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Jean-Pierre Néraudau (Éditeur scientifique)Théophile Baudement (Traducteur)
ISBN : 2070401537
Éditeur : Gallimard (1999)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Des héroïnes souffrent de l'absence de l'homme qu'elles aiment et qui, le plus souvent, les a perfidement abandonnées. Comment peuvent-elles lui dire leurs souffrances? En inventant, pour répondre à cette question, le genre de la lettre amoureuse, à la fois monologue tragique et cantate lyrique, Ovide explore le vertige des héroïnes blessées. Les accents des Lettres d'amour résonnent encore dans les aveux de Phèdre comme dans ceux de la religieuse portugaise, ou dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
michfred
michfred11 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Les Héroïdes d'Ovide ont été si célèbres, si admirées, si imitées -par exemple, les fameuses Lettres de la religieuse portugaise, et même, dans un registre bien moins élégiaque, les Liaisons dangereuses- qu'elles ont donné leur nom à une tradition littéraire: l'héroïde.
Les Héroïdes s'apparentent à deux genres littéraires: le genre épistolaire et la poésie: elles sont écrites en distiques élégiaques.
L'héroïde est donc une lettre d'amour, plaintive- élégie veut dire "plainte" - , adressée à l'être aimé par la créature que celui-ci a abandonnée ou dont il est séparé.
Le plus souvent le scripteur est une femme, et le destinataire, un homme.
Cherchez l'erreur...
Chez Ovide seules les trois dernières "héroïdes" -dont deux, exception notoire, sont à l'initiative d'hommes- reçoivent une réponse de l'amour lointain.
Quelques instants de douceurs dans un monde de brutes...
Il faut découvrir la lettre de Didon à ce faux-cul d'Enée, parti en douce fonder sa ville avec la flotte que la belle reine de Carthage lui a équipée et l'abandonnant au désespoir et au suicide...ou celle de cette malheureuse Médée, la sorcière-virago-monstre-infanticide qui n'est encore rien de cela à ce jgvrghzjzjtzz de Jason...( lui, alors, quel jgvrghzjzjtzz !)
Aujourd'hui, l'héroïde bat de l'aile: elle nourrit les romans à l'eau-de-rose ou les titres de la presse people: "Inconsolable, elle lui écrit : Reviens!" ..
Ou elle fournit la quintessence des sms brutaux d' amoureux éconduits: "Si tu reviens, j'annule tout!" ...
Triste époque...
Il nous manque un Ovide pour relever le niveau de nos modernes héroïdes!
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Elvira
Elvira15 mai 2011
  • Livres 5.00/5
Ce livre est un bijou d'ingéniosité et de lyrisme. Il fera le bonheur des passionnés d'antiquité comme des non spécialistes : le thème est universel et les notes permettent de remettre le personnage dans son contexte. Je dois avouer que ce livre est l'un de mes favoris, d'une part parce que j'aime beaucoup l'antiquité (le livre offre une grande diversité de personnages) et d'autre part parce que ces lettres sont vraiment émouvantes. Il faut également souligner que les lettres ne sont pas toutes écrites par des femmes !
Lien : http://metamorphoses-de-psyche.cowblog.fr
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred11 avril 2016
De Pénélope à Ulysse

Ta Pénélope t'envoie cette lettre, trop tardif Ulysse. Ne me réponds rien, mais viens toi-même. Elle est certainement tombée, cette Troie, odieuse aux filles de la Grèce. Priam et Troie tout entière valent à peine tout ce qu'ils me coûtent. Oh ! Que n'a-t-il été enseveli dans les eaux courroucées, le ravisseur adultère, alors que sa flotte le portait vers Lacédémone ! Je n'aurais pas, sur une couche froide et solitaire, pleuré l'absence d'un époux. Je n'accuserais pas, loin de lui, la lenteur des jours, et, dans ses efforts pour remplir le vide des nuits, ta veuve ne verrait point une toile toujours inachevée pendre à ses mains fatiguées.
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ElviraElvira13 novembre 2011
Ne crois pas que ce soit par corruption de cœur que je romps les liens qui m’enchaînent : nulle faute, je souhaite que tu t’en informes, n’a terni ma renommée. L’amour exerce d’autant plus d’empire qu’on le connaît plus tard : je brûle intérieurement ; je brûle, et une blessure secrète fait saigner mon cœur.
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michfredmichfred11 avril 2016
De Didon à Enée
Il te reste à avoir un autre amour et une autre Didon, et, pour la violer de nouveau, à engager de nouveau ta foi. Quand viendra le jour où tu pourras élever une ville semblable à Carthage, et voir du haut de ta citadelle les peuples soumis à tes lois ?
Que tout te réussisse, que tes vœux ne rencontrent point d'obstacles, où trouveras-tu une épouse qui t'aime comme moi ? Je brûle comme ces torches de cire, enduites de soufre, comme l'encens sacré jeté sur le brasier fumant. Énée est toujours, pendant que je veille, comme attaché à mes yeux. La nuit et le jour retracent sans cesse Énée à mon esprit. C'est un ingrat pourtant, que mes bienfaits ne touchent pas, et que je devrais oublier, si je n'étais insensée, et cependant, bien qu'il songe à me trahir, je ne hais pas Énée, mais je me plains de l'infidèle, et ma plainte me le fait aimer davantage.
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michfredmichfred11 avril 2016
De Médée à Jason

Ô mon père ! que j'ai outragé, réjouis-toi ; réjouissez-vous, Colchos que j'ai abandonnée ; ombre de mon frère, recevez-moi comme victime expiatoire. On m'abandonne, et j'ai perdu mon royaume, ma patrie, mon palais, un époux, qui seul était tout pour moi. Un dragon et des taureaux furieux, je les ai domptés, et je ne puis rien contre un seul homme ! Moi qui, par de savants breuvages, ai repoussé des feux terribles, je ne saurais échapper à ma propre flamme ! Mes enchantements, mes simples, mon art, me laissent sans pouvoir ; et je n'ai rien à espérer de la déesse, rien des mystères sacrés de la puissante Hécate ! Le jour n'a plus d'attraits pour moi ; mes nuits, mes veilles sont amères. Mon âme infortunée ne goûte plus les douceurs du repos. Je ne puis me donner à moi-même le sommeil dont j'ai pu endormir un dragon ; mon art me sert mieux pour les autres que pour moi. Celui dont j'ai protégé la vie, une rivale l'embrasse : c'est elle qui recueille le fruit de mes peines.
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mathilde08mathilde0827 mars 2013
Viens, viens au plus tôt, toi, notre port de salut, notre asile. Tu as, et puisses-tu avoir longtemps, un fils dont la jeunesse doit se former à l'exemple de la sagesse paternelle ! Songe à Laërte, dont il te faudra bientôt fermer les yeux ; il attend avec résignation le jour suprême du destin. Pour moi, jeune à ton départ, quelque prompt que soit ton retour, je te paraîtrai vieille.
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Video de Ovide (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Ovide
Émission "Une Vie, une Œuvre" consacrée à Ovide, diffusée sur France Culture, le 14 février 2008. Invités : Danièle Robert, Christine Montalbetti, Jean-Pierre Lefebvre, Jean-Yves Tilliette, François-Xavier Szymczak.
Dans la catégorie : Poésie italienneVoir plus
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