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ISBN : 2070387739
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 270 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 03 décembre 2012

    araucaria
    Quel livre! Quelle merveille! J'ai lu avec grande émotion ce superbe texte, me remémorant le si beau film d'Alain Corneau. Une histoire toute simple en vérité, un Maître de musique, spécialiste de la viole de gambe, vivant en reclus après la mort de sa femme - décès dont il ne se remet pas - avec ses deux filles, et sa passion la musique. Monsieur de Sainte Colombe ayant refusé les honneurs de la cour du roi Louis XIV, ne vit que pour l'art musical, n'existe que par la musique. Amour de la musique qui transpire tout au long du roman, où Le lecteur comprend qu'interpréter avec talent de la musique ne fait pas de l'exécutant, si habile soit-il, un musicien. Il faut vibrer avec son instrument, il faut que la musique soit capable de réveiller les morts. Ce roman très court est rédigé de main de maître par Pascal Quignard. Une bien belle oeuvre!

    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Ode, le 02 novembre 2012

    Ode
    Le son de la viole de gambe est aussi aérien et nostalgique qu'un soupir, au diapason de ce texte qui m'a plongée dans l'abîme de deux cœurs brisés. Celui de Monsieur de Sainte Colombe, inconsolable depuis la mort de son épouse, qu'il appelle chaque soir en composant des airs de viole, depuis sa petite cabane juchée dans un mûrier. Et celui de sa fille, Madeleine, séduite et abandonnée par Marin Marais, qui fut un temps son élève avant de connaître une belle carrière de compositeur à la cour de Louis XIV.
    L'écriture à la fois poétique et dépouillée de Pascal Quignard est capable de faire entendre le silence et palper le chagrin, le désir ou la cruauté. En quelques mots, l'auteur capture le caractère et les sentiments de ses personnages, sans jamais les juger.
    En confrontant la vision du maître et de l'élève, "Tous les matins du monde" interroge sur la place de la musique et de l'artiste dans la société. Sainte Colombe vit pour sa musique, tandis que Marais compte sur sa musique pour le faire vivre. le premier choisit la solitude pour ne pas transiger sur la pureté de son art. le deuxième s'ouvre au monde et à ses plaisirs et accepte les compromis dans le but de plaire. Mais aussi différents soient-ils, l'étonnant pouvoir de la musique arrive à les réconcilier au-delà des mots.
    Ce récit contemplatif est un très bel hommage à la musique de chambre de l'époque baroque, depuis longtemps remise au goût du jour par des chefs d'orchestre comme Christophe Coin ou Jordi Savall, et popularisée par l'émouvant film d'Alain Corneau.
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 30 septembre 2010

    ay_guadalquivir
    Difficile de lire Tous les matins du monde sans deviner les traits de Jean-Pierre Marielle et Guillaume Depardieu. Pourtant, assez rapidement, leur image s'estompe, pour laisser place à un texte épuré, de phrases simples pour décrire des ambiances très musicales. Tout est musique dans ce livre, y compris les pensées intérieures de M de Sainte Colombe ou ses dialogues avec sa défunte épouse. Je le referme avec une nouvelle sensation des vibrations de la viole de gambe,, sèche ou sensuelle, grave ou chantante. Les suites de Marin Marais prolongent ma lecture, et si je n'y trouve pas les accords du maître, j'entends sa propre musique, bien plus sensible que si elle avait été conçue pour la seule oreille du Roi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Magenta, le 15 avril 2013

    Magenta
    Quel beau texte!
    Une ode à la musique, à la passion pour un instrument et à l'amour inconditionnel envers un être.
    Monsieur de Sainte Colombe ne vit que dans le souvenir de son épouse, qu'il voit apparaître et pour qui il continue à jouer.
    Il ne vit que pour la musique et refuse la gloire qu'elle pourrait lui apporter, refusant les honneurs du roi.
    Je n'ai pas vu le film et je ne le verrai pas, je préfère rester dans la musicalité du livre, enchantée par ce texte, touchée par l'histoire, trop souvent déçue par les adaptations cinématographiques.
    Je n'ai pas grand chose à dire de plus qu'il n'a déjà été dit, lisez-le surtout, il est si rare aujourd'hui de tomber sur une telle œuvre, écrite dans ce beau français moins usité par les auteurs d'aujourd'hui et que je regrette souvent...
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    • Livres 2.00/5
    Par Zazette97, le 24 avril 2010

