> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2221108051
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
À Grottole, dans la province reculée du Basilicate, les aventures extraordinaires et quotidiennes des Falcone, une famille italienne dont la généalogie s'étend de 1861 à 1989. Concetta, Giustina, Giuseppina, Angelica, Albina, Candida... ce sont elles, les mères courageu... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par le-mange-livres, le 06 avril 2012

    le-mange-livres
    Où le jour de la naissance d'Oreste est vraiment un jour spécial ;
    Où le cœur des cadettes a tendance à mariner dans le vinaigre … surtout dans les fratries de 6 sœurs ;
    Où les problèmes de confection peuvent retarder un mariage ;
    Où Rocco, apeuré par l'orage, s'éprend de sa petite truie ;
    Où la faim touche tous les villageois et enlève précocement les enfants ;
    Où Gioia connaît un destin contrarié.
    L'incipit

    « Fais-moi un papier car je ne me rappelle plus rien. Ni les prénoms de mes enfants, ni qui était mon père. Je l'aurais toujours dans ma poche. D'accord, je te le fais »

    Comment en suis-je arrivée là ?

    En fouinant sur les étals d'une librairie … Roman italien ? Auteur encore inconnue pour moi ? Fresque historique ? Portraits de femmes ? Emballé, c'est pesé.

    De quoi s'agit-il ?

    Concetta, une pauvresse des Pouilles, est la maîtresse de Francesco, qui lui a promis le mariage à condition qu'elle mette enfin au monde au garçon – et ce jour de 1861 naît Oreste, le premier garçon après six filles. A partir de cet évènement se déroule une jolie fresque familiale, du milieu du 19e siècle jusqu'à la fin du 20e, avec ses exils, ses regrets, ses amours et ses incompréhensions fatales, qui nous emmène des bas-fonds des sassi de Matera, aux campagnes de Pouilles en pleine réforme agraire, des bals et ders foires de villages à la naissance du Parti communiste italienne ; au fil du roman, les femmes conquièrent au fur et à mesure une place dans la famille et la société italienne : l'une d'elles est la première à porter des pantalons, l'autre une minijupe, une autre encore la première à faire des études ou à quitter le bourg familial …

    La citation

    « S'il ne perdit pas complètement la tête, ce fut grâce à un sachet d'olives noires au sel que sa mère lui avait donné avant le départ. Il en mangeait une chaque soir en la mâchant lentement avec le pain qu'il mettait de côté à midi, et la saveur de la chair saumâtre lui ramenait à la mémoire son nom, le visage des membres de sa famille, le souffle chaud de ses frères qui dormaient avec lui, le grommellement des animaux, les odeurs et les sons de sa maison ; elle lui permettait de transformer l'angoisse en nostalgie, l'effroi en regret, la démence en résignation » (p. 85).

    Ce que j'en ai pensé :

    On traverse plus d'un siècle de la « grande histoire » italienne, mais on a du mal à la croire, car le roman est assez court, ce qui donne au final un effet assez étourdissant. Et on entre dans l'histoire par le petit bout de la lorgnette, de manière indirecte, par les destins des hommes – et surtout des femmes – qui survivent sur cette âpre terre de Lucanie, à peine effleurés par les soubresauts politiques et sociaux, seulement lorsqu'ils bouleversent leurs existences. Un bien beau tableau, composé de destins de femmes exceptionnelles à bien des égards, quoique très différentes les unes des autres : de Gioia la révolutionnaire, à ses aïeules Candida, Albina ou Concetta. C'est une histoire tendre, même si on regrette parfois la vitesse du tourbillon qui nous entraîne et débouche sur une certaine forme de mélancolie. Les personnages sont particulièrement attachants (on a l'impression de les avoir toujours connus !), dans leur quête de dignité et de bonheur, même ceux qui ne le seraient pas a priori se révèlent en fin de compte profondément humains – et il s'agit vraiment d'un roman très humaniste. C'est aussi un bel hommage aux Pouilles, terre méconnue mais ô combien émouvante. Les générations s'enchevêtrent et se superposent (voir le parallélisme entre Franceszco et Gioia, repris au dernier chapitre), créant un sentiment troublant de continuité. L'écriture est poétique, avec parfois des passages au style très ciselé, mais toujours très fluide. On accroche très vite au bouquin qu'on a du mal à lâcher une fois entamé ! Il y a un souffle qui traverse l'œuvre, un rythme bien particulier qui l'habite. J'ai vécu mille ans, par le côté fresque et les portraits de femmes, évoque parfois le très bel Art de la joie de Golliarda Sapienza.

