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ISBN : 2070786544
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 2.87/5 (sur 571 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

L'art de Marie NDi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 12 octobre 2012

    carre
    Trois longues nouvelles, pour dire non. Pas n'importe quelle négation, celles de trois femmes droites et fières qui luttent de toutes leurs forces pour gagner leur dignité.
    Si la lumière est peut-être au bout du chemin, la noirceur du propos est la couleur dominante. Et l'espoir de ces femmes ne viendra que par leur seule initiative.
    Mais le roman de Marie N'Diaye évoque au-delà de ces femmes, des sujets plus universels : la difficulté de l'exil, le poids patriarcal (des hommes bien présents malgré le titre), la lutte au quotidien de la condition féminine. Forcément, ces trois histoires que l'on peut dissocier, n'ont pas la même force, le premier texte est (en tout cas pour moi) le plus réussit avec cette image du père devenu pathétique et misérable alors que Norah porte fièrement sa réussite, pour donner encore plus de force à la haine viscérale du père. Les histoires de Fanta dans le deuxième récit et celui de Khady dans le troisième forment un trio au combien touchant, l'écriture de N'Diaye est d'une force évocatrice assez impressionnante, même si certains moments m'ont paru plus ardus et forcément moins puissant. Un Goncourt au bout de ces trois histoires, on ne peut plus estimable.
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    • Livres 1.00/5
    Par Ode, le 07 avril 2013

    Ode
    Abandon.
    Très rare en ce qui me concerne, car je mets un point d'honneur à aller au bout des livres que je commence. Et j'aurais aimé finir "Trois femmes puissantes", ne serait-ce que par respect pour la personne qui me l'a offert. Mais péniblement arrivée au bout de la première des trois parties, j'ai décidé d'écourter mon supplice.
    "L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère", annonce la quatrième de couverture... Une belle manière de qualifier l'ambiance glauque et imprécise de ce premier récit. On sent que Norah, la narratrice, est en conflit avec son père, qu'il y a eu un drame avec son frère, mais tout cela reste flou. Marie NDiaye parle par ellipses, fait des effets de style abscons ou des phrases d'un vide déprimant. J'ai lu de nombreux livres sur des sujets difficiles, car on apprend toujours de l'expérience des autres. J'apprécie aussi les audaces de style (celles de Joyce Carol Oates, par exemple) et les écrits teintés d'étrange ou de fantastique. Mais ici, je n'ai pas vu où l'auteur voulait en venir, ni éprouvé la moindre émotion, à part de l'ennui. Et le coup du père qui passe ses nuits perché sur un flamboyant... Est-ce du second, troisième ou quatrième degré ? Je n'ai pas compris.
    Quand on sait que ce livre a obtenu le prix Goncourt 2009, là, je comprends encore moins. Cela me fait penser au conte d'Andersen : "Les habits neufs de l'empereur". le monarque n'ose pas dire aux prétendus tailleurs qu'il ne voit pas leur tissu merveilleux, de peur de paraître stupide, et tous ses sujets font de même, s'extasiant sur cette étoffe somptueuse. Jusqu'à ce qu'un enfant dans la foule ose dire la vérité : le roi est nu !
    Dans cette lecture, je n'ai pas vu de "prose impeccable et raffinée" et encore moins de puissance. Non, juste une prose alambiquée et un récit sans queue ni tête. Assumant ma stupidité de lectrice vieux jeu aimant les personnages construits et les histoires ayant un début, un milieu et une fin, je ne prétendrai pas avoir apprécié pour me fondre dans la masse, mais crierai comme l'enfant : ce livre est nul !
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    • Livres 3.00/5
    Par folivier, le 26 février 2013

