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ISBN : 2253142484
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.35/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quand Maigret, avec un soupir de lassitude, écarta sa chaise du bureau auquel il était accoudé, il y avait exactement dix-sept heures que durait l’interrogatoire de Carl Andersen. On avait vu tour à tour, par les fenêtres sans rideaux, la foule des midinettes et des emp... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 25 septembre 2014

    Woland
    Hier, nous parlions d'atmosphère avec Elisabeth, au sujet du "Chien Jaune." Eh ! bien, cette atmosphère justement, elle m'a beaucoup plus frappée justement dans "La Nuit du Carrefour." C'est une ambiance qui vous prend à la gorge dès la vision de ces trois maisons - dont une pourvue d'un poste à essence - qui ont l'air de se suspecter l'une l'autre du pire au fameux carrefour dont parle le titre. le jour encore, cela va assez bien. Mais la nuit ... Tout est sombre, voire carrément noir, avec des brumes qui montent on ne sait d'où. Deux ou trois lumières, derrière leurs abat-jour, se battent en duel en fonction des heures de coucher des habitants. Jusqu'à ce qu'elles finissent toutes par s'éteindre sauf la loupiote de veille au poste d'essence. Et bien sûr, il faut imaginer la scène en hiver, quand la nuit tombe vite et ferme et quand l'aurore tarde à se montrer, lorsqu'elle ne paraît pas endeuillée dès le matin par une pluie fine et blasée.
    Trois maisons. Trois "ménages." Enfin, peut-on parler de "ménage" au sujet du couple de Suédois, le frère et la soeur, qui s'est installé dans ce que l'on s'entête, dans le pays, à nommer "la Maison des Trois Veuves" ? Lui est grand, mince, d'excellentes manières, avec un oeil de verre qu'il dissimule sous un monocle noir. Elle a tout d'une longue plante, mi-vamp, mi-jeune fille de bonne famille, qui s'avoue extrêmement peureuse de tout et de tous et, entre deux bouffées de cigarette orientale, s'abandonne à des monologues éloquents et nostalgiques sur le "château" et le "parc" de son enfance, là-bas, aux confins de la Mer du Nord ... Sur le plan financier, ils doivent connaître certains problèmes et ne dissimulent d'ailleurs pas que le loyer peu élevé pratiqué par le propriétaire de la "Maison des Trois Veuves" est l'une des raisons - la première étant la solitude du coin - qui les a poussés à s'y établir. En fait, les trois veuves en question, qui appartenaient toutes à la même famille, ont été retrouvées un beau matin, raides mortes, deux d'entre elles ayant été plus que probablement empoisonnées par la troisième. Une histoire bien lugubre mais il n'y a pas de fantômes : c'est déjà ça.
    Dans le pavillon d'en face, un agent d'assurances et sa femme. Lui est petit, lourdaud, un rien obtus et elle, la pauvre, malgré tous ses défauts, elle l'aime et est prête à tout pour lui. L'Amour a de ces bizarreries que la Raison ne pourra jamais expliquer. L'agent d'assurances est tout faraud parce qu'il vient tout juste de s'offrir la voiture dont il rêvait depuis au moins dix ans. On comprendra dont qu'il la trouve mauvaise lorsque sa nouvelle acquisition, par on ne sait quel étonnant tour de passe-passe, quitte son garage pour s'en aller passer la nuit dans celui du Danois. Et non seulement il fugue, cet étrange véhicule, mais en plus, il trouve le moyen de se laisser découvrir avec, à son volant, un courtier en diamants d'origine israélite, venu négocier dans la région et dont le casier judiciaire, il faut bien l'admettre, pourrait être plus net. Avec ça, du sang partout, sur les beaux coussins flambant neufs de la rutilante petite merveille automobile.
    C'est d'ailleurs la découverte du corps dans la voiture de l'agent d'assurance ET de ladite voiture dans le garage du Danois qui provoque l'entrée en scène de Maigret, prêt à enquêter sur cet étrange ballet mécanique qui n'a pu, à coup sûr, se dérouler que dans la nuit. Et pourtant, personne - absolument personne - n'a rien vu, n'a rien entendu et ne s'explique rien du tout.
    Le troisième larron, le jovial garagiste qui possède le dernier pavillon et le poste d'essence, se montre le plus affable et le plus bavard. Oh ! des choses, il en a, à dire. Combien de fois ne cherche-t-il pas à attirer le commissaire dans sa cuisine pour discuter de tout ça devant une bonne bouteille ? ... Nous ne saurions le préciser mais Maigret finit par céder. Après tout, sa méthode ne consiste-t-elle pas comprendre l'affaire qui se pose à lui avant tout de l'intérieur ? Et comme le garagiste connaît tout - à ce qu'il assure - sur ses voisins, qu'il méprise les uns autant que les autres ...
    Tout va bien son chemin jusqu'au moment où la vérité entreprend d'ôter ses voiles. C'est là que la merveilleuse ambiance instaurée par Simenon se craquèle peu à peu, avec une héroïne qui se révèle en fait ni plus ni moins qu'une garce professionnelle. le jour hélas ! le jour terrible de l'Explication finale, s'est levé sur l'extraordinaire décor de ce carrefour où l'on s'épiait les uns les autres avec tant d'ardeur : et cela déçoit. Enfin, personnellement, j'ai été déçue. Un peu comme quand je fais un rêve qui me plaît et qu'un bruit extérieur vient en rompre l'harmonie. J'ai cru - peut-être à tort - percevoir, entre les deux parties de l'ouvrage, une rupture dans le ton qui nuit à l'ensemble.
    Ce qui ne veut pas dire, bien au contraire, que l'intrigue ne passionne pas même si, à peu près au milieu du roman, le lecteur se met à entrevoir la solution de l'énigme. Donc, un nouveau Simenon à lire, si vous ne l'avez déjà fait. Et puis, cette fiche n'exprime qu'un avis personnel, rappelez-vous. N'hésitez donc pas à nous donner le vôtre.;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 18 février 2012

