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> Jacques Van den Heuvel (Éditeur scientifique)
> Frédéric Deloffre (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070409279
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 399 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans ce siècle du voyage et de la philosophie, Zadig entreprend son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal. Trahi par Sémire et Azora, déçu par l'amour, Zadig trouve refuge dans la nature, qui est à l'image de Dieu. Remarqué par le roi d'Egypte Mo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Pingouin, le 05 août 2012

    Pingouin
    J'avais lu Candide il y a quelques années, et n'avait que modérément aimé, il me faut bien reconnaître que cette découverte, bien que volontaire, s'était faite très rapidement et sans réel approfondissement. Disposant aujourd'hui d'une plus grande maturité littéraire, j'ai estimé que c'était le bon moment de me réintéresser à Voltaire, Zadig m'est tombé sous la main.

    Voltaire écrivait ses Contes philosophiques sans avoir conscience du poids qu'ils allaient prendre dans la littérature française et mondiale, et ça se sent. L'histoire est divertissante, peut faire relativiser certains comportements, mais globalement, le terme "philosophique" n'est pas approprié à mon avis, ce n'est pas de la philosophie, tout juste un parcours initiatique mené avec classe et subtilité, mais la réflexion, la "progression existentielle" pure et simple, ce n'est pas de la philosophie - quoiqu'y appliquer le terme de conte permette évidemment de faire relativiser celui de "philosophique" qui lui succède.
    Alors peut-être suis-je un peu sévère. Deleuze conçoit la philosophie comme la création de concepts, ce sont les personnages conceptuels qui vont avoir le rôle de "communicateur" desdits concepts. Chose étrange : Voltaire a bien ses personnages conceptuels - ils sont d'ailleurs d'une grande qualité -, mais n'a aucun concept à leur mettre en bouche ! Ils évoluent, luttent contre la bêtise, mais cette lutte ne peut pas être considérée comme un concept, ou alors un concept commun à tous - ce qui retire à Voltaire le droit de se l'octroyer solitairement -, je n'ai, dans mon esprit, aucun souvenir d'un individu se réclamant d'une lutte pour la bêtise.
    Passé ce fait, sans considérer l'ouvrage comme un ouvrage philosophique, il en devient extrêmement plaisant et incroyablement subtil. Impossible de nier que le style de Voltaire est raffiné, qu'il manie l'ironie d'une habileté rare et qu'il est bien malheureux qu'elle ne soit accessible qu'à ceux qui se donnent la peine de la déceler, les autres, qui sont sûrement ceux que Voltaire tend à éduquer en écrivant ses Contes, passent à côté d'une des primordialités de ce style. L'ironie se veut drôle, le livre est bien drôle.
    Malgré tout, sa "morale" - faites du bien, cela finira toujours par vous profiter - n'est admissible qu'en tant que l'on croit en une sorte de Providence, le sous-titre n'est pas adapté. La destinée implique le destin, et le destin, lui, n'a que faire du bien ou du mal, c'est une force aveugle qui frappe sans aucune considération, pour que le bien finisse par être récompensé, il ne faut pas que ce soit le destin qui nous gouverne, mais bien la Providence, qui, elle, récompense et châtie selon nos actes. Ainsi, l'ange a beau démontrer la nécessité du destin, il faut que celui-ci reste encadré par une puissance divine pour aboutir à ses conclusions.

    En bref, c'est une très bonne lecture sitôt qu'on ne s'attend pas à une réelle interrogation philosophique - ce qui était heureusement mon cas, le contraire eut été appliqué, la déception aurait suivie et la note aurait été sensiblement plus basse. Voltaire y peut exposer son style subtilement mordant, pour notre plus grande appréciation littéraire.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 02 août 2012

    Ellen-R
    Zadig, est assez agréable à lire, étant donné que chaque chapitre nous livre une leçon, une morale ou plutôt un apprentissage de la vie, avec une petite histoire. le tout forme un livre riche en couleurs, déjà par son orientalisme qui en fascinera plus d'un.
    Ce qu'il y a de particulier, est qu'au contraire de s'éloigner d'une histoire peu similaire à la nôtre, l'auteur s'en rapproche avec des thèmes qui lui sont chers, tels que la justice, l'équité, les préjugés à effacer et j'en passe.
    Ce qui est agréable, ce sont les niveaux de lecture multiples qui séduisent autant les plus jeunes que les plus cultivés. Chaque page est imprimée d'ironie et c'est souvent à vous de la chercher, un jeu assez amusant. Mais ce qui éclaire l'œuvre, c'est une profonde interrogation sur la Providence et donc sur la Destinée. On peut évidemment mettre en lien tout le travail des Lumières, un travail riche et dense, mais attrayant et enrichissant.
    Un charmant conte oriental.
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    • Livres 4.00/5
    Par Stemilou, le 07 janvier 2010

    Stemilou
    Phrases

    « Il avait appris, dans le premier livre de Zoroastre, que l'amour-propre est un ballon gonflé de vent, dont il sort des tempêtes quand on lui fait une piqûre »

    « On attendait le jour de la fête solennelle du feu sacré pour savoir quelle secte serait favorisée par Zadig. L'univers avait les yeux sur ses deux pieds, et toute la ville était en agitation et en suspens. Zadig entra dans le temple en sautant à pieds joints et il prouva ensuite, par un discours éloquent, que le Dieu du ciel et de la terre, qui n'a acception de personne, ne fait pas plus de cas de la jambe gauche que de la jambe droite. »

    Commentaire

    C'est un conte philosophique publié pour la première fois en 1747 sous le titre Memnon, histoire orientale, puis en 1748 augmenté de plusieurs chapitres sous son titre actuel.

