ISBN : 2246151457
Éditeur : Grasset (2005)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Tout le monde abandonne David Golder, malade et ruiné. Mais le vieil homme se reprend, part à la reconquête de sa fortune dans une dernière aventure. Traversé par des financiers véreux, des femmes cupides, des gigolos, David Golder (1929) est un roman cruel sur la riche... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    On le sait, Irène Némirovsky puisait la matière première de ses œuvres dans sa propre histoire familiale. Malgré tout, on reste médusé de savoir que c'est de son père, Leonid, riche banquier juif ukrainien, et de sa mère, Anna, mondaine volage, dont elle s'est inspirée pour créer David et Gloria Golder. Même Joyce ressemble beaucoup à la jeune fille qu'elle était alors.
    Golder est un personnage ambigu qui, tour à tour, provoque la répugnance ou la pitié. Implacable et sans pitié en affaires, sa seule raison de vivre semble être son âpreté au gain.
    Mais n'est-il qu'un vieil homme mal aimé et méprisé par les siens, ne trouvant son salut que dans les affaires qu'il remporte de haute lutte ou est-il à ce point obnubilé par l'argent qu'il en néglige sa famille qui, par retour, ne le considère que comme une “pompe à fric” ?
    Le vrai Golder est-il ce boursicoteur sans scrupules qu'il est devenu ou ce petit Juif des quartiers pauvres d'Odessa auquel il repense avec nostalgie au seuil de la mort ?
    Cette ambiguïté subsistera jusqu'à la dernière page puisqu'on ne saura jamais si Golder se lance dans son coup de poker final par amour de sa fille ou pour couronner sa carrière d'une ultime victoire… et empocher par le même coup plus d'argent qu'il n'en a jamais gagné.

    Gloria et Joyce s'affrontent pour récolter les bonnes grâces et les faveurs de Golder. Mondaines et volages, elles apparaissent comme des créatures frivoles et vaines qui, telles des succubes, dévorent Golder et l'entraînent toujours plus loin vers la mort à mesure qu'elles exigent de lui toujours plus d'argent.
    La rivalité entre la mère et la fille est âpre : Gloria est jalouse de la jeunesse de cette fille encombrante. La seule présence de Joyce trahit son âge véritable et l'empêche de jouir pleinement de l'attention des autres.
    Calquée sur les relations qu'Irène Némirovsky entretenait avec sa propre mère, Anna, cette rivalité mère/fille trouvera écho dans plusieurs autres de ses textes parmi lesquels Le bal ou Jézabel.
    (...)
    Peinture sans concession du milieu de la finance, des parvenus et des mondains des Années folles, David Golder est un court roman (ou une longue nouvelle) grinçant. Irène Némirovsky y trempe une fois encore sa plume dans l'acide et brosse avec justesse les affres psychologiques de ses personnages.
    Pour la petite histoire, David Golder a été le premier grand succès - critique et public - d'Irène Némirovsky. Elle avait envoyé son manuscrit à Bernard Grasset sous son nom d'épouse, en ne laissant qu'une adresse en poste restante. Après avoir lu le manuscrit dans la nuit, l'éditeur enthousiaste envoie dès le lendemain matin une lettre invitant l'auteur à signer un contrat. Sans réponse au bout d'un mois, Grasset passe une annonce dans les journaux pour retrouver celui dont il n'imagine même pas qu'il puisse être une jeune fille de 26 ans. Ce n'est que plusieurs semaines plus tard qu'Irène Némirovsky se présentera à lui, tout juste remise d'un premier accouchement difficile qui l'avait empêchée d'aller relever son courrier.
    Quelque temps seulement après son succès en librairie, David Golder sera adapté au théâtre puis au cinéma, par Julien Duvivier, qui confiera ainsi à Harry Baur le rôle titre de son premier film parlant.
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    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 23 novembre 2010

    horline
    Magnifique roman sur la puissance de L'Argent et ses déviances. Dans un style féroce, implacable et cruel, "David Golder" brosse le portrait d'un émigré juif qui, échappé de la misère en Russie, n'a eu pour seule quête, seule ambition de faire fortune.
    Milliardaire, il forme avec son épouse un couple détestable reflétant Tous les poncifs sur l'âpreté au gain, à la manière des clichés que pourraient entretenir certains relents antisémites.
    Seulement cette quête, insatiable aux yeux de l'épouse, va précipiter la fin de cet homme d'affaires de manière tragique. L'Argent devient alors destructeur : il aspire le vieux Golder dans le gouffre de la solitude et de la maladie, sans aménité aucune de la part de l'épouse frivole et odieuse.
    C'est réellement une œuvre audacieuse tant L'Argent roi est chargé de symboliques, où l'appétit de L'Argent fait écho à une œuvre que j'ai beaucoup aimé : "L'Argent" de Zola.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 19 mai 2010

    litolff
    Un roman d'une noirceur totale où Irène Nemirovsky excelle à dépeindre la cupidité et la corruption d'un monde avide d'argent et de richesses ; David Golder lui-même, financier caricatural, finit par apitoyer le lecteur qui est horrifié par la bassesse et la cruauté de sa femme. L'argent ne fait pas le bonheur... ? Nemirovsky en est visiblement convaincue !
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    • Livres 3.00/5
    Par Heureuse, le 04 octobre 2010

