ISBN : 2081248565
Éditeur : Flammarion (2011)


Note moyenne : 3.1/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Chaque matin de la semaine, aux alentours de 7 heures, la mère et le fils avaient rendez-vous, sur le bord de la route 17, devant l'arrêt de bus de Rolder dans le fond plat de la vallée, à quelques miles de l'entrée de la ville. L'autocar numéro 175 de la compagnie Grey... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par horline, le 13 janvier 2012

    horline
    1962. Au cœur du désert aride de Phoenix, l'auteur emprunte la voix intime d'un ado la tête dans les nuages – ou sur la Lune -, Scott, pris entre une mère affectueuse à laquelle il voue une tendresse démesurée et un père abject et tyrannique, vétéran de la guerre qui n'a jamais réellement retrouvé la paix.
    Cette voix narrative également omnisciente se veut puissante, incantatoire, fiévreuse dans cette Amérique rendue fébrile par les missiles dirigés depuis Cuba. La menace est partout, elle provient aussi bien de l'extérieur que de son propre foyer… on devine un drame à venir.
    Et pourtant c'est une voix bien silencieuse qui peine à insuffler un élan romanesque que donne à entendre l'auteur. On découvre un ado plein de candeur face aux évènements, un Scott paralysé par ses tourments, tiraillé entre espoir et affliction puis prisonnier de l'écho de sa mémoire et de sa tristesse. Force est de constater qu'en explorant les replis de l'âme d'un jeune garçon qui se réfugie dans les rêves, l'auteur en oublie l'intrigue. Etouffée par une plume qui veut creuser le sillon des sentiments.
    Il y a véritablement une volonté de glisser sur la grâce des émotions jusqu'à en épuiser la substance mais l'intensité et la profondeur des sentiments ne suffisent pas ici à animer les personnages.
    Même dans cette Amérique bercée au son d'Elvis et des discours de Kennedy dont l'auteur ne se lasse pas d'offrir au lecteur une vision panoramique.
    C'est une lecture qui m'a laissée perplexe, surtout si on s'attarde sur le titre de l'œuvre et la quatrième de couverture laissant suggérer la fin de l'innocence… le pardon serait-il l'apanage des adultes ?
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Né en 1962 à Nice, Laurent Seksik est médecin et écrivain. Il publie en 1999 son premier roman Les mauvaises pensées, traduit dans une dizaine de langues, dont la prestigieuse maison d'édition allemande Rowolt. Après avoir fini son clinicat, il met entre parenthèse l'exercice de la médecine et devient successivement rédacteur en chef du Figaro étudiant, éditeur aux éditions Lamartinière, rédacteur en chef du Bateau-Livres. Critique littéraire au Point, il anime, durant 3 ans, l'émission littéraire d'I-Télé, Postface. Depuis 2006, Laurent Seksik se partage entre médecine et littérature. La légende des fils est son cinquième roman.
    Scott Hatford, treize ans, est un adolescent vivant dans le Phoenix de 1962. Sa mère infirmière de nuit, lui voue un amour maternel absolu, tandis que son père revenu brisé moralement et physiquement de la guerre, impose sa tyrannie de violence à la maisonnée. Entre ces deux extrêmes, Scott tente de vivre comme il peut, quand il est à l'école sa mère est à la maison, quand il rentre à la maison sa mère est à l'hôpital, alors la mère et le fils ce sont créés une oasis de court bonheur à deux quand le matin, ils se retrouvent à l'arrêt du bus. Elle, descend du sien qui la ramène du boulot, lui, attend celui qui l'emportera vers l'école, durant ce laps de temps suspendu, mère et fils « ne connaissaient pas, excepté le dimanche, d'autres endroits où se voir, d'autres endroits pour se parler ».
    Si la mère n'est que douceur avec son fils et patience avec son mari, celui-ci revenu avec une jambe folle de la guerre, n'est plus qu'une épave anéantie par les horreurs, sans boulot, picolant devant sa télé, risée des gamins du quartier, il n'a plus que la violence pour exprimer sa souffrance intérieure et Scott dérouille plus souvent qu'à son tour. Un jour, la mère et le fils tentent de s'enfuir en voiture une fois encore, pour échapper à leur bourreau.
    Je ne peux pas dévoiler la fin du roman qui dès lors bascule, sur cette route 17 « faille béante de la route maudite, là où son enfance avait pris fin, voie du malheur, piste des anges ». Disons qu'un évènement tragique va chambouler la vie du père et celle du fils et qu'au prix de ce drame, l'homme et l'enfant repartiront sur de nouvelles bases.
    Je suis assez partagé sur ce roman, car si j'ai trouvé certains passages assez réussis et mêmes très beaux, de nombreux autres m'ont assommé. Entre le lyrisme pesant et lourd de certaines longues phrases bavardes comme celle débutant page 129 pour se terminer page 131, ou d'autres incompréhensibles comme « Il ne craignait plus rien de son père, le petit homme aux pieds de la grande blonde, Jeffrey au pays des merveilles. » et les trop nombreuses références à la religion, j'ai souvent ressenti un ennui poli.
    De même, les descriptions de cette région des Etats-Unis, l'accumulation de détails sur la vie à cette époque, font un peu factices, comme un acharnement à nous prouver que l'écrivain connaît parfaitement le cadre où se déroule son histoire.
    Beaucoup de critiques, mais pourtant au final je ne dirai pas que ce roman est mauvais, il y a quelque chose qui le sauve, une tendresse pour Scott de la part de Laurent Seksik, dans ce récit de l'innocence perdue.
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    • Livres 4.00/5
    Par FaBmNrD, le 28 juin 2011