    Ce conte retrace donc les mésaventures d'un jeune homme, Zadig, personnage de fiction « riche et jeune » doté d'une « figure aimable », « d'un esprit juste et modéré » et « d'un cœur sincère et noble » (rien que ça !!). D'ailleurs Zadig veut dire « juste » en sémitique, c'est un sage en quête de la vérité.
    Le jeune Zadig croit réellement pouvoir être heureux mais une Providence capricieuse paraît s'acharner sur lui : nommé ministre du roi de Babylone, jeté ensuite en prison, vendu comme esclave en Egypte, menacé du bûcher, fait prisonnier par le brigand Arbogad et regagné finalement Babylone en compagnie de la reine Astarté libérée de l'esclavage.

    Toute sa vie n'est que revers et changements brusques, imprévisibilité, conte qui mêle à la fois conte de fées (pour son récit fantastique) et histoires orientales notamment les mille et une nuits. On y retrouve une certaine philosophie de la vie et de ses déboires, le rôle du destin et de la Providence, mais également l'amour, la séparation et les retrouvailles.


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-30394124.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Metaphore, le 02 mai 2013

    Metaphore
    Quelle douceur… un petit bonbon de philosophie, un conte comme on dit. Je croyais dur comme fer l'avoir déjà lu plus jeune, mais ce ne devait qu'être le souvenir du livre dans la bibliothèque familiale.
    J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre Zadig, qui par son intelligence et l'analyse de ses rencontres, se sort d'aventures plus surprenantes les unes que les autres. Dans ce roman au décor oriental, Voltaire met l'accent sur la compréhension de ce que peut être la destinée. Zadig s'intéresse particulièrement à la sienne, il s'interroge au fur et à mesure des épreuves poussant son raisonnement à définir la notion de bonheur, une thématique encore bien contemporaine.
    Voltaire dénonce, avec humour, la société dans laquelle il vit : la religion, l'(in)justice et le pouvoir. le lieu où se déroule son histoire n'est-elle pas choisie pour sa puissance prophétique : Babylone, ville qui se verra être anéantie. Un pied de nez de Voltaire ? Qu'en sera-t-il de la société dans laquelle il vit, suivra-t- la même destinée ?

    Lien : http://metaphorebookaddict.wordpress.com/2013/04/29/zadig-ou-la-dest..
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    • Livres 5.00/5
    Par claudia_tros_cool, le 18 mai 2012

    claudia_tros_cool
    J'ai vraiment beaucoup apprécié ce conte de Voltaire ou on s'attache très rapidement à Zadig un jeune homme intelligent qui ne cherche qu'à faire le bien mais quoi qu'il fasse son bien lui revient en mal. On suit les mésaventure de Zadig chapitre après chapitre et d'une façon presque ludique et amusante on en apprend chaque fois une morale. J'aime bien le fait que chaque chapitre est un peu " dépendant ". J'ai aussi lu Candide mais Voltaire était à une période de sa vie ou il était plus pessimiste plus cru, le personnage est trop,naïf et moins attachant les actions se succèdent, se ressemble et sont un peu tiré par les cheveux. Dans Zadig au contraire on est content pour le personnage à la fin, tout le bien qu'il a fait à finalement servit, après toute les épreuves que la providence lui a imposé il est arrivé à atteindre sn bonheur : celui d'être avec Astarté et de vivre à Babylone. C'est donc un conte philosophique agréable qui laisse un bon souvenir et une moral assez optimiste.
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Citations et extraits

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  • Par Clairoche, le 20 mai 2013

    c'était tous les jours de nouvelles accusations ; la première est repoussée, la seconde effleure, la troisième blesse, la quatrième tue.

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  • Par Clairoche, le 20 mai 2013

    qu'il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.

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  • Par mellah, le 28 janvier 2013

    Il fit sentir à tout le monde le pouvoir sacré des lois, et ne fit sentir à personne le poids de sa dignité. Il ne
    gêna point les voix du divan, et chaque vizir pouvait avoir un avis sans lui déplaire. Quand il jugeait une
    affaire, ce n'était pas lui qui jugeait, c'était la loi; mais quand elle était trop sévère, il la tempérait; et quand on
    manquait de lois, son équité en faisait qu'on aurait prises pour celles de Zoroastre.
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  • Par Dijkschneier, le 18 avril 2010

    Rien n’est plus heureux, disait-il, qu’un philosophe qui lit dans ce grand livre que Dieu a mis sous nos yeux. Les vérités qu’il découvre sont à lui: il nourrit et il élève son âme, il vit tranquille; il ne craint rien des hommes, et sa tendre épouse ne vient point lui couper le nez.

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  • Par Pingouin, le 04 août 2012

    Tous les juges admirèrent le profond et subtil discernement de Zadig ; la nouvelle en vient jusqu'au roi et à la reine. On ne parlait que de Zadig dans les antichambres, dans la chambre, et dans le cabinet ; et quoique plusieurs mages opinassent qu'on devait le brûler comme sorcier, le roi ordonna qu'on lui rendît l'amende de quatre cents onces d'or à laquelle il avait été condamné. Le greffier, les huissiers, les procureurs, vinrent chez lui en grand appareil lui rapporter ses quatre cents onces ; ils en retinrent seulement trois cent quatre-vingt-dix-huit pour les frais de justice, et leurs valets demandèrent des honoraires.
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