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> Éric Chédaille (Traducteur)

ISBN : 2859409173
Éditeur : Phébus (2003)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un vieil historien ronchon; unijambiste et condamné au fauteuil roulant, plaqué au surplus par sa douce, s'occupe à trier des archives de famille pour tenter de conjurer comme il peut la mort qui guette au prochain tournant - ou à celui d'après si l'on veut rester optim... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par keisha, le 28 août 2013

    keisha
    "N'ayant point d'avenir à moi, pourquoi ne me tournerais-je pas vers le tien?"
    Souffrant d'une grave maladie invalidante, dont la cause probable ne sera abordée qu'une fois au cours du roman (faut être vigilant), Lyman Ward a dû être amputé (et sa femme est partie avec le chirurgien...). Il se lance dans la rédaction d'une biographie de sa grand mère, Susan Ward, à partir de documents divers, dessins et articles, et surtout les lettres envoyées à sa grande amie Augusta. D'ailleurs ce roman est directement fondé sur les lettres d'une certaine Mary Hallock Foote.
    Susan, jeune dessinatrice prometteuse de l'est des Etats Unis, épouse dans les années 1870 Oliver Ward, un ingénieur qui ne trouvera de travail que dans l'ouest du pays, encore peu habité et développé. Écartelée entre le milieu intellectuel laissé derrière elle et sa fidélité et son amour pour son mari, Susan sera une "dame" dans cet ouest rude. Qu'on se l'imagine en robe longue, col montant, taille serrée, jupon, et toujours un carnet de croquis.
    Lyman a connu ses grands parents (qui vécurent jusqu'à des quatre-vingt dix ans) et cherche à comprendre ce qu'ils ont pu ressentir au fil de leur existence commune (ou pas, car ils furent séparés de longs mois quand Oliver travaillait dans un endroit peu propice à l'installation d'une famille), au long de petites réussites, mais surtout de "désirs émoussés, d'espoirs ajournés ou abandonnés, d'occasions ratées, de défaites acceptées, de chagrins endurés."
    En plus d'une belle évocation de l'ouest américain en cours de développement, un beau portrait de femme. Ne pas s'attendre à des événements toujours extraordinaires, quoiqu'il y eut des drames. Stegner est bien sûr suffisamment habile pour entremêler deux récits, passé et présent, ne laissant pas ignorer quand Lyman Ward imagine ce qu'il ne connaît pas avec certitude (à l'époque de Susan Ward, on n'étalait pas au grand jour certains aspects de sa vie privée, comme il regrette que le fassent les jeunes femmes de 1969). Les dialogues justement entre Lyman et la jeune femme qui l'aide à classer les documents m'ont d'ailleurs plus fait ressentir un décalage temporel que la vie dans les campements miniers en 1880...Peace and Love, c'est loin tout ça.
    Wallace Stegner (1909-1993) est un des "écrivains de l'ouest" et évidemment un incontournable. Belle finesse dans l'étude psychologique et la description de la nature.

    Lien : http://enlisantenvoyageant.blogspot.fr/2013/08/angle-dequilibre.html
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    La découverte de l'?uvre de Wallace Stegner (1909-1993) aura été, si l'on en croit quelques critiques, au premier rang desquels Michel Polac, l'une des bonnes surprises de cette fin de siècle.
    Découverte chez nous bizarrement tardive, si l'on sait qu'une bonne part des romanciers américains qui gravitent aujourd'hui autour du pôle de Missoula (Montana), et Jim Harrison le premier, considèrent Stegner comme leur maître - en tout cas comme leur initiateur à une certaine vision du monde (une sorte de stoïcisme moderne, si l'on veut). Angle d'équilibre (1971) est le plus célèbre roman de Stegner : c'est celui qui lui a valu le prix Pulitzer - et c'est, à ses propres yeux et à ceux de la plupart de ses lecteurs, son roman à la fois le plus ambitieux et le plus abouti.
    On ajoutera : l'un des plus émouvants aussi, car Stegner (ses lecteurs français le savent aujourd'hui) n'est jamais aussi grand que lorsqu'il évoque les fins de partie. Un vieil historien ronchon, unijambiste et condamné au fauteuil roulant, plaqué au surplus par sa douce, s'occupe à trier des archives de famille pour tenter de conjurer comme il peut la mort qui guette au prochain tournant - ou à celui d'après si l'on veut rester optimiste.
    C'est ainsi qu'il va tomber sur les lettres laissées par sa grand-mère, une jeune femme des années 1860 qui parcourt l'Ouest sauvage à la suite de son prospecteur de mari - et dont la vie, passée au milieu de paysages grandioses, ne sera qu'une suite (plutôt mouvementée) de dégringolades et de désillusions... Où Stegner revient, une fois de plus, à la vieille question : comment faisons-nous pour vivre, pour tenir debout, alors que ce monde - riche pourtant de merveilles - ne cesse de mettre à bas nos rêves, et nous avec ? le New York Times, dans un palmarès resté célèbre, a rangé Angle d'équilibre parmi " les cent plus grands romans du siècle ".
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    • Livres 5.00/5
    Par jimetdalva, le 23 août 2012

