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ISBN : 2896150129
Éditeur : Editions Alire (2007)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 278 notes)
Résumé :
Pierre Sauvé. À l'orée de la quarantaine, veuf, père d'une fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui toutes les apparences d'un crime passionnel. Frédéric Ferland.

Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours tro... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
SMadJ
28 janvier 2016
  • 4/ 5
"Le Vide" de Patrick Senécal - La chronique au bord du gouffre...
Avec "Le Vide", on se sent happé dans un univers tourbillonnant, un abysse sans fond. C'est une expérience aux confins de la folie que nous délivre un Patrick Senécal qui pète la forme.
"Le Vide", c'est tout d'abord une intrigue très originale dans l'approche, encore plus quand on sait qu'elle a été écrite en 2006. C'est aussi un roman visionnaire.
Pas simplement parce qu'il parle de l'abrutissement des masses qui regardent des programmes mornes, putassiers et sans intérêt (mais je ne serai pas celui qui jette la première pierre, ça m'arrive aussi) mais surtout pour le chaos et la violence qu'il décrit et qui renvoient à des faits d'actualités qui ont marqué ces derniers mois au fer rouge. C'est bluffant !
Un vrai phénomène de société décrypté et annoncé tel une pythie moderne par l'écrivain inspiré.
C'est ensuite un style enflammé, puissant, hypnotique qui nourrit un besoin de beauté absolue. Avant l'histoire, ce sont les mots qui secouent le lecteur. Qu'ils soient drus, qu'ils soient crus. Car en plus d'aligner de jolies phrases, quand il parle de cul, et il en parle, Senécal appelle un chat un chat et une bite une bite. Oui... Et c'est chaud !
"Le Vide" est une (dé)construction hallucinante, un vertige vers le néant qui s'esquissent sous nos yeux. L'auteur renforce la désorientation du lecteur avec un chapitrage qui paraît aléatoire (évidemment, ce n'est pas le cas), en démarrant par le chapitre 21, et dont les numéros résonnent comme une perte des sens troublante.
Ce sont des personnages qui sortent de l'ordinaire, en souffrance, scarifiés de fêlures disgracieuses, qui suffoquent. Peut-être un peu trop d'ailleurs...
Mais c'est avant tout un récit captivant qui va t'embarquer. Toi, puis toi et toi aussi là-bas, te planque pas. On t'a vu ! Il va t'embarquer aussi ! Y a pas de raison ! Fais pas le malin !
Après, le roman n'est pas exempt de défauts. Certaines scènes et certains personnages sont assez répétitifs, la dépression suinte dans les pages et est très (trop ?) communicative. À ne pas lire si tu viens de te faire plaquer ou de perdre ton boulot.
Cependant, il est à recommander parce que ne pas le lire, ce serait louper une expérience livresque hors du commun, ce serait passer à côté d'un grand auteur, ce serait se priver d'un moment inédit. Et ça, c'est pas possible les ami(e)s. 3,5/5
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gruz
19 novembre 2015
  • 5/ 5
Bienvenue dans un spectacle que vous n'êtes pas prêt d'oublier. Bienvenue dans l'univers de Patrick Senécal et son thriller qui s'appuie sur le concept trash d'une émission de télé-réalité. Bienvenue dans le vide. Attendez-vous cependant à avoir des difficultés à vous en extirper…
Difficile effectivement de ne pas être marqué au fer rouge par cette lecture. Les sujets sont ambitieux, la manière de les traiter intelligente, le résultat particulièrement dérangeant. L'auteur se penche sur le phénomène de la télé poubelle pour mieux mettre en lumière les dérives de notre société.
Quelle belle idée de la part de Fleuve Éditions de mettre enfin en avant cet auteur québécois hors-normes et de proposer des versions européennes de ses romans les plus marquants (Le vide date de 2007, avant cette version européenne de 2015).
Le concept qui sert de trame au roman va au bout du bout de ce que pourrait proposer une émission de Télé-réalité. Sans limite. Les participants sont invités à donner vie à leurs rêves les plus fous, quitte à exploser toutes les frontières de la décence ou celle des règles établies.