    brigittelascombe
    Le commissaire Maigret,célèbre héros de Georges Simenon (écrivain belge du XX° siècle de romans et policiers dont beaucoup furent adaptés à la télé et au cinéma) reprend régulièrement du galon(malgré le décés de son auteur) car les "Poche" sont republiés.
    La Nuit du carrefour,classique du genre, met en scène au "Carrefour des trois Veuves"aux environs de Paris, touché jadis par un drame, trois maisons.
    Dans l'une, au décor théâtral, se sont isolés le discret Carl Anderson,homme du monde danois "à l'élégance d'aristocrate", beau malgré son monocle, et sa soeur Else belle, troublante mais cloitrée.
    L'autre appartient à un couple: les Michonnet, dont le mari est agent d'assurances et la femme épie tout de derrière ses rideaux. La troisième est un garage où l'on manie l'argot aussi bien que les réparations en tous genres.
    Carl Anderson subit un interrogatoire serré, car chez lui, mais dans la "six cylindres neuve" des Michonnet a été retrouvé le cadavre d'Isaac Goldberg, courtier en diamants.
    "Parole d'honneur que je suis innocent" plaide Carl!
    Le commissaire Maigret "entre deux âges, le visage un peu rouge,le melon posé sur la tête" et la pipe à la bouche, installé dans l'auberge proche, ne se laissera pas séduire par le jeu et "l'air de petite fille"d'Else, ni dévier de sa tâche.
    "Personne n'a d'alibi".
    Mais quel est le mobile du meurtre, des meurtres et tentative de meurtre?
    "Qui joue la comédie?"
    Un bon polar (un brin désuet comme ces films en noir et blanc qui ont toutefois leur charme) à la tension palpable, au rythme soutenu et aux dialogues changeant selon le milieu auquel Maigret est confronté. On y croit à ce commissaire prêt à tout pour faire éclater la justice.
    Et on se dit que c'est bien qu'il y ait encore une justice!
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 07 juillet 2013

