Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Sabrina Nouri (Traducteur)

ISBN : 2867447615
Éditeur : P.O.L. (2000)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la ... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (18)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 23 octobre 2014

    Under_The_Moon
    Après avoir lu Syngé Sabour à sa sortie , j'avais hâte de retrouver la plume d'Atiq Rahimi, et je n'ai pas été déçue du voyage.
    Quel plaisir de retrouver cette langue à la fois très retenue, poétique, pleine de silences et d'émotions !
    Le narrateur interpelle sans arrêt avec un "tu" énigmatique qui rend le récit très familier et mystérieux à la fois. A qui s'adresse-t-il ? Au lecteur ? Peu probable. Au personnage ? Sans doute, mais ce dernier ne répond jamais. Peut-être l'auteur s'adresse-t-il en vérité à l'Afghanistan ?
    Terres et cendres pourraient être un conte - du moins une parabole - si le sujet n'était pas si grave. C'est un texte où le motif du feu/des flammes est omniprésent. C'est une histoire très "masculine", encore plus que Syngué sabour.
    Terres et cendres met en scène des dialogues de de sourds. Tout d'abord entre Dastaguir, le grand-père qui ne sait pas (comment) dire les choses et Yassin, le petit-fils devenu sourd après l'explosion d'une bombe. Chacun de ces personnages est conscient du fait que quelque chose ne va pas, mais aucun ne cherche à dire clairement ce quelque chose.
    Ce récit interroge sur ce qui fait la masculinité à l'afghane en ces temps de guerre et de deuil. Comme Khaled Hosseini dans le roman qui l'a rendu célèbre, Atiq Rahimi cite le Livre des Rois. Mythe fondateur de l'identité persane dans lequel le père tue son fils sur un champ de bataille. Une histoire tragique qui trouve un écho dans le contexte de cette guerre - qui comme tous les conflits a quelque chose d'absurde.
    Ni l'auteur ni ses personnages n'offre de solution à ce drame, un seul constat en refermant ce livre : l'impuissance des hommes face à des événements qui le dépassent. Car entre vouloir et pouvoir, il y a parfois un gouffre...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 32         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par CorinneCo, le 23 février 2014

    CorinneCo
    Des digressions sur le cinéma, sur l'image, sur des histoires à mettre en scène, des projets, des rires, parler de tout et de rien, rarement, presque jamais de l'Afghanistan, voilà mon souvenir d'Atiq Rahimi. Dans l'écriture, l'histoire, on retrouve l'homme. La pudeur, le calme et la grandeur d'un pays dévoré par la guerre. L'éclat brut d'une terre rebelle et aride, filtrée par le poids des traditions et des légendes. Atiq a les yeux couleur de lune transparente et le rire placide de celui qui croit en la saveur du monde même sur le chemin de l'exil. Belle traduction de Sabrina qui ressemble à une poupée hazara.
    Jettes, jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve,
    C'est un fracas dans la tête des dormeurs
    C'est un fil doré qui se tire sur la pelote des souvenirs
    C'est une grande lame amère dévalant des ravins
    Et s'abîmant au fond des cœurs.
    Ceux qui parlent de ce pays en dormant préfèrent ne pas être entendus
    Car personne ne doit voir leur espérance
    Marchants sur les routes de poussières comme les rubans d'une vieille robe d'apparat
    Ou assis sur le pas des portes
    Si ils te voient avancer la tête relevée, les yeux remplis d'images de sons et de paroles,
    Ils te diront te regardant,
    Jettes jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve....
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 24         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Myriam3, le 09 septembre 2014

    Myriam3
    Un livre bouleversant et sec comme un arbre mort.
    Un vieil homme marche, avec son petit-fils, à l'encontre de son fils qui travaille à la mine. On est en Afghanistan à l'époque de la guerre contre l'Union Soviétique, et tout leur village a été bombardé. Tragique nouvelle que le vieux vient annoncer.
    Le récit est bref, aride, mais émouvant. On hésite, on s'inquiète, on pense avec le vieux, on contemple ce paysage désolé.
    Lu à la même période, ce livre me fait penser à la Petite Fille de Monsieur Linh, seul lui aussi avec sa petite-fille, mais j'ai trouvé Terre et cendres infiniment plus vrai et plus palpable.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 27         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par gouelan, le 16 septembre 2014

    gouelan
    En Aghanistan, un vieil homme, Dastaguir, quitte son village ravagé par la guerre et part avec son petit-fils Yassin, porter une terrible nouvelle à son fils Mourad.
    Comment lui dire l'insoutenable vérité, comment enfoncer le poignard du chagrin dans le cœur de son fils. Il s'égare dans l'enfer de ses pensées, il n'a plus de sommeil, plus de faim. Le paysage n'est que désolation et poussière, comme son cœur.
    Les mots traduisent la solitude et la détresse du vieil homme. Très belle interprétation du malaise de l'enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Le monde est devenu silencieux, mais les hommes continuent pourtant à remuer les lèvres. La guerre n'a pas de sens, elle frappe au hasard et laisse les vivants plus malheureux que les morts.
    Belle écriture, phrases courtes et percutantes, pas besoin d'en dire plus.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 24         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 24 janvier 2012

