> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2253111120
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
À Salthill-sur-Hudson, on roule en limousine et on cultive les orchidées. On est beau, on est riche et on vit hors du temps dans un enclos idyllique. Personne ne pouvait imaginer que la mort accidentelle d'Adam Berendt, le sculpteur aimé de la commune, allait faire basc... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 14 avril 2009

    Woland
    Joyce Carol Oates fait partie de ces auteurs prolifiques qui imaginent des intrigues fouillées et des personnages à l'avenant. D'un tempérament de fresquiste, elle ne semble jamais à court pour faire sortir de son cerveau des protagonistes qui, bien que présentant des points communs puisqu'ils naviguent Tous dans le vaste océan de la société américaine, se révèlent toujours aussi différents que pourraient l'être leurs empreintes génétiques. En ce sens, on peut voir en Oates un écrivain populaire, comme Balzac, Hugo, Zola le furent en leur temps et son oeuvre restera certainement comme l'une des plus importantes dans la littérature étatsunienne et mondiale du XXème siècle.
    Même s'il n'appartient pas pour moi aux ouvrages majeurs, "Hudson River" ne contrevient pas à ces règles générales. La romancière y utilise une mort accidentelle - celle d'Adam Berendt, sculpteur atypique qui avait choisi de s'installer dans la banlieue chic de la ville de Salthill, Hudson River - comme un levier destiné à peser sur la vie des principaux amis et relations d'Adam et à y créer une brèche par laquelle, avec les interrogations, va s'introduire le désir de plus en plus impériEux de se remettre en question.
    Ce sont surtout les femmes qui se sentent concernées par la disparition d'Adam. Des femmes qui, presque toutes, avaient rêvé de devenir sa maîtresse mais qui n'avaient jamais été pour lui que des amies. Dans leur ombre, leurs conjoints qui, Eux aussi, vont être gagnés par la volonté d'une existence différente. Tout ce qu'ils découvrent ne pas savoir sur leur ami disparu les poussent toutes et Tous à revoir leur mode d'existence, à Le rêver plus conforme ... A quoi ? A ce qu'Adam aurait voulu pour Eux, pensent certain(e)s. A ce qu'Adam avait réussi à faire de sa propre existence, estiment les autres.
    En filigrane, pour les plus fidèles - et, en ce domaine, ce sera Augusta Cutler qui se révèlera la plus digne - la quête du véritable Adam Berendt.
    Peut-être certains trouveront-ils assez pénibles les premières pages du livre. Tel fut mon cas, je l'avoue sans honte. Puis j'ai compris que ces hachures geignardes et ces phrases tronçonnées, soulignant le battement affolé des pensées de celle qui, la première, apprend la mort d'Adam, Marina Troy, la libraire du coin, pour laquelle il avait fait beaucoup et qui, comme les autres, rêvait de l'avoir pour amant, servent aussi à fixer le caractère du personnage avant qu'il ne parte à la recherche de lui-même.
    Quoi qu'il en soit, "Hudson River" est un roman honorable, construit aussi solidement qu'à l'accoutumée et idéal pour des vacances tranquilles mais il n'est en rien comparable à ces très grandes pointures que sont, chez Oates, "Nous étions les Mulvaney", "Blonde" ou encore "délicieuses pourritures." Qu'on se le dise et on n'encourra aucune déception. ;o)
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Nymphette, le 16 septembre 2010

    Nymphette
    La vision de la société américaine ne sort jamais indemne des romans de J C OATES. Dans Viol, histoire d'amour elle condamnait le règne des préjugés et la violence extrême. Dans Eux, elle nous présentait la misère des « petites gens » et l'indifférence, voire la cruauté, de toute la société à leur égard. Ici, elle décrypte pour nous les belles images de papier glacé des banlieues chic américaines.
    Il en résulte une description bien plus acerbe que ce que donne avoir une série grand public comme Desesperate Housewives. Evidemment, il ne s'agit pas de télévision, donc, nettement moins de meurtres sauvages et de cadavres dans les « dressing » -car oui, les individus fortunés ont des « dressing » et non des placards messieurs, dames !-. En revanche, la peinture des personnages est bien plus nette.
    Suite à la mort d'un artiste habitant leur village, toute une galerie de personnage prend la parole donnant ainsi son avis sur le petit monde de Salthill On Hudson mais aussi sur ces voisins. Et l'on peut s'étonner de voir comment certaines situations apparaissent très différentes dans le regard d'autrui : la femme abandonnée qui semble dépressive aux yEux de ses « amies » trouve en fait une voie nouvelle -certes atypique- d'épanouissement dans l'engagement associatif. Et peu à peu, chaque personnage se révèle à lui-même, au-delà du conformisme et des apparences grâce au traumatisme de la mort de cet homme énigmatique.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par bertrandbdx, le 15 août 2011

    bertrandbdx
    Déçu par un roman qui ne démarre finalement jamais. C'est une série de scenettes dont le point névralgique est un homme mysterieux décédé tragiquement en voulant sauver de la noyade une jeune fille.

    Cet homme contraste fortement avec les habitants aisé de cette ville de banlieue aseptisée. Au point où son silence sur son passé, son absence de concubine, font de lui un confident, un ami, pour bon nombre de résidants.

