Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Cornélius Heim (Autre)
> Mazzino Montinari (Éditeur scientifique)
> Giorgio Colli (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070324303
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 130 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est d'abord à une radicale remise en question de la vérité que procède Nietzsche (1844-1900) dans Par-delà le bien et le mal (1886). Ce texte dune écriture étincelante, férocement critique, met en effet au jour, comme un problème majeur jusque-là occulté, inaperçu, ce... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (10)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Moosbrugger, le 08 mai 2013

    Moosbrugger
    (Traduction de Patrick Wotling). Lu pour la première fois il y a 2 ans.
    Ce livre est avant tout infiniment riche et exigeant.
    Le dernier ouvrage de la série Le gai savoir - Ainsi parlait zarathoustra - Par-delà le bien et le mal, est, de l'avis même de son auteur, un commentaire de Zarathoustra, qui choisi de dire ici le « non » là ou le précédent livre disait le « oui », et qui dresse un premier bilan de la recherche à laquelle il s'était jusqu' alors appliqué dans ses premières œuvres.
    Aph. 185 « Il ne m'est pas sympathique. » – Pourquoi ? –« Je ne suis pas à sa hauteur. » Un homme a-t-il jamais fait cette réponse ?
    Nietzsche adopte ici un ton radical et explicite sa philosophie sous une forme extrêmement claire, qui contraste avec la prose fantaisiste de Zarathoustra. Les grands thèmes de sa philosophie y sont exposés : le refus d'une hiérarchie simpliste entre bien et mal, de la vérité philosophique vide de sens, auxquelles il tentera de substituer des valeurs nouvelles, adoptant comme présupposé que toute chose doit être considérée en fonction de la « volonté », c'est à dire en fonction de l'intention dissimulée de celui qui agit, qu'il ne désire pas s'avouer à lui-même en toute mauvaise foi.
    On insistera donc ici plutôt sur la valeur de l'erreur (pour autant que celle-ci procède du moi profond) que sur la recherche de la vérité, sur l'étude de l'histoire naturelle de la morale plutôt que sur la recherche de ses fondements. La philosophie, la religion, la compassion et la pitié, l'égalité (et par là, la démocratie et le socialisme), l'utilitarisme, le nationalisme, une certaine catégorie d'art…autant de cibles pour Nietzsche qui ne manquera pas de rappeler pour chacune d'elles le manque de probité de ceux qui en sont les partisans, la mauvaise foi et la superficialité caractéristiques qui hantent les idéaux de tous bords. Face à cela, il appellera de ses vœux l'émergence de « sur-hommes », une aristocratie refusant l'hypocrisie de la morale, cultivant la probité et la distance avec les autres hommes dans des conflits permanents.
    On trouvera également les indissociables rengaines sur les « castes » humaines, l' « élevage » de différents grands types d'esprits humains, le désir d'esclavage, les femmes considérées comme des bêtes sauvages et dissimulatrices… points de vue que l'on ne pourra pas séparer de sa philosophie, et qui encourent toujours le risque d'être soumis soit à de mauvaises interprétations, soit à des utilisations douteuses.
    Aph. 40 « […] Tout esprit profond a besoin d'un masque : plus encore, un masque pousse continuellement autour de tout esprit profond, du fait de l'interprétation constamment fausse, à savoir plate de toute parole, de tout pas, de tout signe de vie émanant de lui.»
    Dans la profondeur de sa pensée, nous retrouverons, ravis, le « masque », indispensable à tout esprit noble, les puits profonds, l'opposition de la règle et de l'exception, toute une théorie de la dissimulation dans le commerce des hommes qui fait le charme particulier de cette philosophie.
    Il faut une fois de plus souligner la qualité de l'écriture, qui est très agréable comme dans Le gai savoir, et la clarté des aphorismes. N'hésitez pas à vous lancer dans la lecture de ce philosophe, Il n'y a pas de difficulté majeure à entrer dans sa pensée, et vous pourrez constater qu'il ne fait pas vraiment partie de ceux qui usent de gants et manient la langue de bois pour fustiger l'hypocrisie des intellectuels, les institutions vides de sens, le laisser-aller et les démagogies de tous horizons… ! Attention toutefois : il ne faudra pas entamer sa découverte par cet ouvrage, mais débuter bien plutôt par Le gai savoir ou une de ses premières œuvres, plus introductives. de plus, il faudra être patient, c'est évidement toujours le cas lorsque l'on aborde un auteur nouveau, mais cela est encore plus vrai pour Nietzsche, pour se glisser dans cette étrange philosophie, d'autant plus que nous avons affaire à un auteur facétieux qui aime parfois à se faire comprendre à demi-mot, et il sera de plus véritablement nécessaire d'effectuer un lent travail sur soi pour véritablement comprendre cette pensée. C'est peut être finalement dans cet effort nécessaire que réside l'intérêt profond de cette lecture, qui permet de faire un pas sur le chemin de la probité intellectuelle.
    Par ailleurs, cette obligation pour le lecteur de devoir s'impliquer personnellement dans cette philosophie pour pouvoir la comprendre fait de Zarathoustra un socle indispensable à la lecture de ce livre, alors que celui-ci apparaît dans le même temps comme un commentaire du premier dans le sens où il explique pleinement à quoi s'oppose la philosophie du prophète.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par mickbu, le 12 avril 2013

