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ISBN : 2070400026
Éditeur : Gallimard (1996)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée. Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    NMTB
    Les Romains de l’antiquité se servaient du terme « fascinus » pour désigner le sexe masculin en érection. Pascal Quignard s’intéresse au fascinus et au regard en biais, effrayé, qui a pu lui être associé dans la peinture, ainsi qu’aux mœurs de l’époque. Il oppose la sexualité grecque, joyeuse et dionysiaque, à la sexualité romaine déjà liée à l’effroi et à la mort. S’il y a eu un changement dans la façon d’aborder la sexualité en Europe, ce n’est pas le christianisme qui en est la cause, mais l’empire romain, l’abandon de la république par le peuple et sa soumission à Octavien Auguste. Le christianisme n’a fait que s’appuyer sur cette servilité pour inventer la pudibonderie et le sentimentalisme.
    Je préfère Pascal Quignard comme essayiste que comme auteur de fiction. Il est toujours passionnant quand il joue les érudits et on sent davantage son amour de la langue. Mais lire ses romans ultérieurs à la lumière de cet essai peut certainement changer le regard sur son œuvre, ou au moins apporter un nouvel éclairage. Il y a un lieu central dans « Le sexe et l’effroi », c’est la Villa des Mystères de Pompéi avec sa grande fresque murale. Il faudrait s’imaginer entrer par l’étroite porte de cette chambre et découvrir ce mystère.
    L’érudition dont il fait preuve est impressionnante et on apprend énormément de choses même si c’est un livre orienté, avec une thèse primordiale. Certaines traductions et analyses étymologiques, sans être fausses, pourraient être remises en cause ou mériteraient un plus grand développement. J’aurais aimé qu’il cite ses sources précisément ou s’explique davantage, mais des notes et une bibliographie complètes auraient au moins duodécuplé le volume. De toute façon il ne cherche pas à étaler sa culture ou à enseigner, et il parle lui-même « d’interprétation » et même de « délire » au sujet de ce livre.
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    • Livres 3.00/5
    Par GabySensei, le 15 janvier 2012

    GabySensei
    L'auteur fait une brève histoire de la sexualité depuis l'empire romain jusqu'à nos jours. Il s'appuie pour cela sur de nombreux tableaux et une érudition impressionnante. Si le propos est très intéressant et fort accessible, je trouve le style un peu en dessous. Mais on se prend quand même à se demander comment aurions-nous vécu notre sexualité dans un monde où la morale judéo-chrétienne n'existerait pas?
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    • Livres 5.00/5
    Par Lismonde, le 07 février 2014

    Lismonde
    Ce n'est pas une critique de ma part de ce livre capital pour la compréhension de certains mécanismes de la société romaine (dont nous sommes très imprégnés) mais la présentation de l'édition "beaux livres" écrite par Pascal Quignard lui-même ( disponible sur le site de Gallimard).
    Vu la qualité des illustrations, je recommande vivement cette édition de préférence à l'édition de poche, importante pour le texte, mais c'est bien de se plonger dans l'iconographie
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    «Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée.
    Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort.
    Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit à ne plus détacher son regard. Il est immobilisé sur place, sans volonté, dans l'effroi.
    Pourquoi, durant tant d'années, ai-je écrit ce livre ? Pour affronter ce mystère : c'est le plaisir qui est puritain.
    La jouissance arrache la vision de ce que le désir n'avait fait que commencer de dévoiler.»
    Pascal Quignard.
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    • Livres 5.00/5
    Par alzaia, le 21 avril 2014

    alzaia
    Ce lien, vers un éclairage très constructif d'Olivier Igrist :
    https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CC4QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.groupe-regional-de-psychanalyse.org%2FFichiers%2520a%2520telecharger%2Fimpair2-sigrist.pdf&ei=6DpVU5WdBISs0QWw5IDQAw&usg=AFQjCNENAEiOu8b95nuxFEF6Pz73_eQvCg
    ...qui, en plus de sa qualité d'analyse de l'oeuvre, vous donnera envie de lire ce titre de Pascal Quignard.

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Citations et extraits

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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    La jouissance menace le désir et il est normal que le désir puisse haïr la jouissance, puisse éprouver une totale aversion à l’encontre de la détumescence (c’est le puritanisme mais c’est aussi l’art). Le désir est le contraire de l’ennui, de l’épuisement, de la satiété, de l’endormissement, du dégoût, de la flaccidité, de l’amorpheia. Tout conte, tout mythe, tout récit vise l’exaltation du désir et porte son combat contre la jouissance. Le roman érotique ou la peinture pornographique (par définition il n’y a pas de roman pornographique ni de peinture érotique) ne cherchent en aucun cas à faire jouir mais à faire désirer : ils cherchent à érotiser le langage ou le visible. Ils cherchent à abréger la période réfractaire. Ils livrent la guerre au taedium.
    Voilà pourquoi le taedium vitae, le dégoût qui suit la jouissance s’attache les arts comme les branches des arbres s’attachent à leur tronc. L’art préfère toujours le désir. L’art est le désir indestructible. Le désir sans jouissance, l’appétit sans dégoût, la vie sans mort.
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    « Ne cherche pas à connaître la figure de ton mari (de forma mariti) », dit Eros à sa jeune épouse. « Si tu le vois, tu ne le verras plus ! (Non videbis si videris !) » Psyché accepte dans l’obéissance (obsequium). Chaque nuit, elle attend son « mari sans nom (maritus ignobilis) ».
    Pavet (elle a peur). Plus qu’aucun malheur, « ce qu’elle redoute est ce qu’elle ignore ». Timet quo ignorat : cette sentence d’Apuleius de Madaura pourrait être écrite sur le pavement de la chambre des Mystères.
    Dans la nuit, Psyché tend la lampe à huile dans le silence pendant que son époux dort sur le lit. Aussitôt elle est consternée (consternata) et muette. Ce monstre est beau. Mais aussitôt Amor, devenu oiseau, s’enfuit.
    Une servante de Vénus, nommée Consuetudino, s’approche de Psyché en criant : « As-tu fini par comprendre que tu as une maîtresse (dominam) ? » Elle l’empoigne par les cheveux et la traîne aux pieds de Vénus (dont le fils a été blessé par la goutte d’huile tombée de la lampe que levait sur son corps Psyché curieuse).
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  • Par mimi574, le 10 avril 2012

    Psychè regarde la beauté insoutenable de l'homme qu'elle étreint dans l'obscurité chaque nuit. Car insoutenable à la vue des femmes est le fascinus. Comme est insoutenable à la capacité des hommes l'érection fascinante. Aussitôt l'éros et la psychè s'éloignent. Aussitôt Eros, devenu oiseau, passe par la fenêtre et se pose sur la branche d'un cyprès.

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  • Par alzaia, le 21 avril 2014

    Les causes viennent après ce qui a pris de court. La raison ne fait que consoler dans le langage le réel d'avoir été le réel et conjurer la suite des jours d'une nouvelle improvisation qui n'est jamais dans les mains du langage.

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