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ISBN : 2070400026
Éditeur : Gallimard (1996)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 66 notes)
Résumé :

Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée. Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort. Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit &#... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
NMTB
NMTB19 décembre 2014
Les Romains de l'antiquité se servaient du terme « fascinus » pour désigner le sexe masculin en érection. Pascal Quignard s'intéresse au fascinus et au regard en biais, effrayé, qui a pu lui être associé dans la peinture, ainsi qu'aux moeurs de l'époque. Il oppose la sexualité grecque, joyeuse et dionysiaque, à la sexualité romaine déjà liée à l'effroi et à la mort. S'il y a eu un changement dans la façon d'aborder la sexualité en Europe, ce n'est pas le christianisme qui en est la cause, mais l'empire romain, l'abandon de la république par le peuple et sa soumission à Octavien Auguste. le christianisme n'a fait que s'appuyer sur cette servilité pour inventer la pudibonderie et le sentimentalisme.
Je préfère Pascal Quignard comme essayiste que comme auteur de fiction. Il est toujours passionnant quand il joue les érudits et on sent davantage son amour de la langue. Mais lire ses romans ultérieurs à la lumière de cet essai peut certainement changer le regard sur son oeuvre, ou au moins apporter un nouvel éclairage. Il y a un lieu central dans « le sexe et l'effroi », c'est la Villa des Mystères de Pompéi avec sa grande fresque murale. Il faudrait s'imaginer entrer par l'étroite porte de cette chambre et découvrir ce mystère.
L'érudition dont il fait preuve est impressionnante et on apprend énormément de choses même si c'est un livre orienté, avec une thèse primordiale. Certaines traductions et analyses étymologiques, sans être fausses, pourraient être remises en cause ou mériteraient un plus grand développement. J'aurais aimé qu'il cite ses sources précisément ou s'explique davantage, mais des notes et une bibliographie complètes auraient au moins duodécuplé le volume. de toute façon il ne cherche pas à étaler sa culture ou à enseigner, et il parle lui-même « d'interprétation » et même de « délire » au sujet de ce livre.
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Lismonde
Lismonde07 février 2014
  • Livres 5.00/5
Ce n'est pas une critique de ma part de ce livre capital pour la compréhension de certains mécanismes de la société romaine (dont nous sommes très imprégnés) mais la présentation de l'édition "beaux livres" écrite par Pascal Quignard lui-même ( disponible sur le site de Gallimard).
Vu la qualité des illustrations, je recommande vivement cette édition de préférence à l'édition de poche, importante pour le texte, mais c'est bien de se plonger dans l'iconographie
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«Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée.
Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort.
Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit à ne plus détacher son regard. Il est immobilisé sur place, sans volonté, dans l'effroi.
Pourquoi, durant tant d'années, ai-je écrit ce livre ? Pour affronter ce mystère : c'est le plaisir qui est puritain.
La jouissance arrache la vision de ce que le désir n'avait fait que commencer de dévoiler.»
Pascal Quignard.
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GabySensei
GabySensei15 janvier 2012
  • Livres 3.00/5
L'auteur fait une brève histoire de la sexualité depuis l'empire romain jusqu'à nos jours. Il s'appuie pour cela sur de nombreux tableaux et une érudition impressionnante. Si le propos est très intéressant et fort accessible, je trouve le style un peu en dessous. Mais on se prend quand même à se demander comment aurions-nous vécu notre sexualité dans un monde où la morale judéo-chrétienne n'existerait pas?
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Rodin_Marcel
Rodin_Marcel04 janvier 2016
  • Livres 2.00/5
Quignard Pascal (né en 1948) – "Le sexe et l'effroi" – Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-040002-6).

Certes, l'auteur ne se cache nullement d'écrire ici un "essai" et non un article scientifique. Il n'empêche que son opuscule déçoit à bien des égards : aucune indication sur le corpus de base ni les critères de choix, sauts fréquents du coq à l'âne, insertion de nombreuses considérations purement subjectives etc.
Le lecteur a rapidement l'impression d'un défilé de propos et de citations ne visant qu'à appuyer une opinion personnelle de l'auteur, opinion fort mal étayée. A de nombreuses reprises, l'auteur s'aventure également sur des terrains qu'il connaît nettement moins bien, comme par exemple – vers la fin de l'ouvrage – lorsqu'il produit quelques allusions lapidaires au christianisme primitif.

