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Gérard Mairet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253067245
Éditeur : Le Livre de Poche (1996)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.57/5 (sur 277 notes)
Résumé :
Paru en 1755, le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l'oeuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l'originalité de sa voix, la force de son "système".
Résoudre le problème posé par l'Académie de Dijon - "quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?" -, en d'autres termes expliquer que riches... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
keria31
21 mai 2015
  • 5/ 5
Mon livre de philosophie préféré !
Voilà un ouvrage qui en son temps ne pouvait que faire parler de lui et qui a dû faire scandale auprès d'une partie de l'opinion : celle des conformistes, des monarchistes et des nobles.
Que fait en effet Rousseau ? Si ce n'est de démontrer le caractère injuste de sa propre société en s'appuyant sur un solide sens du raisonnement. Pour cela, il remonte, sur seulement une 100aine de pages, toute l'histoire des hommes pour démonter les ressorts complexes qui ont présidé à l'établissement des premières sociétés : celles d'un groupe comme celui de la famille, d'un village ou d'un Etat. Et avec le développement de ces formations s'est accrue la perception des inégalités qui selon Rousseau, existe à l'état de nature mais n'a cessé de s'amplifié avec celui de l'état social. Car les lois, selon lui, ne sont que le fruit d'une usurpation faite par un groupe d'hommes (plus malins et influents) pour consolider leurs acquis (née de l'invention de la propriété). Ce sont elles qui, certes, établissent l'ordre dans un groupe en proie aux conflits mais ce sont elles, surtout, qui maintiennent la sécurité et la stabilité de ceux qui possèdent. D'où l'écart qui se creuse dans les inégalités, entre ceux qui cumulent les possessions (la terre, les richesses et autres avantages : rang, notoriété, privilèges) et ceux qui ont beaucoup moins et qui deviennent de plus en plus nombreux. Autrement dit, ce qui est premièrement légal n'est pas juste car fondé, d'abord, sur un désir de puissance (celui de posséder) et non sur la raison. Quelle critique sociale et quelle désacralisation du pouvoir politique !
Cet ouvrage, on le sait, annonce celui qui va suivre :"Le contrat social" où Rousseau tente de répondre à cette question qui le turlupine (Comment créer un ordre social moins inégal ?) : ainsi naît la notion de volonté générale (dont on peut trouver un équivalent à celle d'intérêt général) qui posera les bases de notre république démocratique future. Ceci dit, c'est un livre à lire comme l'ébauche (et non la constitution) d'un régime politique qui mérite d'être approfondie.
Bref, j'admire le tour de force d'un esprit qui a su se poser des questions cruciales sur sa société et qui en démontent les rouages presque comme un scientifique. Pour sûr, il est le philosophe des Lumières qui a poussé plus loin la réflexion sur la critique sociale dont s'inspirera beaucoup La Révolution.
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Aela
16 février 2011
En 1753, l'Académie de Dijon met au concours le problème suivant :"Quelle est l'origine de l'inégalité des conditions parmi les hommes?" Rousseau reconstitue l'histoire humaine pour identifier le moment fatal, celui où les hommes abandonnent l'état de nature et découvrent la vie en société.
Il nous dresse le portrait de l'homme "originel" (le "bon sauvage") qui vit en symbiose avec la nature, et qui va être pris par la spirale infernale de l'agriculture, la métallurgie ensuite; Ces deux étapes dans le développement de l'homme vont attiser les passions et la violence, de même que l'instinct de propriété d'où découlent les inégalités.
Pour Rousseau, l'homme moderne est donc vitime du perfectionnement de ses facultés et des progrès de la vie en société.
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Pyrah
31 octobre 2013
  • 3/ 5
Ce "Discours" a été élaboré suite à une question proposée par l'Académie de Dijon à Jean-Jacques Rousseau, à savoir : quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes, et si elle est autorisée par la Loi naturelle.
Pour y répondre, Rousseau divise son "Discours" en deux parties qu'il accompagne de notes parfois laborieuses, chose qu'il reconnaît non sans humour car il propose au lecteur de ne pas les lire, ce qui n'empêche en rien la compréhension de l'oeuvre.
Une fois passé l'introduction, les notes, la bibliographie et la chronologie, il ne reste plus qu'une centaine de pages qui compose le vif du sujet. La première partie du "Discours" est centrée sur une comparaison classique entre l'Homme sauvage et l'Homme civilisé, puis entre Homme et Animaux. Rousseau met l'accent sur le fait que l'Homme, par sa capacité à vouloir, peut s'affranchir des principes fixés par la Nature, ce que ne peuvent pas faire les animaux. C'est la seconde partie qui répondra concrètement à la question posée. L'inégalité selon Rousseau, qui est propre au monde civilisé, proviendrait de l'apparition de la propriété et des évolutions qui en découlent. Deux phrases résument parfaitement le Discours, je me permets de les retranscrire tant elles sont significatives : "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire, ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d'écouter cet imposteur : vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne. [...] Il suit de cet exposé que l'inégalité étant presque nulle dans l'État de Nature, tire sa force et son accroissement du développement de nos facultés et des progrès de l'Esprit humain, et devient enfin stable et légitime par l'établissement de la propriété et des Lois."
En raison de sa faible longueur, le "Discours" sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes se lit assez rapidement et intéressera toute personne soucieuse d'enrichir sa culture personnelle.
Lien : http://serial-reader.over-bl..
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AmandineMM
11 août 2011
  • 3/ 5
J'ai trouvé intéressant de lire ce discours dont on entend certainement tous parler un jour et dont on lit souvent des extraits, mais rarement l'entièreté. Il est divisé en deux parties: dans la première, il développe longuement sa vision de l'homme naturel/primitif et dans la seconde, il explique comment cet homme est devenu l'homme civilisé de son époque (et aussi de la nôtre). J'ai préféré cette dernière partie, car moins "parasitée" par une série de notes de bas de page ajoutées par Rousseau ultérieurement lorsque son système était mieux établi (il justifie par des citations ce qu'il explique et réfute les critiques qu'on a pu lui faire. C'est intéressant, mais certaines notes sont si longues que j'en perdais le fil de ma lecture) et car comportant une certaine vision historique qui ne manque pas d'intérêt et me semble assez plausible.
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PiertyM
03 octobre 2013
Un livre facilement abordable avec des raisonnements des analyses qui évoluent progressivement avec syllogismes qui nous permettent par moment d'arriver à la même déduction que l'auteur. Plusieurs pistes ont été exploitées par Jean-Jacques Rousseau afin de parvenir à interpeller notre conscience sur la fausse rupture entre les valeurs des instincts et celle de la raison, la fausse rupture entre le naturel et le social.
Je me suis plongée dans cet univers de Rousseau, un bon voyage dans la pensée et on comprend mieux à présent ce qu'on ouï dire: Jean-Jacques Rousseau a dit l'homme est bon à l'étape naturel mais seule la société le déprave.
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Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
grisettegrisette08 juin 2010
Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique ; en un mot tant qu’ils ne s’appliquèrent qu’à des ouvrages qu’un seul pouvait faire, et qu’à des arts qui n’avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons, et heureux autant qu’ils pouvaient l’être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des douceurs d’un commerce indépendant : mais dès l’instant qu’un homme eut besoin du secours d’un autre ; dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire, et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons.

