Dominer la souffrance et s'en défendre grâce à la raison et à la parole - en faisant appel à toutes les ressources de la rhétorique - est au centre de la pensée de Sénèque qui rassemble, dans ses Consolations, les ... > voir plus
"La mort est la loi de l'univers" et l'affronter une de nos terreurs. La vie qu'on qu'on le veuille ou non nous expose à des souffrances plus ou moins intenses. La perte d'un être cher en est une redoutable, la peur de notre propre finitude une autre. A travers ces ConsolationsSénèque témoigne avec quelle rigueur (et efficacité) les stoïciens faisaient face à la douleur psychique et physique. Cet ouvrage reprend les Lettres que Sénèque écrivit, lors de son bannissement, à sa mère Helvia et à Marcia une femme qui vient de perdre un fils. Il y médite sur le deuil et la souffrance et ses mots visent à soulager, avec les mots et le raisonnement, les deux femmes. Ses phrases restent encore aujourd'hui un réconfort, tout en étant un témoignage passionnant de l'époque. Comme Socrate, il mettra fin lui-même à sa vie et son courage face à la mort témoigne que ces Consolations ne sont pas de vains mots. Chacun trouvera dans ces Consolations la force dont il a besoin pour faire face à cette "adversité (qui) ne brise que les âmes qu'avait leurrées la prospérité". Un petit ouvrage pour ne pas se leurrer, vivre les yeux ouvert et construire "une vie heureuse". A lire impérativement en cas de tempête intérieure ...
Se livrer à une douleur sans fin, pour la perte de ses proches, est une faiblesse puérile ; n'en ressentir aucune, serait une dureté inhumaine. La meilleure manière de tempérer la tendresse par la raison, c'est d'éprouver des regrets et de les étouffer.
(...)
Ne vous réglez pas sur quelques femmes, dont la tristesse n'a fini qu'avec la vie.
(Consolations à ma mère Helvia)
La différence est grande entre tolérer sa douleur et se l'imposer. Combien il est plus convenable à la noblesse de vos sentiments de mettre fin à votre deuil, que d'attendre qu'il veuille cesser. Ne différez pas jusqu'au jour où il vous quittera malgré vous : quittez-le la première. (consolations à Marcia)