> Georges-Arthur Goldschmidt (Autre)

ISBN : 2253006750
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.19/5 (sur 188 notes) Ajouter à mes livres
Ainsi parlait Zarathoustra est une oeuvre philosophique magistrale. Elle a bouleversé la pensée de l'Occident. « Nietzsche démolit, il sape », disait Gide. Il remet définitivement l'homme en question. Poète-prophète, Zarathoustra se retire dans la montagne et revient pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 15 janvier 2009

    chartel
    "Ainsi parlait Zarathoustra" est une œuvre magistrale, quoique nous inspire la pensée nietzschéenne. Car Friedrich Nietzsche fait partie des rares philosophes capables de transmettre aux autres une pensée par une virtuosité littéraire hors du commun. Ce don lui a permis de devenir un philosophe populaire, abordable et universel. le problème de la transmission d'une pensée individuelle est d'ailleurs présent dans cette œuvre puisque Nietzsche évoque, par l'entremise de son prophète Zarathoustra, sa difficulté de créer de nouvelles valeurs, issues non pas de la masse des hommes mais de sa propre individualité. Car si l'on s'isole trop de la masse, on s'exclue et on ne se fait plus entendre. Nietzsche, profitant de la mort de Dieu, trouve la bonne distance pour exposer son idée du surhomme. Ce créateur doit profiter du chaos présent (fin du XIXe siècle) pour trouver son incarnation, avant que le dépérissement du dernier homme, faible, petit et aimant le confort, ne devienne irréversible. Cette pensée exubérante, tonitruante et iconoclaste prend la forme d'un long poème biblique. Nietzsche s'adresse à nous tel un prophète, s'inspirant probablement des nombreux textes religieux, Bible ou Evangiles, qui ont nécessairement accompagné sa formation intellectuelle. Les sentences et les assertions y foisonnent, en contradiction avec le rejet, pourtant très net, de Nietzsche de tout dogme imposé aux hommes par n'importe quelle religion. Mais cette forme impérative donne à sa pensée toute sa crédibilité. Pour Nietzsche il y a urgence, le surhomme doit advenir pour détruire sans scrupule les anciennes valeurs manichéennes qui n'ont aucun fondement rationnel, car celles dites mauvaises se révèlent bonnes et inversement. Par exemple l'amour du prochain, un acte purement égoïste et méprisable qui sert à recevoir l'estime des autres ; ou bien les fabulations de la justice qui pense punir une exception dans un criminel, alors qu'il n'est que l'arbre qui cache la forêt, dissimulant les pires passions mortelles d'une société tout entière. Ainsi parla Zarathoustra !
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Alcapone, le 29 avril 2012

    Alcapone
    Zarathoustra, ce poète-prophète subversif dont les aphorismes et le lyrisme peuvent parfois agacer, serait-il celui qui a bouleversé la pensée occidentale ? Les thèmes de l'éternel retour, du surhomme et de La volonté de puissance, chers au philosophe allemand sont réunis dans ce texte. Ces trois concepts inventés par Nietzsche s'articulent dans une réflexion si novatrice, qu'elle a donné lieu à des interprétations des plus nombreuses et diverses. Personnellement, j'ai retrouvé dans ce texte beaucoup d'inspiration de la spiritualité orientale (notamment en ce qui concerne le personnage de Zarathoustra). Malheureusement, je ne maîtrise pas assez la philosophie pour opposer quelque point de vue objectif au célèbre philosophe et mon avis ne portera uniquement que sur le ressenti...
    Pour tout avouer, il m'est bien difficile de présenter ici un compte-rendu construit et juste de cette lecture. Cet ouvrage dont j'ai tant entendu parler, m'a semblé bien opaque et ce, malgré une écriture simple et imagée. Je n'ai pas accroché du tout et je me demande si c'est lié à mon ignorance pour ce qui touche à la philosophie ou si c'est l'oeuvre en elle-même qui m'a posé problème. Etrangement, je me suis intéressée à Nietzsche non par le biais de ses écrits et donc de sa philosophie mais par l'intermédiaire de livres qui ont traité le personnage. Ainsi, le Nietzsche de Stefan Zweig et celui de Irvin Yalom dans Et Nietzsche a pleuré m'avaient-ils convaincue de découvrir la pensée du philosophe. J'avais lu il y a maintenant quelques temps, La généalogie de la morale et Par delà le bien et le mal mais ces ouvrages ne m'avaient pas du tout marquée de la même façon. Si j'ai pu retrouver l'essence du personnage à travers Zarathoustra, il me manque toujours des clés de compréhension de la pensée nietzschéenne. Les recherches que j'ai pu faire sur le sujet, ne m'ont pas vraiment permis de mieux comprendre la pensée nietzschéenne et si j'en devine quelques contours grossiers, je ne saurai émettre un avis très pertinent. Au regard de ces remarques, il est bien abstrait pour la néophyte que je suis, de démêler ce qui relève de l'interprétation de ce qui a fait la pensée de l'homme. La seule chose que je peux affirmer, c'est que j'ai trouvé le style parfaitement ennuyeux : ni la poésie, ni l'utilisation des aphorismes, ni le langage simple employé par Nietzsche ne m'ont facilité la compréhension de sa pensée. Et je sais pourtant que mon attrait pour l'homme est le signe d'un talent immense que je n'ai malheureusement pas réussi à saisir. Tout concourt donc à me faire penser qu'il faudra que je me repenche sur cette lecture...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.fr/2012/04/ainsi-parlait..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 13 avril 2011

