AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Denis Roussel (Éditeur scientifique)Pierre Vidal-Naquet (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070400689
Éditeur : Gallimard (2000)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Thucydide a vécu l’affrontement entre Athènes et Sparte comme citoyen, comme général, comme exilé qui ne revit sa patrie qu’après la défaite. A l’instar des Tragiques grecs, il évoque la grandeur et la chute de sa cité. Cette guerre du Péloponnèse, qui commença en 431 pour s’achever en 404 par la victoire de Sparte, Thucydide la raconte, saison par saison, en s’appuyant sur une documentation étonnamment exacte. Elle signifie la fin d’une civilisation – comme celle d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
finitysend
finitysend04 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
L'histoire de la guerre du Péloponnèse est un texte assez long , très méticuleux qui fait montre un grand sens du détail , et de la description intelligente , vivante , précise et imagée .
De 431 à 404 avant le début de l'ère commune , la Grèce est plongée dans un conflit généralisé impressionnant de par son ampleur , comme du point de vue de la manière selon laquelle il impactera durablement l'avenir politique de la communauté hellénique toute entière .
Le conflit se résume principalement à deux camps , la ligue du Péloponnèse et ses alliés conduits par Sparte et Athènes d'autre part qui domine , une ligue d'états principalement maritimes et principalement ioniens aussi selon les aspects culturels et ethniques .
A L'issue de ce conflit :
Athènes vaincue perdra sa puissance politique , du moins à cette échelle de puissance considérable et internationale . Sparte , le vainqueur , épuisera ses effectifs militaires et civiques dans ce conflit , au point de n'être pour cet état , que l'ombre de lui-même , le siècle suivant . Il ne sortira en effet rien de bon de ce conflit du point de vue politique , et de même , rien pour ce qui est des intérêts stratégiques de la Grèce continentale et de l'Ionie dans leur ensemble .
La Grèce perdra progressivement son statut d'acteur majeur de la politique en méditerranée orientale et occidentale( différemment ) .
A mon humble avis , ce conflit , ainsi que la configuration politique du 4e siècle qui suivra presque immédiatement après , signeront à mon humble avis l'impossibilité pour cette civilisation , de transcender la forme politique de la Polis , de la cité grecque donc . Qui est certes un état mais avant tout , une communauté ( humaine ) de citoyens avec leur territoire ( polis et korê ) ) .
La guerre du Péloponnèse est un texte absolument sidérant de par sa modernité . C'est un ouvrage historique au sens presque contemporain du terme . Les problématiques sont creusées , justifiées , dégagées alors que les arguments sont pesés et que les sources sont mises en perspectives et leur crédibilité étalonnées .
Si vous avez aimé découvrir la guerre des Gaules de César , ce texte de Thucydide , vous enthousiasmera encore plus , de par son caractère vivant , et de par son allure très rationnelle , ainsi que par son plan clair et intelligemment structuré , qui ne rechigne pas à fournir abondement des justifications culturelles croustillantes .
Les causalités des éléments historiques sont examinés en profondeur , mais l'auteur élève aussi son texte , en dégageant des propositions conceptuelles qui permettront de dégager des schèmes de compréhension , dont les concepts énoncés et définis en eux-mêmes , dégageront une véritable philosophie géopolitique de l'ensemble hellénique tout entier , que ce soit d'un point de vue tactique et stratégique , mais aussi dans celui de l'analyse des rapports de la guerre avec la politique et la diplomatie . Il dégage donc , l'embryon , déjà très avancé et clair , d'une véritable , philosophie politique de la guerre en milieux grec .
L'auteur sera amené à définir les rapports particuliers que les différents régimes politiques peuvent entretenir avec la guerre , de même que ceux qu'induisent les statuts différents des membres contractants , dans les hiérarchies d'états engagés dans des associations politiques plus vastes et très règlementées , de cités , aux statuts différentiels et inégalitaires .
L'auteur examine aussi dans le détail la manière dont la guerre se fait entre grecs , les règles sont particulières et les obligations de convenances sont nombreuses , l'auteur s'offusquera de la manière dont ces conventions peuvent être brisées occasionnellement , ce qui lui permettra , pour sa part , de discerner ce qui est moralement acceptable dans une guerre entre grecs , d'avec ce qui ne l'est pas . Ce sera pour le lecteur contemporain , l'opportunité de mesurer à quel point , les conventions sociales varient considérablement selon les époques et les civilisations .
L'auteur déploie une analyse fulgurante d'envergure dans par exemple et ente autre , l'analyse des raisons qui font que Athènes gère de plus en plus , un empire , plus qu'elle ne gère l'association de cités volontaires et libres , celle qui permit en son temps , de tenir radicalement en échec l'empire perse (à son or et à ses armées ) . de la même manière l'auteur pointe le caractère irraisonné de l'expédition de Sicile en soulignant son caractère stratégiquement inepte , car quasiment fou et démesuré aussi et de ce fait nuisible à l'état ( immoral d'une certaine façon ) , d'autant plus d'ailleurs que improductif .
