ISBN : 2070786544
Éditeur : Editions Gallimard (2009)


Note moyenne : 2.87/5 (sur 219 notes) Ajouter à mes livres

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman de Marie Ndiaye. Prix Goncourt 2009. Lettre N de mon Challenge ABC 2010. Lecture commune avec Liliba et Milimel.
    Il y a Norah, 38 ans, avocate en France, fière d'une réussite qu'elle a forgée seule, sur les miettes d'une famille détruite par l'inconstance d'un père absent et égoïste. Norah répond à l'appel de ce père, dont elle a gardé l'image d'un homme puissant et arrogant, sûr de sa réussite et de la suprématie de son argent. le père qu'elle retrouve est un homme diminué, glouton, qui dort dans les branches majestueuses d'un flamboyant défleuri. Les retrouvailles en Afrique, sur les ruines de la richesse du père, sont amères. Norah accuse le père d'être un monstre qui a fait peser sur le ventre de ses enfants des démons inamovibles. Venue pour défendre son frère Sony, Norah découvre l'inanité de son existence française sans pour autant se sentir chez elle dans ce pays d'Afrique qui lui a ravi un père et un frère.
    Il y a Rudy Descas, 43 ans, marié avec Fanta et père de Djibril. Il a quitté l'Afrique après une trouble histoire de violence envers des adolescents. Arrachée à Colobane où elle avait un brillant emploi de professeur de littérature, Fanta dépérit en France où rien n'est fait pour elle. Rudy rumine sans cesse ses échecs professionnels et personnels. Il traîne avec lui des souvenirs traumatisants d'une enfance blessée par une mère qui ne l'aimait pas assez pour ce qu'il était. Obnubilé par la statue d'un artiste qu'il accuse d'avoir volé son image et poursuivi par une buse, érinye funeste qui révèle ses faiblesses, il a cessé depuis longtemps d'être l'homme que Fanta a épousé.
    Il y a Khady Demba, silencieuse, enfermée dans son inutilité de veuve inféconde. Chassée par la famille de son défunt mari, elle doit retrouver sa cousine Fanta, installée en France. Lâchée sans appui dans un monde dont elle ne connaît rien, abusée par un amant sans scrupule, elle ne cesse de répéter envers et contre tout son nom: Khady Demba, Khady Demba, Khady Demba. Elle est Khady Demba.
    Les relations entre Afrique, le Sénégal plus précisément, et la France font encore l'objet d'un traitement fantasmatique. Les exilés africains en France vivent dans la nostalgie d'une terre chaude et vibrante. Les prisonniers de la terre africaine placent en la métropole l'espoir d'une vie plus riche et prometteuse. Entre miroir aux alouettes et miroir déformant, les deux terres suscitent des rêves aux formes et aux couleurs différentes.
    Les liens entre les trois parties du roman sont ténues voire improbables. Kadhy Demba est l'employée du père de Norah et la cousine de Fanta. Elle aurait mérité de figurer au centre du roman pour que le lien soit davantage visible. Mais la dernière place lui convient cependant, car le récit de son combat vers la liberté est le plus beaux des trois. Je n'ai pas apprécié le récit central. Pourtant dénué d'insoutenables jérémiades, le récit de Rudy Descas est insupportable de misérabilisme. Ce personnage ne sait pas être un homme. Etouffé par une mère illuminée de pensées religieuses, écrasé de remords et de regrets, il traîne derrière lui la misère de l'humanité sans volonté. Norah est un personnage complexe qui navigue entre culpabilité et révolte, affligé d'une amnésie trouble et onirique.
    Trois femmes puissantes, ce titre ne me convaint pas. Norah a réussi comme avocate mais sa vie intime est envahie par un homme qui ne lui apporte rien. Et elle ne parvient pas à se libérer du ressentiment qu'elle a pour son père. Fanta se laisse dépérir dans la fadeur d'un pays qui ne la réchauffe pas et auprès d'un époux qui ne renforce pas sa nature de femme. Khady Demba, peut-être, est une femme puissante. Trahie par un homme, elle gagne seule, pièce après pièce, son passage vers l'Europe, au prix de son honneur et de sa vie.
    Au terme de chaque partie, un "contrepoint", qui porte bien son nom, éclaire le personnage féminin d'une lumière plus douce, consolatrice et apaisante. En quelques ultimes lignes, la femme est pardonnée, restaurée, rétablie dans sa puissance et sa suprématie.
    Quant au roman en général, je ne suis plus si étonnée qu'il ait gagné le Goncourt. C'est du Gallimard pur jus sur un ton élististe qui ne semble s'adresser qu'à des intellectuels chanceux, capable de saisir les enjeux humains et politiques d'une décolonisation qui n'en finit pas et d'une féminité sans cesse bafouée et foulée aux pieds. Sans être déplaisante, loin de là, la plume de Marie Ndiayé manque de proximité voire d'humanité.
    La première de couverture indique "roman" sous le titre. C'est, à mon avis, une qualification abusive. L'oeuvre de Marie Ndiayé relève davantage du recueil de nouvelles que du roman, puisque chaque partie peut se lire indépendamment des deux autres. Ce ne sont pas des chapitres, à peine des parties. Ce sont des récits fortuitement juxtaposés dont je ne retiendrai, je pense, que le dernier.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 septembre 2011

