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Bruno Bernardi (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080710583
Éditeur : Flammarion (2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.46/5 (sur 411 notes)
Résumé :
Qu'est-ce que le citoyen attend ou devrait attendre de l'État en échange de l'obéissance à ses lois? Le propos de Jean-Jacques Rousseau dans son "Contrat social", publié en 1762, est de déduire la forme constitutionnelle de l'État légitime, la "République." L'ouvrage expose à la fois les grands principes de cette République et les raisons qui en font une réalité historique condamnée à disparaître. À l'heure où il écrit, Rousseau, tourné vers le modèle des cités anti... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
kristolikid
kristolikid01 janvier 2013
  • Livres 3.00/5
Livre très intéressant. Je regrette que l'édition choisie soit si fournie en notes qui, si elles éclairent la pensée de Rousseau, nuisent au rythme et finalement à la dynamique du propos.
Un résumé à ma sauce de la première partie de l'ouvrage :
Rousseau remarque que lorsque l'homme sort de l'état de nature, ses passions grandissent, et sa capacité à se conserver individuellement diminue. Spontanément les hommes cherchent alors à mettre en commun leurs forces individuelles. Ce transfert de l'instinct de conservation individuel vers une association commune qui défende plus efficacement les intérêts particuliers, Rousseau l'exprime comme suit : « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ».
La question que pose alors Rousseau est : comment fonder cette autorité légitime parmi les hommes ? Il commence par écarter 3 types d'autorité qui disconviennent à l'ambition d'en établir une légitime :
- d'abord, il rejette l'idée qu'il existe une autorité naturelle entre les hommes ; aucun ordre dans la nature ne justifie l'asservissement de certains hommes par d'autres,
- ensuite, c'est l'argument de la force qui est rejeté ; l'usage de la force par le Prince sur son peuple ne produit aucun droit,
- enfin, Rousseau repousse l'idée d'un pacte de soumission entre un peuple et son souverain ; la liberté des sujets ne peut s'échanger contre leur subsistance, leur sécurité ou leur vie.
Pour fonder cette autorité légitime, le peuple doit donc établir des conventions. Ces conventions forment le Pacte social. Il se doit d'articuler entre eux intérêt privé et intérêt commun –l'objet de ce dernier sera nommée « volonté générale ».
A cet égard, il rappelle que c'est ce qu'il y a de commun dans les intérêts particuliers qui fonde le lien social. D'autre part, cet instant où le peuple s'associe est aussi un tournant de son évolution où il doit apprendre à définir son intérêt particulier non plus selon l'ordre des passions mais selon celui de la raison. Ainsi Rousseau écrit : « Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa liberté naturelle », c'est-à-dire l'état de l'animal « stupide et borné » pour devenir un « être intelligent et un homme ». La liberté naturelle qui est perdue est compensée par l'acquisition d'une nouvelle conscience plus avantageuse.
Ainsi, « au lieu de détruire l'égalité naturelle, le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d'inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit ». Principe qui préfigure l'esprit de l'établissement, quelques décennies plus tard, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Ainsi confortée la légitimité de la volonté générale, Rousseau précise que celle-ci n'a pas besoin d'être toujours unanime tant que toutes les voix sont prises en compte. Ce qui généralise la volonté est l'intérêt commun qui unit les voix. le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tous ses membres. Ce pouvoir dirigé par la volonté générale se nomme souveraineté.
Un acte de souveraineté c'est une convention :
- légitime (car sa base est le contrat social),
- équitable (car commune à tous),
- utile (car son objet est le bien général),
- solide (car la force publique est son garant).
Tant que la convention reste ainsi établie, elle garantit à ses sujets qu'ils n'obéissent à personne sinon à leur propre volonté. Si le pouvoir souverain dépasse les bornes des conventions générales, il ne peut que se disqualifier. A l'inverse, la loi étant la déclaration de la volonté générale, elle ne se peut être injuste.
Rousseau pose alors l'ultime problème relatif à l'établissement de la législation : « Comment une multitude aveugle qui souvent ne sait ce qu'elle veut, parce qu'elle sait rarement ce qui lui est bon, exécuterait d'elle-même une entreprise aussi grande aussi difficile qu'un système de législation ? » L'auteur fait alors émerger la figure du Législateur et en détaille les qualités. « le Législateur est à tous égards un homme extraordinaire dans l'Etat. S'il doit l'être par son génie, il ne l'est pas moins par son emploi. » En effet, il n'aura jamais vocation a être magistrats ou souverain, pour éviter tout conflit entre l'établissement des lois et leur exercice. « Si celui qui commande aux hommes, ne doit pas commander aux lois, celui qui commande aux lois ne doit pas non plus commander aux hommes ; autrement ses lois, ministres de ses passions, ne feraient souvent que perpétuer ses injustices, et jamais il ne pourrait éviter que des vues particulières n'altérassent la sainteté de son ouvrage ».