    folivier
    Encore un prix Goncourt qui ne m'emballe pas ! Je n'ai pas été convaincu par le destin et l'histoire de ces trois femmes. Ce roman aurait pu faire l'objet de trois nouvelles et j'ai été perturbé par la structure du roman en trois parties qui n'ont pas réellement de liens entre elles ou bien je ne l'ai pas remarqué.
    Dans la première partie, Norah, avocate, femme mariée, retourne en Afrique à la demande de son père. Installée en France, celui-ci avait quitté sa famille avec son plus jeune fils alors âgé de cinq ans, laissant seules sa femme et ses deux filles. le frère de Norah, Sony, est en prison et s'accuse d'avoir tué sa belle-mère, la nouvelle et jeune épouse de son père.
    Dans la seconde partie c'est l'homme, Rudy, qui parle et nous conte son histoire avec Fanta, sa jeune femme africaine qui l'a suivi en France. Agrégé d'histoire, ancien enseignant en Afrique, il est contraint à la démission après une agression sur des élèves. Il obtient, grâce à sa mère, un poste de commercial dans une société de mobilier de cuisine où il végète. Son couple se délite, Fanta s'éloigne, il ne ressent aucune affection pour son fils de sept ans.
    Enfin, dans la troisième partie, Kadhy, jeune épouse sans enfant, est chassée de chez elle par sa belle-famille à la mort de son vieux mari. Elle rencontre un jeune garçon, Lamine, qui cherche à immigrer clandestinement en Europe. Kadhy pour réunir la somme pour payer les passeurs se prostitue. Lamine la quitte en lui volant ses économies.
    Marie NDiaye nous raconte comment trois femmes africaines tentent de s'extraire du poids des traditions, du carcan de la société construit autour de l'homme, du mari ou du père. Elle décrit comment le mélange des cultures occidentales, européennes et africaines enferme la femme dans son rôle de fille, d'épouse, de mère, de soeur. J'ai apprécié le style très personnel et très agréable qui mélange de manière subtile une écriture "à l'européenne" avec des images, des tournures de phrases, des situations "à l'africaine".
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 septembre 2011