    brigittelascombe
    Trois femmes impuissantes.
    Trois désespoirs africains,à bercer entre France et Sénégal, Sénégal et France,trois errances entre indignité et dignité pour retrouver la puissance de l'identité qui leur est propre.
    Alors là le titre, ligne mélodique superposée aux autres prend toute sa valeur et monte fort comme un cri de révolte.
    Trois femmes puissantes!
    Norah.Avocate en France vient revoir son père à présent vieux,égoïste et vulnérable,à sa demande.
    Une maison vide,une "odeur de fleurs pourrissantes".
    Où est passé le père de jadis élégant et intraîtable? Celui qui leur parlait comme à des femmes,à sa soeur et elle, comme si elles avaient un pouvoir de séduction, alors qu'elles étaient des gamines et qu'elles étaient ses filles?
    La rancune sourd,la haine est tenace.
    Et lorsqu'elle rencontre son frêre Sony jadis "doux et satiné" accusé à tort d'un meurtre commis par l'infame elle se jure de les "délivrer Sony et elle des démons qui s'étaient assis sur leur ventre quand elle avait huit ans et Sony cinq".
    Inceste?
    Fanta,elle, beaucoup plus discrète est l'épouse d'un sous-homme jadis figure angélique aux cheveux blonds de sa maman,jadis aussi roué de coups et sans doute agressé plus profondément par une bande de lycéens qui avaient traité son père d'assassin et qu'il s'était défendu,un ancien prof de lettres,craint par les femmes mais "que ne respectent nullement les autres hommes",Fanta qui aime tendrement son fils mais n'aime plus son mari va oser un geste de la main vers sa voisine sur un sol français qu'elle doit s'approprier.
    Khady est sans doute la plus touchante.Veuve, sans enfants alors qu'elle "avait une volonté farouche de se trouver engrossée", sans appui dans sa belle famille,en état de "stupeur mentale", "lasse des vexations,"fatiguée d'exister",elle est envoyée chez la cousine Fanta en France sous la bonne garde de Lamine.
    Une mauvaise garde plutôt puisqu'elle est vendue dans un bordel et que lorsqu'elle s'en échappe, blessée au pied et qu'elle retombe sur des militaires violeurs,elle ne cesse de répéter je suis Khady Demba,Khady Demba,Khady Demba... des mots qui ricochent vers l'infini,carapace mentale que même le pire ne parviendra jamais à détruire.
    Juste un petit bémol, le lien trop ténu entre les trois récits:Khady Demba,employée du père de Norah doit se rendre chez Fanta(pont entre deux rives), mais aucune ne se croise vraiment.
    Une écriture sublime.Un roman fort qui n'a rien de romanesque et tient plus du témoignage sur le statut de la femme,de l'émigrée qui malgré et contre tout veut préserver sa dignité, dur le pouvoir abusif de l'homme.Trois femmes puissantes a été récompensé par le prix Goncourt 2009.Marie Ndiaye auteur d'une douzaine de romans,nouvelles,théatre a obtenu le prix Fémina en 2001pour Rosie Carpe.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par PhC, le 18 septembre 2009

    PhC
    Trois textes autour de trois figures féminines et de drôle d'oiseaux. L'écriture de Marie NDiaye, faussement classique et subtilement étrange, fascine rapidement. Les trois récits sont à la fois fortement ancrés dans le réel contemporain, travaillant les thèmes forts de l'exil et de relégation sociale, et traversés d'onirisme. La réalité vacille comme vacillent les trois vies que nous suivons. Mais c'est surtout l'espèce de quant à soi, de bienveillance retenue mais profonde, qui marque l'élégance de ce beau livre.
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    • Livres 2.00/5
    Par liliba, le 03 mai 2010

    liliba
    Il faut bien sûr noter l'écriture superbe de cet ouvrage. La première histoire, avec la branche de flamboyant qui revient tout au long du récit, le porte même, est absolument magnifique, on se délecte des mots et des phrases de l'auteur, de ce style si littéraire qu'on rencontre peu de nos jours. Sauf que. Sauf que c'est très beau, mais très lassant. Un peu fatiguant à lire. On se prend à souhaiter moins de beauté et plus de vie, plus de coeur...
    Lecture en demi-teinte donc pour cet ouvrage dont on a beaucoup parlé cet hiver. Tout d'abord, je ne m'attendais pas à trois nouvelles différentes, mais à un roman incluant 3 récits de caractères de femmes. D'autre part, j'ai vainement cherché ces femmes puissantes, car pour moi, les femmes dont il est question ici ne sont en rien puissantes. Elles sont courageuses, obstinées, volontaires, entêtées parfois, mais elles sont également empêtrées dans leurs souffrances, dans leur souvenirs, dans leurs angoisses et leurs regrets. Alors puissantes... non.
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    • Livres 3.00/5
    Par bvelvet, le 03 février 2011

    bvelvet
    Le roman de Marie NDIAYE dépeint trois femmes aux rapports filiaux ratés qui disent non, chacun à leur façon. Norah, avocate à Paris, qui rend visite à son père en Afrique. Une épreuve de vérité pour elle. Fanta, quasi invisible durant toute la durée du récit, qui a quitté le Sénagal pour suivre son mari, Rudy, en France. Et enfin, Khady, jeune africaine, contrainte à l'exil par le veuvage, exil qui ne la mènera nulle part.
    Les deux premiers récits peinent malgré une écriture riche et exigeante, mais parfois lourde, rebutante, monotone. Les états d'âme du mari de Fanta me parurent des plus ennyeux, pour ne pas dire indigeste. L'écrivain nous expose sa prose monumental, mais pour aller où au juste? Nulle part hélas!
    Et puis, au moment où l'on n'y croit plus, survient le dernier récit qui nous propose enfin quelque chose, du rythme et de la "lumière". La lumière de Khady, attachante, courageuse, à la fois perdue et héroïque. La seule femme puissante de l'ouvrage, à n'en point douter, les autres étant comprise qu'en fonction de l'ordre établi, dont elles sont le maillon mais jamais le moteur.
    Ecrivain prodige, style à la Proust, et ci, et ça, peut-être bien, mais j'ai été bien soulagé lorsque j'ai refermé définitivement le livre. Désolé, mais je préfère encore mieux ses frasques contre la droite que ses romans.
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Citations et extraits

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  • Par NadinePestourie, le 01 avril 2010

    Il vit immédiatement que la volonté destructrice, sauvage, brouillonne de Menotti avait porté le coup de grâce au vieux pied de glycine, gros comme un tronc, qui avait pris racine quelque cinquante ans auparavant peut-être près de la porte d’entrée.

    Quand Rudy était venu la première fois, d’abondantes grappes de fleurs mauves parfumées pendaient au-dessus de la porte, sous les fenêtres et les gouttières, suivant un fil métallique que les anciens habitants de la maison avaient fait courir sur la façade.

    Il s’était haussé pour humer les fleurs, ému, enchanté par tant de beauté et de senteur données pour rien, et il avait ensuite félicité Menotti pour la luxuriance de sa glycine qui lui rappelait, oh oui, avait-il laissé échapper lui qui ne parlait jamais de sa vie passée, les fleurs du frangipanier de Dara Salam.

    Il avait vu Menotti pincer les lèvres dans un mélange de scepticisme et de vague contrariété, comme, s’était-il dit, une mère aux tendresses inégalement réparties à laquelle on fait compliment de celui de ses enfants qu’elle n’aime pas.

    D’un ton sec, condescendant, elle s’était plainte de la corvée des feuilles à l’automne – tant de feuilles à ramasser, et de pétales desséchés.

    Elle avait montré à Rudy comment, sur le côté de la maison, elle avait déjà réglé son compte à un énorme bignonia qui avait eu l’audace de faire grimper le fol entremêlement de ses fleurs orangées sur le crépi gris.