    jimetdalva
    Angle d'équilibre , paru en 1971, est le plus célèbre des romans de Stegner et c'est grâce à lui qu'il a obtenu le prix Pulitzer.
    Un vieil historien infirme classe les archives familiales dans le but d'écrire un livre sur sa grand-mère Sasun Ward. Susan est une artiste-peintre, élevée dans l'Est, selon les traditions de l'Angleterre victorienne. Cependant, elle va changer radicalement sa vie en épousant un ingénieur qu'elle suivra sur les chantiers à l'Ouest. Ce sera pour elle la découverte d'un monde dur et sauvage. Elle livre ses impressions à son amie Augusta à travers de nombreuses lettres. Augusta est ce qu'elle aurait pu devenir, si elle n'avait pas suivi son mari: une femme vivant dans le luxe et le confort, animant des réceptions dans lesquelles se croisent toutes les personnalités de l'époque.
    Angle d'équilibre est plus qu'un roman d'aventure, c'est l'histoire d'une femme oscillant entre espoir et désillusion, entre fidélité et tentation.
    Par ailleurs, le narrateur ponctue son récit de réflexions sur le décalage entre les deux époques, sur le couple, sur l'amour, sur la responsabilité!
    À chacun de trouver son Angle d'équilibre! Un livre à recommander... dans la lignée de Dalva de Jim Harrison ou de Mille Femmes blanches de Jim Fergus.
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    • Livres 5.00/5
    Par SagnesSy, le 08 août 2014

    SagnesSy
    Prix Pulitzer 1971 pour ce roman de Wallace Stegner, découvert grâce à ça
    Lyman Ward, historien, 58 ans, handicapé et plein d'amertume, retrace en 1970 la vie de ses grands-parents paternels. Oliver Ward et Susan Burling étaient on ne peut plus différents; ils se sont pourtant aimés, et ont à leur façon participé à la conquête de l'Ouest américain.
    Susan était une artiste, illustratrice, écrivaine, quaker gentiment snob et victorienne jusqu'au bout des ongles. Oliver était un scientifique, sérieux, mutique, intelligent mais non brillant, fiable à 200 % et très démuni face aux relations humaines.
    La naissance de leur amour m'a fait rêver : Alors qu'elle est à plat-ventre sur un précipice pour contempler une chute d'eau, il lui tient les chevilles pour l'assurer; quand elle se relève, elle est amoureuse.
    Elle le suivra dans des endroits impossibles, bravera la misère, la honte, le malheur, perdra ses amis, son côté frivole, aura honte de lui et honte d'avoir honte, mais jamais ne cessera de l'aimer.
    Lui, pourtant, ne saura pardonner sa seule et terrible erreur : ils finiront leur vie ensemble, mais étrangers.
    En une économie de mots juste parfaite, Wallace Stegner nous déroule toute la complexité de la nature humaine, qui ne change jamais, quelle que soit son époque.
    On trouve dans ce roman une profonde réflexion sur l'amour, sur toutes les formes d'amour, et le point de vue du petit-fils historien nous serre souvent la gorge.
    On trouve aussi différents styles de narration, entre les lettres de Susan et le quotidien des années 1970.
    On trouve encore une belle interrogation sur la magnanimité, notion plus ardue qu'il n'y parait.
    Enfin un dénouement mystérieux, aux deux époques, de petits pièges dans lesquels on tombe à pieds joints, pour se frapper après devant tant de naïveté.
    Dans la droite lignée d'Autant en emporte le vent, avec la même puissance romanesque, le même souffle intemporel et la capacité de nous soustraire au monde réel.
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    • Livres 4.00/5
    Par veroherion, le 10 septembre 2014

    veroherion
    Wallace Stegner est un magicien de la construction romanesque.
    Il a un écriture très lente qui amène les choses de manière très posée. Il porte un regard analytique et doucement ironique sur la société et les conflits intergénérationnels.
    Mais ce sont surtout les fins de ses ouvrages, qui nous renvoient comme un trop plein d'émotion et nous force à repenser à tous les personnages qui ont été mis en scène, avec un autre regard.
    "L'Angle d'équilibre" en est vraiment un exemple incroyable.
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