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/05/jai-vecu-mille-ans-mariol..
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    J'ai vécu mille ans est une formidable saga familiale, une fresque vivante ou se mèlent les destins petits et grands qui ont façonné l'Italie contemporaine, le portrait d'un monde terrien dure et superbe.
    Les personnages "hauts en couleur" et les situations tour à tour tragiques ou cocasses sont portés par une langue vivante et imagée qui n'est pas sans rappeler les films de l'âge d'or du cinéma italien.
    Ce roman a obtenu le prestigieux prix Campiello 2007.
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    • Livres 1.00/5
    Par litolff, le 18 mai 2010

    litolff
    Je n'ai pas été séduite par cette saga quelque peu loufoque dont l'écriture ne m'a pas du tout emballée... j'ai laissé tomber à la moitié du livre...
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    Lucrezia dissimulait dans un trou, près de la cheminée, ce qu'elle arrivait à économiser. Elle aurait préféré mourir plutôt que de le placer à la poste.
    Mais elle continuait de s'y rendre pour s'enquérir de l'argent que son mari y avait déposé et inviter l'employé à le lui verser. Elle repartait en murmurant entre ses dents blasphèmes et malédictions, puisse la foudre lui tomber sur la tête, à lui qui avait son trésor et qui refusait de le lui donner : Et pourtant il lui aurait permis d'acheter un domaine, de le cultiver et de payer des études à son fils. Mais elle se débrouillerait pour lui offrir des études, par respect pour son serment et par vengeance, elle l'entretiendrait jusqu'à ce qu'il apprenne à lire et à écrire, dut-elle cracher son sang.
    Le soir, la pauvre femme fabriquait descontient-moi en chaume, réparait les besaces, rempaillait les chaises. Elle réussit à s'acheter une poule qu'elle plaça sous son lit. Chaque matin, elle donnait un oeuf frais à son fils et, au printemps, la faisait couver. Elle tuait un poulet et le servait à Rocco le jour de sa fête. Les autres, elle les vendait. Grâce à l'argent mis de côté, elle acheta un porcelet à la foire, une femelle rondouillarde et bruyante à la queue en tire-bouchon.
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  • Par le-mange-livres, le 06 avril 2012

    S’il ne perdit pas complètement la tête, ce fut grâce à un sachet d’olives noires au sel que sa mère lui avait donné avant le départ. Il en mangeait une chaque soir en la mâchant lentement avec le pain qu’il mettait de côté à midi, et la saveur de la chair saumâtre lui ramenait à la mémoire son nom, le visage des membres de sa famille, le souffle chaud de ses frères qui dormaient avec lui, le grommellement des animaux, les odeurs et les sons de sa maison ; elle lui permettait de transformer l’angoisse en nostalgie, l’effroi en regret, la démence en résignation.
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    Un enfant apprit à jouer avec le vent : il le faisait courir sur sa tête, l'enroulait autour de son poignet, le lançait au loin et le ramenait à lui, regorgeant de forêts, de montagnes, d'autoroutes. Dès lors, il n'y eut plus rien à dire.
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  • Par le-mange-livres, le 06 avril 2012

    Fais-moi un papier car je ne me rappelle plus rien. Ni les prénoms de mes enfants, ni qui était mon père. Je l’aurais toujours dans ma poche. D’accord, je te le fais.
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