> Marc Gibot (Autre)

ISBN : 2264005785
Éditeur : Editions 10/18 (2004)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 85 notes) Ajouter à mes livres
Où l'on découvre qu'il y a plusieurs formes de littératures coup de poing chez Selby. Ceux qui ont adoré Last Exit To Brooklyn y retrouveront un Selby mordant, noir, cynique et provocateur. Ceux qui reprochent à Last Exit sa brutalité y d&... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    Ce démon là n'a rien de fantastique, au sens imaginaire ou mystique du terme. C'est une peste, une folie croissante et vicieuse. le héros, Harry White, jeune cadre brillant, doit s'affronter dans un combat, un combat en solo de plus en plus pervers. Au début du roman, on le pense emporté par une "simple" frénésie sexuelle. Mais le développement psychologique de Harry et la descente violente dans son univers torturé, nous font vite prendre conscience de l'étendue de sa déviance.
    D'un point de vue littéraire, Le Démon est écrit avec brio. La tension croissante est suspendue par des plages faussement sereines, qui incitent le lecteur à ne pas lâcher le bouquin jusqu'à la prochaine rechute du héros. On note de longues pages avec pour seules ponctuations des virgules, qui rythment l'Enfer d'Harry, nous projetant dans le climat suffocant et incontrôlable du protagoniste. Certains passages sont criblés d'un humour cynique délicieux, gravant un sourire amer sur notre visage presque pétrifié, tant cette folie masquée pourrait être la notre. Une version plus glauque et dramatique d'American Psycho de Bret Easton Ellis.
    Il n'y a pas à dire, Selby qui nous endeuillait il y a peu, doit être lu. Toute personne "normalement constituée" résidant dans une grande ville décryptera sans mal (et c'est là que c'est inquiétant) l'état d'esprit chaotique du bourreau et tout à la fois victime qui porte cet ouvrage. Et vous verrez.... Vous serez certainement moins sereins en prenant le métro. Le Démon est fortement déconseillé aux personnes souffrant de paranoïa. Elles risqueraient de ne plus sortir de chez elles!
    On ne se défait pas de ce roman, jusqu'au dernier souffle. A lire et à savourer, si toutefois votre coeur et votre santé mentale sont bien accrochés.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par rosy, le 25 juillet 2011

    rosy
    Ce livre résonne en moi comme un coup d'éclat rageur, une beauté sombre, une puissance qui ravit et effraie en même temps. Le Démon c'est pour moi la découverte d'Hubert Selby, le choc d'une phrase de deux pages qui nous plonge dans la description narrative du chaos dans le métro. La force et le désarroi d'un personnage, Harry, qui ne peut s'extirper du dilemme constant entre son existence physique et mentale. C'est la rage de la liberté, dans le style écrit, le ton, une forme originale et pure, une claque entière. C'est l'audace du fond, sa thématique, son vocabulaire rebelle, sans concessions. Au-delà de la concrétude de ses actes, Harry est à la fois pour lui-même son propre emprisonnement et sa propre liberté. La grâce de cette oeuvre réside peut-être là, car quelque part Harry personnifie les tourments existentiels de l'être humain.
    Le cynisme dégoulinant de ce Démon, je ne peux m'en détacher. Cette lecture donne envie de s'y replonger, et Selby s'est classé directement dans me tête comme un des plus fascinants auteurs contemporains.
    Beau par la noirceur, par la grâce, par l'impossible étrangeté de vivre, de dire, de souffrir. Livre culte, qui ne rendrait certainement pas grand chose au cinéma.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Dasazi, le 07 juillet 2008

    Dasazi
    J'ai découvert cet auteur avec son ultime roman « Waiting Period ». « Le Démon est le 5ème livre que je lis de lui. J'aime son style brut, ces histoires du côté obscur de la vie.
    « Le Démon » est l'histoire d'un homme a qui tout réussit mais ne parvenant pas à comprendre et à maîtriser une chose en lui. Cette chose indéfinissable le pousse à commettre des actes de plus en plus répréhensibles et graves. le besoin de se mettre en danger pour apaiser une souffrance intérieure lui fait vivre un vrai calvaire d'autant plus cruellement qu'il ne se confesse à personne (ni sa femme, ses amis ou son psy). Il subit donc en alternance des moments de joie, d'euphorie et de terrible dépression, de dégoût de lui-même. Il y a là une ressemblance avec le « héros » de Waiting Period. A chaque fois que son moral semble s'améliorer, Harry retombe encore plus bas jusqu'à toucher le fond (au propre comme au figurer).
    La lecture de ce livre n'est pas divertissante, elle est même parfois douloureuse au point que, paradoxalement, on ne peut lâcher l'histoire avant la fin. Cette fin est d'ailleurs relativement prévisible mais elle nous libère (autant qu'Harry White) de cette tension implacable qui parcourt ce roman de bout de bout.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yokai, le 16 juillet 2011