Les gens vont-ils en profiter pour rendre le monde meilleur ? Pensez donc… Patrick Senécal met en mots des rêves qui sont des sommets de futilité, avec ces « stars de quelques minutes » en quête de sens dans l'éphémère (selon les propres termes de l'auteur). Cette émission de télévision n'est pourtant que le détonateur d'une intrigue explosive qui, par sa densité, prend le lecteur littéralement à la gorge.
L'auteur va loin, très loin. Si loin même, que parfois on pourrait penser qu'il dépasse les bornes. Et pourtant non ! Chaque excès, chaque outrance se trouve justifié par la suite du récit, toujours.
Clairement, voilà bien le genre de roman à ne pas mettre entre toutes les mains, tant la violence et le caractère explicite de certaines scènes peuvent choquer. Mais rien n'est gratuit, tout contribue à mieux comprendre ce que véhicule l'histoire et ce que ressentent les personnages.
Je sors littéralement vidé de cette lecture, en état de sidération. Paradoxalement, j'en sors plein à ras bord, également. Plein de réflexions, de doutes, de colère, de dégoût, de troubles, d'abattement, de questionnements, d'engouement…
Combien d'auteurs et de romans ont été capable de me mettre dans un tel état à la fois de stress, de découragement, d'enthousiasme et de malaise ? Ces dernières années, ils se comptent sur les doigts des deux mains.
Patrick Senécal prouve magistralement qu'on peut évoluer dans le domaine du thriller en poussant loin les émotions ET les réflexions. A lire la 4ème de couverture, on pense imaginer facilement la direction du récit. Mais non, oh non, oubliez vos idées préconçues, vous n'êtes pas préparés à ce qui vous attend.
La taille du texte en dit long sur l'ampleur de l'intrigue (830 pages). Les premiers chapitres achèvent de vous plonger dans un état d'incertitude totale. L'auteur a en effet volontairement « détruit » la construction de son roman pour mieux la reconstruire, les chapitres étant proposés dans le désordre. Une déconstruction à l'image de notre société qui détruit ses valeurs au profit d'un individualisme forcené.
Laissez-vous guider par la main experte de Senécal qui, malgré ce parti-pris audacieux, jamais ne vous perdra en chemin (il a écrit lui-même ces chapitres dans le désordre, comme des flashbacks).
En matière de spectacle, Patrick Senécal propose de l'inédit. Il joue à l'artificier sans se brûler les doigts, avec une maîtrise, un talent et une dextérité qui force l'admiration.
Il faut dire que sa manière de procéder est tellement dérangeante qu'on ne peut pas lire ce thriller uniquement comme un simple divertissement. Oui, l'aspect ludique, le rythme soutenu et les expressions québécoises savoureuses (même si le roman a été européanisé) contribuent à rendre distrayante la plongée dans le vide.
Mais le panel d'émotions fortes est tellement étendu que vous risquez de vous sentir comme au sortir d'une machine à laver, programme essorage réglé au maximum.
Ce livre fait mal, il heurte par sa noirceur, par ses idées. Quelque part il est salvateur aussi, comme pour arriver à survivre malgré tout. Il est exceptionnel, ça c'est certain. le spectacle doit continuer (mais lequel ? c'est à nous de voir)…
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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alberthenri
21 mars 2016
  • 4/ 5
PUISSANT !
C'est, me semble t'il, le meilleur qualificatif, que je puisse attribuer à ce roman.
Voilà!
Bon, comme j'ai affaire à un public lettré qui connait les classiques, vous allez me dire : "Un peu court, jeune homme" ! (Merci pour le" jeune" homme!).
D'accord, je développe : TRES PUISSANT !
Voilà !
Pour les détails, allez voir les nombreuses très bonnes critiques de ce roman de l'auteur québécois Patrick Senécal, justement vanté par des "Babeliotes" passionné(e)s par l'auteur et son oeuvre méconnus en France...
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ondelune
02 août 2016
  • 4/ 5
Sortie de cette première lecture dont tout le monde me disait tant de bien, j'avoue m'être prise plusieurs claques avec cette frustration finale qui m'amènera à lire le second tome. On sent bien que toutes les pièces du puzzle se mettent en place, on devine d'ores et déjà l'effroyable reliant plusieurs personnages dans une trame, tissée de fil en fil, entre flashback et temps présent à laquelle on devient accro.