    FaBmNrD
    Région de Phoenix, Fin des années 1960.
    En plein coeur de la guerre froide, JFK vient d'être élu, la crise de Cuba secoue les Etats-Unis et c'est dans ce contexte que l'on découvre Scott Hatford.
    Jeune homme perdu entre l'amour démesuré de sa mère et la violence de son père,
    Jeffrey Hatford, le père, a hérité de la Seconde Guerre Mondiale et du débarquement en Europe un caractère en acier, une jambe boiteuse et sur
    tout une violence intérieure incontrolable.
    De retour dans sa patrie, il fait régner la terreur dans sa maison en battant sa femme et son fils.
    "Mam", la mère de Scott, tente donc de calmer les sautes d'humeur de son mari, tout en travaillant chaque nuit aux Urgences de l'hôpital de la région.
    Au milieu de cette opposition, Scott ne rêve que d'une chose : s'enfuir avec sa mère loin de cette misère.
    Après plusieurs fugues avortées, il décide de s'opposer à une rixe entre ses parents en braquant sur son père le fusil de chasse familial.
    Cet épisode tragique passé, sa mère décide de l'emporter dans sa fuite vers un avenir meilleur, en tout cas espéré.
    Et là, le livre change de face autour de l'Accident.
    Tout en psychologie et en réflexion, ce récit contient plusieurs atouts dans sa manche.
    Le cadre tout d'abord : réalisé d'une main de maître par le français Laurent Seksik, on croit vraiment se retrouver dans les USA des années 1960, balloté entre espoir et tension. Une véritable guerre froide.
    Les séquelles de la guerre : Admirablement décrites et construites, les blessures de guerre du père, tant physique que psychologique, nous montre un autre visage des héros de guerre, celui de la douleur et de la souffrance.
    Le drame familial : Les difficiles relations entre le père et la mère, du point de vue de Scott, sont à la fois poignantes et intéressantes. Leurs récits sonnent vrai, un peu trop même parfois pour rester insensible.
    L'Accident et la perte : Après l'accident, la lente convalescence, le coma et la douleur du réveil. Autant de pages (environ 50) assez touchantes qui changent totalement le ton du roman.
    En bref, une réussite sur beaucoup de tableau. Un livre varié, documenté qui touche du doigt des sujets très intéressant.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 30 août 2011

    Sando
    Dans l'Arizona des années 60, Scott vit une adolescence difficile. D'un côté, son instinct de survie le pousse à fuir le domicile parental pour échapper à la violence d'un père infirme, brisé par la guerre du Viêtnam et devenu alcoolique. de l'autre, il ne peut se résoudre à abandonner sa mère, femme douce et fière, qu'il aime par-dessus tout. C'est pour la protéger d'un chagrin supplémentaire qu'il subit chaque jour le mépris et la rancœur de ce père impotent et aigri, qui ne cesse de rejeter sur les autres l'injustice de l'état dans lequel il se trouve. Jusqu'au jour où il y a le coup de trop. Dès lors, la fuite semble être la seule issue à ce calvaire. Mam et Scott prennent la route, laissant derrière eux cet homme devenu étranger à sa famille. Mais on ne fuit pas aisément ceux qui nous retiennent prisonniers…
    C'est avec beaucoup de finesse que Laurent Seksik décrit le quotidien de cette famille en décomposition, soudée malgré tout par un noyau dur qui réside dans la relation extrêmement privilégiée qui unit la mère et le fils. L'écriture est belle et émouvante, les personnages sont attachants et l'histoire touchante. Une réussite !
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    • Livres 4.00/5
    Par Tomie, le 19 novembre 2011

    Tomie
    Au début des années 60 dans une famille américaine : un fils profondémment attaché à une mère douce, belle et aimante qui lui permet de supporter la folie d'un père revenu de la guerre infirme et brisé psychologiquement. On comprend que la mère a essayé déjà de s'enfuir mais n'a pas réussi. Une violence de trop et c'est l'ultime tentative de fuite...
    Cette histoire est poignante. On ne se souciait pas à cette époque des conséquences psychologiques des horreurs de la guerre sur les anciens combattants et les femmes ne pouvaient pas facilement quitter leur mari.
    L'écriture très riche est faite de phrases très longues. Ce qui m'a un peu inquiétée dans les premières pages. Mais en fin de compte ne m'a pas lassée.
    La redemption des derniers chapitres est peut être un peu convenue ?
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Soit indulgent, mon fils. Tu sais, tout le monde n’est pas fait du même bois. Certains êtres sont imparfaits. Des fêlures immenses, nous traversent, la vie nous semble insurmontable. Nous ployons sous le poids d’une faute inconnue. Nous implorons un court répit. Nous aimerions savourer tous les instants de la vie sans ce goût amer au fond de notre bouche. Nous essayons de faire de notre mieux. Nous remontons à contre-courant le cours des existences. Nous nous débattons au milieu de flots de fureur imaginaires. Nous avançons en plein brouillard.
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  • Par feanora, le 04 février 2012

    L'air embaumait le musc. Des cataractes de clartés se déversaient de chaque coin du ciel.La brume ondulait sur le flanc des collines.Tout était empreint de calme et d'absolu. Son esprit enfiévré succomba lentement à la calme noblesse qui montait de la terre.
    Il détestait son père; mais l'idée de le tuer ne lui avait vraiment jamais traversé l'esprit.
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Vidéo de Laurent Seksik

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).








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