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> Sabrina Nouri (Traducteur)

ISBN : 2867447615
Éditeur : P.O.L. (2000)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 79 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Myriam3, le 09 septembre 2014

    Myriam3
    Un livre bouleversant et sec comme un arbre mort.
    Un vieil homme marche, avec son petit-fils, à l'encontre de son fils qui travaille à la mine. On est en Afghanistan à l'époque de la guerre contre l'Union Soviétique, et tout leur village a été bombardé. Tragique nouvelle que le vieux vient annoncer.
    Le récit est bref, aride, mais émouvant. On hésite, on s'inquiète, on pense avec le vieux, on contemple ce paysage désolé.
    Lu à la même période, ce livre me fait penser à la Petite Fille de Monsieur Linh, seul lui aussi avec sa petite-fille, mais j'ai trouvé Terre et cendres infiniment plus vrai et plus palpable.
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    • Livres 5.00/5
    Par gouelan, le 16 septembre 2014

    gouelan
    En Aghanistan, un vieil homme, Dastaguir, quitte son village ravagé par la guerre et part avec son petit-fils Yassin, porter une terrible nouvelle à son fils Mourad.
    Comment lui dire l'insoutenable vérité, comment enfoncer le poignard du chagrin dans le cœur de son fils. Il s'égare dans l'enfer de ses pensées, il n'a plus de sommeil, plus de faim. Le paysage n'est que désolation et poussière, comme son cœur.
    Les mots traduisent la solitude et la détresse du vieil homme. Très belle interprétation du malaise de l'enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Le monde est devenu silencieux, mais les hommes continuent pourtant à remuer les lèvres. La guerre n'a pas de sens, elle frappe au hasard et laisse les vivants plus malheureux que les morts.
    Belle écriture, phrases courtes et percutantes, pas besoin d'en dire plus.
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    • Livres 4.00/5
    Par CorinneCo, le 23 février 2014

    CorinneCo
    Des digressions sur le cinéma, sur l'image, sur des histoires à mettre en scène, des projets, des rires, parler de tout et de rien, rarement, presque jamais de l'Afghanistan, voilà mon souvenir d'Atiq Rahimi. Dans l'écriture, l'histoire, on retrouve l'homme. La pudeur, le calme et la grandeur d'un pays dévoré par la guerre. L'éclat brut d'une terre rebelle et aride, filtrée par le poids des traditions et des légendes. Atiq a les yeux couleur de lune transparente et le rire placide de celui qui croit en la saveur du monde même sur le chemin de l'exil. Belle traduction de Sabrina qui ressemble à une poupée hazara.
    Jettes, jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve,
    C'est un fracas dans la tête des dormeurs
    C'est un fil doré qui se tire sur la pelote des souvenirs
    C'est une grande lame amère dévalant des ravins
    Et s'abîmant au fond des cœurs.
    Ceux qui parlent de ce pays en dormant préfèrent ne pas être entendus
    Car personne ne doit voir leur espérance
    Marchants sur les routes de poussières comme les rubans d'une vieille robe d'apparat
    Ou assis sur le pas des portes
    Si ils te voient avancer la tête relevée, les yeux remplis d'images de sons et de paroles,
    Ils te diront te regardant,
    Jettes jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve....
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    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 24 janvier 2012

    Altervorace
    La chose est rare avec moi mais je voudrais exprimer toute mon admiration pour travail de la traductrice Sabrina Nouri qui est véritablement sublime. Maintenant que c'est chose faite, entrons dans le vif du sujet.
    En un peu moins de cent pages, Atiq Rahimi parvient à nous frapper au cœur, au corps même tellement la puissance poétique enfle au fil des pages. Personnellement je me fous que l'auteur parle de l'Afghanistan, parce que ce n'est pas cela qui m'a éclatée au visage ; c'est la littérature, la poésie, la musicalité, la force des images. Un récit âpre qui nous plonge au centre névralgique de la souffrance du vieil homme. Aucune phrase n'est inutile, aucun mot vide de sens. Pour vous donner un exemple, quelques mots prononcés par l'enfant, Yassin :
    « La bombe était très forte. Elle a tout fait taire. Les tancks ont pris la voix des gens et sont repartis. Ils ont même emporté la voix de grand-père. Grand-père ne peut plus parler, il ne peut plus me gronder… »
    Le petit garçon ne sait pas qu'il est devenu sourd et son grand-père continue pourtant de lui parler, comme il parle à son fils avant de l'avoir rejoint, tentant de comprendre comment dire l'effroyable, comment annoncer l'inhumain. Chaque personnage, l'enfant, le grand-père, est enfermé dans cette douleur si atroce qu'elle anesthésie tout. Durant le récit, des flashs nous viennent de ce qui s'est passé, comme si c'était nous le lecteur qui subissions l'état de choc. Ces images sont âpres, difficile, comme celle de l'épouse du fils, au hammam au moment de la catastrophe, qui sort nue et qui finit, traumatisée, par se jeter dans le feu pour brûler vive.
    Nous sommes donc au milieu de la souffrance du vieillard, nous voyons tout de l'intérieur, la narration, la souffrance, la confusion :
    « Tu n'entends plus la suite; Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et ton chagrin à toi ? S'est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n'as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin : il n'a pas encore pris forme. C'est encore trop tôt. »
    Quand j'ai refermé l'ouvrage d'Atiq Rahimi, j'étais un peu sonnée, vaincue, comme toujours lorsque je me frotte à de la littérature. de la grande littérature.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/01/24/23221410.html
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    • Livres 4.00/5
    Par jbicrel, le 13 novembre 2011

    jbicrel
    Voilà, je n'ai pas résisté longtemps, après la lecture de Syngué sabour, prix Goncourt 2008, j'ai aussi lu Terre et cendres, du même auteur, Atiq Rahimi. C'est aussi et encore plus un tout petit livre publié en 2000 mais vraiment bouleversant : un grand-père sur un pont attend, longtemps, longtemps, le passage d'une voiture qui pourra le conduire à son fils. A ses côtés, son petit-fils qui ne comprend pas comment la guerre a pu ôter sa voix à son grand-père comme au vigile, sur le pont et même son bruit au caillou qu'il frappe contre un autre caillou. Et enfin, une voiture passe et emporte le grand-père à travers les étendues désertes vers la mine où travaille son fils et les doutes assaillent le vieil homme : doit-il vraiment lui dire ce qui est arrivé au village ? Comment pourra-t-il donner un coup de couteau dans le cœur de son propre fils? ...
    On trouve les premières pages sur le site de l'éditeur ici. Il s'agit cette fois d'un livre écrit en persan afghan puis traduit. (Syngué sabour a été écrit en français directement). Dans cet extrait d'un entretien, Atiq Rahimi présente ses "sources" :
    « Nous sommes en 1981, c'est un matin, j'emprunte depuis deux semaines une piste poussiéreuse qui mène à une mine de charbon dans le nord de l'Afghanistan. Je suis là afin de réaliser un reportage sur la vie ouvrière des mineurs. Avant de prendre la piste de la mine, je suis sur un pont, j'aperçois un vieillard adossé au parapet, le regard perdu. À côté de lui, un petit garçon regarde curieusement les passants et les camions qui traversent le pont. Ces deux regards me clouent sur place. Un sentiment étrange m'envahit... Je vois dans leurs yeux toute la catastrophe d'une guerre. L'égarement d'une génération perdue dans les yeux du vieux. Dans le regard de l'enfant, l'interrogation de l'avenir et du devenir. Je veux les prendre en photo, malheureusement ou pas, l'appareil photo ne fonctionne pas. Ces deux visages restent gravés dans mon esprit. Vingt ans après j'emprunte de nouveau la piste poussiéreuse de la mine...»
    Ce roman me rappelle tantôt Intérieur de Maeterlinck, tantôt La petite fille de M Linh de Philippe Claudel et encore Le message d'Andrée Chédid, mais il ne se confond avec aucun : ce livre est à la fois un émouvant témoignage de l'horreur vécue par l'Afghanistan à l'époque de la domination soviétique et un roman de portée universelle, sublime.
    En 2004, l'auteur a fait de ce roman un film que je n'ai pas vu.
    Vraiment Atiq Rahimi mérite bien son prix Goncourt !
    Il me reste à finir Les Mille Maisons du rêve et de la terreur et j'aurai presque fait à l'envers le parcours d'une oeuvre sans égale.
    Pour lecteurs confimés, à partir de la 3e ou du lycée.

    Lien : http://0z.fr/OtJMJ
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Citations et extraits

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  • Par gouelan, le 16 septembre 2014

    Tu n'avais jamais constaté que ta poitrine était si petite et ton cœur si grand, grand comme ta tristesse.

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  • Par gouelan, le 15 septembre 2014

    Tu es incapable de décrire ton chagrin : il na pas encore pris forme. C'est encore trop tôt. Si seulement il pouvait se dissiper avant même de prendre forme, disparaitre...

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  • Par gouelan, le 15 septembre 2014

    Il faudrait pouvoir dormir comme un nouveau-né, sans images, sans souvenirs, sans rêves. Comme un nouveau-né, reprendre la vie au commencement.

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  • Par lucioler, le 01 octobre 2012

    - Tu sais, père, la douleur, soit elle arrive à fondre et à s’écouler par les yeux, soit elle devient tranchante comme une lame et jaillit de la bouche, soit elle se transforme en bombe à l’intérieur, une bombe qui explose un beau jour et qui te fait exploser… ( …)
    Tu n’entends plus la suite. Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et on chagrin à toi ? S’est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n’as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin ; il n’a pas encore pris forme. C’est encore trop tôt. Si seulement il pouvait se dissiper avant même de prendre forme, disparaître…
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  • Par sillage, le 22 juillet 2013

    -Tu sais , père , la douleur, soit elle arrive à fondre et à s'écouler par les yeux, soit elle devient tranchante comme une lame et jaillit de la bouche, soit elle se transforme en bombe à l'intérieur, une bombe qui explose un jour et te fait exploser...Le chagrin de Fateh le gardien, c'est un peu des trois à la fois. Quand il vient me voir, son chagrin s'écoule dans ses larmes mais dès qu'il est seul dans sa braque, il se transforme en bombe ... Quand il sort et voit les autres gens, son chagrin devient lame, il a envie de ...
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