    Sharon
    Un tel roman serait-il possible de nos jours ? Je ne le crois pas, non parce que l'interrogatoire que subit d'entrée de jeu Carl Andersen, le danois, n'aurait plus cours, mais parce qu'il n'existe plus, à quelques kilomètres de Paris, d'endroit aussi isolé que ce carrefour des trois Veuves.
    Trois maisons seulement se tiennent à cet endroit. Une vaste propriété, la demeure des Michonnet, et le garage de monsieur Oscar, bel exemple de réinsertion professionnel, dirait-on de nos jours. J'aurai envie de qualifier ce lieu de huis-clos, tant tout se passe entre les murs de ses trois maisons. Quant aux rares personnes qui viennent jusqu'ici, elles ne font que passer, comme les clients du garage, ou bien elles s'y arrêtent définitivement, comme le diamantaire juif et hollandais. Un étranger, tout comme Carl Andersen et sa sœur, que personne n'a jamais vu en cinq ans. Elle vit littéralement enfermée dans le château. Pour protéger qui ? Ou plutôt pour se protéger de qui ? Else Andersen a tout de la femme fatale, avec son physique parfait jusqu'à la cicatrice qui l'humanise et aux regards à l'innocence enfantine. Ni madame Michonnet, l'épouse dévoué du courtier en assurance, ni la soumise madame Oscar, conjointe du garagiste, ne peuvent prétendent à ce titre. Et si le commissaire Maigret ne les néglige pas, il sait que la clef de l'énigme n'est pas à cherche auprès de ses deux femmes, mais dans le château où est enfermée la Belle. Les indices y sont semés un peu partout, pour qui sait regarder, pour qui sait écouter – et le commissaire Maigret n'est pas dépourvu de ces qualités.
    Le danger est partout, la tragédie survient quand on s'y attend le mien. Dans ce petit coin trop tranquille, Maigret a fort à faire, et préserver l'innocent semble par moment impossible, à moins de compter sur le hasard et sur la foi. L'expression "choc des cultures" n'a jamais été aussi utile, pour les français très cartésiens que sont les hommes du commissaire Maigret.
    La Nuit du carrefour est à lire, relire, et à regarder : Jean Renoir en a tiré un film très juste, avec son frère Pierre dans le rôle de Maigret.

    Lien : http://deslivresetsharon.wordpress.com/2013/07/07/la-nuit-du-carrefo..
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  • Par dido600, le 28 décembre 2012

    dido600
    La Nuit du carrefour. le carrefour de toutes les infractions graves à la morale le crime l'escroquerie l'adultère etc. Roman plein de d'énigmes et arcanes qui vous tiennent en haleine jusqu'aux dernier chapitre. Dénoués comme toujours grâce a' la placidité et la vigilance du commissaire Maigret .Je doute fort que si le personnage monsieur Carl Anderson ne fus pas estropié (monocle noir) les évènements auront pris une autre tournure .Pour conclure c'est un parfait roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par aaahhh, le 16 avril 2012

    aaahhh
    Au carrefour des trois veuves se trouvent trois maisons. Tranquilles en apparence. Et puis un jour surgit un cadavre... Mais qui est concerné par le drame? Ou plutôt qui ne l'est pas?...
    Une belle enquête qui nous montre un commissaire Maigret très humain, qui se laisse séduire par l'ambiance de ce petit village autant que par la belle Else, mais pas de panique : il n'en oublie pas pour autant sa mission et finira bien par découvrir le pot aux roses...
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 25 septembre 2014

    [...] ... Quand Maigret rejoignit l'inspecteur Grandjean sur la route, une pluie fine comme un brouillard commençait à tomber. Le ciel, néanmoins, devenait laiteux.

    - "Vous vous y retrouvez, vous, commissaire ?

    - A peu près ...

    - Cette femme joue la comédie, n'est-ce pas ?

    - Elle est tout ce qu'il y a de plus sincère ...

    - Pourtant ... Son mari ...

