

    Oh, certes, elle avait froid et mal dans chaque parcelle de son corps, mais elle réfléchissait avec une telle intensité qu'elle pouvait oublier le froid et la douleur, de sorte que lorsqu'elle revoyait les visages de sa grand-mère et de son mari, deux êtres qui s'étaient montrés bons pour elle et l'avaient confortée dans l'idée que sa vie, sa personne n'avaient pas moins de sens ni de prix que les leurs, et qu'elle se demandait si l'enfant qu'elle avait tant souhaité d'avoir aurait pu l'empêcher de tomber dans une telle misère de situation, ce n'était là que pensées et non regrets car aussi bien elle ne déplorait pas son état présent, ne désirait à celui-ci substituer nul autre et se trouvait même d'une certaine façon ravie, non de souffrir mais de sa seule condition d'être humain traversant aussi bravement que possible des périls de toute nature.
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  • Par Bruno_Cm, le 22 mars 2015

    Elle ferma les yeux et tenta d'appeler à elle les songes crayeux et ondoyants qui la gardaient de l'intolérable contact avec la réalité dont elle-même faisait partie avec son coeur affligé, anxieux, empli de remords et de doute, elle tenta désespérément de se détacher de sa propre personne peureuse et faible mais les rêveries ce soir-là n'étaient pas de taille à lutter contre les intrusions de l'existence et Khady demeura avec son épouvante dans un tête-à-tête dont nul travail d'indifférence ne put la libérer.
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  • Par Bruno_Cm, le 22 mars 2015

    Non, plus rien ne la surprenait, plus rien ne l'effrayait, pas même cette immense fatigue qui l'assommait à toute heure, lui rendant d'un coup si lourds ses membres grêles qu'elle peinait à mettre un pied devant l'autre, à porter la nourriture à sa bouche.
    A cela aussi elle s'était accoutumée.
    Elle considérait maintenant cet épuisement comme la condition naturelle de son organisme.
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  • Par Bruno_Cm, le 21 mars 2015

    Il parlait fort et gaiement à présent bien qu'il se sentît rien moins que fort et gai, rien moins que frais et dispos au sortir de ce rêve mélancolique et blessant et cafardeux (mais curieusement non dénué d'une infime espérance) à quoi ressemblait maintenant toute conversation avec Fanta.
    Les ombres sonores, caquetantes de leurs discussions enjouées d'autrefois erraient autour d'eux.
    Il pouvait entendre leurs obscurs piaillements et il en ressentait une nostalgie toute pareille, se disait-il le crâne brûlant, les cheveux collés à son front dans la touffeur de la cabine, à celle qu'il aurait éprouvée en entendant par hasard l'enregistrement des voix d'amis morts, de vieux, tendres et très chers amis.
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