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Jacques Pons (Éditeur scientifique)Émile Pons (Éditeur scientifique)Maurice Pons (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070365972
Éditeur : Gallimard (1976)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 464 notes)
Résumé :
Au cours d'un premier voyage, Gulliver échoue sur l'île de Lilliput, un monde de nains qui ne mesurent pas plus de six pouces de haut et passent leur temps à faire la guerre.
Grâce à sa courtoisie, Gulliver parvient à gagner leur confiance. Au cours de son deuxième voyage, il se retrouve, cette fois, chez les Brobdingnag, un peuple de géants où lui-même n'est qu'un nain. Et là encore, son intelligence ne sera pas de trop pour lui laissera vie sauve...
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
JacobBenayoune
JacobBenayoune13 septembre 2016
  • Livres 5.00/5
"Les voyages de Gulliver" font partie de ces oeuvres universellement connues à l'instar de "Roméo et Juliette", de "Don Quichotte", Des "Mille et Une Nuits", qui ont subi l'effet négatif de leur renommée ; tout le monde les connait mais rares sont ceux qui les ont lues.
Qui ne connait les adaptations multiples de cette oeuvre ? et surtout celles de la première partie. Or le roman contient quatre parties et il est loin d'être un roman de jeunesse (ou pour enfants) et les quelques anecdotes loufoques et désopilantes ressemblent à celles qu'on retrouve chez Rabelais et que La Bruyère a vivement critiquées dans son fameux aphorisme.
Si "Don Quichotte" est souvent considéré comme une parodie du roman de la chevalerie, je crois que "Les voyages de Gulliver" sont aussi une parodie des récits de voyages. Mais cela ne se rapporte qu'à la forme et l'on trouve certains passages où le narrateur critique les auteurs de récits de voyages qui essaient de transformer leurs oeuvres en épopée glorifiante et ne cessent de mentionner qu'ils ont reçu les faveurs de tel grand souverain. le narrateur lui se veut honnête et franc avec ses lecteurs car non seulement il décrit en détails ce qu'il a vécu, mais il ne cache jamais les mésaventures dégradantes qu'il a subies lors de ses voyages. Il essaie d'expliquer de manière scientifique les événements et faits les plus incroyables. En somme, il nous présente son livre comme un récit de voyages véridique.
Swift utilise un procédé très connu et surtout très prisé par certains auteurs français du siècle des Lumières comme Voltaire et Montesquieu ; celui de l'étranger qui visite des sociétés qui lui sont inconnues et qui est frappé de stupeur devant l'extravagance de leurs moeurs ("Candide", "Micromégas", "Lettres persanes"…). Dans "Les Voyages de Gulliver", la surprise et la curiosité sont réciproques. de plus, Swift est plus direct dans la critique de son époque et de ses contemporains ; ce sont plus les choses que son héros raconte qui sont un sujet de dégoût et d'étonnement. Lui-même il est un objet de surprise : géant, nain minuscule, bête bien pensante.
L'une des caractéristiques essentielles de ce roman est son imaginaire extravagant. Et l'on peut constater l'admiration des lecteurs de cette époque devant cette oeuvre ingénieuse. Hélas ! cela peut paraître dépassé pour un lecteur du XXIe siècle habitué aux films de Spielberg, ou de G. Lucas, mais aussi aux films d'animation de Miyazaki. Mais parfois, il faut s'évader du siècle où l'on vit pour pouvoir apprécier certaines oeuvres immortelles comme le font certains auteurs contemporains pour écrire des romans dont l'action se situe dans des siècles révolus ("Mon nom est Rouge", "Le Nom de la rose", "Le Parfum"…). On doit vivre dans ces époques en lisant ces romans ; une vie dans la lecture.
Dans ce roman la tension monte en crescendo, et l'intensité des critiques et de la satire devient de plus en plus acerbe jusqu'à l'explosion finale. Cette évolution du roman est accompagnée par l'évolution du caractère du narrateur-héros. Gulliver devient misanthrope. Ce personnage qui est un peu bizarre car en même temps il s'efface devant les événements qu'il raconte et se veut neutre mais qui est au coeur de ces événements, et un centre d'intérêt pour ceux qui le rencontrent, mais aussi pour nous lecteurs. C'est un aventurier qui vit sous la tentation du mouvement (comme Ibn Battûta) et ne battra cette envie qu'après avoir goûté aux plaisirs d'une vie simple et pieuse dans la dernière partie (comme Ibn Battûta qui, en voyage, envia la vie simple et rustique d'un vieux pêcheur, et rêva de s'installer définitivement et de finir ses jours comme ce vieillard).