    Heureuse
    Mi figue mi raisin.
    C'est un roman très fort, d'une intelligence et d'une puissance incroyables. Il est inouï qu'une jeune femme ait pu produire ces mots, cette histoire.
    Ce genre de roman n'est pas ma tasse de thé. Un personnage qui se regarde le nombril, se regarde vivre, m'ennuie toujours prodigieusement. Que ce soit Katherine Pancol ou Jean Paul Dubois.
    Mais pour un genre que je n'aime pas, je dois avouer que c'était très bien. Je ne le recommande pas forcément mais comme c'est Irène némirovski, c'est à lire...
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    • Livres 4.00/5
    Par eternel, le 22 août 2011

    eternel
    Vit-on mieux et vieux quand on a argent et pouvoir; choses relatives et passagères dans nos sociétés ? Une fois qu'on a les deux qu'a-t-on vraiment entre les mains si ce ne sont les contraintes qu'ils nous imposent.L'amour, l'amitié, les sentiments, l'intellect, le bon goût, et tout ce qui façonne un être humain échappent au pouvoir de l'argent.Ils n'en imposent pas moins d'autres contraintes.Choisir qui on veut être n'est jamais facile.
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Citations et extraits

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  • Par Malice, le 05 octobre 2010

    " Mais rappelle-toi Nicolas Lévy, Porjès, tant d'autres qui remuaient des fortunes immenses, et quand ils étaient morts, qu'est-ce qui restait à leurs veuves ? Un découvert en banques. Et bien, moi, je ne veux pas que ça m'arrive, tu entends bien ? Arrange-toi. Pour commencer, mets cette maison à mon nom.".... " Brute ! ...Brute! Chien ! ... Tu n'as pas changé !... Va !...Tu es bien resté le même !... Le petit Juif,qui vendait des chiffons et de la ferraille, à New York, avec ton sac sur le dos. Tu te rappelles ? Tu te rappelles ? - Et, toi, tu te rappelles Kichinief, et la boutique de ton père, l'usurier, dans la rue Juive ? ... Tu ne t'appelais pas Gloria dans ce temps là ? Hein ... Havké ! ...Havké ! ..."..." Ça, ma ville, ça vaut un million ! ... Et émeraudes ? Tes colliers. Tes bracelets ? Tes bagues ? ...Tout ce que tu as, tout ce que je ne t'ai pas assuré une fortune ! ... Regarde-toi donc, couverte de bijoux, crevant d'argent que tu m'as extorqué, volé ! ... Toi, Havké ! ... Mais quand je t'ai prise, tu étais une pauvre, une misérable fille rappelle-toi, rappelle-toi !"
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  • Par horline, le 23 novembre 2010

    Soifer, un vieux Juif allemand qu'il avait connu autrefois en Silésie, puis perdu de vue et retrouvé quelques mois auparavant, venait jouer avec lui aux cartes. [...]Il possédait dans un coffre fort à Londres des diamants, des perles admirables, des émeraudes si belles qu'autrefois Gloria elle-même n'en possédait pas de pareilles. Avec cela il était d'une avarice qui confinait à la folie. Il habitait un meublé sordide, dans une rue sombre de Passy. Jamais il n'était monté dans un taxi, même lorsqu'un ami s'offrait à le payer : "Je ne désire pas, disait-il, prendre des habitudes de luxe que je ne puis me permettre". Il attendait l'autobus sous la pluie, l'hiver, des heures entières ; il les laissait passer les uns après les autres, quand la deuxième classe était au complet. Toute sa vie il avait marché sur la pointe des pieds pour faire durer ses chaussures davantage. Depuis quelques années, comme il avait perdu toutes ses dents, il ne mangeait plus que des bouillies, des légumes écrasés afin d'éviter la dépense d'un râtelier.
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  • Par litolff, le 19 mai 2010

    Il imagina, avec une espère de sombre humour, Gloria, telle qu'il l'avait vue venir tant de fois, vers lui, dans l'allée, se hâtant, le corps balancé sur des talons trop hauts, la main levée e, écran devant son vieux visage peint qui fondait dans la lumière étincelante... Elle dirait 'Hello ! David, comment vont les affaires ?' et 'Comment vas-tu ?' mais seule la première question appellerait une réponse... Plus tard la cohue brillante de de Biarritz envahirait la maison. Ces têtes... Elles lui soulevaient le coeur quand il y pensait... Tous les escrocs, les souteneurs, les vieilles grues de la terre... Et cela boirait, mangerait, se soûlerait toute la nuit à ses frais. Une cour de chiens avides...
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  • Par Oloutam, le 22 avril 2012

    Mais, mon cher, les hommes comme toi et Marcus, ce n’est pas pour leurs femmes qu’ils travaillent, va, c’est pour eux-mêmes… Mais oui, mais oui, insista-t-elle, les affaires au fond, c’est une espèce de vice, comme la morphine. Si tu n’avais pas les affaires tu serais le plus malheureux des hommes mon petit …
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  • Par Oloutam, le 22 avril 2012

    Dans les affaires, on ne sait jamais, il faut tourner, retourner, ronger l’os jusqu’au bout.
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