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> Sabrina Nouri (Traducteur)

ISBN : 2867447615
Éditeur : P.O.L. (2000)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 19 mars 2013

    Charybde2
    Une expérience triste et intense, qui donne aussi envie de voir le film...
    Premier roman d'Atiq Rahimi, écrivain afghan vivant en France, paru en 2000, avant de devenir un film célébré en 2004, et avant que l'auteur ne soit consacré par le Goncourt en 2008 (pour "Syngué Sabour -Pierre de patience"), "Terre et cendres" est un court récit, d'une simplicité à la limite du dépouillement, mais d'une violence poignante.
    Un grand-père ayant survécu à la destruction de son village par l'armée soviétique, vient informer son fils, travailleur dans une mine, de la mort de tous ses proches - dont sa femme, en compagnie de son petit-fils, devenu sourd suite à l'attaque.
    Quelques brèves rencontres aux portes de la mine, un garde, un énigmatique commerçant, un chauffeur de camion, un assistant contremaître, et puis la fin, triste, brutale et vertigineuse...
    "Tu sais, père, la douleur, soit elle arrive à fondre et à s'écouler par les yeux, soit elle devient tranchante comme une lame et jaillit de la bouche, soit elle se transforme en bombe à l'intérieur, une bombe qui explose un beau jour et qui te fait exploser... le chagrin de Fateh le gardien, c'est un peu des trois à la fois."
    "Sa boutique se trouvait à Shorbazar. Chaque soir, le marchand se transformait en barde, réunissant une foule de gens autour de lui.Il jouissait d'une grande considération. Jusqu'au jour où son fils a été mobilisé. (...) Lorsqu'il a voulu s'opposer à la carrière militaire de son fils, celui-ci, ayant pris goût à l'uniforme, à l'argent et aux armes, a pris la fuite. Mirza l'a renié et le chagrin a tué sa femme. (...) Il a ouvert cette boutique. du matin au soir, il est assis dans son échoppe, il écrit ou lit. Il n'a de comptes à rendre à personne. Si tu lui plais, il peut te vénérer comme son maître. Si ta tête ne nui revient pas, mieux vaut que ton chien même évite de passer par là.... Parfois, je reste jusqu'à l'aube dans sa boutique à l'écouter dire des contes et des poèmes. Il connaît le "Shahnama" par cœur."
    Très beau, très lent, très triste. Une expérience intense qui rend aussi curieux de voir ce que cela a donné en film.
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    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 24 janvier 2012

    Altervorace
    La chose est rare avec moi mais je voudrais exprimer toute mon admiration pour travail de la traductrice Sabrina Nouri qui est véritablement sublime. Maintenant que c'est chose faite, entrons dans le vif du sujet.
    En un peu moins de cent pages, Atiq Rahimi parvient à nous frapper au cœur, au corps même tellement la puissance poétique enfle au fil des pages. Personnellement je me fous que l'auteur parle de l'Afghanistan, parce que ce n'est pas cela qui m'a éclatée au visage ; c'est la littérature, la poésie, la musicalité, la force des images. Un récit âpre qui nous plonge au centre névralgique de la souffrance du vieil homme. Aucune phrase n'est inutile, aucun mot vide de sens. Pour vous donner un exemple, quelques mots prononcés par l'enfant, Yassin :
    « La bombe était très forte. Elle a tout fait taire. Les tancks ont pris la voix des gens et sont repartis. Ils ont même emporté la voix de grand-père. Grand-père ne peut plus parler, il ne peut plus me gronder… »
    Le petit garçon ne sait pas qu'il est devenu sourd et son grand-père continue pourtant de lui parler, comme il parle à son fils avant de l'avoir rejoint, tentant de comprendre comment dire l'effroyable, comment annoncer l'inhumain. Chaque personnage, l'enfant, le grand-père, est enfermé dans cette douleur si atroce qu'elle anesthésie tout. Durant le récit, des flashs nous viennent de ce qui s'est passé, comme si c'était nous le lecteur qui subissions l'état de choc. Ces images sont âpres, difficile, comme celle de l'épouse du fils, au hammam au moment de la catastrophe, qui sort nue et qui finit, traumatisée, par se jeter dans le feu pour brûler vive.
    Nous sommes donc au milieu de la souffrance du vieillard, nous voyons tout de l'intérieur, la narration, la souffrance, la confusion :
    « Tu n'entends plus la suite; Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et ton chagrin à toi ? S'est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n'as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin : il n'a pas encore pris forme. C'est encore trop tôt. »
    Quand j'ai refermé l'ouvrage d'Atiq Rahimi, j'étais un peu sonnée, vaincue, comme toujours lorsque je me frotte à de la littérature. de la grande littérature.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/01/24/23221410.html
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    • Livres 4.00/5
    Par jbicrel, le 13 novembre 2011