Les idées et la critique qu'on trouve dans ce roman ne pouvaient être exprimé ni nous atteindre après tant de siècles que grâce à la forme du roman. Exprimées dans un essai ou un pamphlet, elles auraient tombées dans l'oubli et devenues une simple oeuvre de circonstance. Doit-on connaitre les événements qui se passaient à l'époque de Swift pour apprécier ce roman et pouvoir le comprendre ? Pas du tout (il existe en tout cas un texte très pertinent du grand écrivain Walter Scott qui met en parallèle les événements et personnages avec les faits historiques et les contemporains de Swift). Ce roman comme tous les grands chefs-d'oeuvre du genre ne se résume pas à une époque spécifique ou une région. Il s'inscrit dans l'universel. Les caractères décrits existent toujours dans tous les domaines (politiciens, médecins, avocats …), les problèmes et faits sociaux présentés sont d'actualité. Et la bêtise humaine ne date pas d'aujourd'hui.
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Zebra
Zebra17 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
Les Voyages de Gulliver (en anglais Gulliver's Travels) est un roman satirique écrit par Jonathan Swift en 1721. Écrit à la première personne (Gulliver et Swift ne font qu'un), divisé en quatre parties (à savoir, autant de parties que de voyages entrepris par Gulliver) et constitué de récits détaillés, ce roman, écrit après le krach de 1720, pourrait avoir été l'occasion pour Swift de moquer les travers de la société anglaise à laquelle il appartenait. La bande dessinée illustrée par Giu-Pin et adaptée par Saulla Dello Strologo se veut être un résumé fidèle et court de ce roman. Transporté à Lilliput, le lecteur découvre une société bien plus avancée que l'Angleterre de l'époque, révélation atténuée par le fait que cette supériorité n'empêche pas les peuples de Lilliput de céder à leurs instincts primitifs et de passer leur temps à se faire la guerre. Ensuite, dans le voyage à Brobdingnag, ce sont les travers des institutions anglaises que découvre le lecteur. Puis, à l'occasion du voyage à Laputa, ce sont les abus de la philosophie ou de la science qui sont dénoncés, en ce sens qu'ils conduisent les hommes à perdre tout sens commun et à courir à leur ruine. Enfin, dans le voyage à Houyhnhnms, c'est la question de la différence entre l'être humain et l'animal (en l'occurrence, le cheval) qui est posée par Gulliver avec, en corollaire, l'éventualité de devoir ressentir de la honte d'être un être humain.
Au fil des quatre récits, le lecteur va de surprise en surprise : on lui suggère sur le ton de la plaisanterie que les problèmes irlandais de famine et de surpeuplement pourraient être facilement résolus en faisant en sorte que les bébés de sujets irlandais pauvres soient vendus comme des friandises à des citoyens plus fortunés, on l'assène de propos caustiques et d'attaques constantes à l'encontre des défauts des sociétés britannique et européenne, on le porte à la rêverie avec la description de pays imaginaires, on mêle l'acidité, l'absurdité et la folie (qui pourrait être la conséquence d'un incident ayant affecté les capacités mentales de Swift), on dénonce les travers de l'époque (par exemple, le colonialisme) dans un style vif et précis constellé de perceptions naïves et crédules.
