Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> René Pomeau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080700286
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voltaire, avec son esprit acerbe et sa plume subtile, a trouvé dans la forme du dictionnaire une voie royale d'expression qui lui permis d'échapper à la censure de son temps. Utilisant le jeu des renvois entre les définitions pour tromper la vigilanc... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 28 février 2009

    chartel
    Je me lance dans une redécouverte du grand Voltaire avec la lecture de ce "Dictionnaire philosophique", riche ensemble consacré à la lutte d'un homme éclairé contre l'obscurantisme religieux de cette fin de XVIIIe siècle, ce qu'il appelle écraser l'infâme.
    L'édition Classiques Garnier Poche accompagne l'œuvre de nombreuses correspondances livrées en annexe et traitant de la réception publique de ce dictionnaire, des nombreuses attaques d'ecclésiastiques zélés, ainsi que des tentatives enjouées de Voltaire pour les contrer. C'est dans l'une de ces lettres que le philosophe expose clairement l'objet de son entreprise : « Je crois que la meilleure manière de tomber sur l'infâme, est de paraître n'avoir nulle envie de l'attaquer ; de débrouiller un peu le chaos de l'antiquité ; de tâcher de jeter quelque intérêt ; de répandre quelque agrément sur l'histoire ancienne ; de faire voir combien on nous a trompés en tout ; de montrer combien ce qu'on croit ancien est moderne ; combien ce qu'on nous a donné pour respectable est ridicule ; de laisser le lecteur tirer lui-même les conséquences. »
    Composé de 118 articles, ce dictionnaire traite essentiellement de questions théologiques et religieuses, ce qui peut le rendre un peu rébarbatif. Tel un Saint Georges terrassant le dragon de la superstition et du fanatisme, Voltaire remet en cause les vérités supposées de l'Eglise en s'appuyant sur le contenu des textes canoniques et en les contextualisant. Bien qu'il se contredise souvent en stigmatisant le peuple juif alors qu'il prêche la tolérance et la bêtise des dogmes, Voltaire nous gratifie de réflexions lumineuses sur la justice, la vertu et l'éternité de la matière.
    Le drame est de voir qu'en ce début de XXIe siècle le combat voltairien est loin de s'achever…
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Voltaire propose une suite d'articles au ton polémique, sur la question de l'intolérance religieuse.
    Un ton juste, incisif qui mêle la satire, l'humour, l'indignation.
    Une stimulation de la réflexion critique.

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

> voir toutes (20)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Titania, le 09 janvier 2015

    extrait de l'article "Fanatisme", section II :

    "On entend aujourd’hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C’est une maladie de l’esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s’échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d’une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n’est qu’humain ; combattez les combats du Seigneur ! » et on va combattre.

    Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu. [...]

    Il n’est d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. [...]

    Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? "
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 8         Page de la citation

  • Par GuillaumeTM, le 12 octobre 2014

    Guerre -- Philosophes moralistes, brûlez tous vos livres. Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l’héroïsme sera ce qu'il y a de plus affreux dans la nature entière. Que deviennent et que m'importent l'humanité, la bienfaisance, la modestie, la tempérance, la douceur, la sagesse, la piété, tandis qu'une demi-livre de plomb tirée de six cents pas me fracasse le corps, et que je meurs à vingt ans dans des tourments inexprimables, au milieu de de cinq ou six mille mourants, tandis que mes yeux, qui s'ouvrent pour la dernière fois, voient la ville où je suis né détruite par le fer et par la flamme, et que les derniers sons qu'entendent mes oreilles sont les cris des femmes et des enfants expirants sous des ruines, le tout pour les prétendus intérêts d'un homme que nous ne connaissons pas ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par chartel, le 21 février 2009

    Les livres les plus utiles sont ceux dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié; ils étendent les pensées dont on leur présente le germe; ils corrigent ce qui leur semble défectueux, et fortifient par leurs réflexions ce qui leur paraît faible.
    Ce n'est même que par des personnes éclairées que ce livre peut-être lu; le vulgaire n'est pas fait pour de telles connaissances; la philosophie ne sera jamais son partage. Ceux qui disent qu'il y a des vérités qui doivent être cachées au peuple ne peuvent prendre aucune alarme; le peuple ne lit point; il travaille six jours de la semaine et va le septième au cabaret.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Chakal, le 08 janvier 2015

    Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par kathy, le 19 juillet 2011

    " Guerre : Le merveilleux de cette entreprise infernale, c'est que chaque
    chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque dieu solennellement
    avant d'aller exterminer son prochain. »

    « La religion naturelle a mille fois empêché des citoyens de commettre
    des crimes. Une âme bien née n'en a pas la volonté ; une âme
    tendre s'en effraye ; elle se représente un Dieu juste et vengeur. Mais
    la religion artificielle encourage à toutes les cruautés qu'on exerce de
    compagnie, conjurations, séditions, brigandages, embuscades, surprises
    de villes, pillages, meurtres. Chacun marche gaiement au crime sous la bannière de son saint. »
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
2,00 € (neuf)
1,69 € (occasion)

   

Faire découvrir Dictionnaire philosophique par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (280)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz