> Marielle Morin (Traducteur)

ISBN : 2877307727
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Ceux qui ont aimé "Compartiment pour dames" et "Un homme meilleur" découvriront avec bonheur ces treize nouvelles au réalisme épicé de mystère. De l'Inde aux Etats-Unis, la puissance de l'imaginaire d'Anita Nair transfigure un monde où animaux, nuages, arbres, étoiles e... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 04 septembre 2010

    Le chat, qui était roulé en boule, s'étira et fléchit les pattes. Puis il cligna des yeux.
    Des plumes de sommeil s'attachaient encore à lui. Une étrange sensation de fatigue lui parcourait les os comme un frisson et s'y accrochait avec l'insistance d'un crabe. L'espace d'une instant, il posa sur son environnement un regard aveugle. Puis il laissa l'habitude reprendre ses droits.
    Quittant son lieu de repos, il avança à pas feutrés jusqu'au plan d'herbe qui bordait la chaussée, veillant néanmoins à ne pas trop s'en approcher. Il savait le sort réservé à ceux de ses congénères qui baissaient la garde aux abords d'une route.
    Il avait vu des chats empalés en plein élan, des chats aplatis sur le goudron. Des chats éventrés, des chats écrasés, oeil vitreux, membres raides, mine grimaçante. Il en avait vu beaucoup, des chats sans vie.
    Il s'assit et se lécha les babines. C'était un chat méticuleux. S'il avait été un homme, ses lacets auraient été de longueur égale, ses talons de chèques soigneusement remplis, son visage aspergé et savonné plusieurs fois par jour.
    Le chat leva sa patte droite et la lécha jusqu'à ce qu'elle soit humide. Puis il la passa sur son museau et sa tête, derrière son oreille, dedans aussi, sur ses yeux et le long de ses bajoues jusqu'au menton.
    Insatisfait du résultat, il répéta l'opération avec sa patte gauche. Puis il porta son attention à ses épaules, ses flancs et ses cuisses. S'enroulant sur lui-même, il termina de nettoyer ses parties génitales avant de passer à sa queue, qu'il parcourut avec sa langue depuis la racine jusqu'à son extrémité. Quand il trouvait un épi, il l'arrachait avec les dents, délicatement, en expert.
    Ce chat que vous observez n'est pas diffférent des deux millions et quarante-trois autres chats qui habitent la planète : tous les chats se lavent. Même le tout premier Miacis, créé de main mystérieuse, se lavait, paraît-il, quand il n'était pas occupé à gambader entre les pattes des dinosaures et des mammouths.
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  • Par kathy, le 04 septembre 2010

    Il y a toujours eu un arbre mourongue au jardin de mes souvenirs. Le permier était un beau spécimen qui s'élançait vers les cieux depuis l'arrière de la maison. ...Entre-temps il y eut d'autres arbres. Des arbres insignifiants. Des arbres malingres. Une fois même, le squelette d'un mourongue mort. Ensuite, il y eut le jeune mourongue du jardin voisin qui n'en finissait pas de jeter des regards curieux dans le mien. Comme un chiot avide de se faire de nouveaux amis, il s'enroulait autour du muret, cascade verdoyante qui s'invitait chez moi. Parfois, quand mon frigidaire était vide et froid, je m'approchais de ses branches accueillantes et cueillais tous ses fruits. L'arbre ne m'en tenait jamais rigueur. Quelques jours plus tard, il revenait à l'assaut, cherchant à attirer mon attention avec ses larmes de verdure.
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