    Et si tout le monde s'epanche sur ses problèmes, et les femmes voient en lui l'amant idéal malgré son physique, Adam reste un secret même après son décés.

    Sa mort est alors pour chacun un moyen de se remettre en question, de se décourvir en se rememorrant les remarques ou conseils d'Adam.

    Mais si pour certains, sa mort est véritablement un déclencheur pour changer de vie, pour d'autres c'est bien plus la vie quotidienne qui les oblige à se tranformer.

    Bref une série de portraits qui a mon goût ne mérite pas 660 pages. Ce fût fastidieux à lire et en ces temps morose pas forcément le livre à lire à la plage.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 31 août 2011

    Ikebukuro
    Je suis fan de Joyce Carol Oates alors mon avis pourrait être de parti-pris mais Hudson River fait partie de mes livres préférés. Nous retrouvons dans ces pages ce qui fait la force de l'auteur, un style brillant au service d'une critique sociale acérée. Nous découvrons à travers l'histoire, cette "bonne société" qu'elle sait si bien décrypter de sa plume affutée avec ses vices, ses travers, ses failles, son culte de l'apparence et sa peur du qu'en dira-t-on à travers des personnages qui se croisent , s'aiment et se déchirent…
    Encore une réussite à découvrir d'urgence pour tous ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par pyrouette, le 28 décembre 2010

    pyrouette
    Le décès accidentel d'un homme et les conséquences de ce départ sur la vie de ces amis
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 14 avril 2009

    [...] ... - "Frankie Brady était un garçon comme on en voit peu," [dit le proviseur.] On aurait dit qu'il venait de découvrir la lecture, les livres, "la vie de l'esprit", que la plupart des gens ne vivent jamais. Sûrement pas les gens d'ici, en tous cas. Frankie ressemblait à un jeune chien affamé, reconnaissant de la moindre miette qu'on lui donne."

    De la vie privée de Frankie Brady, il n'avait jamais su grand chose, sinon qu'"il avait eu des ennuis dans le Montana. C'est pour ça qu'il a débarqué un jour à Red Lake. Il se sentait coupable de ne pas se battre au Viet-Nam, de ne pouvoir entrer dans aucun corps des forces armées à cause de son oeil. [Adam Berendt était borgne.] Et puis, la façon dont il est parti à déçu certains d'entre nous.

    - Comment est-il parti ?" demanda Augusta.

    - "Il est juste parti, madame. Il dirigeait un dépôt de bois ici, un poste à responsabilité pour un gosse qui avait à peine plus de vingt ans, mais on faisait pression sur lui, une fille peut-être, à moins qu'il n'en ait eu assez de vivre ici, tout simplement. Frankie avait une personnalité chaleureuse, vous savez. Même quand il ne disait pas grand chose, il vous écoutait et vous regardait avec cet oeil unique, en vous donnant l'impression que c'était un moment spécial. Il savait vous rendre heureux, même quand il ne l'était pas lui-même, ce qui arrivait souvent. Alors, quand il parti, les gens l'ont regretté et certains se sont sentis blessés. ... [...]
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  • Par Woland, le 14 avril 2009

    [...] ... "Mais ce dont je me souviens le mieux, [dite Lionel], c'est le "Connais-toi toi même." Socrate, n'est-ce pas ? Et les tragédies grecques. Un homme commet une faute, et il la reconnaît : il se crève les yeux, ou se pend. Pas d'apitoiement sur soi-même, pas d'appel à la justice ni à la clémence. C'était une drôle de justice. Lorsque l'on était coupable, on payait. Et même lorsque l'on n'était pas coupable. Parce que parfois, on ne savait pas vraiment quel était le crime. Et c'est cela, la vie. Quel monde ! Je suis chrétien mais ... bon. "Heureux les doux : ils auront la terre en partage ..." : je me demande ! C'est plutôt une histoire de gagnants et de perdants, non ? Des gens qui se transforment en oiseaux, ou en arbres, en rivières ; une femme transformée en cygne et violée par un ... taureau ? Ou le contraire ? Un dieu en fait. Le taureau, je veux dire. Et parfois, les dieux étaient invisibles. C'étaient des espèces de paraboles, je suppose ? Ce n'était pas chrétien, en tous cas. Ce chasseur que ses propres chiens déchiquettent parce qu'il a vu une déesse se baigner nue dans les bois. Il l'a vue par hasard, en quoi est-ce sa faute ? Mais il est tout de même puni, il est transformé en ... quoi ? J'ai oublié.

    - En cerf.

    - En cerf."

    Lionel rumina ce fait. Il avait la langue un peu pâteuse mais la voix ferme. "L'animal qu'il chassait, il le devient, et il est tué et il y a une justice bizarre là-dedans, non ?"

    C'est ainsi que lui et Adam Berendt parlèrent. Que Lionel parla. Aux premières heures de cette nouvelle année, il était saisi d'une nostalgie qu'il avait refoulée jusqu'alors - la nostalgie d'une jeunesse perdue qu'il n'avait en fait jamais vraiment vécue. Cela, il le confierait presque ! ... à Adam Berendt ! Mon ami. Adam est mon ami. ... [...]
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