ISBN : 2234063922
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
« Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s'en vont poussés par un rêve. Bien des historiens ont déjà commenté et commenteront la Découverte de Christophe et disputeront de ses conséquences.
Étant son frère, celui qui, seul, le connaît depuis le début de s... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (13)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par jtriaud, le 04 mai 2011

    jtriaud
    Christophe Colomb : un nom qui évoque la Découverte des Amériques, mais aussi l'obstination d'un marin qui n'eut de cesse de pursuivre son rève. C'est à travers la relation de Bartolomé Colomb, l'un de ses frères, que nous avons accès à ce personnage historique ou plutôt à la genèse de l'"entreprise des Indes".
    Ce roman est aussi une ode à la Lisbonne tolérante des années 1470-1485, qui accueille maintes communautés différentes en toute tolérance. On entre dans le quotidien des femmes de marin, rompues à l'attente de leurs maris, on suit les progrès de la cartographie. Enfin, on sent la ville respirer, aimer et copuler à l'infini.
    Retour à l'histoire : ébranlé par la question d'un prètre, Montesinos, qui se demande pourquoi tant de crimes ont été engendrés par la Découverte des Amériques, Bartolomé Colomb entend répondre par sa vision de la vie de Christophe Colomb. Cette relation est enregistrée par frère Jérôme et devant Las Casas, dominicain célèbre pour avoir écrit une Histoire de la découverte des Indes et pour avoir dénoncé les meurtres d'Indiens.
    Bartolomé apparaît toujours dans l'ombre de son grand frère et sous son influence. Ridiculisé par les mathématiciens du roi Jean II du Portugal, Christophe Colomb n'en a cure. Il poursuit son Idée. Ce récit est aussi celui de l'occasion manquée par les Portugais de devenir les premiers à découvrir l'Amérique.
    Bartolomé, gouverneur d'Hispaniola, se repent de n'avoir pas su éviter les meurtres d'Indiens et propose sa réponse à Montesinos : la violence était présente dès la genèse de l'"Entreprise des Indes" . Pour preuve : le 3 août 1492 est la date de départ des caravelles de Christophe Colomb, mais c'est le jour où expire l'ultimatum fait aux Juifs pour quitter l'Espagne. Funeste date...

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 novembre 2011

    brigittelascombe
    Erik Orsenna, essayiste et écrivain "de l'Académie française", grâce auquel j'ai découvert une Afrique haute en couleurs à travers le portrait non moins pittoresque de Madame Ba, m'a permis sinon de découvrir les Indes, mais les tenants et aboutissants de La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb "l'ainé qui rêvait" contés par son cadet Bartolomé Colomb, cartographe de profession.
    Une approche donc originale, car le rêve du navigateur "à la flamboyante tignasse" s'est élaboré sur un papier.
    "Qu'est-ce qu'une carte? Un morceau résumé et paficié de la Terre".
    Paix? Sur carte, oui!
    Ce pan d'histoire romancé débute en 1511 sur l'île d'Hispanolia (actuelle Haïti). Christophe Colomb est mort depuis déjà cinq ans. Bartolomé Colomb (un temps gouverneur de l'île)assis entre le Vice-roi Diégo, son neveu et sa femme Marie de Tolède, le prêtre fait un sermon pour dénoncer le cruel génocide des Indiens.
    "Les bâteaux s'en vont poussés par un rêve".
    Bartolomé revient en arrière pour raconter ce jour de 1473 où à Lisbonne, Christophe Colomb a poussé la porte de l'atelier de Maître Andréa (dans lequel Bartolomé calligraphiait) et celle par la même occasion d'un continent jusqu'alors inconnu, dont les Indiens n'étaient pas des Indiens sur une terre plus ronde que plate.
    Des portraits forts, des anecdotes,une relation fraternelle entre tendresse,admiration et ressentiments évoquée par celui qui s'est fait "dévorer" par la fièvre d'un marin obstiné, les trois caravelles et leurs traversées et l'évocation de la fin du XV° siècle entre Gênes ville de naissance, Séville, Lisbonne et Valladolid où Christophe est mort.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 19 juillet 2011