Pour récapituler brièvement, Quignard tente de démontrer l'évolution qui se serait produite en matière de sexualité dans l'Antiquité entre la posture "joyeuse" des Grecs, devenant une "mélancolie effrayée" chez les Romains, lesquels auraient ainsi mis en place une vision de la sensualité et de la sexualité que le christianisme ne fit que reprendre... de telles questions méritent des analyses beaucoup plus fouillées, assises sur une méthodologie beaucoup plus rigoureuse, recourant à des connaissances beaucoup plus solides.
Un ouvrage décevant, à réserver aux disciples de cet auteur.
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alzaia
alzaia21 avril 2014
  • Livres 5.00/5
Ce lien, vers un éclairage très constructif d'Olivier Igrist :
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CC4QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.groupe-regional-de-psychanalyse.org%2FFichiers%2520a%2520telecharger%2Fimpair2-sigrist.pdf&ei=6¤££¤9WdBISs5De Pascal Quignard15WdBISs7¤££¤&usg=AFQjCNENAEiOu8b95nuxFEF6Pz73_eQvCg
...qui, en plus de sa qualité d'analyse de l'oeuvre, vous donnera envie de lire ce titre de Pascal Quignard.
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
NMTBNMTB19 décembre 2014
La jouissance menace le désir et il est normal que le désir puisse haïr la jouissance, puisse éprouver une totale aversion à l’encontre de la détumescence (c’est le puritanisme mais c’est aussi l’art). Le désir est le contraire de l’ennui, de l’épuisement, de la satiété, de l’endormissement, du dégoût, de la flaccidité, de l’amorpheia. Tout conte, tout mythe, tout récit vise l’exaltation du désir et porte son combat contre la jouissance. Le roman érotique ou la peinture pornographique (par définition il n’y a pas de roman pornographique ni de peinture érotique) ne cherchent en aucun cas à faire jouir mais à faire désirer : ils cherchent à érotiser le langage ou le visible. Ils cherchent à abréger la période réfractaire. Ils livrent la guerre au taedium.
Voilà pourquoi le taedium vitae, le dégoût qui suit la jouissance s’attache les arts comme les branches des arbres s’attachent à leur tronc. L’art préfère toujours le désir. L’art est le désir indestructible. Le désir sans jouissance, l’appétit sans dégoût, la vie sans mort.
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mimi574mimi57410 avril 2012
Psychè regarde la beauté insoutenable de l'homme qu'elle étreint dans l'obscurité chaque nuit. Car insoutenable à la vue des femmes est le fascinus. Comme est insoutenable à la capacité des hommes l'érection fascinante. Aussitôt l'éros et la psychè s'éloignent. Aussitôt Eros, devenu oiseau, passe par la fenêtre et se pose sur la branche d'un cyprès.
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NMTBNMTB19 décembre 2014
« Ne cherche pas à connaître la figure de ton mari (de forma mariti) », dit Eros à sa jeune épouse. « Si tu le vois, tu ne le verras plus ! (Non videbis si videris !) » Psyché accepte dans l’obéissance (obsequium). Chaque nuit, elle attend son « mari sans nom (maritus ignobilis) ».
Pavet (elle a peur). Plus qu’aucun malheur, « ce qu’elle redoute est ce qu’elle ignore ». Timet quo ignorat : cette sentence d’Apuleius de Madaura pourrait être écrite sur le pavement de la chambre des Mystères.
Dans la nuit, Psyché tend la lampe à huile dans le silence pendant que son époux dort sur le lit. Aussitôt elle est consternée (consternata) et muette. Ce monstre est beau. Mais aussitôt Amor, devenu oiseau, s’enfuit.
Une servante de Vénus, nommée Consuetudino, s’approche de Psyché en criant : « As-tu fini par comprendre que tu as une maîtresse (dominam) ? » Elle l’empoigne par les cheveux et la traîne aux pieds de Vénus (dont le fils a été blessé par la goutte d’huile tombée de la lampe que levait sur son corps Psyché curieuse).
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DuluozDuluoz01 juin 2015
Il n'y-a qu'une expérience - du sentir vivant - c'est le plaisir, parce qu'il unit le corps et l'âme. Le coït qui est la source du corps vivant est la fin du corps vivant dans sa plus extrême santé.
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alzaiaalzaia21 avril 2014
Les causes viennent après ce qui a pris de court. La raison ne fait que consoler dans le langage le réel d'avoir été le réel et conjurer la suite des jours d'une nouvelle improvisation qui n'est jamais dans les mains du langage.
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Videos de Pascal Quignard (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
Dans La Grande Librairie François Busnel reçoit :
Pasqual Quignard pour La Barque silencieuse (Seuil) Erik Orsenna, pour Et si on dansait ? (Stock) Alain Finkielkraut, Un c?ur intelligent (Stcok/Flamarion)
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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