Très clairement, sans le film de 2005, je n'aurais jamais eu envie de lire ce texte. Je pense en fait que je n'en aurais même pas eu connaissance. C'est par un mélange de « fanitude » et de curiosité que j'ai fini par acquérir cette courte nouvelle (tout juste une cinquantaine de demi-pages), et sitôt reçue, sitôt entamée.
Au final, si je ne peux pas dire que j'ai été déçue par cette lecture, je n'ai pas non plus ressenti de coup de coeur. En fait, j'ai même abandonné mon livre en plein milieu, pour n'y revenir que le lendemain.
Le début m'a paru totalement dénué d'émotion, je n'arrivais pas à me ré-attacher aux personnages. Et c'est vraiment parce que les superbes images du film me revenaient en tête au fil des lignes que je n'ai pas totalement décroché.
Il faut dire aussi que cette langue très orale, au vocaulaire et à la syntaxe malmenés m'a un peu déstabilisée. C'est par moment à vous faire douter de votre maîtrise de l'anglais ! Heureusement, on finit par prendre le coup et alors, un certain rythme pas désagréable du tout s'instaure. Si vous débutez en anglais, ne vous avisez juste pas de vouloir découvrir ce texte en VO, malgré l'attrait de sa brièveté !
Le lendemain, en revanche, lorsque j'ai repris ma lecture, j'étais impatiente de retrouver les personnages, et cette seconde partie m'a beaucoup plus touchée. En fait c'était horrible, par ce que je savais ce qui allait se passer, et il ne restait vraiment pas beaucoup de pages, et j'avançais en ne cessant de me demander quand « cela » allait arriver. Et cela arrive plutôt brusquement, comme dans toute bonne nouvelle qui se respecte. Et bien évidement, j'ai versé une ou deux larmes. Ca n'a pas été l'effusion que provoque chez moi, le film à chaque visionnage mais quand même.
C'est partie est vraiment beaucoup plus touchante que la précédente parce que les ellipses sont habilement choisies et placées et qu'au fil de ses brefs épisodes, on finit quand même par connaitre de mieux en mieux les personnages et s'attacher à eux, que la nature de lur relation se dévoile peu à peu.
Toute la force de cette histoire réside dans sa simplicité et sa brutalité aussi bien présentes dans l'écriture que dans l'intrigue, dans le fait que Ennis et Jack sont deux vrais mâles, pas gays pour deux sous, peu bavards, qui agissent comme leur condition de cow-boy le leur dicte, quitte à devoir faire de gros sacrifices pour cela et pourtant s'aiment d'un amour dévastateur et fulgurant qu'ils ne réalisent pas tout de suite et qu'ils auront bien du mal à exprimer, mais qui résiste à leurs maigres rencontres au fil du temps. Franchement,
Brokeback Mountain c'est tout sauf un drame à l'eau de rose comme le laisse entendre le bout de résumé que j'ai ici coupé tant il est niais et spoilant! Et c'est ce qui rend ce récit si bouleversant.
Bref, si le coup de cœur n'a pas été là, j'ai quand même beaucoup aimé de pouvoir retrouver brièvement Jack et Ennis.
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2012/02/22/proulx-annie-brokeb..