    Altervorace
    La chose est rare avec moi mais je voudrais exprimer toute mon admiration pour travail de la traductrice Sabrina Nouri qui est véritablement sublime. Maintenant que c'est chose faite, entrons dans le vif du sujet.
    En un peu moins de cent pages, Atiq Rahimi parvient à nous frapper au cœur, au corps même tellement la puissance poétique enfle au fil des pages. Personnellement je me fous que l'auteur parle de l'Afghanistan, parce que ce n'est pas cela qui m'a éclatée au visage ; c'est la littérature, la poésie, la musicalité, la force des images. Un récit âpre qui nous plonge au centre névralgique de la souffrance du vieil homme. Aucune phrase n'est inutile, aucun mot vide de sens. Pour vous donner un exemple, quelques mots prononcés par l'enfant, Yassin :
    « La bombe était très forte. Elle a tout fait taire. Les tancks ont pris la voix des gens et sont repartis. Ils ont même emporté la voix de grand-père. Grand-père ne peut plus parler, il ne peut plus me gronder… »
    Le petit garçon ne sait pas qu'il est devenu sourd et son grand-père continue pourtant de lui parler, comme il parle à son fils avant de l'avoir rejoint, tentant de comprendre comment dire l'effroyable, comment annoncer l'inhumain. Chaque personnage, l'enfant, le grand-père, est enfermé dans cette douleur si atroce qu'elle anesthésie tout. Durant le récit, des flashs nous viennent de ce qui s'est passé, comme si c'était nous le lecteur qui subissions l'état de choc. Ces images sont âpres, difficile, comme celle de l'épouse du fils, au hammam au moment de la catastrophe, qui sort nue et qui finit, traumatisée, par se jeter dans le feu pour brûler vive.
    Nous sommes donc au milieu de la souffrance du vieillard, nous voyons tout de l'intérieur, la narration, la souffrance, la confusion :
    « Tu n'entends plus la suite; Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et ton chagrin à toi ? S'est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n'as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin : il n'a pas encore pris forme. C'est encore trop tôt. »
    Quand j'ai refermé l'ouvrage d'Atiq Rahimi, j'étais un peu sonnée, vaincue, comme toujours lorsque je me frotte à de la littérature. de la grande littérature.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/01/24/23221410.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la critique

> voir toutes (16)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Under_The_Moon, le 22 octobre 2014

    Le temps a laissé l'empreinte de son passage près de tes yeux, une empreinte formée de lignes sinueuses, comme des vers entrelacés autour de deux orifices, des vers affamés qui guettent...

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 21 octobre 2014

    En vérité, tu as le cœur gros. Il y a longtemps qu'un ami, ou même un inconnu, ne s'est pas préoccupé de toi. Il y a longtemps qu'aucune parole familière ou étrangère n'a réchauffé ton cœur... Tu as envie de dire quelque chose en retour. Vas-y, parle ! Mais il est peu probable qu'il y ait un retour ! Le gardien ne va pas t'écouter. Il est dans ses pensées. Il est avec ses pensées. Il est muré dans sa solitude. Laisse-le tranquille.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 21 octobre 2014

    Ces malheurs sont le lot de tout le monde, la guerre n'a pas de cœur...
    [...]
    - ... la loi de la guerre c'est la loi du sacrifice. Dans le sacrifice, ou bien le sang est sur ta gorge, ou bien il est sur tes mains. [...]
    - Pourquoi ? [...]
    - Mon frère, la guerre et le sacrifice suivent la même logique. Il n'y a pas d'explication. Ce qui est important, ce n'est ni la cause ni le résultat, mais l'acte pro^proprement dit.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 22 octobre 2014

    Le passage des voitures est aléatoire. D'ailleurs y a-t-il dans ce pays quelque chose qui soit à l'heure ? Aujourd'hui...

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 21 octobre 2014

    Tu sais bien, mon ami, dans ce pays, si tu te demandes pourquoi, il faut commencer par faire parler les morts dans leurs tombes.

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :

1,74 € (occasion)

   

Faire découvrir Terre et cendres par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (146)

> voir plus

Quiz