    brigittelascombe
    Trois femmes impuissantes.
    Trois désespoirs africains,à bercer entre France et Sénégal, Sénégal et France,trois errances entre indignité et dignité pour retrouver la puissance de l'identité qui leur est propre.
    Alors là le titre, ligne mélodique superposée aux autres prend toute sa valeur et monte fort comme un cri de révolte.
    Trois femmes puissantes!
    Norah.Avocate en France vient revoir son père à présent vieux,égoïste et vulnérable,à sa demande.
    Une maison vide,une "odeur de fleurs pourrissantes".
    Où est passé le père de jadis élégant et intraîtable? Celui qui leur parlait comme à des femmes,à sa soeur et elle, comme si elles avaient un pouvoir de séduction, alors qu'elles étaient des gamines et qu'elles étaient ses filles?
    La rancune sourd,la haine est tenace.
    Et lorsqu'elle rencontre son frêre Sony jadis "doux et satiné" accusé à tort d'un meurtre commis par l'infame elle se jure de les "délivrer Sony et elle des démons qui s'étaient assis sur leur ventre quand elle avait huit ans et Sony cinq".
    Inceste?
    Fanta,elle, beaucoup plus discrète est l'épouse d'un sous-homme jadis figure angélique aux cheveux blonds de sa maman,jadis aussi roué de coups et sans doute agressé plus profondément par une bande de lycéens qui avaient traité son père d'assassin et qu'il s'était défendu,un ancien prof de lettres,craint par les femmes mais "que ne respectent nullement les autres hommes",Fanta qui aime tendrement son fils mais n'aime plus son mari va oser un geste de la main vers sa voisine sur un sol français qu'elle doit s'approprier.
    Khady est sans doute la plus touchante.Veuve, sans enfants alors qu'elle "avait une volonté farouche de se trouver engrossée", sans appui dans sa belle famille,en état de "stupeur mentale", "lasse des vexations,"fatiguée d'exister",elle est envoyée chez la cousine Fanta en France sous la bonne garde de Lamine.
    Une mauvaise garde plutôt puisqu'elle est vendue dans un bordel et que lorsqu'elle s'en échappe, blessée au pied et qu'elle retombe sur des militaires violeurs,elle ne cesse de répéter je suis Khady Demba,Khady Demba,Khady Demba... des mots qui ricochent vers l'infini,carapace mentale que même le pire ne parviendra jamais à détruire.
    Juste un petit bémol, le lien trop ténu entre les trois récits:Khady Demba,employée du père de Norah doit se rendre chez Fanta(pont entre deux rives), mais aucune ne se croise vraiment.
    Une écriture sublime.Un roman fort qui n'a rien de romanesque et tient plus du témoignage sur le statut de la femme,de l'émigrée qui malgré et contre tout veut préserver sa dignité, dur le pouvoir abusif de l'homme.Trois femmes puissantes a été récompensé par le prix Goncourt 2009.Marie Ndiaye auteur d'une douzaine de romans,nouvelles,théatre a obtenu le prix Fémina en 2001pour Rosie Carpe.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman de Marie Ndiaye. Prix Goncourt 2009. Lettre N de mon Challenge ABC 2010. Lecture commune avec Liliba et Milimel.
    Il y a Norah, 38 ans, avocate en France, fière d'une réussite qu'elle a forgée seule, sur les miettes d'une famille détruite par l'inconstance d'un père absent et égoïste. Norah répond à l'appel de ce père, dont elle a gardé l'image d'un homme puissant et arrogant, sûr de sa réussite et de la suprématie de son argent. le père qu'elle retrouve est un homme diminué, glouton, qui dort dans les branches majestueuses d'un flamboyant défleuri. Les retrouvailles en Afrique, sur les ruines de la richesse du père, sont amères. Norah accuse le père d'être un monstre qui a fait peser sur le ventre de ses enfants des démons inamovibles. Venue pour défendre son frère Sony, Norah découvre l'inanité de son existence française sans pour autant se sentir chez elle dans ce pays d'Afrique qui lui a ravi un père et un frère.
    Il y a Rudy Descas, 43 ans, marié avec Fanta et père de Djibril. Il a quitté l'Afrique après une trouble histoire de violence envers des adolescents. Arrachée à Colobane où elle avait un brillant emploi de professeur de littérature, Fanta dépérit en France où rien n'est fait pour elle. Rudy rumine sans cesse ses échecs professionnels et personnels. Il traîne avec lui des souvenirs traumatisants d'une enfance blessée par une mère qui ne l'aimait pas assez pour ce qu'il était. Obnubilé par la statue d'un artiste qu'il accuse d'avoir volé son image et poursuivi par une buse, érinye funeste qui révèle ses faiblesses, il a cessé depuis longtemps d'être l'homme que Fanta a épousé.
    Il y a Khady Demba, silencieuse, enfermée dans son inutilité de veuve inféconde. Chassée par la famille de son défunt mari, elle doit retrouver sa cousine Fanta, installée en France. Lâchée sans appui dans un monde dont elle ne connaît rien, abusée par un amant sans scrupule, elle ne cesse de répéter envers et contre tout son nom: Khady Demba, Khady Demba, Khady Demba. Elle est Khady Demba.
    Les relations entre Afrique, le Sénégal plus précisément, et la France font encore l'objet d'un traitement fantasmatique. Les exilés africains en France vivent dans la nostalgie d'une terre chaude et vibrante. Les prisonniers de la terre africaine placent en la métropole l'espoir d'une vie plus riche et prometteuse. Entre miroir aux alouettes et miroir déformant, les deux terres suscitent des rêves aux formes et aux couleurs différentes.
    Les liens entre les trois parties du roman sont ténues voire improbables. Kadhy Demba est l'employée du père de Norah et la cousine de Fanta. Elle aurait mérité de figurer au centre du roman pour que le lien soit davantage visible. Mais la dernière place lui convient cependant, car le récit de son combat vers la liberté est le plus beaux des trois. Je n'ai pas apprécié le récit central. Pourtant dénué d'insoutenables jérémiades, le récit de Rudy Descas est insupportable de misérabilisme. Ce personnage ne sait pas être un homme. Etouffé par une mère illuminée de pensées religieuses, écrasé de remords et de regrets, il traîne derrière lui la misère de l'humanité sans volonté. Norah est un personnage complexe qui navigue entre culpabilité et révolte, affligé d'une amnésie trouble et onirique.
    Trois femmes puissantes, ce titre ne me convaint pas. Norah a réussi comme avocate mais sa vie intime est envahie par un homme qui ne lui apporte rien. Et elle ne parvient pas à se libérer du ressentiment qu'elle a pour son père. Fanta se laisse dépérir dans la fadeur d'un pays qui ne la réchauffe pas et auprès d'un époux qui ne renforce pas sa nature de femme. Khady Demba, peut-être, est une femme puissante. Trahie par un homme, elle gagne seule, pièce après pièce, son passage vers l'Europe, au prix de son honneur et de sa vie.
    Au terme de chaque partie, un "contrepoint", qui porte bien son nom, éclaire le personnage féminin d'une lumière plus douce, consolatrice et apaisante. En quelques ultimes lignes, la femme est pardonnée, restaurée, rétablie dans sa puissance et sa suprématie.
    Quant au roman en général, je ne suis plus si étonnée qu'il ait gagné le Goncourt. C'est du Gallimard pur jus sur un ton élististe qui ne semble s'adresser qu'à des intellectuels chanceux, capable de saisir les enjeux humains et politiques d'une décolonisation qui n'en finit pas et d'une féminité sans cesse bafouée et foulée aux pieds. Sans être déplaisante, loin de là, la plume de Marie Ndiayé manque de proximité voire d'humanité.
    La première de couverture indique "roman" sous le titre. C'est, à mon avis, une qualification abusive. L'oeuvre de Marie Ndiayé relève davantage du recueil de nouvelles que du roman, puisque chaque partie peut se lire indépendamment des deux autres. Ce ne sont pas des chapitres, à peine des parties. Ce sont des récits fortuitement juxtaposés dont je ne retiendrai, je pense, que le dernier.
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Citations et extraits