La métallurgie et l’agriculture furent les deux arts dont l’invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c’est l’or et l’argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain ; aussi l’un et l’autre étaient-ils inconnus aux sauvages de l’Amérique qui pour cela sont toujours demeurés tels ; les autres peuples semblent même être restés barbares tant qu’ils ont pratiqué l’un de ces arts sans l’autre ; et l’une des meilleures raisons peut-être pourquoi l’Europe a été, sinon plus tôt, du moins plus constamment, et mieux policée que les autres parties du monde, c’est qu’elle est à la fois la plus abondante en fer et la plus fertile en blé.
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hema6hema615 février 2011
L'amour de soi-même est un sentiment naturel qui porte tout animal à veiller à sa propre conservation et qui dirigé dans l'homme par la raison et modifié par la pitié, produit l'humanité et la vertu.
L'amour propre n'est qu'un sentiment relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de cas de soi que de tout autre, qui inspire aux hommes tous les maux qu'ils se font mutuellement et qui est la véritable source de l'honneur.
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keria31keria3121 mai 2015
La conclusion du discours :

"Il suit de cet exposé que l'inégalité, étant presque nulle dans l'état de nature, tire sa force et son accroissement...des progrès de l'esprit humain et devient enfin stable et légitime par l'établissement de la propriété et des lois."

"...puisqu'il est manifestement contre la loi de nature...qu'une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire."
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hema6hema615 février 2011
A force de voir, on ne peut plus se passer de voir encore. Un sentiment tendre et doux s'insinue dans l'âme, et par la moindre opposition devient une fureur impétueuse : la jalousie s'éveille avec l'amour ; la discorde triomphe et la plus douce des passions reçoit des sacrifices de sang humain.
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hema6hema614 février 2011
Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux en comblant le fossé, eût crié à ses semblables ; Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne.
Commenter  J’apprécie          80
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