    Bigmammy
    L'auteur nous donne chaque année ou presque un nouveau roman, et présente ainsi son dernier livre :
    "J'ai voulu m'attacher à cette période peu connue de l'histoire de la curiosité humaine. Ce moment où naît une nouvelle liberté en même temps que se développe l'Inquisition et que les Juifs sont chassés. Ces années où se conçoit peu à peu l'unité de la planète, préalable à la première mondialisation, qui ne va plus tarder.
    Pour ce faire, j'ai osé donner la parole au jeune frère, Bartolomé. C'est lui qui parle, c'est lui qui raconte : il est complice, et premier témoin de l'Entreprise depuis ses tout débuts. C'est aussi lui qui s'interroge : pourquoi, et comment, cette belle passion de la Découverte s'est-elle changée en génocide des Indiens ? À quoi sert de découvrir si l'on tue ce et ceux que l'on découvre ? »
    Curieusement, cette histoire répond aussi au roman de Catherine Clément "Dix mille guitares" et on y voit aussi, furtivement, passer un rhinocéros. Comment ne pas penser à l'extraordinaire accélération de la connaissance qui saisit les hommes de la Renaissance en ces temps de grandes découvertes...Tout comme nous aujourd'hui devant les prouesses technologiques d'un téléphone portable ou de la recherche médicale ? Mais Orsenna, économiste spécialiste des négociations bilatérales et des circuits des matières premières, est aussi un philosophe. Il met donc en parallèle les progrès inouïs de la connaissance humaine et, dans le même temps, la permanence de la cruauté et du mépris pour ceux qui ne sont pas admis en tant qu'êtres humains.
    Nous voici donc dans l'intimité des deux frères Colomb, génois arrivés à Lisbonne, Bartolomé raconte comment il devient cartographe, et comment il vit pour et par son frère aîné, le navigateur. Puissance des livres, recueil de toutes les informations dès l'accostage de chaque bateau, pour affiner les plus infimes détails des cartes, des portulans, des atlas. L'obsession de Christophe, c'est la largeur de l'Asie et par déduction, le nombre de miles qui la séparent de Lisbonne, en partant à l'ouest. C'est donc d'abord dans les livres qu'il étudie la faisabilité de son Entreprise, des livres qu'il annote sans trêve :"Pour bien lire, j'ai besoin d'écrire. L'écriture est le guide, le garde-fou des pensées déclenchées par la lecture. Sans guide, sans garde-fou, les pensées, je les connais, elles s'en vont n'importe où et ne reviennent jamais."
    Mais ce livre-là est aussi une réflexion sur le vieillissement, la fin de la vie, la tristesse et la vanité de l'intolérance, l'âpreté de l'âme humaine. Avec humour et légèreté, un style éblouissant de clarté, des images superbes.....qui vous transportent au delà de l'Océan, dans la touffeur d'Hispaniola, aux Indes que sont les Amériques...
    Comme dit Erik Orsenna (p.218) : "pour accroître l'intelligence chez les hommes, les livres valaient bien les bateaux, et la lecture, le voyage."

    Lien : http://www.bigmammy.fr
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par ivredelivres, le 15 août 2010

    ivredelivres
    J'ai entamé ce livre avec plaisir mais celui-ci s'est émoussé au fil des pages. Dommage.
    Ni biographie, ni roman historique, ce récit à la première personne est conduit par Bartolomé Colomb, le frère, celui qui n'a pas été du premier voyage et qui finit ses jours sur l'île d'Hispañola.
    Il va raconter les quelques huit années où les frères vivent à Lisbonne et tentent d'asseoir leurs connaissances en cartographie et mathématiques pour convaincre le roi du Portugal de financer leur voyage vers les Indes. Bartolomé a participé à l'Entreprise, le nom que Christophe Colomb donne à son projet, mais lui n'est pas un aventurier, c'est un homme d'études " Quelqu'un qui s'arrange pour vivre à l'écart de la vie et de ses horreurs.”
    Son récit dresse une fresque de l'Europe de l'époque, de ce Portugal qui veut se hisser au rang des grandes nations et cette Espagne aux prises avec : les arabes, l'expulsion des juifs et l'Inquisition.
    J'ai aimé les descriptions du travail de cartographe, les fausses cartes dessinées pour tromper l'adversaire, la fièvre qui s'empare des savants qui doivent nommer les plantes et animaux rapporter par les caravelles de retour d'Afrique, les aventures de Bartolomé ( réelles ?) pour rapporter à Lisbonne le fameux Devisement du monde devenu un livre imprimé
    Pourtant je me suis lassée assez vite, ni livre d'historien, ni vrai roman, on voudrait s'attacher aux personnages mais hélas cela manque de souffle, l'accumulation d'anecdotes ne fait par un roman même lorsqu'elles sont bien racontées.
    Commencé par cette interrogation " Pourquoi cette curiosité, pourquoi cette fièvre des découvertes se sont-elles soudain muées en la plus terrible des cruautés ?" Orsenna ne revient sur le sujet qu'en quelques lignes en toute fin du livre.
    Un mérite pourtant, celui de faire connaître le sermon prononcé par le frère Antonio de Montesinos qui du haut de sa chaire prend fait et cause pour les indiens et fustige les conquérants bien avant les écrits de Las Casas.
    Sa voix hélas n'a pas été entendue.
    Je ne suis pas au diapason des critiques qui trouvent le livre érudit, poétique, flamboyant... pour ma part je dirai que certains passages sont excellents mais que l'ensemble est confus et que pour moi le compte n'y est pas.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/05/17/l-entrepr..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 26 août 2010