    zohar
    La conception Nietzschéenne de la « volonté de puissance » (abordé dans le deuxième livre) auquel le « surhomme » (abordé dans le prologue et le premier livre), que Nietzsche appelle de ses vœux, ne pouvait que souscrire, sous-tend ces distinctions pour le moins problématiques dont il était facile, ou tentant d'abuser, en dehors de leur contexte.
    Mais lorsque Nietzsche considère comme mortes les valeurs du christianisme qui déterminent essentiellement celles de l'Occident, y compris naturellement au-delà de la religiosité, il s'agit moins d'une simple assertion sur un phénomène achevé que sur un processus de disparition en cours conduisant (nécessairement) à « l'irruption du nihilisme européen » (abordé dans la dernière partie du livre).
    Ce dernier peut, tout à fait, revêtir une forme édulcorée, nous dit Nietzsche, qui ne fera que renfermer le désespoir éprouvé et ressenti au regard de la néantisation des vérités et des valeurs morales.
    Mais il pourra tout autant se dépasser lui-même et revêtir une forme plus affirmée comme stade intermédiaire nécessaire pour provoquer un « renversement de toutes les valeurs ». Ainsi, seuls les quelques rares surhommes en seront capables !
    Nietzsche évoque, également, dans son Zarathoustra la notion de « l'Eternel Retour » (abordé dans le troisième livre).
    C'est là une véritable pierre de touche pour le surhomme qui est assurément davantage une forme littéraire de provocation que la description d'individus susceptibles d'exister concrètement.
    Par des allusions poétiques, des réflexions sur l'expérience du temps, et par sa conception de l'être, Nietzsche nous parle de cette notion, en disant que tout est voué à se répéter, d'une part, et ce, sans qu'aucun changement n'intervienne en bien ou en mal, d'autre part.
    Ainsi les nihilistes faibles s'effondreront à la vue de l'absurdité de l'éternel retour ; et les nihilistes forts, « appelleront (…) insatiablement non seulement à eux-mêmes, mais aussi à la pièce de théâtre ou au drame comme art total ».
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 28 décembre 2011

