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ISBN : 2070393933
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 510 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi, seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 15 janvier 2013

    peloignon
    Rousseau voulait être aimé et il voulait mériter de l'être. Sa grande connaissance des auteurs antiques l'a ainsi tout naturellement entraîné à devenir une personnalité sublime, toujours prêt à défendre les idées les plus contraires à son siècle et aux puissants qui en modelaient les opinions politiques et philosophiques.
    Il vivra ainsi de nombreuses déceptions en amitié et en amour, il devra varier dans ses appartenances religieuses extérieures, il vivra aussi l'exil et à la longue, à forces d'être constamment blessé, il deviendra un vieil homme de plus en plus méfiant des autres, un interprète de plus en plus attentif aux moindres signes qui pourraient indiquer de mauvaises intentions envers sa personne dans son entourage, son pauvre cerveau frôlera le délire paranoïaque, mais sans rien perdre de sa géniale beauté. C'est dans cet état de trouble qu'il accomplira l'étrange projet suivant : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateurs. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi. » (t.1, 21)
    Et il en raconte des choses sur sa personne. Il ne s'épargne rien. Il se montre sans pudeur dans toute sa fragilité et ses maladresses. Il fait de son auditoire une divinité analogue au Dieu chrétien, qui aurait besoin de se faire raconter ce qu'il savait déjà afin de lui accorder la reconnaissance de son bon cœur. Il est bien convaincu lui-même de son bon cœur : « Pour moi, je le déclare honnêtement et sans crainte : quiconque, même sans avoir lu mes écrits, examinera par ses propres yeux mon naturel, mon caractère, mes mœurs, mes penchants, mes plaisirs, mes habitudes, et pourra me croire malhonnête homme, est lui-même un homme à étouffer. »(t.2, 486) Mais il avait un cruel besoin d'être reconnu par un entourage qui le jugeait comme la règle juge toujours l'exception : comme une erreur, comme quelque chose de laid ou de mal.
    Rousseau, on peut être en accord ou non avec ses idées, à mon avis, cela importe peu. Ce qu'il représente pour moi d'extraordinaire, c'est qu'il nous entraîne toujours à des considérations débordantes de bons sentiments, toujours belles et sincères et il me semble qu'on se doit de l'aimer. On le doit à ce que l'on a de meilleur en nous.
    Avec moi, il gagne donc son pari haut la main. Je n'ai aucun doute qu'il ait été un honnête homme, c'est-à-dire une entité imparfaite, mais perfectible et remplie de la meilleure des volontés et des plus beaux sentiments.
    Ceci dit, si je suis convaincu de cela, j'avoue que j'étais gagné d'avance par ses Discours, par son Émile, et surtout par son Héloïse!
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    • Livres 5.00/5
    Par BlackRadis, le 06 avril 2015