    - Celui-là, c'est une autre paire de manches. Un honnête homme qui a mal tourné. Ou, si tu préfères, une canaille qui était née pour faire un honnête homme ... Il n'y a rien de plus compliqué ! ... Ca se ronge pendant des heures pour découvrir un moyen de s'en tirer ... Ca imagine des complications inouïes ... Ca vous joue un rôle à la perfection ... Par exemple, il reste à savoir ce qui, à un moment donné de son existence, l'a décidé à s'établir canaille, si je puis dire ... Enfin reste à savoir aussi ce qu'il a bien pu imaginer pour cette nuit ..."

    Et Maigret bourra une pipe, s'approcha de la grille des Trois Veuves. Il y avait un agent en faction.

    - "Rien de nouveau ?

    - Je crois qu'on n'a rien trouvé ... Le parc est cerné ... Néanmoins, on n'a vu personne ..." ... [...]
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  • Par Woland, le 25 septembre 2014

    [...] ... On ne voyait plus rien. L'auto à turbocompresseur doublait une charrette de paille, disparaissait à l'horizon.

    Maigret faisait la grimace.

    - "Il en passe beaucoup, de pareilles ?

    - C'est la première ... On dirait qu'elle nous a visés, pas vrai ?"

    L'après-midi était grise. Un rideau frémit à la fenêtre de la villa Michonnet.

    - "Il y a moyen de coucher par ici ?

    - A Arpajon ou à Arvrainville ... Trois kilomètres pour Arpajon ... Arvrainville est plus près, mais vous n'y trouverez qu'une auberge de campagne ...

    - Vas-y porter ma valise et retenir des chambres ... Rien à signaler ?

    - Rien ... On nous observe de la villa ... C'est Mme Michonnet, que j'ai examinée tout à l'heure ... Une brune assez volumineuse, qui ne doit pas avoir bon caractère ...

    - Tu sais pourquoi on appelle cet endroit le carrefour des Trois Veuves ?

    - Je me suis renseigné ... C'est à cause de la maison d'Andersen ... Elle date de la Révolution ... Autrefois, elle était seule à se dresser au carrefour ... En dernier lieu, voilà cinquante ans, il paraît qu'elle était habitée par trois veuves, la mère et ses deux filles. La mère avait quatre-vingt-dix ans et était impotente. L'aînée des filles avait soixante-sept ans, l'autre soixante bien tassés. Trois vieilles maniaques, tellement avares qu'elles ne faisaient aucun achat dans le pays et qu'elles vivaient des produits de leur potager et de la basse-cour ... Les volets n'étaient jamais ouverts. On restait des semaines sans les apercevoir ... La fille aînée s'est cassé la jambe et on ne l'a su que quand elle a été morte ... Une drôle d'histoire ! ... Depuis longtemps, on n'entendait plus le moindre bruit autour de la maison des Trois Veuves ... Alors les gens jasent ... Le maire d'Avrainville se décide à venir faire un tour ... Il les trouve mortes toutes les trois, mortes depuis dix jours au moins ! ... On m'a dit qu'à l'époque les journaux en ont beaucoup parlé ... Un instituteur du pays, que ce mystère a passionné, a même écrit une brochure dans laquelle il prétend que la fille à la jambe cassée, par haine pour sa soeur encore alerte, a empoisonné celle-ci et que la mère a été empoisonnée du même coup ... Elle serait morte ensuite à proximité des deux cadavres, faute de pouvoir bouger pour se nourrir ! ..." ... [...]
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  • Par brigittelascombe, le 18 février 2012

    Elle rit.Un rire franc,perlé.Et plus que jamais,elle était parée de ce que les cinéastes américains appellent le sex appeal.

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  • Par brigittelascombe, le 18 février 2012

    Dommage du mort,qui gâte tout!..Car enfin,un mort c'est un mort et il faut quand même du respect pour cas choses là!...

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  • Par dido600, le 29 décembre 2012

    « Les femmes ont des tas de défauts, mais, Dieu merci, elles ont toutes une vertu qui les sauve : pas une
    d’entre elles n’est sans défaut. »



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