    Pingouin
    Je savais, en entamant la lecture de ce livre, que je n'en sortirais pas indemne, mais je n'imaginais pas une seconde avoir raison à ce point. Il s'agit là certainement de la plus grosse claque littéraire ET philosophique que je n'ai jamais pris, comme un énorme coup de vent qui m'aurait fouetté la joue, celle-ci risque de rester rouge un bon bout de temps.
    C'est simple, il s'agit là pour moi de l'un des plus grand chef d'œuvre de l'histoire de l'humanité, un tel lyrisme, une telle force d'évocation, couplé à de telles idées et concepts philosophiques, les premiers facilitant incroyablement l'assimilation des seconds, c'est proprement hallucinant et plus je lisais, plus je me demandais si je ne rêvais pas face à ces mots qui me secouaient comme sur une mer trop agitée.
    Je savais que j'allai lire de la grande philosophie, mais je ne pensais pas découvrir une telle poésie, je pense avoir embrassé une partie de l'état d'esprit de ce livre en souhaitant, entre autres, l'éternel retour de la lecture de celui-ci ! J'avais d'ors et déjà classé ce livre dans la liste de ceux qu'il me faudra relire avant même d'en commencer la lecture, cette idée n'est que davantage présente dans mon esprit après avoir achevé cette première découverte.
    C'est une première critique que j'en fais, mais cet ouvrage est tellement dense, tellement puissant, que je pense qu'il m'est impossible de correctement réussir celle-ci du premier coup.
    Jetez-vous sur ce chef d'œuvre dès que possible, et même si la philosophie de nous intéresse pas, même si vous vous pensez incapable de jongler entre les différents sens que Nietzsche donne à son discours, lisez donc ce livre, ne serait-ce que pour son incroyable force évocatrice et sa poésie.

    Juste phénoménal.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 06 avril 2012

    vincentf
    Que retenir du rire de Zarathoustra? Que faire de son renversement des valeurs? Dieu, assure-t-il, est mort, assassiné par la pitié. L'esprit de pesanteur, la haine du corps, la quête d'un dieu ailleurs que sur terre, le regard vers l'arrière, la vengeance, l'amour du prochain avant soi-même, tout cela est battu en brèche par la folie d'un sage, qui ne peut croire qu'en un dieu qui danse, et qui appelle la venue de quelqu'un qui dépasse l'insondable médiocrité des hommes, ce surhomme à créer comme sont à créer de nouvelles valeurs. La radicalité de Nietzsche enthousiasme et effraie. Il se devine antéchrist humain, n'admet qu'un dépassement total de tous les fondements de la morale et crie dans le désert. le rire de Zarathoustra est le rire du diable. le surhomme ne viendra sans doute jamais. Ainsi soit-il.
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Citations et extraits

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  • Par sabina, le 21 mai 2012

    Pourquoi t'effraies tu ? Il en est de l'homme comme de l'arbre. Plus il veut s'élever vers les hauteurs et la clarté, plus forcement ses racines s'enfoncent dans la terre, dans les ténèbres et dans les profondeurs, dans le mal ?
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  • Par sabina, le 21 mai 2012

    Je vous le dis : il faut encore porter en soi le chaos, pour être capable d'enfanter une étoile dansante.
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  • Par sabina, le 21 mai 2012

    C'est son propre monde que cherche celui qui est perdu au monde.
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  • Par Storm, le 03 juillet 2009

    Voici ! Je vous montre le dernier homme.
    « Amour ? Création ? Désir ? Étoile ? Qu’est cela ? » — Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil.
    La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps.
    « Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.
    Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur.
    Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !
    Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.
    On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point.
    On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.
    Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux : qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.
    « Autrefois tout le monde était fou, » — disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil.
    On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé : c’est ainsi que l’on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt — car on ne veut pas se gâter l’estomac.
    On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.
    « Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.
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    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Luniver, le 01 septembre 2011

    Tu te dis libre ? je veux entendre ta pensée maîtresse et non pas apprendre que tu t'es délivré d'un joug.
    Es-tu l'un de ceux qui eurent le droit d'échapper à un joug ? Il en est qui ont perdu leur dernière valeur en rejetant leur état de servitude.
    Libre de quoi ? Qu'importe à Zarathoustra ? Mais que ton œil clair m'annonce : libre pour quoi ?
    Peux-tu te donner à toi-même ton bien et ton mal et suspendre ta volonté au-dessus de toi comme une loi ? Peux-tu être ton propre juge et le vengeur de ta loi ?
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L'autre Nietzsche - 2/3 - Conférence le Monde en partenariat avec la Fnac
A l'occasion de la sortie du hors-série du Monde consacré à Friedrich Nietzsche, le Monde, en partenariat avec la Fnac, a organisé une rencontre autour du philosophe, philologue et poète allemand, le temps d'un échange privilégié avec les invités. En présence de Philippe Sollers, écrivain, Clément Rosset, philosophe et Dorian Astor, auteur d'une biographie sur Nietzsche. Rencontre animée par Frédéric Joignot, journaliste au Monde. Enregistré le 27 juin 2011 à l'Auditorium le Monde.











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