ISBN : 2842917413
Éditeur : Breal (2001)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
0n peut philosopher en charentaises, tranquille; sans mettre en jeu le monde comme il va ; on peut aussi user de la philosophie comme de la dynamite - en nietzschéen. C'est ce que propose Michel Onfray dans cet Antimanuel qui interroge philosophiquement le monde réel à ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 27 novembre 2010

    Walktapus
    Faut-il commencer l'année en brûlant votre professeur de philosophie ?
    C'est par cette question que commence cet anti-manuel. Chacun des vingt-sept chapitres est introduit par une question vivante et provocante, souvent proche de la vie d'un adolescent : "Pourquoi votre lycée est-il construit comme une prison ?" " Que dites-vous en gravant No future sur vos tables ?" etc.
    En quatre ou cinq pages, l'auteur développe ensuite la problématique introduite, dans un style très vivant, clair et direct, souvent même catégorique et péremptoire. Il a un peu tendance à tuer la chèvre et bouffer le chou. On est d'accord ou pas, mais on est rarement indifférent, et ça oblige à réfléchir. Je suppose que c'est le but. Croyants de toutes sortes, notamment, ce livre risque de ne pas vous plaire, puisqu'il tape sur la religion dès qu'il peut. Tant pis pour vous.
    Ca change de l'approche très neutre et consensuelle qu'avait eue mon prof, justement, mais c'est plus efficace. En tout cas, qu'on soit d'accord ou non, il interpelle, les sujets sont mis en relief avec le monde actuel, le style est direct et vivant. Et à la fin de son exposé, il a introduit sans même le nommer, un des éléments du programme de terminale (et parfois un qui n'est pas dans le programme) : Platon, Kant, Descartes, Freud, ils y passent tous. C'est à l'envers de mon expérience, où le cours de philo ressemblait plus à un cours d'histoire de la philo qu'à autre chose.
    Extrait :
    "Dès votre plus jeune âge, l'école vous prend en charge pour vous socialiser, autant dire pour vous faire renoncer à votre liberté sauvage et vous faire préférer la liberté définie par la loi. le corps et l'âme sont façonnés, fabriqués. On inculque une façons de voir le monde, d'envisager le réel, de penser les choses. On norme. L'écolier du primaire, le collégien, le lycéen, l'étudiant des classes préparatoires subissent l'impératif de rentabilité scolaire : les points à accumuler, les notes à obtenir, au-dessus de la moyenne de préférence, les coefficients qui décident de ce qui est important ou non pour bien vous intégrer, les livrets qui constituent autant de fiches de police associées à vos mouvements administratifs, les copies à rédiger selon un code très précis, la discipline à respecter dans le moindre détail, l'objectif du passage dans la classe supérieure, le théâtre du conseil de classe qui examine l'étendue de votre docilité, la distinction des sections en fonction des besoins du système, l'obtention des diplômes comme autant de sésames, même si, en soi, ils ne servent à rien : tout vise moins pour vous une compétence (sinon pourquoi n'être pas bilingue après sept années d'apprentissage d'une langue étrangère ?) qu'une mesure de votre aptitude à l'obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant, des équipes pédagogiques et de direction."
    Voilà. C'est proche des lycéens, c'est direct, ça donne matière à réfléchir, et mine de rien, il vient d'introduire Foucault (non, pas Jean-Pierre).
    A la fin de chaque chapitre, une sélection de quelques textes courts, souvent contradictoires, qui complètent le sujet et le mettent en lumière. Chaque texte est précédé par une micro biographie de son auteur. On y trouve les philosophes classiques, aux côtés de nombreux contemporains. Avec ça des illustrations choisies avec humour souvent, avec même quelques planches de bédé.
    Pour compléter tout ça, une annexe donne une méthode et des conseils sur l'art de la dissertation.
    Au final ? Une excellente surprise. Ouvrage de vulgarisation qu'on peut conseiller à à peu près tout le monde, tout particulièrement à ceux qui ont gardé un mauvais souvenir de cette fameuse année de philo en terminale (sans parler de ceux qui en ont fait deux). Vous pouvez mettre le Monde de Sophie à la poubelle.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par pbazile, le 16 février 2009

    pbazile
    On peut être rebuté par la philo, et par ailleurs être rebuté par le personnage de Michel Onfray.
    On peut oublier tout ça en abordant ce livre qui ne ressemble pas aux autres.
    Michel Onfray a été prof de philo pendant 20 ans (avant de quitter l'éducation nationale, cas suffisamment rare pour être souligné) et avait c'est sûr ses propres méthodes pour faire le programme.
    Car cet (anti) manuel de philo suit le programme, et j'aurais aimé l'avoir quand je préparais mon bac: les thèmes sont abordés de manière claire, avec des textes d'illustration courts et limpides: tout cela sent le vécu et a été passé à la moulinette d'élèves difficiles (il enseignait en lycée technique). En plus il prend le risque de proposer pour chaque thème une dissertation de réponse à la question de départ: un bel exemple comme j'aurais aimé en avoir à l'époque.
    Un excellent manuel dont la lecture résiste même à la fatigue d'une (rude) randonnée en montagne!!
    Je le sais, c'est moi qui faisais la lecture à des amis qui en redemandaient!
    Et un bon manuel de philosophie sera aussi utile sur une île déserte qu'en montagne: il rentre dans mon top 5.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par polux44, le 26 juin 2011