    yokai
    C'est l'histoire d'Harry White un jeune cadre brillant dans son travail et véritable coureur de jupons à ses heures perdues. Bref, il a tout pour réussir et pourtant ...
    Il lui arrive parfois d'avoir en fin de journée une boule au creux du ventre. Un sentiment en demi-teinte, l'impression de se sentir légèrement cafardeux sans raison apparente. Un peu comme certains dimanches après avoir passé la journée à l'intérieur à ne rien faire. le soir venu, il peut arriver d'avoir le spleen sans trop savoir pourquoi, le regret de n'avoir rien fait, l'appréhension du lundi matin. Parfois, il lui arrive de s'emporter, de bouillir de rage. Ca lui arrive souvent après un week-end agité en prenant le métro le lundi matin, difficile de supporter ce qu'il nomme la populace qu'il trouve grouillante et puante, de se mêler à elle, d'en faire partie. Difficile aussi pour lui de supporter les petits échecs qui sont le lot quotidien d'un jeune cadre au travail: les remontrances du chef, les commérages des collègues, les rivalités, la réussite des autres. Harry sent bien que quelque chose couve et pousse au fond de lui et se sent à l'étroit mais pour l'instant il arrive à le contenir.
    Le Démon est une oeuvre surprenante et subtile. Hubert Selby Jr. mène la danse avec maestria, il parvient à dépeindre parfaitement la monté des états d'âmes et les efforts que fait Harry pour les refréner. Il sait trouver les mots justes pour décrire la souffrance et la détresse psychologique de son personnage.
    Dans son style caractéristique l'auteur de Requiem for a dream entremêle dialogues et narration en un flot continu et utilise des effets typographiques de retrait pour souligner l'état intérieur des personnages. le tout est un très grand roman extrêmement efficace, glaçant de réalisme.
    Je vous en livre un extrait:
    Et puis le lendemain matin, et ces saloperies de remords, et ce sentiment de culpabilité qui torturent votre corps couvert de sueur et accablent votre esprit sans qu'on puisse jamais les identifier clairement parce que vous les refoulez, vous les rejetez au tréfonds de vos entrailles pour qu'ils s'y noient, se perdent dans autre chose, n'importe quoi, pourvu qu'on n'ait pas à les regarder en face, à les reconnaître et à les accepter pour ce qu'ils sont.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2010/07/le-demon-par-hubert-selby-jr.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par sbrodj, le 17 juin 2011

    sbrodj
    Un roman violent, puissant et qui vous entraîne dans sa logique frénétique. Un style âpre et un personnage inoubliable. La grande littérature américaine est inégalable dans ce genre.
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par rosy, le 10 mai 2011

    La vie de Harry n'était plus désormais qu'une série de petits compromis, d'accommodements avec la morale et d'adaptations successives à la situation. Pour continuer à vivre, il lui fallait prendre conscience de la réalité et s'y résigner à contrecœur, non sans déchirement d'ailleurs, et cette prise de conscience l'obligeait à mentir, ce qui entraînait d'autres mensonges, d'autres accommodements et d'autres réévaluations. Ce n'était pas avec la morale généralement admise que Harry se voyait contraint de faire des compromis, mais avec son éthique personnelle. C'était là la source du conflit qui l'agitait, de la douleur qu'il ressentait.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par rosy, le 27 juin 2011

    Mais au fond de lui-même, il savait que lorsqu'on vous enlève une chose dont dépend votre vie, il faut la remplacer par une autre, tout aussi précieuse. Et cette autre chose précieuse se développait en lui tel un fœtus dans les ténèbres rassurantes de l'utérus. Et Harry la nourrissait lentement. Et il la choyait, lui permettant de s'infiltrer peu à peu dans son esprit. Sans essayer de la brusquer, mais se laissant parfois entraîner dans le sens qu'elle lui suggérait. Cette chose qui avait changé sa vie resta mal définie pendant des semaines et des semaines, et, au fur et à mesure qu'il s'abandonnait à cette sensation, Harry se renferma de plus en plus en lui-même et présenta toutes les apparences d'une grande sérénité. Le sourire qu'il affichait en permanence était le reflet de ce bonheur rentré, comme s'il était en possession d'un secret connu de lui seul.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Pearly, le 12 août 2010

    Il n'y a jamais de différence fondamentale entre l'histoire ancienne et l'actualité. Il n'y a que des variations sur un même thème.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Démon par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (164)

> voir plus

Quiz