Le lecteur pourra très vite être gêné par l'absence d'émotion, par l'avalanche de faits, mais aussi par le côté obsessionnel voire insupportable des différents faits de navigation de Gulliver. La richesse des récits pourra être interprétée comme du verbiage, sans intérêt manifeste. Les idéaux de Gulliver paraîtront bien tièdes : des gens bons et raisonnables, dotés d'une forte personnalité, cohabitant au sein d'une société non aliénante et respectueuse de leurs droits ! Ayant poursuivi votre lecture à son terme, vous en sortirez peut-être avec l'impression d'avoir lu les voyages d'un anti-héros, simplet, méconnaissant le sens même de sa mission, ouvert sur le monde mais dans l'incapacité d'en modifier le cours. Cette crédulité et cette « errance », alliées à une sur-activité et à un manque évident de bon sens et d'ingéniosité, amoindrissent la force que met Swift à dénoncer les abus de son époque ! Quant à l'excès de simplicité avec lequel Swift décrit les traits de ses principaux personnages, le lecteur indulgent pourra le pardonner. La société anglaise est le terrain de jeu de ce roman satirique. Pour autant, l'Angleterre ne paraît pas être la patrie de Gulliver : il n'en parle jamais, que ce soit avec tendresse, nostalgie ou patriotisme, et chaque fois qu'il rentre au pays c'est pour le quitter au plus vite pour aller naviguer sur les mers ! Ces voyages sont une fenêtre sur la nature humaine mais Gulliver est un être solitaire, un misanthrope aigri, un asocial (il ne parle jamais de sa famille ou de ses amis anglais), dénué d'émotions, de passions, de rêves ou d'aspirations, impuissant devant les travers de la société et de la nature humaine qu'il décrie : ce vide est consternant. Faut-il y voir le produit d'une volonté délibérée de l'auteur (nous signifiant ainsi son dégoût de la condition humaine, l'homme n'étant au final –malgré la diversité des langues et des cultures-, ni complètement spirituel, ni mentalement transcendant) ou la marque de la folie ordinaire de Swift ?
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LiliGalipette
LiliGalipette14 avril 2011
  • Livres 4.00/5
Roman de Jonathan Swift. Lettre S de mon Challenge ABC critiques Babelio.
Voyages dans plusieurs régions éloignées du monde par Lemuel Gulliver est le titre complet de ce récit de voyage. Gulliver, médecin de formation, embarque à plusieurs reprises sur des navires marchands et, suite à des avanies ou des trahisons, échoue sur les côtes de territoires inconnus peuplés de civilisations extraordinaires. À Lilliput, il rencontre des êtres si petits qu'il pourrait les glisser en ses poches. À Brobdingnag, c'est lui qui rentre dans les poches. À Laputa, il découvre une île volante qui se déplace grâce à la force conjuguée d'un aimant sur un socle de diamant. Balbinarbi abrite une académie de savoirs hétéroclites. Glubbdubdrib et Luggnagg ont tout autant de mystères et de prodiges à présenter. Fidèle sujet du royaume anglais, il est convaincu que son pays surpasse en toute chose les autres territoires. Ce n'est que chez les Houyhnhnms qu'il prend en horreur le genre humain et s'entiche des chevaux, race qu'il estime être la plus évoluée et la mieux civilisée.
Gulliver a le goût du voyage et de la découverte. Mais le voyage en lui-même n'est jamais qu'un moyen, au demeurant très court : les périples en mer ne durent que quelques pages voire quelques paragraphes avant le naufrage ou le débarquement. Une fois rendu sur place, Gulliver ne voyage plus, il découvre et compare. L'Angleterre est son pays de coeur, mais il n'y reste jamais. Il soupire après sa terre natale dès qu'il en est éloigné, mais il reprend la mer dès qu'il a rejoint les rivages de la grande Albion. Ainsi qu'il le dit, "[sa] soif de découverte, malgré [ses] infortunes passées, restait aussi vive que jamais." (p. 220) Gulliver n'ignore rien des dangers au devant desquels il s'élance en reprenant la mer. Mais c'est son récit a posteriori qui en témoigne. Dans son dernier voyage, Gulliver a risqué plus que sa vie : il a mis sa raison et son identité au pilori.
D'un monde à l'autre, Gulliver compare toute chose à l'univers dont il est issu. Les mesures et disproportions sont sujets d'émerveillement dans les deux premiers pays qu'il découvre. Mais chaque retour au pays est l'occasion de quelques paragraphes cocasses dans lesquels on découvre que Gulliver a bien du mal à retrouver la normalité de son univers. Pétri et parfois acquis aux découvertes qu'il a faites en terre inconnue, il pose sur son univers le regard d'un étranger.