    mickbu
    Pour Nietzsche, du point de vue subjectif ou psychologique, la vraie réalité est celle du moi, des volontés, des désirs des pulsions. La décadence c'est le simple fait de souffrir de la réalité. La morale se donne comme une religion, comme l'invention d'une transcendance. La morale est une théologie qui prétend garantir dans l'être ce qui n'est que néant, apparence, illusion, mensonge, tricherie, erreur. Au prolongement de sa « Généalogie de la morale », Nietzsche s'intéresse dans « Par-delà bien et mal » aux détails de la question avant d'émettre une hypothèse. Et tous les détails constituent l'unité d'ensemble qui montre que les valeurs morales et idéales qui gouvernent la conduite des individus, des clivages sociaux, n'ont aucun fondement métaphysique, seulement l'expression d'une réalité sociale qu'on peut expliquer par la psychologie des pulsions.
    Nietzsche interroge la provenance de nos préjugés moraux, de quel mal s'agit-il, quel est cet arbitrage du Bien et du Mal rendu au nom de la Morale. C'est le psychologue avec un grand P, il mène une croisade, et pointe du doigt les travestissements honteux des soupçons moraux, ni plus ni moins qu'une désorganisation du jeu pulsionnel : « Bref les morales ne sont aussi qu'un langage figuré des affects ». Par-delà bien et mal.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          4 13         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Zebra, le 25 août 2012

    Zebra
    Dans ses "Textes sur les Représentations sociales", Nietzsche écrivait : "Pour élever la lecture à la hauteur d'un art, il faut posséder avant tout une faculté qu'on a précisément le mieux oubliée aujourd'hui et c'est pourquoi il s'écoulera encore du temps avant que mes écrits soient "lisibles" -, une faculté qui exigerait presque que l'on ait la nature d'une vache et non point, en tous les cas celle d'un "homme moderne" ; j'entends la faculté de ruminer ...". Je crains que ce soit un processus encore à utiliser si on veut tirer tout le sel de cet ouvrage !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 21 juillet 2009

    chartel
    Dans "Par-delà bien et mal", Nietzsche n'y va pas avec des pincettes. Sa critique du principe démocratique d'égalité l'amène à prendre des positions très radicales qui pourraient heurter certains esprits humanistes. Cette critique serait (il s'agit de mon interprétation) une suite logique des principes chrétiens de pitié et de charité. En effet, pour se préserver du dégoût de la vie et ne pas sombrer dans un pessimisme incurable, les hommes se cachent de la vérité à travers ces principes définis comme bons. On comprend ainsi pourquoi les hommes sont faux et inconstants. L'égalité n'est qu'une illusion, le cache-misère d'un monde qui avance par ce que Nietzsche appelle La volonté de puissance. Il y a des êtres, qu'il appelle « aristocratiques », cherchant à s'épanouir par une oppression sur d'autres êtres, de loin les plus nombreux, cherchant eux à se soumettre à de grands chefs, à des maîtres tout puissants. Joli tableau n'est-il pas ?
    Mais ses aphorismes les plus stimulants sont ceux traitant d'une sorte de relativisme : toute théorie n'étant qu'interprétation, même les lois scientifiques, il n'y a alors aucune vérité durable et immuable. Et comme, de surcroît, nos sens sont trompeurs, ils ne peuvent nous donner les clés d'une vérité souveraine. Et il n'hésite pas aussi à nous mettre en garde sur les vérités qu'il nous enseigne : ce sont ses vérités du moment, elles ne le seront plus une fois couchées sur le papier.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par GuillaumeTM, le 29 mars 2013

    GuillaumeTM
    Chaque livre de Nietzsche contient une myriade de choses à tel point subtiles et profondes qu'à chaque lecture, on y découvre des pensées qui nous avaient échappé ou des interprétations nouvelles. C'est un empire philosophique que l'on peut relire interminablement sans jamais vraiment se lasser.
    Ici, Nietzsche se fait un peu spinoziste, en faisant abstraction du bien et du mal, cette interprétation fallacieuse et dogmatique qu'en fit La morale chrétienne car tout part de l'interprétation comme il le dit si bien dans un de ses fameux aphorismes : "Il n'existe pas de phénomènes moraux, mais seulement une interprétation morale des phénomènes".
    Puis il s'attaque également à une armée de ces philosophes prédécesseurs tels que Kant, Descartes, Platon, Hume, Locke, même Spinoza en prend pour son grade... Ils s'attaque aussi à l'esprit allemand de son époque, à ce pangermanisme stupide qui donnera au XXème siècle ce que l'on sait. D'ailleurs, à ce sujet, il écrit : "Il serait peut-être utile et juste d'expulser du pays (l'Allemagne) les braillards antisémites".
    Il me semble que "Par-delà bien et mal" est probablement le pendant, un peu décousu, certes, de "La généalogie de la morale".
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

> voir toutes (71)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par AlexisChateau9, le 13 mai 2013

    L'amour d'un seul est une barbarie, car il s'exerce aux dépens de tous les autres.

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par mickbu, le 13 mai 2013

    « Il faut être dégénéré pour avoir recours aux solutions radicales »

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par truman, le 07 mai 2013

    Le jugement et la condamnation morales sont un mode vengeance favori chez les intelligences bornées à l'égard des intelligences qui le sont moins, c'est aussi une sorte d'indemnité que s'octroient certaines gens envers qui la nature s'est montrée avare, et c'est enfin une occasion de gagner de l'esprit et de la finesse

    Commenter     J’apprécie          1 2         Page de la citation

  • Par truman, le 07 mai 2013

    Le cynisme est la seul forme sous laquelle les âmes basses frisent ce que l'on appelle la sincérité

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par peloignon, le 18 avril 2013

    Tout ce qui est profond aime le masque; les choses les plus profondes de toutes ont même en haine image et symbole. La contradiction seule ne serait-elle pas le véritable déguisement sous lequel s'avancerait la pudeur d'un dieu?

    Commenter     J’apprécie          0 27         Page de la citation

> voir toutes (24)

Videos de Friedrich Nietzsche

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Friedrich Nietzsche


L'autre Nietzsche - 2/3 - Conférence le Monde en partenariat avec la Fnac
A l'occasion de la sortie du hors-série du Monde consacré à Friedrich Nietzsche, le Monde, en partenariat avec la Fnac, a organisé une rencontre autour du philosophe, philologue et poète allemand, le temps d'un échange privilégié avec les invités. En présence de Philippe Sollers, écrivain, Clément Rosset, philosophe et Dorian Astor, auteur d'une biographie sur Nietzsche. Rencontre animée par Frédéric Joignot, journaliste au Monde. Enregistré le 27 juin 2011 à l'Auditorium le Monde.











Sur Amazon
à partir de :
6,80 € (neuf)
3,50 € (occasion)

   

Faire découvrir Par-delà le bien et le mal par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (406)

> voir plus

Quiz