Pour l'établissement du gouvernement Rousseau reprend cette contradiction entre l'ordre demandé par la volonté général et celui de l'ordre naturel. Ce dernier classant par ordre d'importance, volonté générale / volonté de corps / volonté particulière. Ce qui est l'ordre strictement inverse à ce qu'exige l'ordre social. La constitution du gouvernement devra donc prendre en compte ce fait pour garantir un ordre social juste, en séparant les pouvoirs, accordant pour des durées limitées l'exercice des charges d'Etat, etc. soient des systèmes de contrôle pour éviter que les représentants de l'Etat détournent les efforts du gouvernement de leur but collectif.
Un livre à relire, dont les notions et leur articulation ne sont pas si évidentes qu'il me semblait de prime abord.
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bina
bina29 juin 2012
  • Livres 4.00/5
Du contrat social est une oeuvre de philosophie politique qui établit la nécessité d'un pacte entre les citoyens pour que l'organisation sociale d'un état soit juste. Ainsi, chacun renonce à sa liberté naturelle pour obtenir une liberté civile. C'est la base de la souveraineté populaire. Ce contrat apparait comme le signe d'un état social, contre l'état de nature.
Qu'est ce que l'état de nature? On le retrouve parfois développé avec le mythe du bon sauvage. Nature et sauvage vont bien ensemble. L'état de nature est donc ce qu'est l'homme, auquel on soustrait ce que lui a apporté la société.
Pour Rousseau, le contrat social est à la base de la démocratie. Il n'y a plus d'intérêt particulier. Si quelqu'un veut prendre le dessus, il fait ressortir un intérêt particulier, c'en est alors fini du pacte.
Ce pacte est à l'origine de la naissance du corps politique, avec le peuple qui légifie. Comme l'intérêt général est pris en compte, c'est donc l'intérêt public qui gouverne.
Une fois posés ces principes, Jean-Jacques Rousseau s'intéresse aux différents types de gouvernements (démocratie, monarchie, aristocratie). Il pose leur origine, les caractéristiques, les points positifs ou négatifs, afin de voir si le pacte social peut s'appliquer à ces régimes.
Cette lecture m'a permis de replonger dans une lecture de lycée, que j'ai abordée avec plus de maturité qu'il y a 17 ans. Mais cette fois, la compréhension en était plus facile.
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hove
hove20 juillet 2011
  • Livres 4.00/5
Du contrat social est une réflexion philosophique abstraite sur la politique. Rousseau développe méthodiquement un certain nombre de principes pour aboutir à un projet fondamental : « unifier dans l'individu le particulier et l'universel ». le contrat social a été écrit avant la révolution française de 1789, dans un contexte difficile où règne la monarchie absolue (Louis XV). L'oeuvre est interdite dès la parution et n'aura pas le temps de se populariser. Ce n'est qu'après la révolution, une fois que le corps visible de la nation devient le peuple et non plus un Roi que l'on prendra conscience de la portée de l'oeuvre et de la justesse de la réflexion. En effet, la théorie rousseauiste qui considère l'individu comme « membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l'Etat envers le souverain » donne pour la première fois à l'individu la place qu'il mérite. L'auteur dresse au fil des quatre livres, certes courts mais très abstraits et de ce fait nécessitant une grande concentration et l'éclairante aide de notes explicatives, le rôle du peuple, du souverain, des différentes formes de gouvernements et des représentants. Si les bases de nos républiques doivent beaucoup à ce texte on se dit qu'irrémédiablement le contrat social de Rousseau où « chacun fait à soi-même la volonté d'obéir à la volonté générale » est à bien des égards le rêve d'une société et d'un système politique qui n'est malheureusement pas près de voir le jour. Oeuvre évidente, importante, intemporelle.
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lecteur84
lecteur8407 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Rousseau pense la société non pas par rapport à la force du dominant mais par l'association des forces individuelles, qui vont concourir au maintien de la cohésion sociale. La force ne fait pas le droit...Les lois et principes doivent être acceptés par tous pour le bien de tous. Pour lui le corps politique est composé d'individus libres autonomes et égaux en droit, qui participent directement aux affaires de l'état et qui forment le peuple souverain. Il garde une certaine méfiance face à l'exécutif, il est plus tourné vers le fédéralisme, pour lui le bicamérisme ne doit pas être interdépendant. C'est la grande différence entre Montesquieu et lui l'un est pour la souveraineté nationale et l'autre populaire...
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Bchara
Bchara22 avril 2016
  • Livres 3.00/5
"Le contrat social" de Rousseau, un livre considéré comme essentiel dans l'histoire des idées: enfin, je l'ai lu, plus par acquis de conscience que par curiosité, cependant.