Point de fioriture, c'est viscéral et violent qu'on soit confronté à Pierre, flic et veuf de son état avec une fille de vingt ans. Un Pierre qui apprécie sa petite vie tranquille et bien rangée, sans ne jamais rien avoir à redire à rien tout en aimant beaucoup trop « sa job » permettant d'occulter le reste, mais qui se retrouve au centre d'une affaire complexe, d'une machination qu'on sent terrible et dont on devine d'ores et déjà les tenants et aboutissants – ou qu'on rencontre Maxime Lavoie le milliardaire atypique, créateur et présentateur d'une émission de téléréalité prompte à abrutir la masse puisque plébiscitée par le public en exhibant une sinistre fange, dans laquelle la majorité s'étant vue exaucer un rêve (souvent pathétique), en sortira blessée et bien plus malheureuse encore. Pourtant, les apparences peuvent s'avérer trompeuses car étant jeune, l'homme était pétri d'idéalisme, d'utopie en espérant niveler le monde vers le haut. Naïf et impuissant ? Il le fut, mais ses facettes nous sont dévoilées sous un jour nouveau qu'on s'en désolerait presque. Ce qui semble l'amener vers des chemins tortueux que n'a pas manqué Frédéric Ferland qui, en psy désaxé, a basculé dans tous les travers les plus inavouables pour rechercher égoïstement ce sentiment de jouissance ultime avec cette impression durable d'être véritablement en vie. Peu importe le flacon tant qu'il y a l'ivresse ?
Sur fond d'une société contemporaine individualiste – dans laquelle se démènent ou s'empêtrent les moutons, même les plus éclairés - décrite sans masque ni faux semblant, le lecteur est embrigadé dans cette toile dépeinte avec cynisme, hélas reflet de la réalité. Le quotidien est laid, de la plus haute à la plus basse échelle. Des tas de petites vies au final remplies de ces vides intérieurs, et c'est là que résident la flamboyance et la force de cet auteur en nous mettant face à la vérité crue et nue. Face à toutes les déviances du monde actuel dont finalement, nous nous faisons à la fois complices et spectateurs tout en nous décrivant ces trois personnages. Ces derniers n'étant, au final, que trois parcelles vivotant en chacun d'entre nous. Celui qui a fermé et ferme encore les yeux trop souvent en se contentant d'une existence la plus simple possible même dans les pires moments alors qu'il aurait dû/ devrait dire ou faire sans jamais ne rien oser, celui qui veut changer les choses quel que soit le moyen, et celui qui cherche désespérément un véritable sens à sa vie.
Après tout, entre vie et vide, tout ne se joue qu'à une lettre près.
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Galounette
05 janvier 2016
  • 4/ 5
Si on vous donnait la possibilité de réaliser un rêve devant des millions de téléspectateurs, que choisiriez-vous ?
Dans le Québec du début des années 2000, l'émission Vivre au max passionne ou choque en réalisant les rêves de candidats aux desseins plus souvent sordides qu'altruistes...et l'audimat est là ! Inconcevable me direz-vous ? La réalité, ou plutôt celle qu'on appelle télé-réalité, nous a pourtant prouvé que le plus glauque était à venir...
Voilà le décor de cet excellent thriller, le vide, qui pousse très, très loin la réflexion et l'horreur qui pourraient découler un jour de la télé-réalité (Nabila peut aller se rhabiller avec son coup de canif). Conséquences psychologiques, bien connues aujourd'hui, mais aussi analyse des motivations des candidats et de tous ceux qui sont devant leur poste de télé à chaque épisode.
La présentation du roman ajoute du piment à l'affaire, puisque les chapitres sont à lire dans le désordre, un peu déstabilisant au début mais il est clair que c'est une idée de génie de la part de Patrick Sénécal, qui est un auteur très connu au Québec.
Jusqu'aux 3/4 du livre, je dois dire que j'étais au bord du coup de coeur, tant Patrick Sénécal manie avec talent angoisse, suspense, et réflexion. Puis il y a eu un chapitre, ce chapitre totalement insoutenable à mes yeux, qui m'a littéralement donné la nausée. Pour autant, je reconnais que ce qui s'y passe était plus ou moins nécessaire, mais c'était trop pour mon petit coeur, et malheureusement cela a quelque peu gâché ma lecture.
