Elle est issue d’un illustre clan de la plaine du Milieu. Dans ses veines coule le sang des plus hautes castes. Otage d’un capitaine de guerre, elle le suit à travers un pays ravagé, de champs de bataille en cités détruites jusqu’aux portes de la Cité Interdite, du trôn... > voir plus
Ce roman de Shan Sa nous transporte mille cinq cent ans en arrière, pour suivre les pas de deux personnages qui évoluent, séparés par une centaine d'années, dans les mêmes paysages d'une Chine instable. La Jeune Mère, noble, a été mariée très tôt à un officier roturier qui connaîtra une destinée surprenante. Shen Feng est un luthier pauvre mais talentueux. le lien qui noue leurs parcours est assez ténu, à l'image d'une histoire qui n'est pas sans longueurs et dont l'intérêt s'essouffle d'autant plus vite que le style de l'auteure manque de subtilité. Pourtant, l'idée de construire une histoire autour de l'instrument peu utilisé en Europe qu'est la cithare était originale, et donne un roman dépaysant. Mais cela ne suffit pas à retenir l'attention du lecteur pendant plus de trois cent pages, d'autant que la fin est très peu convaincante.
Toujours du fantastique, et de la poésie chez Shan Sa. Où l'on pénètre dans un monde de contes, de légendes de croyances tout à fait extraordinaire. Evidemment nous y retrouvons comme dans la plupart de ses romans, la guerre, les luttes intestines. L'histoire des différentes dynasties chinoises, des mondes différents, les esclaves et les maîtres, les gueux et les seigneurs. A côté de l'horreur des guerres la violence des mœurs, des nuages de soie, des senteurs et des couleurs, apportent la musique nécessaire qui fait de ce livre une épopée fantastique, irréelle.
Un peu de longueur tout de même dans la description des batailles, mais n'est ce point là un trait de l'impatience du lecteur occidental ??
Les histoires parallèles sont toujours aussi attirantes, et ces deux vies là à deux cents ans d'intervalle et quelques siècles avant J.C. comment s'étonner de l'imaginaire ?
J'aimerai écrire comme Shan Sa, son écriture est d'une grâce poétique et se lit naturellement, j'ai appris beaucoup sur l'histoire chinoise, j'ai hâte de la lire de nouveau
En 400, une jeune femme devient l'épouse forcée d'un guerrier qui finit Empereur. En 581, un jeune luthier lutte pour sa survie. Au milieu, une cithare de bois précieux qui sert de lien, entre les amitiés et les amours. Shan Sa écrit singulièrement, cela relève de l'histoire de la Chine et des combats des différents Empereurs. Cela relève également du roman d'amour, mais aussi du roman d'initiation.
Et enfin, il y a l'onirisme. C'est froid comme un regard chinois mais une tendresse court dans ce roman, le sel d'une vie.
Mourir ? Vivre ? Tout cela lui est égal. La tristesse l'accable, mais la jeune mère sourit. Elle cesse de se débattre. Portée par une douce chaleur, elle monte vers un autre monde, un monde meilleur.
Dans les arbres, les oiseaux ignorent la guerre et chantent gaiement. La jeune mère cligne des yeux et ouvre des paupières lourdes. On lui tend un enfant ridé emmailloté dans des bouts de tissu arraché des robes. Elle s'aperçoit alors que les cris de oiseaux sont en réalité les pleurs du bébé dont elle vient d'accoucher.
L'aube pénètre dans l'étable et se répand comme une rivière de lait. Elle s'étonne que chagrin, douleur, peur se soient effacés à son réveil. La vie lui révèle enfin la joie de la femme. Une sensation légère et vibrante qui ne ressemble en rien à ce qu'elle a goûté autrefois. Come une tasse de thé après une longue chevauchée, comme la première fleur de printemps que l'on trouve au bord du chemin. Une paix douce et flottante caresse ses joues et détend ses membres fatigués.
...Contrairement aux sheng, xiao, di, pipa, ruan, aux autres instruments à vent, à cordes pincées et aux percussions, la cithare ne trouve pas sa place dans un orchestre. Elle fuit la foule et refuse d'être entendue par le vulgaire. La cithare est le commencement de l'homme et non pas l'ornement de son talent. La cithare ne distrait pas, elle réfléchit. Un lettré joue de la cithare pour lui-même, loin de la société. La cithare façonne la raison, purifie le coeur, raffine le goût, forge le tempérament, change la personnalité. Le plaisir qu'elle procure est modéré, car il est indescriptible et insaisissable. Ce n'est pas l'ivresse du faste, ni l'émotion de la mélodie, ni l'exubérance de la danse, ni la ferveur des prières...