Ce livre m'a beaucoup fait rire, mais aussi beaucoup intriguée, et intéressée.
La pensée que beaucoup ont sans doute déjà eue de l'hypothèse que nous serions en train de rêver y est centrale, et très poussée.
Plus loin que cette seule pensée que certains n'ont peut-être pas approfondie, il est normal de penser et de se ressentir soi-même comme le centre du monde. de notre monde, en fait. Cela découle du fait indéniable que le Monde Absolu et Véritable n'existe pas, dans le sens où il n'est pensé par personne. Chaque être humain a sa propre représentation du monde, en connait des aspects, et a donc en lui même ce qu'il appelle "le monde". Quand nous-mêmes parlons du "monde", nous parlons en fait de NOTRE monde. Il n'y a pas de consensus autour duquel chacun s'accorde à dire que le monde est tel ou tel.
Et donc, cette pensée est très aboutie chez Gaspard, dont il est question ici, pour qui le monde n'est qu'un, et il est sien. Pensant le monde et se reconnaissant comme le point central d'où part et où vient toute information à La Conscience, il en a déduit que le monde n'était en fin de compte qu'une somme d'informations apportées à cette dernière. Quand il agissait donc, il ne faisait qu'agir avec sa conscience, ses propres idées ; tout et tous n'étaient qu'une expression de son esprit, et le monde une extension de sa pensée.
A travers l'enquête d'un chercheur sur ce Gaspard, et la vie de celui-ci au XVIIIe, E.E.S va pousser cette pensée dans ses derniers retranchements, à travers l'absurde, le comique, les crises de remises en question, la folie, la certitude et la croyance.
C'est vrai, après tout, qu'est-ce qui certifie que le monde qui nous entoure n'est pas qu'une histoire que l'on s'imagine ? Quelque chose que l'on a inventé pour se divertir ?
Un premier roman spécialisé dans le
Théâtre plutôt prometteur.