Si vous essayez de vous documenter avant la lecture de ce texte , il ne faut pas se laisser impressionner et peut-être décourager , par le caractère très compartimenté , touffu et complexe des analyses contextuelles historiques qui entoure cette « perle « .
En effet , La guerre du Péloponnèse est un récit intrinsèquement éloquent , très imagé , Un corpus de textes qui est concret et passionnant le plus souvent , et qui de ce fait offrira avant tout à son lecteur contemporain un fabuleux voyage dans le temps .
Il permettra aussi de mesurer , que si ce conflit généralisé a porté une atteinte fatale à l'importance politique de la Grèce propre , comme à celle de la grande Grèce , il n'a en rien atteint le génie grec , qui nous propose dans ce récit brillant , de la géostratégie authentique et qui fonde , ici l'histoire , au sens contemporain du terme .
Alors que la Grèce des cités perdra progressivement son indépendance politique , la brillante civilisation grecque continuera elle , de rayonner , de s'étendre et elle triomphera finalement de tous ses vainqueurs , au moins jusque 1453 ...
Avec Thucydide vous aurez une idée très nette des ressources intellectuelles de cette civilisation , dont nous sommes les héritiers directs .
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          442
michfred
michfred23 février 2015
  • Livres 5.00/5
Le plus extraordinaire des historiens anciens, d'une modernité sidérante: critique et comparaison des sources, rationalité, analyses percutantes, hauteur de vue, portraits fabuleux et transcription des discours -ceux de Périclès en particulier- d'une finesse et d'une acuité exceptionnelles
J'ajoute, comme helléniste, qu'il est aussi un des auteurs grecs les plus difficiles à traduire, tant la langue est compacte, resserrée, dense, comme sa pensée.
Pour les néophytes, je conseille , dans le livre II, l'épisode célèbre et frappant de la peste d'Athènes.
Sans jamais sacrifier au sensationnel facile mais sans rien enlever de dramatique non plus à cet événement qui frappa les Athéniens enfermés dans leur ville alors que les Lacédémoniens en faisaient le siège, Thucydide se livre à une évocation exhaustive de l'épidémie: circonstances de son apparition, symptômes, bouleversement sociaux, religieux et moraux, recherche des causes supposées ou probables.
Il débouche même sur une critique des superstitions et des présages, des justifications a posteriori dont l'opinion est friande après de tels bouleversements!
Il fait aussi de façon indirecte, en relatant -au style indirect le plus souvent- les discours de Périclès, le portrait en creux de ce grand homme d'état, qui donna son nom au Vème siècle, ce "siècle de Périclès" , apogée de la démocratie athénienne, mais aussi début de son déclin fatal.
Périclès apparaît comme un homme de culture et de raison, plein de clairvoyance et sans illusion, mais jamais défaitiste ni démissionnaire. Il est une des victimes de la peste d'Athènes comme nous le signale l'auteur avec une grande sobriété, teintée de regret.
Après lui, lentement, Athènes la démocrate perdra la guerre, sa primauté sur le monde grec, entraînant dans sa chute la ligue de Délos, pour céder la place à Sparte, l'oligarque, et sa ligue du Péloponnèse- mais pour un temps seulement: une à une les cités grecques tenteront de prendre le leadership du monde égéen...jusqu'à tomber dans l'escarcelle romaine...
Je voulais rendre ici hommage au grand professeur de grec qu'était Jacqueline de Romilly dont le cours exceptionnel et la traduction brillante qu'elle fit de la Guerre du Péloponnèse ont été pour beaucoup dans ma passion pour cette langue, cette culture et l'histoire en général.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          72
Anubis007
Anubis00709 septembre 2014
  • Livres 4.00/5
Toujours d'actualité : la politique, la domination, les aléas de la guerre, la chute qui suit la splendeur. A lire et à méditer.
