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ISBN : 2070387739
Éditeur : Gallimard (1993)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 585 notes)
Résumé :
« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la b... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
araucaria03 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Quel livre! Quelle merveille! J'ai lu avec grande émotion ce superbe texte, me remémorant le si beau film d'Alain Corneau. Une histoire toute simple en vérité, un Maître de musique, spécialiste de la viole de gambe, vivant en reclus après la mort de sa femme - décès dont il ne se remet pas - avec ses deux filles, et sa passion la musique. Monsieur de Sainte Colombe ayant refusé les honneurs de la cour du roi Louis XIV, ne vit que pour l'art musical, n'existe que par la musique. Amour de la musique qui transpire tout au long du roman, où le lecteur comprend qu'interpréter avec talent de la musique ne fait pas de l'exécutant, si habile soit-il, un musicien. Il faut vibrer avec son instrument, il faut que la musique soit capable de réveiller les morts. Ce roman très court est rédigé de main de maître par Pascal Quignard. Une bien belle oeuvre!
Lien : http://araucaria.20six.fr
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babounette
babounette24 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
Tous les matins du monde, un petit livre de rien du tout (117 pages) mais grand
par son contenu. Monsieur de Sainte Colombe, musicien connu (on ne sait pas très bien si c'est le père ou le fils), violiste, né vers 1640 et mort vers 1700, et le fils né vers 1660 et mort vers 1720 (sources Wikipedia). L'histoire quant à elle débute en 1650, donc cela ne peut être le père car il n'aurait que 10 ans, ni le fils car il n'était pas né! Dans l'histoire, Monsieur de Ste Colombe n'est plus tout jeune. Il vient de perdre sa femme le laissant avec deux petites filles âgées à peine de deux et six ans(.On ne dit pas ici qu'il a eu un fils) Il ne se remet pas de la mort de sa femme et se réfugie dans la musique avec sa viole de gambe.
Il l'enseigne à ses filles et forment ainsi un trio brillant, dont la réputation parvient jusqu'au roi Louis XIV qui lui fait demander de se produire à la Cour. Mais il refuse catégoriquement cette invitation par deux fois, à la fureur du roi et son incompréhension d'un tel refus. Monsieur de Ste Colombe donne des cours de viole et devient durant quelque temps le professeur de Marin Marais, également connu. Mr de Ste colombe vit presque en reclus. Madeleine, fille aînée de Mr de Ste Colombe tombe amoureuse de Marin Marais mais celui-ci la délaisse après quelque temps, elle ne s'en remettra pas et mourra tragiquement. Cette histoire est pleine de poésie, en le lisant, j'avais par moment, le sentiment de me trouver au centre d'une peinture impressionniste.
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Allantvers
Allantvers18 mai 2016
  • Livres 5.00/5
Ce court texte, austère et profond comme le son de la viole, est une pure merveille.
Il est rare que la lecture convoquent aussi puissamment tous mes sens : l'ouïe bien sûr puisque ce roman parle de musique, seule à même d'exprimer l'insondable tristesse des âmes en peine et de dialoguer avec les morts; mais aussi l'odorat, avec la perception du délicat fumet de la brume sur la Bièvre et du bois humide aux abords de la chaumière retirée de Monsieur de Sainte Colombe ; ou encore la sensation du mouvement, celui de l'archet sur le crin ou du pas de Marin Marais crissant dans la neige.
Il est difficile de rester insensible à ce récit initiatique qui verra l'élève Marais, après avoir épuisé tous les ors et plaisirs du monde, revenir à son maître qui s'en est depuis bien longtemps retiré, pour entendre véritablement, ayant enfin appris à pleurer, la leçon de musique de ce dernier.
Tant de richesse sertie dans tant de sobriété : un moment de belle littérature qui laisse un délicieux vague à l'âme.
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michfred
michfred22 juin 2015
  • Livres 5.00/5
Aussi beau qu'un air de viole de gambe au fond d'un pavillon campagnard..
Tout petit livre, grande inspiration- pages confondantes sur la musique et la perte, sur l'art de compenser l'une par l'autre.
Secret, simple, puissant chant de deuil et de regret. Le film qui en est l'adaptation est, lui aussi, un pur éclat de chagrin et d'harmonie.
Une écriture classique, sans afféterie, presque janséniste. Magnifique!