    BlackRadis
    Comme Montaigne dans les Essais, Jean-Jacques Rousseau jure de dire la vérité, toute la vérité.
    Jean-Jacques est né en 1712.
    Son père est d’un milieu modeste ce qui l’obligera à travailler comme horloger, sa mère est d’un milieu plus aisé.
    Ses parents se sont rencontrés très jeunes.
    J-J a un frère aîné.
    Sa mère qu’il admire et qui était une fine lettrée meurt en couche …
    Son premier malheur, elle qui aimait tendrement son père.
    Son père se remariera mais jamais il n’oubliera ce premier amour.
    A chaque fois qu’il en parle avec J-J, il pleure.
    Ce qui fera dire à J-J qu’en héritage il a eu ce cœur sensible.
    Ce sera son deuxième malheur.
    On apprend que J-J toute sa vie souffrira de rétention urinaire.
    Il raconte que ses premiers souvenirs arrivent en même temps que son apprentissage de la lecture.
    Celle-ci devient rapidement une passion qu’il partage avec son père : ils lisent souvent jusqu’au petit jour, oubliant de se coucher.
    A sept ans il découvre Molière, La Bruyère, Bossuet, Ovide mais a surtout une passion pour Plutarque.
    Il vit littéralement ses lectures, inquiétant même parfois ses proches quand il se prend pour un Grec ou un Romain.
    Il parle très brièvement de François, son frère aîné de sept ans qui a mal tourné, qu’il a peu connu et qui est parti vivre en Allemagne.
    Enfant sage, J-J a quand même pissé dans la marmite de la voisine…
    Il dit qu’on obtient plus d’un enfant par les sentiments que par l’autorité.
    Beaucoup d’éléments seront repris dans l’Emile…
    J-J relate la fessée donnée par Mlle Lambercier la sœur de son précepteur qui bien loin de le punir (ce qui était le but initial) lui fit découvrir ses premiers émois et conditionnèrent toute sa vie sentimentale (fort sage dit-il) qui suivit.
    J-J raconte un épisode où il fut accusé à tort d’avoir cassé un peigne.
    Il découvre alors ce qu’injustice veut dire.
    Cet épisode fera qu’il quitte sa pension sans trop de tristesse.
    Ensuite J-J glande un peu, on lui cherche une voie : on finit par choisir la pire pour lui, celle de procureur un métier pour lequel il n’est pas fait et duquel il est viré.
    On le met donc dans le monde du travail manuel : celui de graveur.
    Cette vie aurait pu lui plaire et son destin transformé si son patron n’avait pas été si exécrable.
    Face à toutes ces violences et injustices, il se met à voler (des fruits).
    J-J parle de son rapport à l’argent : il n’aime pas dépenser car il a peu de besoin et quand il dépense il ne le fait pas de façon ostentatoire comme le radin mais de façon honteuse.
    J-J a seize ans, il rencontre Me de Warrens : c’est le coup de foudre.
    Encore une fois, ce n’est pas la modestie qui l’étouffe car il n’hésite pas à dire qu’il chantait admirablement et qu’il avait un physique avenant bien qu’il n’en faisait pas usage.
    Jean-Jacques s’attendait à une vieille bigote et il tombe sur une bombe latine (d’après sa description).
    Elle a quatorze ans de plus que notre J-J.
    Elle est catholique depuis un an et demi.
    Vient un événement très important dans la vie de J-J l’épisode dit du ruban.
    Résumons l’affaire : J-J vole un ruban et fait croire que c’est une domestique qui a fait le coup.
    Devant toute une assemblée, il confirmera son accusation bien qu’imaginant les pires sanctions pour celle qu’il accuse à tort.
    Quarante ans plus tard il s’en veut encore et n’a qu’une explication : d’abord il a choisi de nommer la servante car c’est le premier nom qui lui est venu (car il l’aimait bien et que le ruban était pour elle !), ensuite la honte devant toute une assemblée de se déjuger fait qu’il va camper sur cette position.
    Suite à cette histoire il se met à haïr le mensonge…
    Il rencontre ensuite le vicaire savoyard que l’on retrouve dans l’Emile et qui va lui dégonflé le melon (il s’y croit un peu depuis qu’il a lu Plutarque).
    Puis après quelques péripéties c’est le retour auprès de sa chère Me De Warens.
    Elle l’appelle « petit », il l’appelle « maman ».
    On sent de la part de J-J un amour infini, il lui pardonne tout, accepte tous les travaux pour elle.
    Me de Warens est par exemple très avide de drogue…Il lui en prépare (lui qui déteste la médecine).
    J-J explique qu’il a un tempérament ardent mais les idées lentes.
    « Je ferai une assez jolie conversation par la poste ».
    Cet esprit lent, fait qu’il écrit difficilement ( !) et qu’il peut-être gaffeur dans ses conversations.
    Plus ça va et plus J-J s’intéresse à la musique….
    I« Si je n’aime pas à vivre parmi les hommes, c’est moins ma faute que la leur… » Ça c’est tout J-J…
    Me de Warens se décide à lui apprendre les choses de l’amour….
    Loin de lui faire plaisir cette idée, malgré son amour pour Maman, le dégoûte un peu…
    Il l’aime trop pense-t-il…
    Le premier amant de Me de Warens est son professeur de philosophie…Il la persuade que tout cela n’est que balivernes (l’amour conjugal).
    Elle enchaîne les amants car pense J-J tout cela ne l’intéresse pas beaucoup et qu’elle n’en fait pas très grand cas…
    Après avoir joué aux apprentis chimistes, Rousseau a failli mourir (il a même rédigé son testament, il a vingt-cinq ans).
    La santé de J-J s’est dégradé au point qu’il revoit sa position sur Dieu…avec plus de sérieux, il aura désormais toute sa vie une santé fragile au point d’être obligé de boire de l’eau…
    J-J parle de sa nouvelle maîtresse avec qui il a du goût Me de Larnage.
    Le livre se termine où après avoir été remplacé chez Me De Warens, il exécute une année de précepteur sans succès (il manque de patience) et finalement repart sur les routes avec un nouveau système de musique révolutionnaire…
    Voilà la fin de ses jeunes années…
    J’ai oublié de dire que J-J adore les animaux : les chats, les chiens, les oiseaux mais aussi les abeilles….précurseur dans beaucoup de domaine il serait, d’après Michel Onfray, végétarien…
    Avant son accident, il semble pourtant faire «bombance»….
    Mégalo, sensible, intelligent, naïf voici comment se présente ce futur grand penseur.
    Son écriture est formidable, c’est un grand livre autobiographique qui donne beaucoup de clefs pour comprendre l’œuvre ultérieur de J-J : pas étonnant qu’un psychanalyste comme J-B Pontalis l’adorait aussi.
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    • Livres 5.00/5
    Par michfred, le 26 février 2015

