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Bruno Bernardi (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080710583
Éditeur : Flammarion (2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.44/5 (sur 438 notes)
Résumé :
Qu'est-ce que le citoyen attend ou devrait attendre de l'État en échange de l'obéissance à ses lois? Le propos de Jean-Jacques Rousseau dans son "Contrat social", publié en 1762, est de déduire la forme constitutionnelle de l'État légitime, la "République." L'ouvrage expose à la fois les grands principes de cette République et les raisons qui en font une réalité historique condamnée à disparaître. À l'heure où il écrit, Rousseau, tourné vers le modèle des cités anti... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
kristolikid
01 janvier 2013
  • 3/ 5
Livre très intéressant. Je regrette que l'édition choisie soit si fournie en notes qui, si elles éclairent la pensée de Rousseau, nuisent au rythme et finalement à la dynamique du propos.
Un résumé à ma sauce de la première partie de l'ouvrage :
Rousseau remarque que lorsque l'homme sort de l'état de nature, ses passions grandissent, et sa capacité à se conserver individuellement diminue. Spontanément les hommes cherchent alors à mettre en commun leurs forces individuelles. Ce transfert de l'instinct de conservation individuel vers une association commune qui défende plus efficacement les intérêts particuliers, Rousseau l'exprime comme suit : « Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ».
La question que pose alors Rousseau est : comment fonder cette autorité légitime parmi les hommes ? Il commence par écarter 3 types d'autorité qui disconviennent à l'ambition d'en établir une légitime :
- d'abord, il rejette l'idée qu'il existe une autorité naturelle entre les hommes ; aucun ordre dans la nature ne justifie l'asservissement de certains hommes par d'autres,
- ensuite, c'est l'argument de la force qui est rejeté ; l'usage de la force par le Prince sur son peuple ne produit aucun droit,
- enfin, Rousseau repousse l'idée d'un pacte de soumission entre un peuple et son souverain ; la liberté des sujets ne peut s'échanger contre leur subsistance, leur sécurité ou leur vie.
Pour fonder cette autorité légitime, le peuple doit donc établir des conventions. Ces conventions forment le Pacte social. Il se doit d'articuler entre eux intérêt privé et intérêt commun –l'objet de ce dernier sera nommée « volonté générale ».
A cet égard, il rappelle que c'est ce qu'il y a de commun dans les intérêts particuliers qui fonde le lien social. D'autre part, cet instant où le peuple s'associe est aussi un tournant de son évolution où il doit apprendre à définir son intérêt particulier non plus selon l'ordre des passions mais selon celui de la raison. Ainsi Rousseau écrit : « Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa liberté naturelle », c'est-à-dire l'état de l'animal « stupide et borné » pour devenir un « être intelligent et un homme ». La liberté naturelle qui est perdue est compensée par l'acquisition d'une nouvelle conscience plus avantageuse.
Ainsi, « au lieu de détruire l'égalité naturelle, le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d'inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit ». Principe qui préfigure l'esprit de l'établissement, quelques décennies plus tard, de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Ainsi confortée la légitimité de la volonté générale, Rousseau précise que celle-ci n'a pas besoin d'être toujours unanime tant que toutes les voix sont prises en compte. Ce qui généralise la volonté est l'intérêt commun qui unit les voix. le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tous ses membres. Ce pouvoir dirigé par la volonté générale se nomme souveraineté.
Un acte de souveraineté c'est une convention :
- légitime (car sa base est le contrat social),
- équitable (car commune à tous),
- utile (car son objet est le bien général),
- solide (car la force publique est son garant).
Tant que la convention reste ainsi établie, elle garantit à ses sujets qu'ils n'obéissent à personne sinon à leur propre volonté. Si le pouvoir souverain dépasse les bornes des conventions générales, il ne peut que se disqualifier. A l'inverse, la loi étant la déclaration de la volonté générale, elle ne se peut être injuste.
Rousseau pose alors l'ultime problème relatif à l'établissement de la législation : « Comment une multitude aveugle qui souvent ne sait ce qu'elle veut, parce qu'elle sait rarement ce qui lui est bon, exécuterait d'elle-même une entreprise aussi grande aussi difficile qu'un système de législation ? » L'auteur fait alors émerger la figure du Législateur et en détaille les qualités. « le Législateur est à tous égards un homme extraordinaire dans l'Etat. S'il doit l'être par son génie, il ne l'est pas moins par son emploi. » En effet, il n'aura jamais vocation a être magistrats ou souverain, pour éviter tout conflit entre l'établissement des lois et leur exercice. « Si celui qui commande aux hommes, ne doit pas commander aux lois, celui qui commande aux lois ne doit pas non plus commander aux hommes ; autrement ses lois, ministres de ses passions, ne feraient souvent que perpétuer ses injustices, et jamais il ne pourrait éviter que des vues particulières n'altérassent la sainteté de son ouvrage ».
