> Sabrina Nouri (Traducteur)

ISBN : 2867447615
Éditeur : P.O.L. (2000)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par jbicrel, le 13 novembre 2011

    jbicrel
    Voilà, je n'ai pas résisté longtemps, après la lecture de Syngué sabour, prix Goncourt 2008, j'ai aussi lu Terre et cendres, du même auteur, Atiq Rahimi. C'est aussi et encore plus un tout petit livre publié en 2000 mais vraiment bouleversant : un grand-père sur un pont attend, longtemps, longtemps, le passage d'une voiture qui pourra le conduire à son fils. A ses côtés, son petit-fils qui ne comprend pas comment la guerre a pu ôter sa voix à son grand-père comme au vigile, sur le pont et même son bruit au caillou qu'il frappe contre un autre caillou. Et enfin, une voiture passe et emporte le grand-père à travers les étendues désertes vers la mine où travaille son fils et les doutes assaillent le vieil homme : doit-il vraiment lui dire ce qui est arrivé au village ? Comment pourra-t-il donner un coup de couteau dans le cœur de son propre fils? ...
    On trouve les premières pages sur le site de l'éditeur ici. Il s'agit cette fois d'un livre écrit en persan afghan puis traduit. (Syngué sabour a été écrit en français directement). Dans cet extrait d'un entretien, Atiq Rahimi présente ses "sources" :
    « Nous sommes en 1981, c'est un matin, j'emprunte depuis deux semaines une piste poussiéreuse qui mène à une mine de charbon dans le nord de l'Afghanistan. Je suis là afin de réaliser un reportage sur la vie ouvrière des mineurs. Avant de prendre la piste de la mine, je suis sur un pont, j'aperçois un vieillard adossé au parapet, le regard perdu. À côté de lui, un petit garçon regarde curieusement les passants et les camions qui traversent le pont. Ces deux regards me clouent sur place. Un sentiment étrange m'envahit... Je vois dans leurs yeux toute la catastrophe d'une guerre. L'égarement d'une génération perdue dans les yeux du vieux. Dans le regard de l'enfant, l'interrogation de l'avenir et du devenir. Je veux les prendre en photo, malheureusement ou pas, l'appareil photo ne fonctionne pas. Ces deux visages restent gravés dans mon esprit. Vingt ans après j'emprunte de nouveau la piste poussiéreuse de la mine...»
    Ce roman me rappelle tantôt Intérieur de Maeterlinck, tantôt La petite fille de M Linh de Philippe Claudel et encore Le message d'Andrée Chédid, mais il ne se confond avec aucun : ce livre est à la fois un émouvant témoignage de l'horreur vécue par l'Afghanistan à l'époque de la domination soviétique et un roman de portée universelle, sublime.
    En 2004, l'auteur a fait de ce roman un film que je n'ai pas vu.
    Vraiment Atiq Rahimi mérite bien son prix Goncourt !
    Il me reste à finir Les Mille Maisons du rêve et de la terreur et j'aurai presque fait à l'envers le parcours d'une oeuvre sans égale.
    Pour lecteurs confimés, à partir de la 3e ou du lycée.

    Lien : http://0z.fr/OtJMJ
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 24 janvier 2012

    Altervorace
    La chose est rare avec moi mais je voudrais exprimer toute mon admiration pour travail de la traductrice Sabrina Nouri qui est véritablement sublime. Maintenant que c'est chose faite, entrons dans le vif du sujet.
    En un peu moins de cent pages, Atiq Rahimi parvient à nous frapper au cœur, au corps même tellement la puissance poétique enfle au fil des pages. Personnellement je me fous que l'auteur parle de l'Afghanistan, parce que ce n'est pas cela qui m'a éclatée au visage ; c'est la littérature, la poésie, la musicalité, la force des images. Un récit âpre qui nous plonge au centre névralgique de la souffrance du vieil homme. Aucune phrase n'est inutile, aucun mot vide de sens. Pour vous donner un exemple, quelques mots prononcés par l'enfant, Yassin :
    « La bombe était très forte. Elle a tout fait taire. Les tancks ont pris la voix des gens et sont repartis. Ils ont même emporté la voix de grand-père. Grand-père ne peut plus parler, il ne peut plus me gronder… »
    Le petit garçon ne sait pas qu'il est devenu sourd et son grand-père continue pourtant de lui parler, comme il parle à son fils avant de l'avoir rejoint, tentant de comprendre comment dire l'effroyable, comment annoncer l'inhumain. Chaque personnage, l'enfant, le grand-père, est enfermé dans cette douleur si atroce qu'elle anesthésie tout. Durant le récit, des flashs nous viennent de ce qui s'est passé, comme si c'était nous le lecteur qui subissions l'état de choc. Ces images sont âpres, difficile, comme celle de l'épouse du fils, au hammam au moment de la catastrophe, qui sort nue et qui finit, traumatisée, par se jeter dans le feu pour brûler vive.
    Nous sommes donc au milieu de la souffrance du vieillard, nous voyons tout de l'intérieur, la narration, la souffrance, la confusion :
    « Tu n'entends plus la suite; Tu te perds au fond de toi, là où se tapit ta détresse. Et ton chagrin à toi ? S'est-il transformé en larmes ? Non, sinon tu pleurerais. En poignard ? Non plus. Tu n'as encore blessé personne. En bombe ? Tu es toujours en vie. Tu es incapable de décrire ton chagrin : il n'a pas encore pris forme. C'est encore trop tôt. »
    Quand j'ai refermé l'ouvrage d'Atiq Rahimi, j'étais un peu sonnée, vaincue, comme toujours lorsque je me frotte à de la littérature. de la grande littérature.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/01/24/23221410.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par soazcongar, le 09 septembre 2010

    soazcongar
    L'âme de l'Afghanistan

    Un vieil homme, Dastaguir, s'est donné comme mission d'aller voir son fils Mourad pour lui annoncer la terrible nouvelle : la mort de sa femme, de sa mère et de son frère victimes du bombardement de leur maison. le fils de Mourad, Yassin, a échappé au bombardement mais est devenu sourd : « Grand-père, les russes sont-ils venus prendre les voix de tout le monde ? Que font-ils de toutes ces voix? Pourquoi les as-tu laissés prendre ta voix ? Sinon ils t'auraient tué ? Bibi n'a pas donné sa voix, et elle est morte… » Dastaguir se demande comment formuler l'indicible, l'insoutenable vérité à son fils.

    Lien : http://bevanhalennebzh.over-blog.com/article-terre-et-cendres-de-ati..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lululifat, le 09 novembre 2010

    lululifat
    Un homme et son petit-fils sont les seuls survivants d'une catastrophe. Ils vont annoncer au père de l'enfant la mort de leurs proches. Mais comment faire pour dire l'indicible ?
    Un court roman poignant.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par andreb, le 06 décembre 2008

    andreb
    Beau roman de la parole nue qui dit la souffrance, la chaleur, la poussière, la solitude. Beau dépaysement!
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (17)

Videos de Atiq Rahimi

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Atiq Rahimi


Atiq Rahimi Prix Goncourt
Atiq Rahimi - Syngué Sabour - Pierre de patience - éditions POL : Atiq Rahimi, qui vient de recevoir à 13 heures le Prix Goncourt est l'invité en direct d'Hélène Devynck, au Grand Journal de LCI, le 10 novembre 2008 à 18 heures - LCI/TF1 Boulogne-Billancourt











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Terre et cendres par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (53)

> voir plus

Quiz