    polux44
    Si vous n'avez jamais rien lu de Michel Onfray, je vous conseille de démarrer par cet "Antimanuel de philosophie", très accessible avec un style vivant et dynamique, ce livre fait réfléchir. Bien sûr le parti pris est plutôt libertaire, mais qu'importe les idées développées dans ce livre sont parfois de véritables petites bouffées d'oxygéne. Ce livre est une pépite à mettre entre toutes es mains de 7 à 77 ans !
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    • Livres 3.00/5
    Par DamienR, le 10 octobre 2011

    DamienR
    Une approche de certains concepts de la philosophie dans le but que cette dernière soit compréhensible par des élèves de terminale. On peut le lire aussi par intérêt personnel, bien sûr. On peut regretter la manière un peu provocatrice de poser les questions, car si les élèves fonctionnent souvent comme ça, ils sont tout de même intelligents. Je dirais que le succès de ce livre est fondé sur cette provocation.
    Dans la mesure où il est délibérément destiné aux jeunes (lycéens, étudiants), pourquoi pas, mais les lecteurs adultes se lasseront du procédé.
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 27 novembre 2010

    Dès votre plus jeune âge, l'école vous prend en charge pour vous socialiser, autant dire pour vous faire renoncer à votre liberté sauvage et vous faire préférer la liberté définie par la loi. Le corps et l'âme sont façonnés, fabriqués. On inculque une façons de voir le monde, d'envisager le réel, de penser les choses. On norme. L'écolier du primaire, le collégien, le lycéen, l'étudiant des classes préparatoires subissent l'impératif de rentabilité scolaire : les points à accumuler, les notes à obtenir, au-dessus de la moyenne de préférence, les coefficients qui décident de ce qui est important ou non pour bien vous intégrer, les livrets qui constituent autant de fiches de police associées à vos mouvements administratifs, les copies à rédiger selon un code très précis, la discipline à respecter dans le moindre détail, l'objectif du passage dans la classe supérieure, le théâtre du conseil de classe qui examine l'étendue de votre docilité, la distinction des sections en fonction des besoins du système, l'obtention des diplômes comme autant de sésames, même si, en soi, ils ne servent à rien : tout vise moins pour vous une compétence (sinon pourquoi n'être pas bilingue après sept années d'apprentissage d'une langue étrangère ?) qu'une mesure de votre aptitude à l'obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant, des équipes pédagogiques et de direction.
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  • Par sentinelle, le 27 mars 2010

    Généralement, un individu dispose d'une liberté minimale et subit des contraintes maximales. Certains sont puissamment déterminés par leur milieu, leur époque, leurs gènes, et leur liberté est égale à zéro (ainsi un autiste, un trisomique, un enfant du tiers monde ou du quart monde) ; d'autres, plus chanceux, car ils n'ont pas davantage choisi leur état, voient leur part de liberté plus grande parce que les déterminismes auxquels ils ont eu à faire face, ou auxquels ils font face, pèsent moins lourd. Dans tous les cas, on constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus — totalement inexistante chez certains, importante pour d'autres. Mais à chaque fois, pour l'essentiel (les grandes lignes et les grandes directions d'un caractère ou d'un tempérament), on est choisi par plus fort que soi, on obéit. La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.
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  • Par sentinelle, le 31 mars 2010

    Peut-on recourir à la violence ?
    Parfois, quand tout a été tenté, tout, vraiment tout, et qu'on risque sa peau, sa santé mentale ou physique à subir un individu décidé à vous nuire, on ne peut l'éviter. Faire un principe absolu de la non-violence, c'est donner raison a priori à l'adversaire prêt à utiliser tous les moyens. Si le monde était idéal, on n'aurait pas besoin d'en venir à ces extrémités, bien évidemment, mais il ne l'est pas et, en termes de salut personnel, la violence peut réaliser ce que la sécurité publique, la morale, la santé mentale ne parviennent pas à obtenir malgré leurs efforts séparés ou conjugués. Elle est un mal nécessaire, s'en priver revient à déclarer vainqueur l'individu convaincu de ne pas y renoncer — et ce spécimen ne disparaîtra pas, malheureusement...
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  • Par sentinelle, le 31 mars 2010

    Partout où régnent des textes de loi, des règles du jeu, des règlements intérieurs, et dès qu'en vertu du droit naturel une loi vous semble moins procéder de l'équité que de l'arbitraire, vous avez légitimement le pouvoir, et moralement le devoir, de ne pas obéir, d'objecter selon votre conscience, de refuser d'apporter votre concours à l'exercice d'un
    commandement qui heurte votre conception de la justice ou votre vision de la dignité ou de l'humanité. Là où la morale disparaît, la loi ne peut contraindre, elle ne le doit pas. Si elle y réussit, c'est en partie avec votre assentiment et à cause de votre passivité ou de votre collaboration. La loi et le droit existent pour les hommes, pas le contraire.
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