    michfred
    "Le moi est haïssable" disait Pascal.
    Cela n'a semble-t-il pas empêché Jean Jacques de se lancer intrépidement dans la première autobiographie, digne de ce nom, autocentrée et intimiste, de notre littérature.
    Elle en agace plus d'un par son exhibitionnisme-au propre et au figuré :JJ a en effet exhibé plus que sa souffrance de persécuté, et il s'en vante ingénument!
    Car il y a autant d'ingénuité que de rouerie, autant de sincérité que de mensonge dans ces Confessions- et c'est ce qui rend ce livre passionnant, énervant, délicieux et insupportable à la fois!
    Que ce soient les pages solaires et coquines des cerises, celles plus troubles mais bien croquignolettes de la fessée, les faux remords du ruban volé, les vrais silences des enfants mis à l'assistance publique, les amours aussi opportunistes que torrides avec "Maman", Mme de Warens, la protectrice -et-plus-si-affinités, la recherche éperdue d'un ami qui ne soit ni un sot, ni un envieux, ni un rival...et avec qui se brouiller est l'activité la plus répandue.- il y a tout et son contraire dans Les confessions.
    Il faut ajouter que le fil du récit devient d'un tome à l'autre plus difficile à suivre: J.J. est réellement persécuté dans sa vie littéraire et civile, et le processus d'auto-justification dans lequel il s'est lancé avec ce livre, et qui se contaminera bientôt à tous les autres, le jette en pâture à la détestation..
    Alors il devient de plus en plus parano...et on a du mal à suivre qui est encore son ami, qui ne l'est plus, qui le redevient (plus rare!) Après Voltaire, l'ennemi incarné, si mondain, si rapide, si cruel, il se brouille avec les Grimm, avec Diderot...il perd ses protecteurs, son gîte, son couvert...
    Mais c'est qu'il aime vagabonder, aussi- voyager à la cloche de bois, comme un bohémien: c'est un fugueur depuis la petite enfance où il quitte Genève, son père et son frère...pour courir les routes et l'aventure.
    Ce touche-à-tout de génie, ce grand autodidacte, -avec Diderot le premier "prolétaire" de notre littérature- est aussi un joyeux escroc: il faut relire les pages hilarantes de sa première tentative d' "opéra"- cacophonique et catastrophique! Lui-même en rit encore!
    Un livre magnifique avec tous ses défauts- ou plutôt à cause d'eux!
    S'il vous agace trop, faites un tour du côté de l'essai de Philippe Lejeune, Le pacte autobiographique, ou du côté de Starobinski, La transparence et l'obstacle: je suis sûre qu'ils vous rendront moins sévère, tout attendri et mieux disposé à sa découverte!
    Sacré Jean-Jacques, humain, trop humain, et génial, si génial!
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    • Livres 3.00/5
    Par bina, le 14 octobre 2012