Commenter    J’apprécie          00
fredf
fredf07 décembre 2007
  • Livres 5.00/5
Ce livre est la premiere description raisonnée d'une guerre de ses causes et des conséquences a lire a tout prix
Commenter    J’apprécie          00
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
finitysendfinitysend24 août 2012
Le chatiement de Mythilène

XLVI. - "Gardez-vous donc de penser que la peine de mort soit une sûre garantie et de prendre une résolution désastreuse ; gardez-vous également d'enlever aux insurgés tout espoir de repentir et toute possibilité de racheter à bref délai leur faute. Songez-y : dans l'état actuel des choses, une ville qui a fait défection et qui prévoit sa défaite peut venir à composition, quand elle est encore capable de solder les frais de la guerre et de payer tribut à l'avenir. Dans l'autre supposition, pensez-vous qu'un État quel qu'il soit ne se préparerait pas avec plus de soin, ne prolongerait pas sa résistance jusqu'aux dernières limites, si l'on devait lui réserver un sort identique, que sa soumission soit prompte ou tardive ? Et comment ne serait-ce pas une perte pour nous, que de poursuivre à grands frais le siège d'une ville qui se refusera à se rendre ? de nous emparer enfin d'une ville dont la ruine nous privera à l'avenir des subsides qu'elle nous fournissait ? Or ce sont ces subsides qui font notre force militaire. Évitons donc, en nous montrant des juges rigoureux des fautes d'autrui, de nous faire tort à nous-mêmes. Ayons soin plutôt, en infligeant aux Mytiléniens un châtiment proportionné à leurs fautes, de laisser ces villes disposant de ressources pécuniaires nous être utiles. Ne fondons pas notre sauvegarde sur la rigueur des lois, mais sur notre sage et prévoyante activité. Mais nous faisons actuellement le contraire, quand nous croyons devoir châtier impitoyablement un peuple libre, assujetti de force à notre domination et qui, après une tentative bien naturelle pour recouvrer son indépendance, retombe sous nos lois. Renonçons donc à punir sévèrement des peuples libres qui se révoltent ; gardons-les avec soin avant qu'ils se rebellent ; prenons toutes dispositions pour qu'ils n'en ment pas le désir et, une fois soumis, n'imputons leur crime qu'au plus petit nombre possible de leurs concitoyens.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          110
finitysendfinitysend04 novembre 2013
Histoire de la guerre du Péloponnèse.
I, 96,99.
l’autorité des Athéniens ne s’exerçait-elle plus comme avant, avec l’agrément de tous ; et, de même qu’ils ne faisaient plus campagne sur un pied d’égalité avec les autres, de même il leur était aisé de ramener les dissidents. Les responsables de cette situation étaient les alliés eux-mêmes : 3. en effet, cette répugnance à faire campagne avait amené la plupart, afin de ne pas s’éloigner de chez eux, à se faire assigner en argent pour une somme représentant les navires à fournir : aussi Athènes voyait-elle croître sa flotte, grâce aux frais qu’ils assumaient, tandis qu’eux-mêmes, en cas de défection, entraient en guerre sans armements ni expérience.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          140
finitysendfinitysend24 août 2012
Livre 1

I. - Thucydide l'Athénien a raconté les différentes péripéties de la guerre des Péloponnésiens et des Athéniens ; il s'est mis à l'œuvre dès le début de la guerre, car il prévoyait qu'elle serait importante et plus mémorable que les précédentes. Sa conjecture s'appuyait sur le fait que les deux peuples étaient arrivés au sommet de leur puissance. De plus il voyait le reste du monde grec, soit se ranger immédiatement aux côtés des uns et des autres, soit méditer de le faire. Ce fut l'ébranlement le plus considérable qui ait remué le peuple grec, une partie des Barbares , et pour ainsi dire presque tout le genre humain.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          50
PhilonPhilon23 avril 2015
(...) l'assurance que l'on ressent lorsqu'on forme un projet, ne se retrouve jamais au même degré quand on se trouve engagé dans l'action. [ Livre I, IV, 120 ]
Commenter    J’apprécie          10
marionfmarionf19 décembre 2015
Les hommes engagés dans la guerre jugent toujours la guerre qu'ils font la plus importante, et quand ils ont déposé les armes, leur admiration va davantage aux exploits d'autrefois ; néanmoins, à envisager les faits, cette guerre apparaitra la plus grande de toutes.
Commenter    J’apprécie          00
Video de Thucydide (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Thucydide
Dans la culture occidentale, Périclès a le rare privilège de donner son nom à un « Siècle », incarnant l?apogée politique et culturel du monde grec. Pour autant, faut-il croire l?historien Thucydide lorsqu?il soutient, à propos d?Athènes : « C?était, de nom, une démocratie, mais, en fait, le premier citoyen exerçait le pouvoir » ? Périclès régna-t-il en souverain sur des masses consentantes ou ne fut-il qu?une marionnette actionnée par le peuple ? de Thucydide à Plutarque, de Voltaire à Rousseau, de Grote à Duruy, les auteurs anciens et modernes se sont interrogés sur les relations nouées entre le stratège et la communauté athénienne. Périclès, chef tout-puissant ou simple ventriloque des aspirations populaires ? Telle est l?énigme que cette enquête historique et historiographique s?emploie à résoudre. Vincent Azoulay propose ici une nouvelle édition revue et augmentée de son Périclès, ouvrage salué par la critique et récompensé par le prix du livre d?histoire du Sénat. http://www.armand-colin.com/pericles-2e-ed-la-democratie-athenienne-lepreuve-du-grand-homme-9782200613150
+ Lire la suite
>Grèce jusqu'à 323>Grèce antique>Grèce antique : 404-362 av. JC (6)
autres livres classés : grèce antiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
534 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre