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ISBN : 2070786544
Éditeur : Gallimard (2009)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 880 notes)
Résumé :

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impec... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (135) Voir plus Ajouter une critique
carre
12 octobre 2012
  • 3/ 5
Trois longues nouvelles, pour dire non. Pas n'importe quelle négation, celles de trois femmes droites et fières qui luttent de toutes leurs forces pour gagner leur dignité.
Si la lumière est peut-être au bout du chemin, la noirceur du propos est la couleur dominante. Et l'espoir de ces femmes ne viendra que par leur seule initiative.
Mais le roman de Marie N'Diaye évoque au-delà de ces femmes, des sujets plus universels : la difficulté de l'exil, le poids patriarcal (des hommes bien présents malgré le titre), la lutte au quotidien de la condition féminine. Forcément, ces trois histoires que l'on peut dissocier, n'ont pas la même force, le premier texte est (en tout cas pour moi) le plus réussit avec cette image du père devenu pathétique et misérable alors que Norah porte fièrement sa réussite, pour donner encore plus de force à la haine viscérale du père. Les histoires de Fanta dans le deuxième récit et celui de Khady dans le troisième forment un trio au combien touchant, l'écriture de N'Diaye est d'une force évocatrice assez impressionnante, même si certains moments m'ont paru plus ardus et forcément moins puissant. Un Goncourt au bout de ces trois histoires, on ne peut plus estimable.
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Ode
07 avril 2013
  • 1/ 5
Abandon.
Très rare en ce qui me concerne, car je mets un point d'honneur à terminer les livres que je commence. Et j'aurais aimé finir "Trois femmes puissantes", ne serait-ce que par respect pour la personne qui me l'a offert. Mais péniblement arrivée au bout de la première des trois parties, j'ai décidé d'écourter mon supplice.
"L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère", annonce la quatrième de couverture... Une belle manière de qualifier l'ambiance glauque et imprécise de ce premier récit. On sent que Norah, la narratrice, est en conflit avec son père, qu'il y a eu un drame avec son frère, mais tout cela reste flou. Marie NDiaye parle par ellipses, fait des effets de style abscons ou des phrases d'un vide déprimant. J'ai lu de nombreux livres sur des sujets difficiles, car on apprend toujours de l'expérience des autres. J'apprécie aussi les audaces de style (celles de Joyce Carol Oates, par exemple) et les écrits teintés d'étrange ou de fantastique. Mais ici, je n'ai pas vu où l'auteur voulait en venir, ni éprouvé la moindre émotion, à part de l'ennui. Et le coup du père qui passe ses nuits perché sur un flamboyant... Est-ce du second, troisième ou quatrième degré ? Je n'ai pas compris.
Quand on sait que ce livre a obtenu le prix Goncourt 2009, là, je comprends encore moins. Cela me fait penser au conte d'Andersen : "Les habits neufs de l'empereur". le monarque n'ose pas dire aux prétendus tailleurs qu'il ne voit pas leur tissu merveilleux, de peur de paraître stupide, et tous ses sujets font de même, s'extasiant sur cette étoffe somptueuse. Jusqu'à ce qu'un enfant dans la foule ose dire la vérité : le roi est nu !
Dans cette lecture, je n'ai pas vu de "prose impeccable et raffinée" et encore moins de puissance. Non, juste une prose alambiquée et un récit sans queue ni tête. Assumant ma stupidité de lectrice vieux jeu aimant les personnages construits et les histoires ayant un début, un milieu et une fin, je ne prétendrai pas avoir apprécié pour me fondre dans la masse, mais crierai comme l'enfant : ce livre est nul !
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colimasson
05 juin 2014
  • 2/ 5
Un prix Goncourt suffit-il à sanctifier le Verbe qui impressionne ? La question du fond et de la forme mérite légitimement d'être posée pour ces Trois femmes puissantes. Les pensées exprimées sont-elles forcément profondes parce que ses périodes s'étalent sur un paragraphe et parce que le subjonctif de l'imparfait est utilisé plus souvent que n'importe quel autre mode de conjugaison ? On peut en douter. Il semblerait plus exact de dire que la noblesse d'expression, à la limite de l'ampoulé, place d'emblée l'attente à un niveau élevé. On imagine que Marie N'Diaye, dans une corrélation d'expression et de réflexion, va nous promener de révélation en illumination. Ses récits gravitent autour de trois femmes placées dans des contextes différents et leur destin –le titre du livre ne nous permet pas d'en douter- suit un parcours d'apprentissage archétypique. On imagine alors que les trois récits s'imbriquent et se répondent mutuellement, on cherche des liens permettant de leur conférer une dimension autre que celle, immédiate, qui se dégage de l'expérience de ces femmes, mais Marie N'Diaye ne nous fournit rien d'autre que ce nous voudrons bien trouver à force de persuasion et d'imagination.

Il serait injuste de dire que Marie N'Diaye n'a pas mérité d'être récompensée pour ce livre : les efforts qu'elle a dû déployer pour arranger ses monstruosités de phrases méritent le respect. Toutefois, on peut également se demander si le contenu de ses Trois femmes puissantes est réellement aussi frappant et déstabilisant qu'on aimerait bien nous le faire croire. Aucune fulguration psychologique ne devrait venir foudroyer quiconque a déjà lu d'autres romans avant celui-ci ; en revanche, la perversité appliquée à hisser le langage à un niveau de complexité aussi inutile qu'incompréhensible semble étroitement liée aux efforts tristes et fatigants que déploie Marie N'Diaye lorsqu'elle imagine les relations psychologiques tortueuses de ses personnages. Beaucoup de fatigue pour une puissance qui aurait pu être moins dérisoire si elle n'avait pas voulu être aussi ostentatoire.
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Fleitour
15 septembre 2016
  • 5/ 5
Marie NDiaye ajoutait en 2009, un nouveau et étonnant récit à une oeuvre déjà très riche, confirmée par l'envoûtant Rosie Carpe. Un roman, où trois textes juxtaposés, intimement liés les uns aux autres, dessinent les portraits de trois femmes, Norah, Fanta et Khady Demba, aux aspirations de liberté ardemment assumées.
Avec Trois Femmes puissantes, nous sommes aussi en présence d'un essai littéraire, volontairement novateur.
Un roman fracturé, comme la vie entravée de ces trois femmes qui ont toutes connues, une césure violente, de celles dont on ne se relève mal, qui gangrènent tout le reste de la vie.
Une césure ou un écartèlement inscrit dans la mémoire des personnes prises entre deux cultures, l'Afrique et la France, ou entre deux vies, ou entre des espoirs inscrits dans la mémoire d'une autre vie.
La famille, est toujours au coeur des trois récits, la famille, le lieu où les fractures naissent, elle devient un enjeu, un territoire, une survie possible pour Norah, Fanta et Khady Demba, là où les aspirations s'épanouissent ou se fracassent, le lieu et le lien dont il faudra s'extraire pour exister.
Dans la première partie, Norah, avocate, se rend en Afrique, à la demande de son père, cruel et cynique, pour défendre son frère accusé du meurtre de sa belle mère. le père avait quitté sa femme en kidnappant son fils Sony de 5 ans , laissant une plaie béante, un traumatisme irréparable.
Dans le second volet Marie NDiaye déploie le long monologue de Rudy Descas revenu d'Afrique après y avoir grandi. Il revient avec une épouse noire, Fanta, jamais présente dans le langage de l'homme, telle une énigme insaisissable, point aveugle autour duquel vont se révéler les secrets refoulés, dont le meurtre de son père.
Le dernier récit de Trois femmes puissantes, le plus glaçant, montre la trajectoire d'une femme, rejetée par sa belle-famille après la mort de son mari, qui tente de passer clandestinement en Europe.
Basculer de la sécurité à l'horreur : être à la merci des passeurs, se blesser sans possibilité de soins, être maltraitée, se prostituer, être dépossédée par le seul être qui vous semblait proche.
Trois récits où se répondent les culpabilités des femmes, de celle qui se tait quand son fils Sony lui est arraché, de Khady Demba qui n'arrive pas à enfanter et qui porte cette honte comme une faute originelle, ou encore la mère de Rudy Descas qui vit dans la négation de ce qui s'est passé.
Cette culpabilité qui tel un poison irrigue le livre, porte tout le monologue de Rudy Descas pour exprimer une demande de pardon à Fanta et à son fils qu'il a toujours négligé: "Comment allait-il apaiser sa propre conscience si ses souvenirs tronqués de leurs conflits ne faisaient apparaître que sa culpabilité à lui, encore et toujours, comme dans ses rêves pénibles et avilissants où, quoique que l'on dise, quoique que l'on décide, on est en faute, irrévocablement ?"
Trois femmes puissantes s'ouvre vers une réalité farouche, viscérale, et dont on suit la montée en puissance à mesure qu'on avance dans les trois récits: de l'inhumanité de la famille, l'incompréhension de l'autre et de son exploitation.
A travers le destin de ces femmes, c'est au fond la condition humaine la plus contemporaine qu'interroge Marie NDiaye : celle de l'appartenance à une famille, un lieu, des racines qui protègent qui élèvent.
"parce qu'elle n'avait pas enfanté et qu'elle ne jouissait d'aucune protection, ils l'avaient tacitement, naturellement, sans haine ni arrière-pensée, écartée de la communauté humaine, et leurs yeux durs, étrécis, leurs yeux de vieilles gens qui se posaient sur elle ne distinguaient pas entre cette forme nommée Khadry et celles, innombrables, des bêtes et des choses qui se trouvent aussi habiter le monde."
Ce sont trois femmes vaincues, maltraitées, mais elles restent debout. Norah et Fanta se sont libérées dans leur jeunesse, de leur condition de filles par leurs études. Fanta plus encore que Norah. Khady s'est libérée dans sa tête par un geste.
Ce geste de Khady Demba sautant du bateau est un geste rageur et libérateur, elle ne sera plus personne mais Khady Demba celle qui a dit non. Ce cri est aussi comme une alerte lancée à toutes les femmes pour se libérer des hontes et des entraves posées par les hommes et les traditions.
En contrepoint des trois récits, le symbolisme des oiseaux qui hantent les âmes, insèrent un fil d'Ariane invisible mais ténu. le père de Norah, oiseau perché sur le flamboyant, espèce de marabout vantard et fantoche. le flamboyant est sa dernière demeure, il a envoyé son fils Sony en prison, il a déserté les hommes. Mais l'oiseau est une figure magique : la buse suit Rudy comme les corbeaux Khady Demba.
Marie Ndaiye est entrée, "avec discrétion et détermination, sans concession ni hâte ni doute, dans la plus pure des aventures littéraires, parmi l'escouade clairsemée des quelques écrivains irréductibles (qu'on ne saurait réduire ni à une mode, ni à leur ombre), qui sont à la fois à la tête d'un monde particulier et universel, d'une langue personnelle pour le dire et de ce talent à l'alchimie indéchiffrable qui nous convainc, nous autres, pauvres lecteurs, que ce monde est aussi le nôtre, et qu' il est effrayant et que nous ne le savions pas."  Jean Baptiste Harang. Dans l'Art est difficile P297.
En lisant ce texte, j'ai été séduit par une musicalité envoûtante au point de perdre le fil de l'histoire, je l'ai relu et j'ai ressenti tous ces mots, comme un travail de jardinier, parfois de bûcheron, trois souches irréductibles qui semblaient ne plus provenir d'un seul arbre. "elle avait déjà réglé son compte à un énorme bignonia qui avait eu l'audace de faire grimper le fol entremêlement de ses fleurs orangées sur le crépi gris." 
les récits de Ndiaye ne disent pas leur fin , on en sait assez pour les imaginer.
Il faut retourner vers les textes de Marie Ndiaye, les retourner comme un limon d'argile ou se laisser guider, c'est un enchantement.

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folivier
26 février 2013
  • 3/ 5
Encore un prix Goncourt qui ne m'emballe pas ! Je n'ai pas été convaincu par le destin et l'histoire de ces trois femmes. Ce roman aurait pu faire l'objet de trois nouvelles et j'ai été perturbé par la structure du roman en trois parties qui n'ont pas réellement de liens entre elles ou bien je ne l'ai pas remarqué.
Dans la première partie, Norah, avocate, femme mariée, retourne en Afrique à la demande de son père. Installée en France, celui-ci avait quitté sa famille avec son plus jeune fils alors âgé de cinq ans, laissant seules sa femme et ses deux filles. le frère de Norah, Sony, est en prison et s'accuse d'avoir tué sa belle-mère, la nouvelle et jeune épouse de son père.
Dans la seconde partie c'est l'homme, Rudy, qui parle et nous conte son histoire avec Fanta, sa jeune femme africaine qui l'a suivi en France. Agrégé d'histoire, ancien enseignant en Afrique, il est contraint à la démission après une agression sur des élèves. Il obtient, grâce à sa mère, un poste de commercial dans une société de mobilier de cuisine où il végète. Son couple se délite, Fanta s'éloigne, il ne ressent aucune affection pour son fils de sept ans.
Enfin, dans la troisième partie, Kadhy, jeune épouse sans enfant, est chassée de chez elle par sa belle-famille à la mort de son vieux mari. Elle rencontre un jeune garçon, Lamine, qui cherche à immigrer clandestinement en Europe. Kadhy pour réunir la somme pour payer les passeurs se prostitue. Lamine la quitte en lui volant ses économies.
Marie NDiaye nous raconte comment trois femmes africaines tentent de s'extraire du poids des traditions, du carcan de la société construit autour de l'homme, du mari ou du père. Elle décrit comment le mélange des cultures occidentales, européennes et africaines enferme la femme dans son rôle de fille, d'épouse, de mère, de soeur. J'ai apprécié le style très personnel et très agréable qui mélange de manière subtile une écriture "à l'européenne" avec des images, des tournures de phrases, des situations "à l'africaine".
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
NadinePestourieNadinePestourie01 avril 2010
Il vit immédiatement que la volonté destructrice, sauvage, brouillonne de Menotti avait porté le coup de grâce au vieux pied de glycine, gros comme un tronc, qui avait pris racine quelque cinquante ans auparavant peut-être près de la porte d’entrée.

Quand Rudy était venu la première fois, d’abondantes grappes de fleurs mauves parfumées pendaient au-dessus de la porte, sous les fenêtres et les gouttières, suivant un fil métallique que les anciens habitants de la maison avaient fait courir sur la façade.

Il s’était haussé pour humer les fleurs, ému, enchanté par tant de beauté et de senteur données pour rien, et il avait ensuite félicité Menotti pour la luxuriance de sa glycine qui lui rappelait, oh oui, avait-il laissé échapper lui qui ne parlait jamais de sa vie passée, les fleurs du frangipanier de Dara Salam.

Il avait vu Menotti pincer les lèvres dans un mélange de scepticisme et de vague contrariété, comme, s’était-il dit, une mère aux tendresses inégalement réparties à laquelle on fait compliment de celui de ses enfants qu’elle n’aime pas.

D’un ton sec, condescendant, elle s’était plainte de la corvée des feuilles à l’automne – tant de feuilles à ramasser, et de pétales desséchés.

Elle avait montré à Rudy comment, sur le côté de la maison, elle avait déjà réglé son compte à un énorme bignonia qui avait eu l’audace de faire grimper le fol entremêlement de ses fleurs orangées sur le crépi gris.

Les branches fines, les feuilles lustrées, les puissantes racines, les corolles mortes, tout cela gisait, prêt à être brûlé, et Menotti l’avait désigné avec un fier mépris, héroïne d’un combat qu’elle avait remporté haut la main.

Accablé, Rudy avait poursuivi derrière elle le tour du jardin.

Ce n’étaient que lamentables vestiges d’une lutte absurde et féroce autant que désordonnée.

Les transports dévastateurs de Menotti, qui voulait nettoyer, faire propre, avoir du gazon, s’en étaient pris à la haie de charmes, ratiboisée, au vieux noyer, coupé au pied, aux nombreux rosiers, déterrés puis, Menotti s’étant ravisée, replantés ailleurs, et qui agonisaient.

Et Menotti allait, satisfaite d’asseoir par la destruction ses droits de propriétaire, comme si, avait songé Rudy en la voyant rouler ses larges hanches entre deux tas de buis centenaires arrachés, rien ne démontrait mieux la légitimité de sa toute-puissance que l’anéantissement du travail patient, des témoignages du goût simple, délicat, de tous ceux, fantômes innombrables, qui l’avaient précédée dans cette maison et qui avaient planté, semé, ordonné la végétation.
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sylviesylvie20 janvier 2010
"Oh, certes, elle avait froid et mal dans chaque parcelle de son corps, mais elle réfléchissait avec une telle intensité qu'elle pouvait oublier le froid et la douleur, de sorte que lorsqu'elle revoyait les visages de sa grand-mère et de son mari, deux êtres qui s'étaient montrés bons pour elle et l'avaient confortée dans l'idée que sa vie, sa personne n'avaient pas moins de sens ni de prix que les leurs, et qu'elle se demandait si l'enfant qu'elle avait tant souhaité d'avoir aurait pu l'empêcher de tomber dans une telle misère de situation, ce n'était là que pensées et non regrets car aussi bien elle ne déplorait pas son état présent, ne désirait à celui-ci substituer nul autre et se trouvait même d'une certaine façon ravie, non de souffrir mais de sa seule condition d'être humain traversant aussi bravement que possible des périls de toute nature
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WictorianeWictoriane19 novembre 2009
Parce que leur fils unique l'avait épousée en dépit de leurs objections, parce qu'elle n'avait jamais enfanté et qu'elle ne jouissait d'aucune protection, ils l'avaient tacitement, naturellement, sans haine ni arrière pensée, écartée de la communauté humaine, et leurs yeux durs, étrécis, leurs yeux de vieilles gens qui se posaient sur elle ne distinguaient pas entre cette forme nommée Kadhy et celles, innombrables, des bêtes et des choses qui se trouvent aussi habiter le monde.
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PiertyMPiertyM18 mai 2016
Mon fils Sony est meilleur que moi, il surpasse en grandeur d'âme tous les êtres que j'ai connus, cependant je me reconnais en lui et je lui pardonne. Je m'incline devant ce qu'il affirme, je ne dis rien d'autre, rien de différent, et si ses propos venaient à changer j'y acquiescerais de la même façon. C'est mon fils et je l'ai élevé, voilà tout. Ma femme, je ne l'avais pas élevée. Je ne la connais pas et je ne peux pas lui pardonner...
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ChezLoChezLo20 décembre 2010
Le scintillement particulier, se rappelait-il dans le silence qui suivit, un silence faiblement haletant comme s'il appelait un très lointain pays aux communications sommaires et qu'il fallait à ses paroles toutes ces lentes secondes pour arriver mais ce n'était que le souffle inquiet de Fanta cependant qu'elle réflechissait à la meilleure façon de lui répondre pour sauvegarder il ne savait, il n'osait imaginer quels intérêts futurs (alors une bulle de colère lui montait soudain à la tête, quel futur pouvait-elle concevoir sans lui), oui, se rappelait-il laissant voguer son regard sur les lignes vertes aux minuscules grains vert vif, sur les chênes verts au-delà que les acquéreurs de la propriété, ces Américains ou Australiens qui fascinaient et indisposaient maman car elle affirmait que le vignoble devait rester entre les mains de Français, avaient fait élaguer avec une telle sévérité que les arbres paraissaient humiliés, châtiés pour avoir eu le front de pousser leur feuillage verni, serré, inaltérable jusqu'à dissimuler en partie la pierre alors grisâtre, maintenant blonde et fraîche, de ce qui n'était somme toute qu'une grosse maison qu'on affublait ici du nom respectueux de château, oui, se rappelait-il, le scintillement particulier là-bas de sa propre blondeur, de sa propre fraîcheur..."
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