Pour l'établissement du gouvernement Rousseau reprend cette contradiction entre l'ordre demandé par la volonté général et celui de l'ordre naturel. Ce dernier classant par ordre d'importance, volonté générale / volonté de corps / volonté particulière. Ce qui est l'ordre strictement inverse à ce qu'exige l'ordre social. La constitution du gouvernement devra donc prendre en compte ce fait pour garantir un ordre social juste, en séparant les pouvoirs, accordant pour des durées limitées l'exercice des charges d'Etat, etc. soient des systèmes de contrôle pour éviter que les représentants de l'Etat détournent les efforts du gouvernement de leur but collectif.
Un livre à relire, dont les notions et leur articulation ne sont pas si évidentes qu'il me semblait de prime abord.
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Pavlik
28 novembre 2016
  • 4/ 5
Stylistiquement assez pénible à lire...mais indéniablement indispensable à qui cherche à comprendre les fondements philosophiques de la république, telle qu'elle pensée en France.
Liberté, Egalité, Fraternité...Des deux premiers termes il est beaucoup question dans le Contrat Social. Tout y est ou presque : la séparation des pouvoirs, l'importance du pouvoir législatif, la laïcité (plutôt pêchu). Rousseau anticipe même des maux très actuels comme le "populisme" (affirmant que le peuple a toujours raison MAIS qu'il peut être amené à voter de mauvaises lois s'il est mal informé) ou l'influence possiblement négative des lobbys.
La base de la réflexion de Rousseau est l'homme à l'état de nature, qu'il ne faut pas envisager en termes historiques, ni rapprocher du mythe du bon sauvage...C'est avant tout un modèle théorique : c'est l'homme tel qu'il serait s'il n'était pas un être social. Un être pas encore déformé par la société mais également dont le potentiel n'est pas développé.
Rousseau énonce ainsi sa question : "Trouver une forme d'association par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant". Il y répond par le contrat social qui, pour fonctionner, suppose l'aliénation de chacun, à la communauté, de ses "droits naturels" (le droit de subvenir à ses besoins par ses propres moyens) en échange de droits civils, garantis par les lois, que l'individu promulguera en tant que citoyen. Ainsi si l'homme y perd sa liberté naturelle, il y gagne la liberté social ET l'égalité (puisque l'égalité en droit doit permettre d'effacer les différences innées).
Un texte vraiment cohérent, toujours moderne ( si ce n'est quelques passages comme par exemple la corrélation entre le type de territoire et le type de gouvernement). Néanmoins, un texte qui évoque un modèle implicitement basé sur la participation active des citoyens (pas encore des citoyennes, faut pas déconner) au vote et la qualité des débats politiques (donc du personnel politique).
Mr Rousseau aurait-il laissé des notes quelque part abordant ce qu'il faut faire quand on a (de moins en moins) l'un et l'autre, ou faudra-t-il se résoudre à compter sur notre imagination ?
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bina
29 juin 2012
  • 4/ 5
Du contrat social est une oeuvre de philosophie politique qui établit la nécessité d'un pacte entre les citoyens pour que l'organisation sociale d'un état soit juste. Ainsi, chacun renonce à sa liberté naturelle pour obtenir une liberté civile. C'est la base de la souveraineté populaire. Ce contrat apparait comme le signe d'un état social, contre l'état de nature.
Qu'est ce que l'état de nature? On le retrouve parfois développé avec le mythe du bon sauvage. Nature et sauvage vont bien ensemble. L'état de nature est donc ce qu'est l'homme, auquel on soustrait ce que lui a apporté la société.
Pour Rousseau, le contrat social est à la base de la démocratie. Il n'y a plus d'intérêt particulier. Si quelqu'un veut prendre le dessus, il fait ressortir un intérêt particulier, c'en est alors fini du pacte.
Ce pacte est à l'origine de la naissance du corps politique, avec le peuple qui légifie. Comme l'intérêt général est pris en compte, c'est donc l'intérêt public qui gouverne.
Une fois posés ces principes, Jean-Jacques Rousseau s'intéresse aux différents types de gouvernements (démocratie, monarchie, aristocratie). Il pose leur origine, les caractéristiques, les points positifs ou négatifs, afin de voir si le pacte social peut s'appliquer à ces régimes.