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  • Par NadinePestourie, le 01 avril 2010

    Il vit immédiatement que la volonté destructrice, sauvage, brouillonne de Menotti avait porté le coup de grâce au vieux pied de glycine, gros comme un tronc, qui avait pris racine quelque cinquante ans auparavant peut-être près de la porte d’entrée.

    Quand Rudy était venu la première fois, d’abondantes grappes de fleurs mauves parfumées pendaient au-dessus de la porte, sous les fenêtres et les gouttières, suivant un fil métallique que les anciens habitants de la maison avaient fait courir sur la façade.

    Il s’était haussé pour humer les fleurs, ému, enchanté par tant de beauté et de senteur données pour rien, et il avait ensuite félicité Menotti pour la luxuriance de sa glycine qui lui rappelait, oh oui, avait-il laissé échapper lui qui ne parlait jamais de sa vie passée, les fleurs du frangipanier de Dara Salam.

    Il avait vu Menotti pincer les lèvres dans un mélange de scepticisme et de vague contrariété, comme, s’était-il dit, une mère aux tendresses inégalement réparties à laquelle on fait compliment de celui de ses enfants qu’elle n’aime pas.

    D’un ton sec, condescendant, elle s’était plainte de la corvée des feuilles à l’automne – tant de feuilles à ramasser, et de pétales desséchés.

    Elle avait montré à Rudy comment, sur le côté de la maison, elle avait déjà réglé son compte à un énorme bignonia qui avait eu l’audace de faire grimper le fol entremêlement de ses fleurs orangées sur le crépi gris.

    Les branches fines, les feuilles lustrées, les puissantes racines, les corolles mortes, tout cela gisait, prêt à être brûlé, et Menotti l’avait désigné avec un fier mépris, héroïne d’un combat qu’elle avait remporté haut la main.

    Accablé, Rudy avait poursuivi derrière elle le tour du jardin.

    Ce n’étaient que lamentables vestiges d’une lutte absurde et féroce autant que désordonnée.

    Les transports dévastateurs de Menotti, qui voulait nettoyer, faire propre, avoir du gazon, s’en étaient pris à la haie de charmes, ratiboisée, au vieux noyer, coupé au pied, aux nombreux rosiers, déterrés puis, Menotti s’étant ravisée, replantés ailleurs, et qui agonisaient.