Jonathan Swift emprunte à de nombreux genres littéraires pour composer son texte : le récit de voyage est une trame générale dont les ressorts sont déviés et nourrissent le ton parodique et satirique. le conte philosophique croise le récit de moeurs et l'étude sociale. La volonté encyclopédique et linguistique affrontent le traité spirituel et mystique. Jonathan Swift n'a de cesse de faire répéter à Gulliver ses bonnes intentions. le héros est précis et consciencieux dans les descriptions qu'il donne, même pour les sujets les plus ingrats : "J'espère que l'indulgent lecteur me pardonnera de m'attarder sur ce genre de détails qui, même s'ils semblent insignifiants aux esprits vulgaires ou serviles, enrichiront sans doute les pensées et l'imagination du philosophe au progrès de la vie publique et privée." (p. 151)
L'auteur glisse entre les lignes des critiques plus ou moins subtiles sur la société de son temps, sur les ennemis de l'Angleterre ou certaines professions dont il dresse des portraits peu flatteurs (avocats, médecins, etc.) Sympathisant des Whigs, il ne cache pas un certain mépris pour la noblesse: "Un corps faible et maladif, une physionomie décharnée, une complexion jaunâtre sont les signes distinctifs d'un sang noble ; un aspect sain et robuste est chose si honteuse chez un homme de qualité que le monde est aussitôt persuadé que son père était un valet ou un cocher." (p. 340) Néanmoins, Gulliver ne manque jamais de présenter ses plus profonds respects aux monarques des peuples chez qui il séjourne. Aussi affable et sociable que soit le personnage, il est impossible de ne pas déceler en lui un fond de rouerie et une capacité hypocrite à tirer le meilleur parti de toute situation.
Gulliver est un héros ambigu. Il découvre et expérimente de grandes choses : en ce sens, il se démarque du reste de la société humaine. Mais, tout en clamant sa bonne foi et en insistant sur la pureté de ses vertus, il démontre à plusieurs reprises qu'il est doté d'un orgueil susceptible et qu'il est assez peu capable de tolérance : en bon occidental conquérant qui se respecte - et bien que le terme soit anachronique - Gulliver témoigne de l'ethnocentrisme dont font preuve les explorateurs et les colonisateurs. Il réduit tout à sa personne et à son univers. Même s'il est avide d'apprendre la langue des peuples qu'il traverse, il ne s'en sert pas pour échanger, mais plutôt pour se convaincre que sa raison est la meilleure. Heureusement, Jonathan Swift rabat le caquet de cet odieux petit personnage en le confrontant à une civilisation où le cheval est roi et où l'homme n'est qu'un infâme animal.
Voilà un texte absolument délicieux ! La finesse de la critique n'entrave pas l'humour et la qualité du récit est indéniable. Si Jonathan Swift, en bon anglais, porte de nombreux coups de griffe à la France, il n'épargne pas non plus l'Angleterre et la satire n'en a que plus de poids. C'est un texte à faire lire aux adolescents. La langue est certes soutenue et il faut souvent se référer aux notes en fin d'ouvrage, mais ce roman a de quoi séduire les lecteurs avides d'aventures et de mondes extraordinaires.
Lien : http://lililectrice.canalblo..
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vincentf
vincentf02 février 2016
  • Livres 5.00/5
Les voyages toujours sont des miroirs reformants. En se confrontant à des êtres minuscules, puis à des géants, Gulliver ne sait plus s'il est grand ou petit. Il invente ainsi un regard neuf sur la vie ordinaire, sur l'Angleterre et sur l'humanité banale. Ce regard décentré n'est pas à l'avantage des Anglais, même s'ils semblent plus raisonnables que les savants obsédés de mathématiques et de musique de l'île volante de Laputa qui ne sont sans doute que des reflets exagérés des vices habituels. C'est surtout le peuple des Houyhnhnms, ces chevaux si supérieurs aux ignobles Yahoos à la forme humaine, qui permet à Swift de dire tout le mal qu'il pense de l'espèce humaine, toujours prompte à la chose-qui-n'est-pas, c'est-à-dire à mentir, à se jalouser et à se battre. Non seulement, ces voyages sont remplis d'inventions merveilleuses et de situations cocasses, mais en plus, ils sont un chef-d'oeuvre d'ironie, de remise en cause des codes sclérosés et de misanthropie.