    bina
    Les confessions, T2, Jean-Jacques Rousseau.
    Voici enfin ma critique pour le deuxième tome des Confessions. La lecture a été plus laborieuse, et le contexte de lecture plus difficile pour me concentrer. J'avais apprécié dans le premier volume la découverte de la personnalité de Jean-Jacques Rousseau, la construction de sa personnalité, mais avec le tome 2, je trouve qu'il évolue vers davantage de paranoïa, sans que je puisse me rendre compte si elle est vraiment justifiée.
    Il est victime de la trahison de ses amis, de calomnies, de médisances. Il cherche donc continuellement à se justifier, en rétablissant l'exactitude, à ses yeux, de certains faits.
    Ses écrits, comme Le Contrat social, ou l'Emile, sont prétextes à de nouvelles persécutions, plus sérieuses. Menacé d'arrestation, il doit fuir à l'étranger. Une succession de refuges s'enchaîne, dont une petite île près de Neuchâtel. Il la décrira longuement dans Les rêveries d'un promeneur solitaire. Il va poursuivre sa vie vagabonde en Angleterre, près de Hume (avec qui il va finir par se fâcher), puis de retour en France, à proximité de Gisors, puis de Lyon, puis retour sur Paris. L'émulation intellectuelle de la capitale lui convient. Mais la lecture publique de ses Confessions dans des salons littéraires et mondains entraine une nouvelle interdiction de publication. Les philosophes craignent des révélations qui nuiraient à leur réputation.
    Le T2 sera finalement publié à titre posthume.
    J'ajoute quelques précisions après des recherches et des lectures complémentaires:
    Le genre des ''mémoires'' s'inscrit dans l'Histoire, mais chez Rousseau, l'objet des Confessions n'est plus l'extérieur mais l'être intérieur en privilégiant le regard introspectif, la description du moi, saisissant ses mouvements les plus intimes. ''Je puis faire des omissions dans les faits (...) mais je ne puis me tromper sur ce que j'ai senti ni sur ce que mes sentiments m'ont fait faire''. Et cet écrit à valeur de bilan, puisqu'il est écrit lorsque sa vie est derrière lui. c'est une enquête de l'auteur sur lui-même.
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    • Livres 5.00/5
    Par Alvano, le 04 avril 2015

    Alvano
    Cet auteur incroyable qu'est Jean Jacques Rousseau, m'a livré ici tout de lui-même, jusqu'à des faits qu'il faut oser raconter, notamment sa période exhibitionniste. Des recherches ont montré qu'il n'était peut-être pas aussi paranoïaque qu'on l'a décrit, mais bel et bien surveillé. Je n'y vois pas quant à moi, tant de paranoïa. Je vois surtout un homme qui ne sait pas communiquer, avec lequel ses amis communiquent très mal également.
    Je vois un homme qui ne réfléchit pas assez, qui pratique une sorte d'autisme social, sans même imaginer que ses amis ont aussi un cœur et peuvent en être blessés. Dans cette jouissance, cette immédiateté qu'il a de vivre toute chose avec son cœur, ou son instinct plutôt, il finit par croire qu'il est le seul à éprouver des sentiments et à aucun moment, il ne comprend que les autres puissent être guidés par un sentiment tout aussi fort, mais contraire au sien.
    L'abandon de ses enfants, est pour moi la cause majeure de son malaise, peut-être même de ses conflits avec ses amis. Il élude la question, mais il est tout à fait naïf de ne pas imaginer que chacun en parle quand il a le dos tourné. Lui qui analysait tant les hommes, fait preuve d'une "gaucherie incroyable", selon son expression. Car bien entendu en abandonnant ses enfants - ce que je trouve épouvantable - il s'est blessé lui-même, a peut-être détruit leur vie, mais surtout il a détruit la vie de cette femme simple qu'il aimait, au motif qu'elle était de trop basse extraction pour les élever, en somme ... Donc en contradiction totale avec les principes philosophiques qu'il défend par la suite. Bien sûr cela a de quoi choquer ses amis, car il se montre là d'un égoïsme absolu et révèle aussi un mépris de classe nauséabond.
    En tant que lecteur, il me demande au travers de ses confessions, mon pardon, si ce manuscrit passe à travers les siècles. Je le lui accorde volontiers, même si ce n'est pas à moi d'en décider. La première partie est tellement sublime. Un tel auteur, pour moi est pardonné de tout, pour peu qu'il se pardonne lui-même. J'ai tant d'admiration pour lui, que j'aurais souhaité que jamais il ne fasse la bêtise d'abandonner ses enfants. J'aurais souhaité être son ami moi-même, pour communiquer moins bêtement que ne le fit Diderot. Le parisianisme que Rousseau dénonce, existe, je l'ai vécu et il a pu fortement le dévoyer. Un livre merveilleux d'un auteur français qui n'a pas d'égal. Je le confesse moi aussi : il fut mon modèle et reste placé sur un piédestal, dans mon panthéon personnel.
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Citations et extraits