    Et Menotti allait, satisfaite d’asseoir par la destruction ses droits de propriétaire, comme si, avait songé Rudy en la voyant rouler ses larges hanches entre deux tas de buis centenaires arrachés, rien ne démontrait mieux la légitimité de sa toute-puissance que l’anéantissement du travail patient, des témoignages du goût simple, délicat, de tous ceux, fantômes innombrables, qui l’avaient précédée dans cette maison et qui avaient planté, semé, ordonné la végétation.
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  • Par sylvie, le 20 janvier 2010

    "Oh, certes, elle avait froid et mal dans chaque parcelle de son corps, mais elle réfléchissait avec une telle intensité qu'elle pouvait oublier le froid et la douleur, de sorte que lorsqu'elle revoyait les visages de sa grand-mère et de son mari, deux êtres qui s'étaient montrés bons pour elle et l'avaient confortée dans l'idée que sa vie, sa personne n'avaient pas moins de sens ni de prix que les leurs, et qu'elle se demandait si l'enfant qu'elle avait tant souhaité d'avoir aurait pu l'empêcher de tomber dans une telle misère de situation, ce n'était là que pensées et non regrets car aussi bien elle ne déplorait pas son état présent, ne désirait à celui-ci substituer nul autre et se trouvait même d'une certaine façon ravie, non de souffrir mais de sa seule condition d'être humain traversant aussi bravement que possible des périls de toute nature
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  • Par ChezLo, le 20 décembre 2010

    Le scintillement particulier, se rappelait-il dans le silence qui suivit, un silence faiblement haletant comme s'il appelait un très lointain pays aux communications sommaires et qu'il fallait à ses paroles toutes ces lentes secondes pour arriver mais ce n'était que le souffle inquiet de Fanta cependant qu'elle réflechissait à la meilleure façon de lui répondre pour sauvegarder il ne savait, il n'osait imaginer quels intérêts futurs (alors une bulle de colère lui montait soudain à la tête, quel futur pouvait-elle concevoir sans lui), oui, se rappelait-il laissant voguer son regard sur les lignes vertes aux minuscules grains vert vif, sur les chênes verts au-delà que les acquéreurs de la propriété, ces Américains ou Australiens qui fascinaient et indisposaient maman car elle affirmait que le vignoble devait rester entre les mains de Français, avaient fait élaguer avec une telle sévérité que les arbres paraissaient humiliés, châtiés pour avoir eu le front de pousser leur feuillage verni, serré, inaltérable jusqu'à dissimuler en partie la pierre alors grisâtre, maintenant blonde et fraîche, de ce qui n'était somme toute qu'une grosse maison qu'on affublait ici du nom respectueux de château, oui, se rappelait-il, le scintillement particulier là-bas de sa propre blondeur, de sa propre fraîcheur..."
    [ = 1 seule phrase, note de la blogueuse...]
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  • Par wictoria, le 19 novembre 2009

    Parce que leur fils unique l'avait épousée en dépit de leurs objections, parce qu'elle n'avait jamais enfanté et qu'elle ne jouissait d'aucune protection, ils l'avaient tacitement, naturellement, sans haine ni arrière pensée, écartée de la communauté humaine, et leurs yeux durs, étrécis, leurs yeux de vieilles gens qui se posaient sur elle ne distinguaient pas entre cette forme nommée Kadhy et celles, innombrables, des bêtes et des choses qui se trouvent aussi habiter le monde.
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  • Par Ode, le 07 avril 2013

    Il lui sembla percevoir un relent de moisi.
    Odeur provenant de la floraison abondante, épuisée du gros flamboyant jaune qui poussait ses branches au-dessus du toit plat de la maison et parmi les feuilles duquel nichait peut-être cet homme secret et présomptueux, à l'affût, songeait Norah gênée, du moindre bruit de pas s'approchant de la grille pour prendre son essor et gauchement se poser sur le seuil de sa vaste demeure aux murs de béton brut, ou provenant, cette odeur, du corps même ou des vêtements de son père, de sa peau de vieux, plissée, couleur de cendre, elle ne le savait, elle n'aurait su le dire.
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