    litolff
    Le propos de l'auteur, à savoir dévoiler la personnalité et le projet de Christophe Colomb à travers le récit de son frère Bartolome, est intéressant et truffé d'anecdotes souvent savoureuses, en particulier la description de Lisbonne au au XVe siècle et des ateliers de cartographie.
    Cependant, je n'ai pas été touchée par l'écriture d'Eric Orsenna et le tout me laisse un gout d'inachevé... la question que posent les dominicains, à savoir, le pourquoi de la violence qui a accompagné la conquête, reste plus ou moins sans réponse ; sinon que Bartolome Colomb conclut finalement que les indiens étaient bien des hommes ...!
    Les circonstances du départ de Christophe Colomb ne sont pas du tout évoquées, j'ai trouvé cela un peu dommage...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Baptiste Harang pour le Magazine Littéraire

    L'entreprise des Indes, qui donne titre au roman et donna jadis une demi-preuve de la rotondité de la Terre, est celle de Christophe Colomb. Mais, lorsque le livre s'ouvre, il n'est déjà plus question d'entr... > lire la suite

    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 13 septembre 2011
    C'est un livre que je conseille vivement. Erik Orsenna est au meilleur de sa forme. Tel un artiste conteur, il séduit autant par le contenu de son récit que par la verve de sa langue.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

> voir toutes (65)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Persepolis, le 29 octobre 2010

    Un jour, comme il annonçait une neuvième ou peut-être dixième naissance, je lui demandai pourquoi il avait à coeur de tant engendrer. Il me répondit que sa raison n'était pas différente de celle qui me faisait aimer les îles. Je le regardai avec des yeux ronds.
    - Les îles forment un gué dans l'espace. Les enfants, un gué dans le temps.
    Et comme je ne devais pas avoir l'air de bien comprendre, il ajouta:
    - En naviguant d'île en île, on traverse la mer et passe d'un continent à l'autre. En égrénant des enfants, on traverse les jours et relie le passé au futur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par PLUMAGILE, le 17 juillet 2010

    *Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes.
    Citation de qualité ? (18 votes positifs)
  • Par joedi, le 31 décembre 2010

    Pourquoi, demanda l'un de nous, l'Asie est-elle placée au-dessus des autres continents ?
    C'est un choix, mes enfants, le choix qu'impose la logique. Tous les géographes de bon sens "orientent" les cartes. L'Asie se trouve à l'Orient, non ? Et Jérusalem ? Qui peut me dire où Dieu a placé Jérusalem ? Au commencement de l'Orient ? Parfait. Vous ne voudriez quand même pas que la Ville sainte soit dominée par une autre partie du monde ?
    Nos applaudissements saluèrent la démonstration. Comment étions-nous restés si longtemps sans deviner qu' "orienter" signifiait placer l'Orient au-dessus de tout?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Persepolis, le 29 octobre 2010

    J'ai une question à poser au dominicain que vous êtes. Les dominicains ne se prétendent-ils pas l'ordre de la Chrétienté le plus préoccupé de logique et de connaissance? Depuis deux millénaires, les Grecs ont deviné, puis démontré que la Terre était ronde. Pourquoi le christianisme a-t-il voulu croire, pourquoi nous a-t-il tous contraints de croire qu'elle était plate? Pourquoi cette haine du savoir chez les prêtres?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 15 août 2010

    Vous êtes tous en état de péché mortel à cause de la cruauté et de la tyrannie dont vous usez à l’égard de ce peuple innocent. Dites-moi en vertu de quel droit et de quelle justice maintenez-vous ces Indiens dans une servitude si cruelle et si horrible? Qui vous a autorisés à faire des guerres aussi détestables à ces peuples qui vivaient si paisiblement dans leur pays, où ils ont péri en quantité infinie
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'entreprise des Indes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (82)

> voir plus

Quiz