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lecassin
lecassin22 juin 2015
  • Livres 5.00/5
Il est toujours très difficile de « passer au livre » quand un film vous a tant touché… Ce fut, en tout cas le cas pour moi et « Tous les matins du monde ». Amateur de musique baroque en général et de viole de gambe en particulier, et de Jordi Savall et Marin Marais… j’ai vu dès sa sortie le merveilleux film d’Alain Corneau ; tout en ignorant bien sûr, jusqu’à l’existence du livre et celle de son auteur. Existence qui m’apparaîtra bien vite tant le succès du film, sorti la même année que le livre (1991) aura contribué pour beaucoup à la découverte de la musique baroque et à celle de Pascal Quignard…
Il m’aura fallu 25 ans et la fermeture de la bibliothèque de mon entreprise pour me le procurer comme par hasard…
Une fois de plus, quel choc ! Un texte court, épuré… Une partition dont les fulgurances poétiques sont les appogiatures… Et puis comment faire plus simple et plus évocateur que l’incipit : « Au printemps de 1650, Madame de Sainte Colombe mourut. Monsieur de Sainte Colombe ne se consola pas de la mort de son épouse. Il l'aimait. C'est à cette occasion qu'il composa ‘le Tombeau des regrets’ »… Tout est dit. Le livre peut s’arrêter là.
Non, bien sûr, il ne s’arrêtera pas là, ce qui nous priverait d’un chef d’œuvre. Bien sûr, l’amour de Monsieur de Sainte Colombe pour sa femme le plonge dans une tristesse incommensurable, voisine de la folie. Mais que dire de celle de sa propre fille amoureuse de Marin Marais qui la jettera comme kleenex après usage… Et la musique, dans tout cela ? La musique ? Elle est le principal personnage de ce joyau, et pour moi, guitariste besogneux, le « vous jouez de la musique, Monsieur… Mais vous ne serez jamais musicien » me hante chaque fois que je pose mes mains sur le noble instrument.
Bon soyons bref : un véritable chef d’œuvre que ce « Tous les matins du monde »…
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Citations & extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
LeBorgneLeBorgne18 mai 2016
Croyez-vous qu'il n'y ait pas de souffrance à être du vent? Quelquefois ce vent porte jusqu'à nous des bribes de musique. Quelquefois la lumière porte jusqu'à vos regards des morceaux de notre apparence.
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araucariaaraucaria03 décembre 2012
Vous pourrez aider à danser les gens qui dansent. Vous pourrez accompagner les acteurs qui chantent sur la scène. Vous gagnerez votre vie. Vous vivrez entouré de musique mais vous ne serez pas musicien.
Avez-vous un coeur pour sentir? Avez-vous un cerveau pour penser? Avez-vous idée de ce à quoi peuvent servir les sons quand il ne s'agit plus de danser ni de réjouir les oreilles du roi?
Cependant votre voix brisée m'a ému. Je vous garde pour votre douleur, non pour votre art.
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araucariaaraucaria03 décembre 2012
Monsieur Marais approcha la chandelle du livre de musique. Ils regardèrent, refermèrent le livre, s'assirent, s'accordèrent. Monsieur de Sainte-Colombe compta la mesure vide et ils posèrent leurs doigts. C'est ainsi qu'ils jouèrent les Pleurs. A l'instant où le chant des deux violes monte, ils se regardèrent. Ils pleuraient. La lumière qui pénétrait dans la cabane par la lucarne qui y était percée était devenue jaune. Tandis que leurs larmes lentement coulaient sur leur nez, sur leurs joues, sur leurs lèvres, ils s'adressèrent en même temps un sourire. Ce n'est qu'à l'aube que Monsieur Marais s'en retourna à Versailles.
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babounettebabounette24 octobre 2014
"Monsieur, dit-il, j'ai confié ma vie à des planches de bois grises qui sont dans un mûrier ; aux sons des sept cordes d'une viole ; à mes deux filles. Mes amis sont les souvenirs, ma cour, ce sont les saules, qui sont là, l'eau qui court, les chevesnes, les goujons et les fleurs de sureau. Vous direz à sa majesté que son palais n'a rien à faire d'un sauvage qui fut présenté au feu roi son père, il y a trente-cinq ans de cela"
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ay_guadalquiviray_guadalquivir29 septembre 2010
"Monsieur, j'ai confié ma vie à des planches de bois grises qui sont dans un mûrier ; aux sons des sept cordes d'une viole ; à mes deux filles. Mes amis sont les souvenirs. Ma cour, ce sont les saules qui sont là, l'eau qui court, les chevesnes, les goujons et les fleurs du sureau. Vous direz à sa mejesté que son palais n'a rien à faire d'un sauvage qui fut présenté au feu roi son père il y a trente-cinq ans de cela."
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