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> Pierre Ménard (Traducteur)

ISBN : 2081209071
Éditeur : Flammarion (2008)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Pour la jeune Pivoine, recluse dans les appartements des femmes et promise à un mari qu'elle n'a jamais rencontré, la vie est monotone.
Aussi, lorsque dans les jardins de la famille Chen, parmi les senteurs de gingembre, de thé vert et de jasmin, une troupe de th... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 14 janvier 2012

    LiliGalipette
    À quelques mois de se marier, Pivoine obtient la permission de son père d'assister à une représentation de son opéra favori, Le Pavillon des Pivoines. Cette œuvre est largement déconseillée aux jeunes filles chez qui elle est censée provoquer un mal d'amour fatal. Lors de la représentation, Pivoine s'éprend d'un jeune et beau poète. Mais elle est depuis son enfance promise à un époux qu'elle ne connaît pas. Toute la passion découverte dans l'opéra transcende Pivoine qui finit par mourir d'amour alors que le bonheur était à portée de sa main. « L'amour pouvait-il être assez fort pour survivre à la mort – non seulement une fois, mais à trois reprises ? « (p. 53)
    Mal honorée par sa famille, Pivoine devient un fantôme errant. Toujours pleine d'amour pour son poète, Ren, elle décide de prendre en main son bonheur en accompagnant ses épouses successives. Et surtout, à travers elles et en devenant leur « sœur-épouse » elle espère que son grand projet de commentaire du Pavillon des Pivoines verra le jour. Les années passant, elle attend aussi que quelqu'un achève le rituel qui lui permettra d'accéder au rang d'ancêtre et achèvera ainsi sa longue et misérable errance.
    Ce roman propose une réflexion assez intéressante sur l'éducation des filles : faut-il les former aux arts du ménage ou développer leur esprit ? D'aucuns sont partisans d'une femme-bijou, ornement de la maison : « Les filles doivent être aussi délicates que des fleurs. Il importe qu'elles marchent avec élégance et se balancent avec la grâce d'un lys : c'est ainsi qu'elles deviennent plus précieuses que des joyaux. » (p. 82) Ce sont souvent les mêmes qui voient d'un mauvais œil les filles utiliser leur cervelle : « L'activité littéraire fait planer une lourde menace sur le monde des femmes. J'ai vu trop de jeunes filles perdre la santé et la joie de vivre parce qu'elles refusaient d'abandonner leur pinceau. » (p. 327) Réfléchir serait-il donc mauvais pour la santé mentale et physique des jeunes filles à marier ?
    Avec une naïveté tout d'abord charmante, puis largement agaçante, l'auteure décrit les émois d'une jeune fille qui s'éveille à sa propre sensualité et à sa propre conscience. « Avais-je perdu ma pureté en rencontrant un inconnu et en acceptant qu'il m'effleure avec les pétales d'une pivoine ? » (p. 146) Charmant, n'est-ce pas ? Tout comme l'expression « le jeu des nuages et de la pluie » qui décrit l'acte sexuel. Mais après une dizaine d'occurrences, cela finit aussi par lasser. le roman est un peu trop policé. Ne serait-ce l'arrière-plan historique et culturel, Le Pavillon des Pivoines serait presque à classer dans les Harlequins de moyenne catégorie !
    Heureusement, Lisa See présente une histoire de la femme en Chine et cela donne un vrai souffle et un intérêt certain au texte. Les exemples de femmes qui ont refusé la réclusion domestique sont légion et il se fait jour l'émergence d'une conscience féminine politisée, en dehors des appartements privés. C'est ainsi que se développe une opposition à la dynastie mandchoue des Qing qui a renversé les Ming. L'occupant ne se méfie pas des femmes, qui plus est de celles qui ont les pieds bandés. « le combat des femmes qui écrivent consiste davantage à se libérer de ce qui entrave leurs pensées que des limites imposées par leur liberté de mouvement. » (p. 350) Loin de chanter uniquement les oiseaux et les papillons, les cercles littéraires féminins s'emparent des sujets politiques et sociaux. C'est ce que Lisa See dépeint avec talent en parallèle de l'errance de Pivoine.
    Dans son précédent roman, Fleur de Neige, l'auteure avait décrit certaines traditions chinoises proprement féminines, comme le bandage des pieds et le langage secret des femmes. Ce roman fait la part belle aux traditions liées au culte des morts et aux esprits, frappeurs ou non. On découvre aussi la pratique d'une médecine ancestrale où l'écoute du corps passe aussi par l'écoute de l'âme. Même si le tout est largement romancé, le sujet reste intéressant en dépit de longueurs certaines dans le texte.
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    • Livres 3.00/5
    Par sultanne, le 29 juillet 2012

    sultanne
    D'aucuns affirment que Le Pavillon des Pivoines présente un intérêt bien moindre que Fleur de Neige. C'est très vrai, du moins du point de vue littéraire ; en effet, l'histoire oscille constamment entre lyrisme exacerbé, forçant les stigmates d'une Chine impériale dans laquelle l'univers masculin et l'univers féminin ne se retrouvent que sous la couette, et les mièvreries souvent agaçantes d'une adolescente partie à la découverte de sa sensualité.
    Mais passons outre le premier plan et notons que tout l'intérêt de ce livre, parfaitement documenté, reconaissons-le aussi, réside dans son arrière-plan historique et culturel : Lisa See nous transpose dans la Chine impériale, au moment où la dynastie des Mandchous s'impose avec d'autant de fracas qu'elle est détestée par le peuple.
    Le rôle de la femme dans la société et la question de son émancipation sont au coeur de ce changement de dynastie. A ce propos, les trois soeurs-épouses de Ren sont une très belle métaphore des trois phases de l'amour : l'amour sensuel, l'amour physique et l'amour de la maturité. Les rituels liés aux défunts sont parfaitement rapportés et le lecteur perçoit les nuances des croyances ancestrales de cette Chine ancienne.
    Ne perdons pas de vue, néanmoins, que, derrière ses origines chinoises, Lisa See reste un pur produit américain qui a su exploiter avec talent l'exotisme que succite cette région du monde pour tout occidental que nous sommes.
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    • Livres 3.00/5
    Par Tempuslegendae, le 14 avril 2013

    Tempuslegendae
    Lisa SEE est née par hasard à Paris, elle a grandi à New York, où son grand-père était le sage de la communauté chinoise… Tous ses livres explorent avec intelligence cette culture rigide et codifiée, et pourtant délicate et sensible. Une complexité qui nourrit ce roman d'amour très musical et poétique. Pivoine ignore tout de l'époux choisi par son père. Un soir d'opéra, elle croise un jeune homme dont elle tombe amoureuse. Rien de plus banal, en somme. Elle ne l'épousera pas, ne se soumettra plus; elle ne veut plus de ça. Pivoine préfère se laisser glisser dans l'endormissement éternel. Mais une amoureuse défunte n'est jamais réellement morte. La deuxième partie du roman flotte à la lisière de l'irréel; elle raconte la force des liens amoureux, la transcendance des esprits, l'influence des disparus toujours aimés sur les vivants morts d'amour, un palimpseste du fameux «Pavillon aux Pivoines», œuvre culte de Tiang Xianzu, où il est question, comme ici, d'une histoire d'amour nouée dans le songe.
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcellina, le 28 mai 2013