    Les branches fines, les feuilles lustrées, les puissantes racines, les corolles mortes, tout cela gisait, prêt à être brûlé, et Menotti l’avait désigné avec un fier mépris, héroïne d’un combat qu’elle avait remporté haut la main.

    Accablé, Rudy avait poursuivi derrière elle le tour du jardin.

    Ce n’étaient que lamentables vestiges d’une lutte absurde et féroce autant que désordonnée.

    Les transports dévastateurs de Menotti, qui voulait nettoyer, faire propre, avoir du gazon, s’en étaient pris à la haie de charmes, ratiboisée, au vieux noyer, coupé au pied, aux nombreux rosiers, déterrés puis, Menotti s’étant ravisée, replantés ailleurs, et qui agonisaient.

    Et Menotti allait, satisfaite d’asseoir par la destruction ses droits de propriétaire, comme si, avait songé Rudy en la voyant rouler ses larges hanches entre deux tas de buis centenaires arrachés, rien ne démontrait mieux la légitimité de sa toute-puissance que l’anéantissement du travail patient, des témoignages du goût simple, délicat, de tous ceux, fantômes innombrables, qui l’avaient précédée dans cette maison et qui avaient planté, semé, ordonné la végétation.
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  • Par sylvie, le 20 janvier 2010

    "Oh, certes, elle avait froid et mal dans chaque parcelle de son corps, mais elle réfléchissait avec une telle intensité qu'elle pouvait oublier le froid et la douleur, de sorte que lorsqu'elle revoyait les visages de sa grand-mère et de son mari, deux êtres qui s'étaient montrés bons pour elle et l'avaient confortée dans l'idée que sa vie, sa personne n'avaient pas moins de sens ni de prix que les leurs, et qu'elle se demandait si l'enfant qu'elle avait tant souhaité d'avoir aurait pu l'empêcher de tomber dans une telle misère de situation, ce n'était là que pensées et non regrets car aussi bien elle ne déplorait pas son état présent, ne désirait à celui-ci substituer nul autre et se trouvait même d'une certaine façon ravie, non de souffrir mais de sa seule condition d'être humain traversant aussi bravement que possible des périls de toute nature
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  • Par ChezLo, le 20 décembre 2010

    Le scintillement particulier, se rappelait-il dans le silence qui suivit, un silence faiblement haletant comme s'il appelait un très lointain pays aux communications sommaires et qu'il fallait à ses paroles toutes ces lentes secondes pour arriver mais ce n'était que le souffle inquiet de Fanta cependant qu'elle réflechissait à la meilleure façon de lui répondre pour sauvegarder il ne savait, il n'osait imaginer quels intérêts futurs (alors une bulle de colère lui montait soudain à la tête, quel futur pouvait-elle concevoir sans lui), oui, se rappelait-il laissant voguer son regard sur les lignes vertes aux minuscules grains vert vif, sur les chênes verts au-delà que les acquéreurs de la propriété, ces Américains ou Australiens qui fascinaient et indisposaient maman car elle affirmait que le vignoble devait rester entre les mains de Français, avaient fait élaguer avec une telle sévérité que les arbres paraissaient humiliés, châtiés pour avoir eu le front de pousser leur feuillage verni, serré, inaltérable jusqu'à dissimuler en partie la pierre alors grisâtre, maintenant blonde et fraîche, de ce qui n'était somme toute qu'une grosse maison qu'on affublait ici du nom respectueux de château, oui, se rappelait-il, le scintillement particulier là-bas de sa propre blondeur, de sa propre fraîcheur..."
    [ = 1 seule phrase, note de la blogueuse...]
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  • Par wictoria, le 19 novembre 2009

    Parce que leur fils unique l'avait épousée en dépit de leurs objections, parce qu'elle n'avait jamais enfanté et qu'elle ne jouissait d'aucune protection, ils l'avaient tacitement, naturellement, sans haine ni arrière pensée, écartée de la communauté humaine, et leurs yeux durs, étrécis, leurs yeux de vieilles gens qui se posaient sur elle ne distinguaient pas entre cette forme nommée Kadhy et celles, innombrables, des bêtes et des choses qui se trouvent aussi habiter le monde.
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  • Par Heureuse, le 04 octobre 2010

    Et celui qui l’accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n’avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu’elle semblait impérissable.
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Marie Ndiaye - Transfuge magazine .
Interview de Marie Ndiaye pour le magazine Transfuge à l'occasion de la parution de son roman "Trois femmes puissantes" (Gallimard, 2009), prix Goncourt 2009.








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