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  • Par Oumma, le 05 juillet 2010

    je sens mon coeur et je connais les hommes. je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre...

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  • Par ladyoga, le 15 septembre 2013

    Ici commence le court bonheur de ma vie ; ici viennent les paisibles mais rapides moments qui m’ont donné le droit de dire que j’ai vécu. Moments précieux et si regrettés ! ah ! recommencez pour moi votre aimable cours ; coulez plus lentement dans mon souvenir, s’il est possible, que vous ne fîtes réellement dans votre fugitive succession. Comment ferai-je pour prolonger à mon gré ce récit si touchant et si simple, pour redire toujours les mêmes choses, et n’ennuyer pas plus mes lecteurs en les répétant, que je ne m’ennuyais moi-même en les recommençant sans cesse ? Encore si tout cela consistait en faits, en actions, en paroles, je pourrais le décrire et le rendre en quelque façon ; mais comment dire ce qui n’était ni dit ni fait, ni pensé même, mais goûté, mais senti, sans que je puisse énoncer d’autre objet de mon bonheur que ce sentiment même ? Je me levais avec le soleil, et j’étais heureux ; je me promenais, et j’étais heureux ; je voyais maman, et j’étais heureux ; je la quittais, et j’étais heureux ; je parcourais les bois, les coteaux, j’errais dans les vallons, je lisais, j’étais oisif, je travaillais au jardin, je cueillais les fruits, j’aidais au ménage, et le bonheur me suivait partout : il n’était dans aucune chose assignable, il était tout en moi-même, il ne pouvait me quitter un seul instant.
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  • Par Megh, le 05 avril 2010

    Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme.

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  • Par peloignon, le 09 janvier 2013

    [J]’ai toujours cru qu’on ne pouvait prendre un intérêt si vif à l’Héloïse sans avoir ce sixième sens, ce sens moral, dont si peu de cœurs sont doués, et sans lequel nul ne saurait entendre le mien.

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  • Par Chocapicduo, le 03 août 2012

    A force de querelles, de coups, de lectures dérobées et mal choisies, mon humeur devint taciturne, sauvage ; ma tête commençait à s'altérer, et je vivais en vrai loup-garou. Cependant si mon goût ne me préserva pas des livres plats et fades, mon bonheur me préserva des livres obscènes et licencieux : non que la Tribu, femme à tous égards très accommodante, se fît un scrupule de m'en prêter. Mais pour les faire valoir, elle me les nommait avec un air de mystère qui me forçait précisément à les refuser, tant par dégoût que par honte ; et le hasard seconda si bien mon humeur pudique, que j'avais plus de trente ans avant que j'eusse jeté les yeux sur aucun de ces dangereux livres qu'une belle dame de par le monde trouve incommode, en ce qu'on ne peut, dit-elle, les lire que d'une main.
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