    Zazette97
    "Tous les matins du monde" est un roman de l'écrivain français Pascal Quignard, publié en 1991.
    Nous sommes au 17ème siècle. Monsieur de Sainte Colombe ne se remet pas de la mort de son épouse qui l'a laissé seul avec leurs deux filles. L'homme passe ses journées dans sa cabane et y joue de la viole des heures durant, refusant à maintes reprises de se rendre à la cour pour y divertir le roi.
    Un jour, un jeune homme du nom de Marin Marais vient à frapper à sa porte et l'enjoint d'accepter de le prendre comme élève. Or les deux hommes nourrissent des conceptions bien différentes de ce que doit être la musique.
    Voici un court roman qui traite avant de tout de la musique et de l'importance qu'elle revête pour les différents personnages. Monsieur de Sainte Colombe lui a dédié sa vie. C'est un homme taciturne entièrement tourné vers son art et pour le moins asocial. Nostalgique d'un passé qui n'est plus, il passe des journées entières à jouer de la viole ou à parler au fantôme de sa femme dont la mort l'a laissé inconsolable.
    Marin Marais cherche dans la musique la fortune et la gloire à la cour de Versailles. Rapidement éconduit par l'homme qu'il aurait tant souhaité avoir pour maître, il trouve refuge dans les bras de sa fille, Madeleine de Sainte Colombe, qui semble détecter en lui un talent qu'elle est prête à révéler à l'aide des enseignements dispensés par son père. Madeleine et Marin passeront des heures à guetter le maître dans sa cabane, à l'affût de sonorités que Marin reproduira par la suite en son nom. Mais le jeune homme se lasse rapidement de Madeleine qui ne souffrira jamais son départ.
    Il ne souhaite qu'une seule chose : les partitions du génial Sainte Colombe. Malheureusement pour lui, le vieux musicien ne conserve aucune trace de son art. Il ne restera plus à Marais que ses oreilles pour pleurer (oui oui c'est possible!)
    N'ayant à mon compte aucune sensibilité musicale particulière, je pensais néanmoins pouvoir distinguer dans l'agencement des mots une quelconque mélodie... J'y ai vu des notes ça oui mais aucun enchaînement, aucune musicalité. Des phrases hâchées. Une histoire précipitée par plusieurs sauts chronologiques. Même pas le temps de tendre l'oreille que j'avais déjà tourné la dernière page, incapable de dégager une seule émotion de cette lecture. Sans compter que les personnages, tous en souffrance, m'ont davantage invitée à broyer du noir qu'à m'épancher sur leur sort.
    Je me suis donc jetée sur le film, curieuse de savoir si il parviendrait à me rendre l'ouïe.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/04/tous-les-matins-du-monde-p..
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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 03 décembre 2012

    Vous pourrez aider à danser les gens qui dansent. Vous pourrez accompagner les acteurs qui chantent sur la scène. Vous gagnerez votre vie. Vous vivrez entouré de musique mais vous ne serez pas musicien.
    Avez-vous un coeur pour sentir? Avez-vous un cerveau pour penser? Avez-vous idée de ce à quoi peuvent servir les sons quand il ne s'agit plus de danser ni de réjouir les oreilles du roi?
    Cependant votre voix brisée m'a ému. Je vous garde pour votre douleur, non pour votre art.
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  • Par araucaria, le 03 décembre 2012

    Monsieur Marais approcha la chandelle du livre de musique. Ils regardèrent, refermèrent le livre, s'assirent, s'accordèrent. Monsieur de Sainte-Colombe compta la mesure vide et ils posèrent leurs doigts. C'est ainsi qu'ils jouèrent les Pleurs. A l'instant où le chant des deux violes monte, ils se regardèrent. Ils pleuraient. La lumière qui pénétrait dans la cabane par la lucarne qui y était percée était devenue jaune. Tandis que leurs larmes lentement coulaient sur leur nez, sur leurs joues, sur leurs lèvres, ils s'adressèrent en même temps un sourire. Ce n'est qu'à l'aube que Monsieur Marais s'en retourna à Versailles.
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  • Par ay_guadalquivir, le 29 septembre 2010

    "Monsieur, j'ai confié ma vie à des planches de bois grises qui sont dans un mûrier ; aux sons des sept cordes d'une viole ; à mes deux filles. Mes amis sont les souvenirs. Ma cour, ce sont les saules qui sont là, l'eau qui court, les chevesnes, les goujons et les fleurs du sureau. Vous direz à sa mejesté que son palais n'a rien à faire d'un sauvage qui fut présenté au feu roi son père il y a trente-cinq ans de cela."
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  • Par Ode, le 03 novembre 2012

    C'était une belle journée de printemps. Il y avait des primevères et il y avait des papillons. Marin Marais portait sa viole à l'épaule. Monsieur de Sainte Colombe le fit entrer dans la cabane sur le mûrier et il l'accepta comme élève en disant :
    "Vous connaissez la position du corps. Votre jeu ne manque pas de sentiment. Votre archet est léger et bondit. Votre main gauche saute comme un écureuil et se faufile comme une souris sur les cordes. Vos ornements sont ingénieux et parfois chantants. Mais je n'ai pas entendu de musique."
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  • Par chapochapi, le 13 avril 2010

    quand je tire mon archet, c'est un petit morceau de mon coeur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n'est que la discipline d'une vie où aucun jour n'est férié. J'accomplis mon destin.

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Pascal Quignard - L'Origine de la danse .
Pascal Quignard vous présente son ouvrage "L'Origine de la danse" aux éditions Galilée. http://www.mollat.com/livres/pascal-quignard-origine-danse-9782718608846.html Notes de Musique : Koto Music -2 - Kumiutahu








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