    jbicrel
    Voilà, je n'ai pas résisté longtemps, après la lecture de Syngué sabour, prix Goncourt 2008, j'ai aussi lu Terre et cendres, du même auteur, Atiq Rahimi. C'est aussi et encore plus un tout petit livre publié en 2000 mais vraiment bouleversant : un grand-père sur un pont attend, longtemps, longtemps, le passage d'une voiture qui pourra le conduire à son fils. A ses côtés, son petit-fils qui ne comprend pas comment la guerre a pu ôter sa voix à son grand-père comme au vigile, sur le pont et même son bruit au caillou qu'il frappe contre un autre caillou. Et enfin, une voiture passe et emporte le grand-père à travers les étendues désertes vers la mine où travaille son fils et les doutes assaillent le vieil homme : doit-il vraiment lui dire ce qui est arrivé au village ? Comment pourra-t-il donner un coup de couteau dans le cœur de son propre fils? ...
    On trouve les premières pages sur le site de l'éditeur ici. Il s'agit cette fois d'un livre écrit en persan afghan puis traduit. (Syngué sabour a été écrit en français directement). Dans cet extrait d'un entretien, Atiq Rahimi présente ses "sources" :
    « Nous sommes en 1981, c'est un matin, j'emprunte depuis deux semaines une piste poussiéreuse qui mène à une mine de charbon dans le nord de l'Afghanistan. Je suis là afin de réaliser un reportage sur la vie ouvrière des mineurs. Avant de prendre la piste de la mine, je suis sur un pont, j'aperçois un vieillard adossé au parapet, le regard perdu. À côté de lui, un petit garçon regarde curieusement les passants et les camions qui traversent le pont. Ces deux regards me clouent sur place. Un sentiment étrange m'envahit... Je vois dans leurs yeux toute la catastrophe d'une guerre. L'égarement d'une génération perdue dans les yeux du vieux. Dans le regard de l'enfant, l'interrogation de l'avenir et du devenir. Je veux les prendre en photo, malheureusement ou pas, l'appareil photo ne fonctionne pas. Ces deux visages restent gravés dans mon esprit. Vingt ans après j'emprunte de nouveau la piste poussiéreuse de la mine...»
    Ce roman me rappelle tantôt Intérieur de Maeterlinck, tantôt La petite fille de M Linh de Philippe Claudel et encore Le message d'Andrée Chédid, mais il ne se confond avec aucun : ce livre est à la fois un émouvant témoignage de l'horreur vécue par l'Afghanistan à l'époque de la domination soviétique et un roman de portée universelle, sublime.
    En 2004, l'auteur a fait de ce roman un film que je n'ai pas vu.
    Vraiment Atiq Rahimi mérite bien son prix Goncourt !
    Il me reste à finir Les Mille Maisons du rêve et de la terreur et j'aurai presque fait à l'envers le parcours d'une oeuvre sans égale.
    Pour lecteurs confimés, à partir de la 3e ou du lycée.

    Lien : http://0z.fr/OtJMJ
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    • Livres 4.00/5
    Par Pauline-aime-lire, le 30 mai 2012

    Pauline-aime-lire
    Je l'ai lu en deux heures, c'est un très court roman, écrit à la seconde personne du singulier, doté d'une intrigue simple, concise, et emprunt de poésie. L'histoire se déroule dans un Afghanistan dévasté par la guerre, une atmosphère apocalyptique et sans espoir. Bouleversant...
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    • Livres 4.00/5
    Par soazcongar, le 09 septembre 2010

    soazcongar
    L'âme de l'Afghanistan

    Un vieil homme, Dastaguir, s'est donné comme mission d'aller voir son fils Mourad pour lui annoncer la terrible nouvelle : la mort de sa femme, de sa mère et de son frère victimes du bombardement de leur maison. le fils de Mourad, Yassin, a échappé au bombardement mais est devenu sourd : « Grand-père, les russes sont-ils venus prendre les voix de tout le monde ? Que font-ils de toutes ces voix? Pourquoi les as-tu laissés prendre ta voix ? Sinon ils t'auraient tué ? Bibi n'a pas donné sa voix, et elle est morte… » Dastaguir se demande comment formuler l'indicible, l'insoutenable vérité à son fils.

    Lien : http://bevanhalennebzh.over-blog.com/article-terre-et-cendres-de-ati..
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Citations et extraits

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  • Par lucioler, le 01 octobre 2012

    - Tu sais, père, la douleur, soit elle arrive à fondre et à s’écouler par les yeux, soit elle devient tranchante comme une lame et jaillit de la bouche, soit elle se transforme en bombe à l’intérieur, une bombe qui explose un beau jour et qui te fait exploser… ( …)
    Tu n’entends plus la suite. Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et on chagrin à toi ? S’est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n’as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin ; il n’a pas encore pris forme. C’est encore trop tôt. Si seulement il pouvait se dissiper avant même de prendre forme, disparaître…
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  • Par lucioler, le 01 octobre 2012

    - La bombe était très forte. Elle a tout fait taire. Les tanks ont pris la voix des gens et sont repartis.

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Vidéo de Atiq Rahimi


Harakat - Tournage de Syngué Sabour d'Atiq Rahimi
Harakat - Tournage de Syngué Sabour-Pierre de patience d'Atiq Rahimi - Casablanca (Maroc) - quelques scènes du tournage du film d'Atiq Rahimi: "Syngué Sabour-Pierre de patience" les 15 et 16 octobre 2011 - avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, , Massi Mrowat, Hassina Burgan, (...) - Directeur de la photographie Thierry Arbogast, - Premier assistant Vincent Canaple son Dana Farzanehpour - Ghislaine Nejjar -Harakat action. The Film - le Pacte - éditions POL - tournage Casablanca cimenterie Lafarge - équipe de tournage Maroc - quartier des Roches noires Casablanca- et Kaboul - Amine Lamraki -ONA - production Michael Gentile -Scénario et dialogue Jean Claude Carrière et Atiq Rahimi - adapté du livre "Syngué Sabour-Pierre de patience", éditions POL Prix Goncourt 2008 - and Alice Rahimi making of -











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