L'édition que j'ai lue, comprend un avant-propos, un commentaire et des notes par Gérard Mairet; or ce qui est étonnant, est que cet auteur consacre la plus grande partie de sa glose à parler de Bodin et de sa théorie de la souveraineté. Ce qui laisse chez le lecteur l'impression que Rousseau n'a fait qu'ajouter la cerise à un gateau déjà préparé par Bodin. Ce dernier avait déjà, au 16e siècle, degagé la théorie de la Souveraineté comme définition de l'Etat, l'avait distinguée du Gouvernement, et l'avait rendue exercée soit par le peuple (idée qu'il écarte) soit par le Roi (idée qu'il retient). Rousseau a retenu l'idée de Souveraineté exercée par le peuple, et l'a fondée par l'idée d'un Pacte social entre les individus du peuple (citoyens), créant par là un peuple "personne morale". A noter que l'idée d'un contrat social elle-même n'est pas nouvelle, Hobbes l'avait proposée, mais en faisant un contrat entre le peuple et le Prince.
De manière générale, il est intéressant de lire ce que pensaient les philosophes du 17e siècle de la politique, la terminologie qu'ils utilisaient, et de voir comment les libres esprits argumentaient contre les idées en vigueur en leurs temps.
Mais c'est également intéressant de constater l'injustice dans la mémoire réservée aux penseurs. Rousseau est porté aux nues, Bodin est inconnu des non-specialistes (tel que moi, avant de lire le livre).
Il me parait que la construction politique de Rousseau s'éloigne un peu du réalisme. Par exemple, il parait prendre comme exemple Rome (ce qui apparait encore plus nettement dans les derniers chapitres), ou le gouvernement de Genève (tel qu'il apparait dans la 6e lettre écrite de la montagne, incluse en annexes dans l'édition que j'ai lue). Or, ceci influe directement sa préférence pour la démocratie directe, irréalisable dans un Etat moderne.
En conclusion, d'une part, il y a un apport - un apport nouveau, tout de même - dans l'ouvrage de Rousseau, mais un apport en grande partie redevable aux pensées de Bodin (et Hobbes); et d'autre part, il y a une construction osée d'un Etat, satisfaisante en théorie, mais irréelle dans les faits.
Et comme le pragmatisme finit par toujours avoir le dessus, les systèmes modernes ont pris de Rousseau ce qui est réalisable; et l'expression "contrat social", tellement usitée par les politiciens ainsi que leurs contestataires, ne couvre plus les mêmes exactes notions voulues par Rousseau. du moins, telle est mon impression.
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Citations & extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
HevalHeval18 novembre 2014
Mieux l'Etat est constitué, plus les affaires publiques l'emportent sur les privées dans l'esprit des citoyens. Il y a même beaucoup moins d'affaires privées, parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. Dans une cité bien conduite chacun vole aux assemblées; sous un mauvais gouvernement nul n'aime à faire un pas pour s'y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s'y fait, qu'on prévoit que la volonté générale n'y dominera pas, et qu'enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pire. Sitôt que quelqu'un dit des affaires de l'Etat, que m'importe? on doit compter que l'Etat est perdu.
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ChriChri18 avril 2015
(livre III chapitre XV - Des Députés ou Réprésentants)
Sitôt que le service public cesse d'être la principale affaire des Citoyens, et qu'ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, L'Etat est déjà près de la ruine. Faut-il marcher au combat ? ils paient des troupes et restent chez eux ; faut-il aller au Conseil ? ils nomment des députés et restent chez eux. (...)
Dans un Etat vraiment libre les Citoyens font tout avec leurs bras et rien avec de l'argent : loin de payer pour s'exempter de leurs devoirs, ils paieraient pour les remplir eux-mêmes. Je suis loin des idées communes ; je crois les corvées moins contraires à la liberté que les taxes !
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juju2nicejuju2nice15 mai 2011
Aristote avait raison,mais il prenait l'effet pour la cause.Tout homme né dans l'esclavage nait pour l'esclavage,rien n'est plus certain.Les esclaves perdent tout dans leurs fers,jusqu'au désir d'en sortir:ils aiment leur servitude comme les compagnons d'Ulysse aimaient leur abrutissement.S'il y a donc des esclaves par nature c'est qu'il y a des esclaves contre nature.La force a fait les premiers esclaves,leur lâcheté les a perpétués.
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OrpheaOrphea06 février 2013
Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme ; et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté.
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aouatef79aouatef7911 juin 2015
Je terminerai ce chapitre et ce livre par une remarque qui doit servir de base à tout système social ;c ' est qu 'au lieu de détruire l ' égalité naturelle ,le pacte fondamental
substitue , au contraire ,une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu
mettre d ' inégalité physique entre les hommes ,et que , pouvant être inégaux en force ou en génie ,ils deviennent tous égaux par convention et de droit .
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Videos de Jean-Jacques Rousseau (26) Voir plusAjouter une vidéo
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