    Marcellina
    Tout est réglementé dans la vie des femmes aisées en Chine au XVIIème siècle : du bandage des pieds au culte des ancêtres en passant par les devoirs de l'épouse parfaite. Tout était cloisonné et séparé ainsi le monde des hommes et celui des femmes ; le monde extérieur que seuls pères, frères et époux pouvaient parcourir et, le monde intérieur, celui des femmes, des filles, au périmètre bien délimité et entouré de hauts murs. La lecture et l'écriture seront alors la seule véritable possibilité d'évasion pour ces jeunes filles en quête de connaissances. Et c'est une chance que l'époque ait permis cela car les règles après ont changé et la culture fut de nouveau le domaine réservé aux hommes.
    L'auteure nous fait revivre une infime partie de l'histoire chinoise à travers les écrits féminins publiés et retrouvés de cette époque troublée. Avec beaucoup de tendresse et de poésie, elle nous conte l'histoire d'un livre unique où l'amour, une fois de plus, est plus fort que la mort. Très bien écrit, truffé de poésies originales émouvantes, un style souple et bien rythmé, un vocabulaire riche et coloré, un beau récit entre histoire et légende où croyances et superstitions sont omniprésentes. Trop bien !
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    • Livres 4.00/5
    Par muchahorta, le 11 avril 2010

    muchahorta
    Nous sommes au Moyen-Age, dans la Chine impériale. Pivoine, une jeune chinoise de seize ans vit sa petite existence, cloitrée dans les appartements des femmes, dans l'attente de son mariage arrangé. Pour célébrer la fête du double sept (qui coïncide avec son anniversaire) le père de Pivoine organise une grande fête de trois jours au cours desquelles se déroule l'opéra préféré de Pivoine : Le Pavillon des Pivoines. Son père compte annoncer les fiançailles de sa fille unique à la fin des festivités.
    Derrière le paravent qui sépare les femmes des hommes, Pivoine scrute l'assemblée masculine et tombe sous le charme d'un homme proche de son père. S'en suivent des rencontres secrètes, des malentendus, des échanges, des incompréhensions, des aventures en tout genre, des émotions fortes pour cette jeune fille délicate mais obstinée...
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Citations et extraits

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  • Par Orchyd, le 12 juillet 2013

    Le caractère qui signifie ''amour maternel'' est composé de deux éléments : l'''amour'' et la ''souffrance''. J'avais toujours cru que cela correspondait au sentiment que les filles éprouvent à l'égard le leurs mères, quand celles-ci leur infligent ces terribles douleurs au moment du bandage. Mais en voyant les larmes de ma deuxième tante et le courage que manifestait ma mère, je compris que cette souffrance était d'abord la leur. Une mère ne cesse de souffrir : en mettant sa fille au monde, en lui bandant les pieds et en lui disant adieu alors qu'elle la quitte pour aller se marier.
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  • Par 2dtens, le 27 janvier 2010

    Je ne vis pas pas davantage entrer le palanquin qui devait me conduire dans la demeure de mon mari. De sombres pensées commencèrent à s'insinuer en moi, proliférant comme une vigne folle. Avec une tristesse infinie et un désespoir glacé, je compris que je n'allais pas être emmenée chez Ren. Selon la coutume relative aux filles qui sont dans l'incapacité de se marier, ma famille m'avait déposée ici dans l'attente de ma mort.
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  • Par LiliGalipette, le 14 janvier 2012

    « Le combat des femmes qui écrivent consiste davantage à se libérer de ce qui entrave leurs pensées que des limites imposées par leur liberté de mouvement. » (p. 350)

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  • Par Marcellina, le 28 mai 2013

    « J'adorais les livres. J'aimais les soupeser entre mes mains, sentir l'odeur de l'encre, le contact du papier de riz... Ne plie pas les coins pour marquer tes pages, me rappela mon père. Ne gratte pas les caractères avec tes ongles. N'humecte pas tes doigts avant de tourner les pages. Et ne te sers jamais d'un livre comme oreiller. »

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  • Par Orchyd, le 20 juillet 2013

    ... l'amour qui vient du coeur consiste à aimer quelqu'un en dépit et en raison de ses limites.

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Bande annonce du film "Snow flower and the secret fan" adapté du roman de Lisa Lee traduit en français sous le titre "Fleur de Neige".








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