Cette lecture m'a permis de replonger dans une lecture de lycée, que j'ai abordée avec plus de maturité qu'il y a 17 ans. Mais cette fois, la compréhension en était plus facile.
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lecteur84
07 avril 2014
  • 4/ 5
Rousseau pense la société non pas par rapport à la force du dominant mais par l'association des forces individuelles, qui vont concourir au maintien de la cohésion sociale. La force ne fait pas le droit...Les lois et principes doivent être acceptés par tous pour le bien de tous. Pour lui le corps politique est composé d'individus libres autonomes et égaux en droit, qui participent directement aux affaires de l'état et qui forment le peuple souverain. Il garde une certaine méfiance face à l'exécutif, il est plus tourné vers le fédéralisme, pour lui le bicamérisme ne doit pas être interdépendant. C'est la grande différence entre Montesquieu et lui l'un est pour la souveraineté nationale et l'autre populaire...
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hove
20 juillet 2011
  • 4/ 5
Du contrat social est une réflexion philosophique abstraite sur la politique. Rousseau développe méthodiquement un certain nombre de principes pour aboutir à un projet fondamental : « unifier dans l'individu le particulier et l'universel ». le contrat social a été écrit avant la révolution française de 1789, dans un contexte difficile où règne la monarchie absolue (Louis XV). L'oeuvre est interdite dès la parution et n'aura pas le temps de se populariser. Ce n'est qu'après la révolution, une fois que le corps visible de la nation devient le peuple et non plus un Roi que l'on prendra conscience de la portée de l'oeuvre et de la justesse de la réflexion. En effet, la théorie rousseauiste qui considère l'individu comme « membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l'Etat envers le souverain » donne pour la première fois à l'individu la place qu'il mérite. L'auteur dresse au fil des quatre livres, certes courts mais très abstraits et de ce fait nécessitant une grande concentration et l'éclairante aide de notes explicatives, le rôle du peuple, du souverain, des différentes formes de gouvernements et des représentants. Si les bases de nos républiques doivent beaucoup à ce texte on se dit qu'irrémédiablement le contrat social de Rousseau où « chacun fait à soi-même la volonté d'obéir à la volonté générale » est à bien des égards le rêve d'une société et d'un système politique qui n'est malheureusement pas près de voir le jour. Oeuvre évidente, importante, intemporelle.
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Citations & extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik30 novembre 2016
Il n'y a qu'une seule loi qui par sa nature exige un consentement unanime. C'est le pacte social : car l'association civile est l'acte du monde le plus volontaire ; tout homme étant né libre et maître de lui-même, nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être, l'assujettir sans son aveu. Décider que le fils d'une esclave naît esclave, c'est décider qu'il ne naît pas homme.
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DonaSwannDonaSwann30 novembre 2016
Enfin quand l'Etat près de sa ruine ne subsiste plus que par une forme illusoire et vaine, que le lien social est rompu dans tous les coeurs, que le plus vil intérêt se pare effrontément de nom sacré du bien public ; alors la volonté générale devient muette, tous guidés par des motifs n'opérant pas plus comme citoyen que si l'Etat n'eût jamais existé, et l'on fait passer faussement sous le nom de lois des décrets iniques qui n'ont pour but que l'intérêt particulier. (livre III)
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PavlikPavlik28 novembre 2016
On pourrait sur ce qui précède ajouter à l'acquis de l'état civil la liberté morale, qui seule rend l'homme vraiment maître de lui ; car l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
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DonaSwannDonaSwann30 novembre 2016
Ce n'est pas qu'il y ait beaucoup de gouvernements établis durant ces orages ; mais alors ce sont ces gouvernements mêmes qui détruisent l'Etat. Les usurpateurs amènent ou choisissent toujours ces temps de trouble pour faire passer, à la faveur de l'effroi public, des lois que le peuple n'adopterait jamais de sang-froid. (livre II)
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PavlikPavlik24 novembre 2016
Ceux qui distinguent l'intolérance civile et l'intolérance théologique se trompent, à mon avis. Ces deux intolérances sont inséparables. Il est impossible de vivre en paix avec des gens qu'on croit damnés ; les aimer serait haïr Dieu qui les punit [...] Partout où l'intolérance théologique est admise, il est impossible qu'elle n'ait pas quelque effet civil ; et sitôt qu'elle en a, le souverain n'est plus souverain [...] Maintenant qu'il n'y a plus et qu'il ne peut y avoir de religion nationale exclusive, on doit tolérer toutes celles qui tolèrent les autres, autant que leur dogme n'ont rien de contraire aux devoirs du citoyen. Mais quiconque ose dire : Hors de l'église point de salut, doit être chassé de l'Etat.
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