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Amindara
Amindara09 mars 2012
  • Livres 4.00/5
Quand j'étais plus jeune, j'ai beaucoup regardé un film qui s'intitulait « les Voyages de Gulliver » (c'était la version de 1996 en 2 parties). J'adorai ce film. Aussi, quand j'ai su qu'il était tiré d'un livre, j'ai absolument voulu le lire. Et c'est chose faite.
J'avoue que la première fois que je l'ai ouvert, j'ai ressenti une légère appréhension. Je savais que l'histoire serait géniale, mais c'était écrit tout petit. Déjà, cela m'a légèrement rebutée : j'associe généralement une écriture petite avec un style assez lourd et indigeste. Sans compter que, lorsque c'est écrit petit, on met plus de temps à lire. Deuxième chose qui m'a « repoussée », la date de l'écriture. Swift a commencé en 1721. du coup, j'avais peur qu'il ait un style, comme je l'ai déjà dit, un peu lourd, un langage plutôt élevé et des phrases plutôt alambiquées.
Et je me suis trompée. Je m'en suis rendue compte dès les premières lignes. L'écriture de Swift est plutôt fluide et même si elle contient quelques expressions ou mots qui sortent de l'ordinaire (car on ne les utilise plus), elle se lit facilement. Autre chose, les chapitres sont plutôt courts. Et, pour quelqu'un comme moi, qui n'aime pas s'arrêter en milieu de chapitre, c'est motivant de voir qu'il n'est pas trop long et que, par conséquent, on peut se permettre d'en lire un de plus parce qu'on sait que dans 10-15 minutes, on l'aura déjà fini.
Revenons maintenant à l'histoire. Fantastique, fabuleuse ! Je n'ai absolument pas été déçue, pour cela, le film était plutôt fidèle (du moins pour ce qui est des voyages parce que Swift ne nous parle pas de ce qui s'est passé lorsque Gulliver revient chez lui). Qui n'a jamais rêvé de vivre de telles aventures, de découvrir de tels pays ? Bon, je pense personnellement qu'il vaut mieux se retrouver à Lilliput qu'à Brobdingnag (mieux vaut être le géant, c'est moins effrayant) !
Enfin bref, j'ai été emballée par cette lecture. C'est un vrai coup de coeur. Et je crois que je peux désormais dire qu'il s'agit d'une référence en matière de littérature fantastique.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs25 juillet 2013
La satire, selon Swift, est «un miroir dans lequel celui qui regarde aperçoit le visage de tout le monde à l’exception du sien propre». Et le lecteur de découvrir, avec Gulliver, la mesquinerie politique et guerrière des petits hommes, l’appétit de l'humanité pour la violence [...], ou encore l’irrationalité de nombre d’expériences qui revêtent pourtant les apparences de la science.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel22 septembre 2016
Je me souviens qu'une fois mon maître avait invité un ami et les siens à venir le voir pour une affaire de quelque importance : le jour fixé, son épouse arriva avec ses deux enfants très en retard. Elle s'excuse de deux choses : d'abord de l'absence de son mari, à qui le matin même il était arrivé de lhnuwnh. Ce mot est extrêmement expressif dans leur langue, mais n'est pas facile à rendre en anglais. Ensuite elle s'excusa de son retard. La raison en était que, son mari étant mort dans la matinée, elle avait passé beaucoup de temps à discuter avec ses domestiques de l'endroit le plus convenable pour y déposer le corps. J'observai qu'elle faisait preuve d'autant de gaieté que les autres convives.
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Jean-DanielJean-Daniel22 septembre 2016
En vérité, les philosophes ont raison quand ils nous disent qu'il n'y a rien de grand ou de petit que par comparaison.