Pis en définitive, mes chums, ce livre est bon en maudit mais il met à boutte.
PS : j'ai essayé de réfléchir au rêve que j'aimerais réaliser si je passais dans Vivre au max, mais je n'ai pas trouvé...signe de santé mentale ? j'ai plaisir à le croire.
Lien : http://oxybeurresale.canalbl..
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
alberthenrialberthenri22 mars 2016
-Non, on n'est pas des cons, répondit Lavoie. Mais on ne veut pas réfléchir ! On n'en a pas envie ! Déjà qu'on travaille sept à dix heurs par jour, on ne se fera pas chier à réfléchir en plus ! Faisons comme tout le monde, à la place ! Ecoutons les mêmes conneries que tout le monde, mangeons la même merde, achetons les mêmes cochonneries et pensons tous la même chose ! C'est plus simple ! C'est rassurant ! Et pendant un certain temps, ça marche ! On se croit heureux, parce qu'on est ce qu'on nous dit d'être !
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SophielisSophielis23 mai 2012
"Sachant que votre vie est finie, que pour vous tout est terminé de toute façon, seriez-vous prête à le faire, pour une dernière satisfaction, pour un ultime moment de bonheur? Le feriez-vous?"
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ondeluneondelune31 juillet 2016
Tu t’en doutes un peu, non ? Même si tu viens me voir encore pendant dix ans, cinq fois par semaine, ça ne changera rien parce qu’il est trop tard ! Tu as cinquante-trois ans, tu as passé ta vie à travailler en aménagement urbain, à t’occuper de ta maison, à magasiner, à élever des enfants qui sont partis, à rester fidèle à un mari qui ne te désire plus, à parler de rien avec tes voisines aussi ternes que toi, à écouter la télévision, à te coucher à dix heures quarante et à te lever à sept heures dix, à faire un voyage dans le Sud de temps en temps dans un hôtel plein d’autres Québécois blasés, à prendre un petit verre une fois par six mois, à te faire coiffer, à maigrir et à engraisser, à feuilleter des magazines féminins, à fantasmer sur ton beau-frère que tu évites comme la peste, à empiler des REÉR pour tes vieux jours, à écouter Céline Dion et Bruno Pelletier, à t’émouvoir sur de mauvais films, à décorer ton salon et ta cuisine, et là, après trente ans de ce rythme, tu te couches le soir, tu regardes le plafond et tu étouffes, tu paniques et tu ignores pourquoi, tu l’ignores mais tu comprends une chose, c’est qu’il est trop tard ! Trop tard pour quoi, tu ne sais pas, mais trop tard, oui, ça tu le sais, tu le sens, trop tard, TROP TARD !
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ondeluneondelune02 août 2016
De mémoire, il tenta de se rappeler le prix que sa compagnie vendait ces gants en Amérique : soixante dollars ? soixante-dix ? Ces travailleurs, s’ils voulaient s’en acheter une paire, devraient donc travailler durant un mois, et ce, à condition qu’ils ne mangent pas et n’aient aucun loyer à payer. Un léger étourdissement se saisit de Maxime et il sut que ce n’était pas dû à la chaleur. Il regarda vers d’autres tables et remarqua qu’on assemblait des produits d’autres marques que la sienne. Ici, ces marques n’étaient plus des stars qui se faisaient la guerre entre elles. Elles n’étaient que du simple matériel ordinaire assemblé de manière tout à fait banale par des gens qui jamais ne pourraient s’offrir ce qu’ils fabriquaient.
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ondeluneondelune31 juillet 2016
Le cœur de Pierre se tordit comme un morceau de cellophane jeté au feu. Disait-elle cela pour lui faire mal ou le pensait-elle vraiment ? Ce n’était pas la première fois qu’elle utilisait ce genre de chantage émotif et cela le meurtrissait chaque fois. Mais cette nuit, il y avait quelque chose de plus résigné dans sa voix, dans son attitude même.
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Patrick Senécal appuie la Déclaration des bibliothèques québécoises. Voici son témoignage. Ma bibliothèque, j?y vais ! Découvrez les autres témoignages à mabibliothequejyvais.com. #mabibliothequejyvais
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