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MissMartyMissMarty01 mai 2012
(Voyage à Laputa)

La connaissance que j’avais des mathématiques m’aida beaucoup à comprendre leur façon de parler et leurs métaphores, tirées la plupart des mathématiques et de la musique, car je suis un peu musicien. Toutes leurs idées n’étaient qu’en lignes et en figures, et leur galanterie même était toute géométrique. Si, par exemple, ils voulaient louer la beauté d’une jeune fille, ils disaient que ses dents blanches étaient de beaux et parfaits parallélogrammes, que ses sourcils étaient un arc charmant ou une belle portion de cercle, que ses yeux formaient une ellipse admirable, que sa gorge était décorée de deux globes asymptotes, et ainsi du reste. Le sinus, la tangente, la ligne courbe, le cône, le cylindre, l’ovale, la parabole, le diamètre, le rayon, le centre, le point, sont parmi eux des termes qui entrent dans le langage affectueux. Leurs maisons étaient fort mal bâties : c’est qu’en ce pays-là on méprise la géométrie pratique comme une chose vulgaire et mécanique. Je n’ai jamais vu de peuple si sot, si niais, si maladroit dans tout ce qui regarde les actions communes et la conduite de la vie. Ce sont, outre cela, les plus mauvais raisonneurs du monde, toujours prêts à contredire, si ce n’est lorsqu’ils pensent juste, ce qui leur arrive rarement, et alors ils se taisent ; ils ne savent ce que c’est qu’imagination, invention, portraits, et n’ont pas même de mots en leur langue qui expriment ces choses. Aussi tous leurs ouvrages, et même leurs poésies, semblent des théorèmes d’Euclide.


Plusieurs d’entre eux, principalement ceux qui s’appliquent à l’astronomie, donnent dans l’astrologie judiciaire, quoiqu’ils n’osent l’avouer publiquement ; mais ce que je trouvai de plus surprenant, ce fut l’inclination qu’ils avaient pour la politique et leur curiosité pour les nouvelles ; ils parlaient incessamment d’affaires d’État, et portaient sans façon leur jugement sur tout ce qui se passait dans les cabinets des princes. J’ai souvent remarqué le même caractère dans nos mathématiciens d’Europe, sans avoir jamais pu trouver la moindre analogie entre les mathématiques et la politique, à moins que l’on ne suppose que, comme le plus petit cercle a autant de degrés que le plus grand, celui qui sait raisonner sur un cercle tracé sur le papier peut également raisonner sur la sphère du monde ; mais n’est-ce pas plutôt le défaut naturel de tous les hommes, qui se plaisent naturellement à parler et à raisonner sur ce qu’ils entendent le moins ?
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ZebraZebra16 septembre 2012
[...] Après deux mois passés à la maison, mon caractère vagabond me conduisit encore en mer à bord de l'Aventure. Là, une révolte de l'équipage m'obligea à descendre sur une terre inconnue. C'est avec une peur justifiée que je m'enfonçai à l'intérieur. Tout à coup, je vis de bizarres animaux couverts de poils qui leur arrivaient jusqu'aux hanches, et parfois jusqu'aux pieds. Dès qu'ils m'aperçurent, ils prirent la fuite, et je ne vis plus, à leur place, qu'une harde de poulains splendides. L'un d'eux me salua de la patte droite, puis s'entretint avec ses compagnons.
- Messieurs, leur dis-je, si vous êtes sorciers, vous me comprendrez. Je viens de très loin et demande l'hospitalité.
Le cheval me répondit par un hennissement où je perçus plusieurs fois le son : "Jahoo". Je le répétai. Alors, bondissant devant moi, les chevaux m'invitèrent à les suivre. [...]
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sld09sld0901 août 2016
Mon père, dont le bien, situé dans la province de Nottingham, était médiocre, avait cinq fils : j’étais le troisième, et il m’envoya au collège d’Emmanuel, à Cambridge, à l’âge de quatorze ans. J’y demeurai trois années, que j’employai utilement. Mais la dépense de mon entretien au collège était trop grande, on me mit en apprentissage sous M. Jacques Bates, fameux chirurgien à Londres, chez qui je demeurai quatre ans. Mon père m’envoyant de temps en temps quelques petites sommes d’argent, je les employai à apprendre le pilotage et les autres parties des mathématiques les plus nécessaires à ceux qui forment le dessein de voyager sur mer, ce que je prévoyais être ma destinée. Ayant quitté M. Bates, je retournai chez mon père ; et, tant de lui que de mon oncle Jean et de quelques autres parents, je tirai la somme de quarante livres sterling par an pour me soutenir à Leyde. Je m’y rendis et m’y appliquai à l’étude de la médecine pendant deux ans et sept mois, persuadé qu’elle me serait un jour très utile dans mes voyages.
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